7 juin 2013

Pierre Mauroy et la retraite à 60 ans

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Pierre Mauroy, premier ministre socialiste de 1981 à 1984, vient de décéder. Sous son mandat : la fin de la peine de mort, la cinquième semaine de congés payés et...la retraite à 60 ans .

A l'heure où l'on nous prépare gentiment à une nouvelle régression dans le domaine, (ré)écoutez une de ces dernières interventions au Sénat face à Eric Woerth lors de la bataille perdue d'octobre 2010. 

Espérons que ceux lui rendant hommage ce jour sauront s'en souvenir dans les semaines et mois à venir. (durée 7 mns)


Merci au blog de Claudine Lepage (j'ai eu du mal à retrouver ce discours)

4 juin 2013

Les classes moyennes n'existent pas

par
"- On gagne toujours à partager"
Albert Jacquard en introduction d'Ainsi squattent-ils (demain en salles)

Cette histoire de baisse de plafond de quotient familial permet de ressortir l’argument de la classe moyenne "fiscalement matraquée" à grosses goulées radiophoniques de "c’est toujours les mêmes qui trinquent". La télévision n'est pas en reste, offrant des tribunes à des salariés à 8000 euros /mensuel censés représenter les "Français moyens" quant bien même ils font parti 1% des revenus les plus élevés du pays.

Bref, chacun est plus dans la classe moyenne que l'autre, avec son cortège de supplices supposés. Reprenons les chiffres de l'INSEE en 2008 (un graphique odieusement piqué à Jegoun


Certes, on pourrait rajouter à ce graphique, le "hors revenu", les soutiens familiaux ou institutionnels qui comptent dans la qualité de vie, mais ça donne une bonne base permettant, on l'espère sans y croire, que certains aient la décence de la mettre en veilleuse sur leur "torture" fiscale.

Selon le Credoc, deux personnes sur trois estiment appartenir aux classes moyennes, et seulement 5% faire partie des gens "aisés", le seuil subjectif de richesse étant placé à 4660 euros (seuls 3% d'entre eux atteignent cette somme).

Au-delà des chiffres, les quelques gueulantes entendues ici ou là (sous l'axe du pouvoir d'achat en moins et généralement de la part de ceux au-dessus de la fourchette indiquée) confirment à nouveau que le sentiment d'appartenance aux "classes moyennes" dépasse les seuls revenus, et qu'il est souvent plus ou moins consciemment employé comme la définition d'un mode de vie, culturel, une "identité sociale" sous-entendant la propriété, l'accès évident au grand buffet des choses, à la gamme des produits hi tech ou loisirs, "indispensables" et "vus à la télé", à forte valeur symbolique bourgeoise ajoutée. Se lover dans "la classe moyenne" c'est souvent se sécuriser à bon compte, se certifier d’être moins riche que le très riche et donc pouvoir prétendre à s’exonérer de ses obligations tout en étant suffisamment riche pour partager une partie de ses codes (et donc s'indigner face à toute baisse de standing, même à 64 euros par mois).

Quand un politique parle des "classes moyennes", il surfe sur un flou très pratique, et pour le coup "populiste", amalgamant des strates sociales dont les niveaux de vie vont du simple au quadruple. C’est presque exclusivement par cette défense générique, quasi culturelle, des "classes moyennes" que l’on arrive à faire adopter à des masses de pauvres la défense des intérêts fiscaux d'une poignée de très riches. 

Cela permet même, en cas de chahut dans les sondages, d'unifier tout le monde autour de la désignation d'un bouc-émissaire. C'est ainsi que le quidam, confortablement calé dans la certitude d'être de la "classe moyenne" (sous-entendu pile au milieu de celle-ci) exigera que les choses changent à commencer par les autres. Notons que les "autres" c'est large: cela va du train de vie du Rrom à celui du ministre en passant par celui de son voisin qui a un plus grand jardin alors qu'il est juste instituteur. 

Se définir "de la classe moyenne", c’est souvent excessif ou réducteur. Perso, j'ai une grille plus simple : on est riche ou pauvre. A ces deux catégories s'ajoutent les très riches et les très pauvres.

Ayant vu de certaines réactions à droite, comme à gauche, au sujet de cet aménagement du quotient familial (les nobles idées humanistes ne supportant parfois pour certains leur application concrète au quotidien), j'en conclus que le clivage sur ce sujet se loge dans le rapport intime de chacun face à la collectivité et à son degré d'addiction à la consommation superflue, et de quel côté balancent ses priorités. 


