mercredi 9 avril 2014

Hey mec ! Où est mon gouvernement de gauche ?


Reconnaissons que depuis qu'avoir Euro RSCG au gouvernement, ça a quand même une autre gueule, celle du loup. Fini les atermoiements, les fausses pudeurs et les propos contradictoires Maintenant, avec le gouvernement de com' back ça file droit, enfin droite.

Je ne m’attarderai pas sur le discours de politique générale de notre premier ministre Manuel Valls hier devant les députés laissant le soin à ma gamine de 5 ans de vous le résumer. Voyant Valls sur l'écran lors d'un sujet introduit par le dithyrambique trio Barbier / Thréard / Calvi, la précieuse s'écria :

"- Oh, Nicolas Sarkozy !"

Perso, j'ai décroché au "La reprise économique est là" du chef du gouvernement. Cela me confirmait la crédibilité analytique du gars. 

Je ne garde que les deux lignes fortes d'un discours qui comble, pour au moins douze secondes, toutes les attentes du MEDEF :

1 / La suppression des cotisations patronales (charges en langue de droite) sur les salaires au SMIC au 1er janvier 2015, et la baisse des cotisations familiales sur  les salaires jusqu’à 3 fois et demie le SMIC. L'inévitable effet sera pour la seconde mesure de baisser les prestations familiales, et pour la première de cantonner encore plus de travailleurs au SMIC, c'est-à-dire plus assez pour vivre, et donc consommer, et donc... enfin vous m'avez compris. Abaisser le "coût du travail" est une priorité gouvernementale pour "rassurer les marchés" en période de "crise". Comprendre : quand il y a contraction économique, ceux qui ont le pognon veulent à tout prix continuer à préserver leurs rentes quitte à sacrifier les plus ou moins faibles (on les appelle aussi salariés) que l'on calme à coup de com' et de trémolos patriotiques à la TV en leur faisant miroiter avec punch et gomina une hausse de cinq cents euros annuelle (on en reparle l'année prochaine, rien n’empêchant les entreprises d'empocher la différence). Bien évidemment, dans la manœuvre, on évitera de s'attarder précisément sur les restrictions budgétaires et les reculs sociaux qui vont s’enchaîner derrière.

2 / L'acharnement à rembourser une dette que l'on ne remboursera jamais via un plan de 50 milliards d'économies en 3 ans (là aussi on en reparle l'année prochaine), et ce alors que le même gouvernement se prive de 60 milliards (80 voire 100, suivant les désirs de Monsieur Gattaz) préalablement offerts au patronat via le flou, confus et totalement raté Crédit d'Impôt pour la Compétitivité des Entreprises et le pipeau Pacte de Responsabilité (l'objectif responsable de cette mascarade est toujours fixé ce jour à zéro emploi). Qu'on se le dise une bonne fois pour toutes : ce ne sera jamais assez pour le patronat. Une fois qu'ils seront débarrassés des cotisations sur les salaires, ils demanderont plus de flexibilité, puis le droit de licencier en dix minutes et sans frais, voire aux frais du licencié... Ça ne s’arrêtera jamais, surtout dans un tel rapport de soumission gouvernementale. Ils ont le vent dans le dos comme rarement depuis trente ans, ils ne vont pas s’arrêter en si bon chemin.

Tenez, moi personnellement, vu la météo des subventions, j'attends le pacte de rentabilité avec offre promotionnelle 10 smicards pour le prix de 2 pour lancer ma boite de formation en consulting d'optimisation fiscale, c'est juré.

Bref, il s'agit de poursuivre (en communiquant mieux, donc en se faisant aimer) une politique absurde d’assèchement des services publics, de stagnation des revenus et, conséquemment, de baisse de pouvoir d'achat. Pas un seul instant, Valls n'évoquera un gouvernement de combat pour rapatrier les centaines de milliards d'euros (des entreprises et des particuliers) échappant au fisc chaque année et, à portée de contrôleurs (si seulement ils étaient embauchés), des 80 milliards (estimation moyenne) de fraude fiscale pourtant récupérable en peu de temps pour combler les trous. Que voulez-vous... Cette mesure en plus d'être efficace, rapide et indolore pour les plus pauvres, est probablement trop à gauche. Ça fait désormais désordre dans un gouvernement socialiste, euh pardon : de com'back.

9 commentaires:

Politeeks a dit…

de quand date la photo des 3 compères ?
Pas de septembre 2007 quand même ?

