Procréer au début du vingt et unième siècle, c’est aussi rageant que d’avoir fait son service militaire en 1995 en sachant alors que le système de conscription obligatoire s’arrêterait définitivement deux ans plus tard. A une encablure de l’utérus artificiel et de la sélection génétique sur catalogue, Lou et moi, enfantant, serions bien les derniers imbéciles heureux à perdre notre temps à pondre naturellement un chiard sur lequel nous n’aurons aucune garantie de résultat.
9 octobre 2006
8 octobre 2006
par Seb Musset
10/08/2006
Altercation classique avec ma mère lors du repas du soir en forteresse. Rien de bien intéressant ni de bien nouveau, je lui ai pourtant dit et répété de la fermer. La prise de parole est une prise de risque. Palabrer sans fin pour ne débiter qu’un flot de conneries ininterrompu expose le hâbleur aux foudres de l’auditoire.
Premier tir nucléaire en Corée du Nord, hébétude de la communauté internationale - enfin le club des donneurs de leçons occidentaux - totalement impuissante. Un petit rien qui fait du bien. Répétons-le, il n’y a qu’une et une seule issue pour l’homme : sa fin. Autant en finir le plus vite possible. Il en va de l’humanité comme de ma mère, je hais le bruit pour rien. Et de constater que l’homme apeuré par le vide de sa destinée et désormais de son présent, ne fait que s’agiter bruyamment. Un bon boom en pleine Europe, si cela peut faire taire les Ayatollahs de l’écologie qui me les pètent sévère avec leurs sacs recyclables et leurs leçons de morales lorsque je prends un bain au lieu d’une douche, ce sera toujours ça de gagné. Et puis rien à craindre de l’atome, n’oublions pas que les plus gros massacres de cette planète et les derniers génocides en date - à deux heures d’avion - furent effectués par des pauvres désorganisés, armés de bâtons et de cailloux.
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Premier tir nucléaire en Corée du Nord, hébétude de la communauté internationale - enfin le club des donneurs de leçons occidentaux - totalement impuissante. Un petit rien qui fait du bien. Répétons-le, il n’y a qu’une et une seule issue pour l’homme : sa fin. Autant en finir le plus vite possible. Il en va de l’humanité comme de ma mère, je hais le bruit pour rien. Et de constater que l’homme apeuré par le vide de sa destinée et désormais de son présent, ne fait que s’agiter bruyamment. Un bon boom en pleine Europe, si cela peut faire taire les Ayatollahs de l’écologie qui me les pètent sévère avec leurs sacs recyclables et leurs leçons de morales lorsque je prends un bain au lieu d’une douche, ce sera toujours ça de gagné. Et puis rien à craindre de l’atome, n’oublions pas que les plus gros massacres de cette planète et les derniers génocides en date - à deux heures d’avion - furent effectués par des pauvres désorganisés, armés de bâtons et de cailloux.
7 octobre 2006
par Seb Musset
10/07/2006
Avoir un enfant, c’est comme aller voir un film de Jean-Claude Vandamme au cinéma. Même s’il y aura deux ou trois bonnes surprises, en gros tu sais à quoi t’attendre. Tu vas voir la copie minable d’une histoire banale filmée sans budget.
6 octobre 2006
par Seb Musset
10/06/2006
J’erre convalescent dans les allées bondées du marché aux antiquités de la Porte de Vanves, dix ans après y avoir acheté pour cent francs - une broutille avant l’air du piratage numérique - le ok computer de Radiohead dont la reprise reggae par Easy star All-Stars tourne en boucle ces jours-ci sur les ondes de Radio Nova. Le marché surplombe un boulevard périphérique surchargé de petites boites fumantes et progressivement démodées que l’on appelle automobiles. Le quartier tramwayisé par un Delanoé en perte de crédibilité locale est devenu aseptisé, l’étendue verte d’un centre ville de Province. Nous tournons en boucle le long de chantiers de voirie abandonnés, évitant les flaques de fange afin de pénétrer dans le marché aux livres par la seule entrée non cadenassée sur les vingt présentes autour du square George Brassens. A l’intérieur, les livres sont chers les rares fois où les prix y sont indiqués, les marchands sont familiers mais juste entre eux puisque le client ils l’ignorent tout simplement. Tout ici pu le bobo parisien. Malgré quelques tentations et une belle affiche de Fleetwood Mac, je n’achète rien.