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3 juin 2013

La politique familiale de justesse

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Le gouvernement vient d'annoncer la baisse du plafond du quotient familial de 2000 à 1500 euros dans un cadre de mesures visant à "rétablir l'équilibre de la branche famille de la sécurité sociale". 

C'était pas gagné, mais nous échappons à la fin du principe d'universalité des allocations familiales. Un moment évoquée, elle aurait ouvert la boite de pandore des "paliers" négociables à l'envi et applicables à d'autres secteurs.

J'entends déjà gronder la colère de ceux s'insurgeant d'ordinaire que l’Etat se mêle de mariage et d'enfants, traditionnellement enclins à gueuler sur les "assistés". Ils s'épancheront surement dans de longues tribunes télévisées qu'on leur subventionne un chouilla moins leurs mioches et qu'on leur "augmente les impôts", à eux, toujours à eux, eux les damnés de la femme de ménage qui arrive toujours avec dix minutes de retard.

Tu noteras que le travailleur est constamment sommé de faire des efforts, de bosser plus, ou pour moins cher, ou les deux, qu'il doit cotiser plus longtemps pour sa retraite et que surtout, NOUS devons faire des économies. Le NOUS n'incluant pas la partie supérieure des revenus, prenant pour sa part généralement très mal que l'on touche à ses remises fiscales personnalisées.

Car, non, il ne s'agit pas d'une hausse d’impôt, mais bien d'une baisse de niche fiscale. Et pour bénéficier une niche, il faut déjà avoir assez de revenus pour payer un impôt dessus. Ce qui n'est pas le cas d'une bonne moitié des français.

La conséquence de la baisse du QF reste TRÈS modeste. Le supplément moyen pour les familles concernés est de 68 euros. Soit à peine le prix d'un billet TGV pour venir défiler à la Manif pour tous. Il y en a eu 3 rien qu'en un semestre. A multiplier par 7, pour Marie-Eugénie et les six merveilles. 

Elle ne concerne que 15% des familles aux plus hauts revenus. Ex: pour 2 enfants, seules les familles au dessus de 5800 euros de revenus sont concernées. Si elle vous affecte, je sais ça fait du mal à entendre, c'est douloureux, à défaut du salaire je partage votre peine, mais vous faites partie des privilégiés. DEAL WITH IT.

Elle va essentiellement affecter les familles très nombreusesC'est expliqué ici.

 Elle est aussi assortie de la création de 100.000 places en crèche, 75.000 en maternelle et de 275.000 solutions d'accueil. Même si ce n'est pas assez (et que cela reste à être vérifié sur le terrain), ça va dans le bon sens, enfin je veux dire pour ceux qui n'ont pas spécialement de thunes.

La famille française n'est absolument pas "en danger".  Ça ne change rien pour les plus modestes (au contraire, voir plus haut), et pas grand-chose pour les hauts revenus

Quant à ceux qui s'estiment "moyens" (mais qui ne le sont pas) et qui gueuleront encore sur l'Etat "étranglés" qu'ils sont par  cette nouvelle et intolérable atteinte à leur "pouvoir d'achat", nous leur rappelons d'avance qu'il n'était moralement et financièrement pas très sain de tabler sur la part déductible des enfants dans le plan de remboursement du pavillon.

Illus : Bugsy Malone, A.Parker (1980)

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Allocation piège à con
La droite défend d'abord ses valeurs fiscales
Revaloriser l'impot

2 juin 2013

Hollande et l'équation impossible

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Quelques jours après l'hommage d'Hollande à Schroeder et ses réformes "courageuses", l’émission CQFD sur Itele publie un sondage BVA sur les français et le merveilleux "modèle allemand"[1] dont nous devrions parait-il nous inspirer.

On y apprend que 74.% des sympathisants de gauche en ont une mauvaise opinion.

(cliquez pour agrandir)

Le score global des sceptiques remonte à 53% grâce... aux sympathisants de droite qui en ont TRES majoritairement une bonne opinion. Oui, oui, les mêmes gens qui réclament la tête de Hollande depuis six mois dans la rue, le carré Hermés dans une main le pavé dans l'autre, en hurlant "Dictaturesocialissaaaan !". 

Seulement, les sympathisants de droite ne sont plus que 16% à penser que le président appliquera par chez nous le fameux "modèle allemand". (contre 37% à gauche) Et ce même si nous sommes déjà en chemin.

(cliquez pour agrandir)

Au-delà de l’impossibilité à satisfaire ceux qui ont voté pour la gauche en 2012 en appliquant une politique sociale-libérale, on capte avec ces chiffres que, même s'il continue sur cette ligne, François Hollande ne contentera jamais les sympathisants de droite.

Pourquoi donc poursuivre une politique à destination de ceux qui n’ont pas voté et ne voteront pas à gauche ?

