jeudi 30 mai 2013

Ainsi squattent-ils !


En attendant[1] faites-vous un ciné.

La réalisatrice Marie Maffre a suivi durant deux ans l'aventure du collectif Jeudi Noir et en a fait un film qui sort en salles le 5 juin, Ainsi squattent-ils.

Rappel. Les Jeudi Noir réquisitionnent et occupent des bâtiments vides depuis des années à Paris, offrant ainsi une solution temporaire aux étudiants en galère, parents célibataires, CDD aux dossiers de location systématiquement rejetés[2].

Illégal mais légitime vu le délire des loyers et des garanties demandées pour accéder à la location dans la capitale, relatés ici ou .



Si les coulisses des actions du collectif sont évoquées, le film est d'abord une immersion dans la vie en communauté dans un gigantesque hôtel particulier désaffecté depuis 40 ans, Place des Vosges.

Brassant l'optimisme résolu, les galères et une fondamentale débrouille, la vision squat choisi est un peu la ligne du récit. Une bulle d'air pour contrer la bulle immobilière. Au fil de petits moments de grâce on s'attache à l'engagement d'une dizaine de squatteurs au cœur du déséquilibre, quitte à en oublier presque la cause de ce déséquilibre: la spéculation immobilière qui, au nom du sacro-saint droit de propriété, écrase toute autre considération. 


Ce rapport de force foncier, entre possédants de l'immobilier et précaires du logement, revient par petites touches: des réactions de riverains choqués que l'on squatte des "bâtiments de cette qualité-là" et l'éternel "on est d'accord avec vous sur le fond mais..."La brutalité se révèle sèchement dans la dernière partie avec les expulsions vues de l'intérieur et la lourde sanction judiciaire et financière finale rappelant au spectateur admiratif que l'engagement ne s'arrête jamais.

Produit sans le concours des télévision, le film sort dans 3 salles à Paris, le 5 juin. Vous trouverez sur le site un courrier à envoyer aux cinémas près de chez vous pour qu'ils le diffusent. 


[1] Désolé, j'ai encore deux trois bricoles à finir avant de revenir plus activement sur le blog.
[2] Si les deux squats évoqués dans le film n'ont pas abouti à une réaffectation des lieux, en revanche des logements sociaux directement issus de l'action de Jeudi Noir Rue de la Banque sont inaugurés sous peu.

Articles connexes :

21 commentaires:

John Edwards a dit…

Jeudi noir à Paris : les habitants triés sur le volet

http://www.rue89.com/2009/11/28/jeudi-noir-a-paris-les-habitants-tries-sur-le-volet-127816

Jeudi Noir ne sont que des opportunistes qui se logent a l’œil a Paris sous prétexte de lutte sociale.

Qu'ils fassent la même chose a Roubaix, ils remonteront peut-être alors dans mon estime.

Bertrand Lamule a dit…

John Edwards > J'ai lu l'article linké et je n'arrive pas à voir ce qu'il y a de si critiquable dans l'attitude de Jeudi Noir. Comme c'est rappelé là-bas, ce n'est pas une ONG financée pour accueillir tous les punks à chien de la ville ou n'importe quel galérien déboulant de Province le matin même, ce sont des gens "comme tout le monde" qui se battent sur des questions de logement des étudiants.
Ils prennent leurs responsabilités, et on imagine sans mal ce que ça deviendrait en quelques jours s'ils ouvraient leur porte à tous ceux qui se présentent.
Votre commentaire est hypocrite.

John Edwards a dit…

@Bertrand Lamule

https://fr.wikipedia.org/wiki/Collectif_Jeudi_Noir

Le 21 février 2011, Jeudi Noir apporte son soutien au collectif pour la libération du Gabon, à l'occasion d'une action devant un immeuble propriété de Ali Bongo. Suite à l'interpellation de l'ensemble des militants, les policiers constatent qu'un certain nombre d'activistes ne sont pas des SDF mais des fonctionnaires, des assistants parlementaires et des journalistes et transmettent leurs identités et professions au site Atlantico

Le cote revendicatif de Jeudi Noir me parait très léger.