Sur le chemin du retour, nous croisons sur le Boulevard Brune, un homme en costume de policier, mitraillette au poing. Seul, sur de lui, analphabète avec le pouvoir de tuer. Se rappeler, que de tout temps, de toute société, les flics sont du mauvais côté.
Bougies odorantes chez Carole. Les pinpins, la maison des parents de Lou. Qu’on t-il tous avec leurs bougies roses et leurs reposes bougies qui puent ?
Le soir, repas au restaurant libanais en compagnie de nos amis du moment. Autour du mezzé, polémiques envenimées sur Johnny Halliday, le crétin belge demi-dieu des français, le futur à vélo de nos sociétés à quatre-quatre, l’uniformisation orwelienne standard de ce monde qui nous pousse à procréer histoire de faire tourner le blouclard. L'auditoire est écoeurée par mes raisonnements structurés, si rarement pris en défaut. Enfin, ils écoutent si peu.
Dans le métro crissant aux remugles d’urine tiède, je suis boueux, sale et fatigué par une semaine sans sommeil. J’écoute éteint le dernier album de Charlotte Gainsbourg, auditivement inacceptable dans tout autre cadre ou état d’abattement. Je comprends que cela plaise aux bobos parisiens.
Toute race, toute époque, tout continent, toute culture, tout âge, tout sexe, aucune exception, je n’ai aucune considération pour les miens. Quelques génies sauvent l’honneur, si peu, de moins en moins. Combien de temps encore à ce rythme ?
Sur le chemin du retour, nous croisons sur le Boulevard Brune, un homme en costume de policier, mitraillette au poing. Seul, sur de lui, analphabète avec le pouvoir de tuer. Se rappeler, que de tout temps, de toute société, les flics sont du mauvais côté.
Bougies odorantes chez Carole. Les pinpins, la maison des parents de Lou. Qu’on t-il tous avec leurs bougies roses et leurs reposes bougies qui puent ?
Le soir, repas au restaurant libanais en compagnie de nos amis du moment. Autour du mezzé, polémiques envenimées sur Johnny Halliday, le crétin belge demi-dieu des français, le futur à vélo de nos sociétés à quatre-quatre, l’uniformisation orwelienne standard de ce monde qui nous pousse à procréer histoire de faire tourner le blouclard. L'auditoire est écoeurée par mes raisonnements structurés, si rarement pris en défaut. Enfin, ils écoutent si peu.
Dans le métro crissant aux remugles d’urine tiède, je suis boueux, sale et fatigué par une semaine sans sommeil. J’écoute éteint le dernier album de Charlotte Gainsbourg, auditivement inacceptable dans tout autre cadre ou état d’abattement. Je comprends que cela plaise aux bobos parisiens.
Toute race, toute époque, tout continent, toute culture, tout âge, tout sexe, aucune exception, je n’ai aucune considération pour les miens. Quelques génies sauvent l’honneur, si peu, de moins en moins. Combien de temps encore à ce rythme ?
4 octobre 2006
par Seb Musset
10/04/2006
Journée sans eau à crapahuter d’un blockhaus à l’autre, les pieds dans la boue. Je me moque de Verdun et de la grandeur de ses combats. Je marche sur les os en craignant les reste d’obus. Verdun, encore un grand pas dans l’humanité, et du pied gauche ça porte-bonheur. Je m’enfonce sous terre, évitant les chauves souris et les épis de de fer. De bien belles images parfois. Alors qu’ils découvrent un graffiti à la gloire de La France, gravé sur pierre quelques heures avant la mort de son auteur trucidé sous les baïonnettes allemandes, les deux jeunes pères de famille, sont au bord des larmes.