[1] Sans salaire minimum, composé d'esclaves à 1 euro de l'heure et / ou à flexibilité totale, ou le précaire est culpabilisé alors que paradoxalement c'est le pays de l'union où le taux de travailleur pauvres a le plus augmenté : 15% et leur espérance de vie a reculé de 2 ans en 10 ans. Modèle par ailleurs inapplicable, nos démographies et l'historique économique étant radicalement différents.

Illustrations : Itele.

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30 mai 2013

Ainsi squattent-ils !

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En attendant[1] faites-vous un ciné.

La réalisatrice Marie Maffre a suivi durant deux ans l'aventure du collectif Jeudi Noir et en a fait un film qui sort en salles le 5 juin, Ainsi squattent-ils.

Rappel. Les Jeudi Noir réquisitionnent et occupent des bâtiments vides depuis des années à Paris, offrant ainsi une solution temporaire aux étudiants en galère, parents célibataires, CDD aux dossiers de location systématiquement rejetés[2].

Illégal mais légitime vu le délire des loyers et des garanties demandées pour accéder à la location dans la capitale, relatés ici ou .



Si les coulisses des actions du collectif sont évoquées, le film est d'abord une immersion dans la vie en communauté dans un gigantesque hôtel particulier désaffecté depuis 40 ans, Place des Vosges.

Brassant l'optimisme résolu, les galères et une fondamentale débrouille, la vision squat choisi est un peu la ligne du récit. Une bulle d'air pour contrer la bulle immobilière. Au fil de petits moments de grâce on s'attache à l'engagement d'une dizaine de squatteurs au cœur du déséquilibre, quitte à en oublier presque la cause de ce déséquilibre: la spéculation immobilière qui, au nom du sacro-saint droit de propriété, écrase toute autre considération. 


Ce rapport de force foncier, entre possédants de l'immobilier et précaires du logement, revient par petites touches: des réactions de riverains choqués que l'on squatte des "bâtiments de cette qualité-là" et l'éternel "on est d'accord avec vous sur le fond mais..."La brutalité se révèle sèchement dans la dernière partie avec les expulsions vues de l'intérieur et la lourde sanction judiciaire et financière finale rappelant au spectateur admiratif que l'engagement ne s'arrête jamais.

Produit sans le concours des télévision, le film sort dans 3 salles à Paris, le 5 juin. Vous trouverez sur le site un courrier à envoyer aux cinémas près de chez vous pour qu'ils le diffusent. 


[1] Désolé, j'ai encore deux trois bricoles à finir avant de revenir plus activement sur le blog.
[2] Si les deux squats évoqués dans le film n'ont pas abouti à une réaffectation des lieux, en revanche des logements sociaux directement issus de l'action de Jeudi Noir Rue de la Banque sont inaugurés sous peu.

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25 avril 2013

La fin du prêt-à-jeter ?

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Un projet de loi visant à faire de l'obsolescence programmée un délit sera présenté le 2 mai au Sénat par les écologistes. Alors que l'on désespère de tirer 0.1% de croissance par la consommation, je crains que le projet n'aboutisse pas.

L'obsolescence programmée consiste à vous fabriquer des trucs jolis, pratiques ou indispensables, mais de qualité médiocre et rapidement foutus, ou pire, à prévoir leur autodestruction (quitte à foirer la programmation et provoquer un retour usine prématuré). 

Après la délocalisation quasi complète de secteurs industriels ou technologiques vers les pays à mieux-disant salarial, l'obsolescence programmée est une étape logique de la mondialisation.

Une fois que nous sommes devenus dépendants d'objets (high-tech et électroménager) n'étant plus fabriqués qu'à un ou deux endroits sur la planète (régulièrement changés pour encore moins cher) par une dizaine de constructeurs et de marchands, ceux-ci n'ont plus qu'à transformer peu à peu la nature et la cadence de nos achats. De l'acquisition de l'objet, on est ainsi passé à un abonnement ne disant pas son nom. L'obsolescence programmée est l'autre façon de faire sortir de l'argent à ceux qui ne peuvent plus s'endetter.

Je prends toujours l'exemple de mon ampli de 1975, avec ses enceintes made in France, livrée avec son schéma électrique en poster et qui marche toujours alors que je n'ai jamais pu conserver en état de fonctionnement correct un baladeur mp3 plus de 2 ans et quelques mois. Je prends ces des exemples car ils ont la même finalité et j'use autant l'un que l'autre.