Rosa Elle a dit…

150 000 logements non vendus en France, les vautours s'accrochent et ne veulent pas baisser, 30% des personnes âgées vendent leur logement pour survivre, personne ne veut acheter ou louer à ce prix...je répète, les vautours s'accrochent...le Krach arrive

Elise Aubry a dit…

J'ai surtout l'impression que chez jeudi Noir, il y a des galériens du logement, des précaires, des activistes, des gens qui cherchent à inventer une autre vie que celle qui leur est proposée, d'autres sont plus dans la proposition politique logement ou certains et certaines sont tout ou un peu à la fois. Jeudi Noir n'est ni une association, ni une ONG. Elle n'a aucun financement me semble-t-il. Ce collectif existe parce que des personnes ont envie de se sortir les doigts et qu'ils ne peuvent certainement pas accueillir tout le monde. Et qu'il est tjs tellement plus simple de ne regarder qu'un seul côté du disque ! PS : se loger à l'oeil quand le collectif s'est enchaîné les procès et les condamnations : 80 000 euros http://www.lexpress.fr/actualite/societe/les-squatteurs-de-la-place-des-vosges-expulses_930478.html + puis 22 000 € http://www.leparisien.fr/reactions/paris-75/paris-huit-etudiants-squatteurs-condamnes-a-verser-22-000-eur-04-04-2013-2697135.php pr le squat de sèvres.. C'est un peu mal venu comme remarque ! Ca fait cher la nuit, cher l'activisme !

John Edwards a dit…

J'ai surtout l'impression que chez jeudi Noir, il y a des galériens du logement, des précaires, des activistes, des gens qui cherchent à inventer une autre vie

http://fr.wikipedia.org/wiki/Julien_Bayou

Julien Bayou n'est pas tout a fait l’archétype du galérien précaire.

D'ailleurs, la presse n'aurait pas ete aussi complaisante si les squatteurs avaient été des enfants d’immigrés.

Un partageux a dit…

@ Johns Edwards

Tu sembles ne pas comprendre que la question du logement ne concerne pas seulement une poignée de misérables, d'alcoolisés, de toxicos, de cerveaux d'huître.

Va lire les chiffres du mal-logement récolés chaque année par la Fondation Abbé Pierre. Tu découvriras que la question du logement concerne dix millions de personnes en France. Un éventail social trèèès large.

Notre hôte Seb Musset n'est pas un crétin inculte, n'est pas un miséreux, ne picole pas plus que de raison, dispose d'un réseau relationnel, etc. Et ne dispose pourtant que d'un logement bien trop petit pour sa petite famille.


John Edwards a dit…

@Un partageux

Je suppose que tu fais référence a ça : http://sebmusset.blogspot.de/2011/08/2011-lodyssee-de-lappart.html

J'aime beaucoup la partie :

Un lecteur me rétorquait récemment comme une évidence "mais pourquoi rester dans cette ville qui traite mieux les velibs que les gens ?".

D'abord je fais ce que je veux. [...] Et, à la différence de la majorité de mes voisins, [...] je suis né à Paris.


Comme je l'ai dit, j'aurais eu de la sympathie pour Jeudi Noir si ses militants avaient squatte a Roubaix. Hélas, vu leur profil, et vu que leurs actions se concentrent sur Paris, je n'y vois qu'un opportunisme mal place.

Allo Lizet a dit…

AHAHHAHAH.. Bien sûr > réquisitionner à Angers quand on étudie à Toulouse, ou à Roubaix quand on a un travail en région parisienne. Ah tiens, je n'y avais pas pensé, tellement simple ! Chez jeudi Noir, il y a : le squat comme dénonciation de politiques publiques de logement, il y a le squat subi, il y a aussi le squat parfois choisi : un éventail de personnes qui ne se ressemblent pas toutes mais s'accordent pour construire et avancer ! Quant à Monsieur Julien Bayou que tu cites : Que connaissez-vous de son histoire personnelle ? Qui vous dit qu'avant d'être un porte parole et un politique il n'a pas eu d'autres moments de vie qui l'ont fait chercher des solutions, alternatives, s'engager ? Et puis ? Il faut être absolument précaire pour militer, agir ? Aie aie... La France va mal ! Heureusement, j'ai le sentiment que ce film a envie de montrer quelque chose de beau, de positif, de lutte, d'experimental !