L’homme, une tension alternative entre barbarie et niaiserie qui me pousse à affirmer que toute connerie, même la plus fortuite, est criminelle.
Bientôt cent ans, la végétation reprend le dessus, la mort s’oublie. Nous nous enfonçons dans la forêt des environs jusqu’au village nègre, nom de code du Camp Marguerre, retraite allemande durant les combats. Les bâtiments sont dévorés par les branchages, rongés par l’humidité permanente de la petite Amazonie. Nous restons plus d’une heure à filmer, le temps que le soleil disparaisse. L’âme a quitté les lieux depuis longtemps, seul tient, vivace, l’imaginaire de nos nostalgiques de La grande guerre. Le souvenir ne tient à rien d’autre. Dans cent ans, fera t-on un film sur nous ? Lira t-on ces lignes ?
Le soir, je rentre à l’hôtel et bois deux bières d’affilé avant de m’enfiler un rôti de biche dans un bistrôt du centre de Verdun by night en Octobre.
L’homme, une tension alternative entre barbarie et niaiserie qui me pousse à affirmer que toute connerie, même la plus fortuite, est criminelle.
Je m’enfonce péniblement dans le gros intestin souterrain du Fort de Vaux à l’abandon. Boyaux effondrés sur la gauche, puits sans fond sur ma droite, chauves souris à hauteur du nez, tiques aux pieds, complète obscurité et une humidité à couper au couteau vaporisée de gaz moutarde dillué, je n’en finis pas de descendre avec mon bardas numérique de raides escaliers aux marches de bois vermoulu. Il ne manque que la guerre pour que ce soit définitivement dangereux. Je suis un des premiers à voir ces lieux secrets en cent ans, un des derniers aussi tant l’endroit ignoré ne demande qu’à s’ébouler pour de bon.
Au fond de l’oubli, à trente mètres sous terre, une inscription : Francis Peroche 21 / 3 / 1916.
Bientôt cent ans, la végétation reprend le dessus, la mort s’oublie. Nous nous enfonçons dans la forêt des environs jusqu’au village nègre, nom de code du Camp Marguerre, retraite allemande durant les combats. Les bâtiments sont dévorés par les branchages, rongés par l’humidité permanente de la petite Amazonie. Nous restons plus d’une heure à filmer, le temps que le soleil disparaisse. L’âme a quitté les lieux depuis longtemps, seul tient, vivace, l’imaginaire de nos nostalgiques de La grande guerre. Le souvenir ne tient à rien d’autre. Dans cent ans, fera t-on un film sur nous ? Lira t-on ces lignes ?
3 octobre 2006
par Seb Musset
10/03/2006
Le cadre cholestérolé et terrorisé sans l’avouer par une pré-retraire qui s’impose, reproche à sa fille de ne pas s’insérer dans l’organigramme d’une quelconque société d’assureurs.
Quand comprendront-ils que leur absence totale de sens critique, d’intelligence, d’initiative, en gros leur carence de vie, ne nous intéresse pas et nous intéressera jamais ?
Marié en sortant du service militaire, père à vingt deux ans, salarié dans la même société depuis prés de trente cinq, que pourrait-il écrire de la vie à part une étude sur trois décennies des comportements de soumission de ses subalternes en secteur tertiaire ?
Quand comprendront-ils que leur absence totale de sens critique, d’intelligence, d’initiative, en gros leur carence de vie, ne nous intéresse pas et nous intéressera jamais ?
Marié en sortant du service militaire, père à vingt deux ans, salarié dans la même société depuis prés de trente cinq, que pourrait-il écrire de la vie à part une étude sur trois décennies des comportements de soumission de ses subalternes en secteur tertiaire ?
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