Tu me diras, l'ampli valait peut-être un mois de SMIC à l'époque et le baladeur quelques jours de travail aujourd'hui. Le libéral me rétorquera que c'est ici le prix à payer (ou plutôt à ne pas payer) pour "la démocratisation des biens industriels de grande consommation"Stéphane Soumier sur son blog considère que "l'obsolescence programmée c'est fondamentalement la baisse des prix". Que ces choses sont dites avec délicatesse. C'est, à l'inverse, la réduction des coûts de fabrication et l’inondation des marchés mondiaux de produits à bas coût qui conduisent à l’obsolescence programmée et, au final pour le consommateur, à payer les choses plus cher puisque plus souvent. D'autant que ce mécanisme du sous-produit à destination des pauvres s'étend à de plus en plus de secteurs au-delà de l'électroménager (les meubles, la décoration, l'outillage, les jouets...). Pour S.Soumier, le consommateur est bien au fait du dumping salarial en place et il sait très bien qu'il achète de la came pourrie qui "tiendra ce qu’elle tiendra.". S'il a raison sur le fait que nos achats conditionnent les politiques des fabricants, et que sous leurs douches publicitaires (constituant une grosse partie du prix de l'objet) on l'oublie trop souvent, il a en partie tort sur le reste.


Le consommateur n'a souvent pas le choix. Comme je l'ai écrit plus haut, il n'est souvent plus question de "concurrence". Quelques constructeurs fabriquent aux mêmes endroits des produits programmés pour mourir vite et qu'ils pourraient d'ailleurs vendre encore moins cher en magasin (les grosses marges se faisant sur les prix de transfert entre filiales off-shore).

Si l’obsolescence programmée est le résultat de gains de compétitivité et de la réduction des coûts : où est le véritable bénéfice pour le consommateur ? (hormis la pulsion d'achat immédiatement satisfaite). 10.000 lecteurs DVD à 30 euros qui tombent en panne à la troisième lecture ne méritent pas la mention "démocratisation" mais un procès en class-action.[1]

"L'économie" ne tient pas dans la durée. Je reprends l'exemple de l'ampli et du baladeur : Un ampli à 1000 euros en 40 ans (en partie fabriqué en France), Un baladeur à 100 euros tous les 2 ans et 2 jours = 2000 euros en 40 ans (0% fabriqué en France). De plus, à la différence du baladeur serti dans sa coque plastique, l'ampli est facilement démontable, réparable pour pas trop cher. Étendons l'anecdote du baladeur à toute la baraque, du canapé à la cafetière, en passant par la chasse d'eau, le scotch qui ne scotche pas et le lave-vaisselle (il n'y a guère que les légumes bourrés de conservateurs qui durent un peu), et tu consacres un budget non négligeable à faire le réassort de bidules qui claquent en continu (ayant tous le point commun d'être fabriqués loin et compliqués à réparer).

De plus, si l'on applique à tous les secteurs la logique de l'obsolescence programmée, en plus de manger du cheval à la place du bœuf et de respirer à pleins poumons des nuages radioactifs (" -ah bah tu comprends les joints en plastique taïwanais étaient moins chers pour la centrale, man"), nous reviendrons vite à l'âge de pierre (ou plutôt de carton-pâte). J'ai le souvenir d'une époque pas si lointaine où progrès voulait dire progrès, ou avec le centième de la technologie actuelle on te construisait des trucs pouvant durer quarante ans.

Loi ou pas, la question de l'obsolescence programmée, et celle liée de la relocalisation industrielle, va se réinviter d'une façon ou d'une autre chez les constructeurs.

Sans évoquer la question écologique, j'en ai juste marre d'acheter des choses qui marchent mal, ou meurent au bout de 24 mois. Comme dirait l'enseigne de vente high-tech qui tourne de l'oeil "le contrat de confiance" est rompu. Çà, plus le sous-effectif systématique aux caisses dans les grands magasins (l'attente du client est de ces rares "charges" que les enseignes n'ont pas à régler et dont elles abusent allègrement), comme beaucoup d'autres, je m'éloigne progressivement de cette consommation[2]. C'est presque moins une question de pognon que de simple dégoût d'acheter du prêt-à-jeter. Si la démocratisation de la consommation doit passer par le médiocre alors il vaut mieux pour le consommateur refuser cette "démocratisation" là. 


[1] Il est étonnant qu'il faille un permis de construire pour éviter que les maisons ne s'écroulent, un code de la route pour éviter de rouler sur la mauvaise file, mais pas un encadrement plus strict de la vente de produits avec une certificat de qualité.

[2] enfin bon, nul n'est parfait, hein.

Article connexes :
- L'escroquerie institutionnalisée
- Le vent de la liberté (saveur pomme)
- Ipad et conséquences

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