Anonyme a dit…

"ce ne sera jamais assez pour le patronat..."
En effet, il y aura toujours quelque part des travailleurs encore plus exploités, en Roumanie, en Chine, au Vietnam, en Inde, au Pakistan etc...
Je croyais naïvement que la limite inférieure c'était l'esclavage. Certes, il faut acheter l'esclave, ou le capturer ce qui entraîne des frais, le nourrir un peu, lui fournir un minimum de vêtements et d'abri pour dormir etc... Bref, je pensais que c'était le minimum incompressible. Erreur, dans les goulags de M. Poutine, on fait travailler à rendement maximum des prisonniers de droit commun ou des politiques, en fait des gens arrêtés au petit bonheur et qui n'avaient pas assez d'argent pour corrompre les flics et les "juges".
L'investissement est quasi nul et les intéressés travaillent 12 h par jour ou plus, 7 jours par semaine, et sont régulièrement passés à tabac si le rendement n'est pas suffisant. Mais le plus beau c'est que l'administration des goulags et ses kapos exigent de la famille des prisonnier le versement de bakchichs conséquents et fréquents, sous peine de les voir victimes de malheureux accidents ou bien d'apprendre qu'ils se sont suicidés à l'insu de leur plein gré...
Monsieur Gattaz devrait aller à Moscou pour étudier ces remarquables innovations et voir si on peut les transposer dans notre beau pays...

Anonyme a dit…

"L'acharnement à rembourser une dette que l'on ne remboursera jamais "

Ce n'est pas une raison de la creuser encore plus.

Juan Sarkofrance a dit…

quelle misère. Mais quelle misère.

Anonyme a dit…

Avec les coupes budgétaires, elle ne peut que se creuser davantage, comme le cas de la Grèce le démontre. Si les revenus sont faibles, la consommation l'est aussi ainsi que les recettes fiscales. C'est le cas en France et notre gouvernement s' en "étonne" alors même que des ménages très modestes se sont retrouvés à payer des impôts.
L'autre problème de cette dette est qu'elle se retrouve élevée à cause de taux d'intérêts qui n'existeraient pas si on pouvait emprunter directement à la BCE... alors perso, pourquoi devrait-on se serrer la ceinture, supprimer des emplois, baisser les revenus pour ça, d'autant plus que cela ne fait qu'aggraver les choses comme je l'ai dit plus haut?

Kampfbereit a dit…

moi en tant que particulier je fais l'effort de rembourser mes dettes -mieux encore, j'essaie de ne pas en avoir-, je ne vois pas pourquoi l'Etat serait dispensé de cette obligation.

internaciulo a dit…

@Kampfbereit

Ducon, parce que à moins que tu sois multi-schyzophrène, il n'y a aucune analogie entre toi et la communauté des citoyens-contribuables d'une nation.

La dette d'aujourd'hui, à la base, c'est des impôts qui n'ont pas été prélevés hier. Mais les impôts de qui ? Qui a profité de manière indécente du néo-libéralisme pour comprimer les salaires des autres, qui n'avaient que le crédit comme recours, tout en faisant baisser ses niveaux d'imposition sur le revenu ?
La dette c'est un problème de lutte des classes, jusqu'ici remportée par la classe favorisée par le néo-libéralisme.
Mais d'économique, le rapport de forces va devenir politique le jour où l'état fera défaut et qu'il faudra saisir l'épargne qui en ait la contre-partie.
Vu que le patrimoine est encore nettement plus concentré que ne le sont les revenus (et pourtant !), n'importe quel gouvernement fera le choix de "prendre les patrimoines là où il sont".

Le scénario du défaut est décrit de manière assez crédible par MM. Berruyer, Delamarche and cie : le peu d'épargne de la grande majorité de la population est garantie par la saisie de tout ce qui est au-dessus de 100 000€ de patrimoine

http://www.les-crises.fr/video-sur-l-epargne/

Anonyme a dit…

Parce que la dette n'existerait pas si on pouvait emprunter directement à la BCE. La dette ici ne sert qu'à enrichir les banques. autant d'argent qui n'entre pas dans l'économie réelle, ce qui creuse donc davantage le déficit.

MadMax a dit…

La BCE ne prête pas a taux zéro. Elle prête seulement moins cher que les banques d'investissement qui se sucrent au passage. Les marchés financiers sont d'ailleurs bouffis de ces intermédiaires qui font gonfler les taux d'intérêts.

Quelle merveille que la dette tout de même. Un moyen simple d'asservissement des générations futures qui ne pourra jamais être remboursé. Dans un monde fini de ressources, comment rembourser plus que ce qu'on a emprunté ??