Hadrien Chneiweiss a dit…

@John Edwards Les membres du collectifs Jeudi Noir se décrivent et se sont toujours décris comme des activistes dont les actions étaient faites pour faire réagir le monde politique. Visites festives d'appartements, d'agences immobilières, happening devant les ministères et enfin réquisition de logements vides depuis des années. Le but n'a jamais été d’ouvrir ces lieux à d'autres résidents que les membres du collectif pour de simples raisons 1)squatter est dangereux, certain locaux doivent être réaménagés du fait de leur abandon sur de longues périodes (40 ans pour la "marquise"!) et les squatteurs peuvent être expulsés du jour au lendemain sans ménagement (beaucoup de squattes n'ont pas tenu 24h). Pourquoi y installer des gens et surtout des familles dans ces conditions?
2) Les membres de Jeudi Noir ne sont pas des assistants sociaux et un squatte n'est pas un refuge. Ouvrir ses portes à des SDF ou des personnes fortement marginalisées c'est aussi penser à leur suivi, à leurs problèmes. Cela n'a jamais été une des missions du collectif à la base constitué d'étudiants et de précaires. Je ne connais que deux cas ou une réquisition jeudi noir s'est accompagnée d'un accueil d'autres habitants, rue de la banque et en ce moment rue de Valencienne, ces deux actions s'étant déroulées en partenariat avec le DAL.

Pour conclure je trouve juste vos posts insultants et hypocrites contre des militants qui ont donné leur temps et beaucoup de leur argent (certain ont du retourner vivre chez leurs parents car leur compte étaient bloqués)pour défendre ce en quoi ils croient, la réquisitions des logements vides, la régulation des loyers et l'accès à tous à un logement décent.

seb musset a dit…

@UnPartageux @JohnEdwards > L'équation est simple, niveau CE1 en fait. Des gens dans la galère dorment au pied de milliers de m2 vides aux mains de propriétaires qui ne savent parfois meme pas que c'est à eux. On occupe les lieux (avec les conséquences qui vont avec et qui sont lourdes, c'est un choix).

Si Paris est plus exposé médiatiquement, c'est justement pour son côté paroxysmique de l'injustice immobilière de ce pays.

Et je reprécise qu'il est hors de question que je quitte Paris parce que le marché en décide ainsi.

Celui qui prend ça pour du "parisianisme" n'a qu'à transposer ça au coin où il habite. Après ça ce sera quoi ? Je devrais quitter la France parce que c'est trop cher ?

Ah mais flûte, c'est vrai on me le dit déjà à longueur de magazine...

John Edwards a dit…

@Hadrien Chneiweiss

Julien Bayou est fils d'enseignants, pas tout a fait l’archétype du précaire.

Les membres du collectif Jeudi Noir cherchent surtout a assurer leur avenir en politique. Pas sur qu'ils aident a faire avancer les choses une fois qu'ils seront conseillers municipaux a Paris Aucune chance de les voir briguer un poste hors d'Ile-de-France, il n'y a pas d'argent pour payer les élus en province.

Cathy Mounier a dit…

@John Edwards :

Heureusement que les précaires ne sont pas les seules légitimes à devenir activistes sur la question du logement et sur de nombreuses autres d'ailleurs. De tout temps les luttes sociales ont (aussi) été menées par des personnes "privilégiées" pour soutenir celles, plus démunies, qui ne sont malheureusement pas en mesure de se défendre, trop occupées à survivre. Faut-il être brimé par son patron pour se syndiquer? Etre affamé pour soutenir des associations humanitaires? Expulsé pour rejoindre RESF??
L'engagement de Julien Bayou est sincère, politique, militant et surtout efficace. Certainement plus que les critiques gratuites et infondées que vous vous permettez à l'encontre d'un collectif à qui de nombreux précaires doivent, si ce n'est un toit, au moins une autre forme de considération.

John Edwards a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
John Edwards a dit…

@Cathy Mounier
Reste que le combat de Jeudi Noir n'a qu'un but : émouvoir les bobos parisiens.

Ce sont les mêmes personnes qui investissent dans l'immobilier et contribuent a la pénurie, qui militent pour la construction de logements sociaux mais pas trop près de chez eux. Il faudrait pas que leurs gosses aillent dans les mêmes écoles que ceux des personnes fortement marginalisées (pour reprendre les commentaires précédents), ils sont pas assistants sociaux quand même !

ZapPow a dit…

@ John Edwards

"Reste que le combat de Jeudi Noir n'a qu'un but : émouvoir les bobos parisiens.

Ce sont les mêmes personnes qui investissent dans l'immobilier et contribuent a la pénurie, qui militent pour la construction de logements sociaux mais pas trop près de chez eux…
"

Si les bobos parisiens sont ces mêmes personnes qui font tout ce que vous dites, ça n'est pas idiot de chercher à les émouvoir.

Julien Bayou a dit…

@John Edwards

Sympa de relancer le vieux débat sur "faut-il être condamné à mort pour être contre la peine capitale" ou "gay pour être pour le mariage gay"... mais un peu éculé, tu perds du temps là camarade.

Apparemment tu veux que Jeudi-Noir fasse un truc à Roubaix? Pourquoi tu démarrerais pas le truc? Lance une initiative pertinente et appelle nous, promis on vient te donner un coup de main. Attention ça implique de quitter son clavier deux minutes.

A toute

John Edwards a dit…

@Julien Bayou

Ainsi tu te considères toi-même comme le David Gale du mal logement !

J’espère seulement que tu soutiendras financièrement tes anciens camarades une fois que ta carrière aura décollé. Contrairement a toi quand tu seras ministre, certains resteront endettes a vie avec leurs amendes.

Didier Goux a dit…

John Edwards a parfaitement raison. il est même en deçà de la vérité puisqu'il ne dit pas que les “collectifs” de ce genre œuvrent main dans la main avec la mairie de Paris, qui les aide – officieusement, ça va de soi – à investir ces immeubles vides, ce qui lui permet, ensuite, d'avoir barre sur le propriétaire.

Ensuite, vous retrouvez qui, dans ces immeubles, souvent très luxueux et idéalement situés ? Les gens de l'association en question, leurs parents, amis, etc., mais jamais le moindre clodo authentique.

J'ai très bien connu un garçon qui a passé plus d'un an dans 350 m2, avec vue imprenable sur le parc Monceau. son seul travail consistait à bien accueillir les mannequins et les photographes qui venaient là pour des séances de "shooting", pour différents magazines féminins, lesquels engraissaient évidemment la dite association censée s'occuper des "sans abri".

Il existe même un reportage télé, France 3 je crois, réalisé dans ce somptueux appartement, où l'on voit mon squatter passer dans le fond du décor…

Je pourrais vous détailler la manière dont s'y prennent ces “associations” pour investir le bien d'autrui sans être inquiétés par la police, mais ça rallongerait ce commentaire déjà bien long…

seb musset a dit…

@DidierGoux

En attendant le détail de vos investigations de terrain... 48,6% des élus UMP de Puteaux habitent des logements sociaux

http://www.monputeaux.com/2011/11/ump-logements.html

hediman a dit…

salut vous serez peut etre intéréssés par le festival fou festival des ouvertures utiles qui a lieu dans 14 endroits du 1er au 23 juin avec l'entree a prix libre. le programmation est sur www.intersquat.org ou https://www.facebook.com/events/150962558421519/

merci