mercredi 19 décembre 2012

Oui, barrez-vous ! (et fermez la porte en sortant)


Il est venu le temps des pâtés de râles. 

Les entends-tu ? Ouin, je paie trop d’impôts ! Ouin, on critique la réussite ! Ouin, les gens sont méchants ! Ouin, on m'aime pas parce que j'ai trop d'argent ! En quelques mois, La France est devenue une contrée de pleureuses où le poids des larmes et le choc des trémolos sont médiatiquement proportionnels à l'importance du compte bancaire. 

Les patrons chialent. Les grosses fortunes se lamentent. Ces seigneuries, acteurs pétomanes multimillonnaires, rendent leur passeport sous les courbettes de journalistes ou chroniqueurs qui en feraient bien de même s'ils avaient l'once d'un centimètre cube de courage ou de talent pour aller exercer ailleurs (aux mêmes tarifs). 

Soyons justes: les classes moyennes grognent aussicomme toujours, et devine quoi : c'est encore la faute des autres, jamais la leur. Les seuls que l'on entend pas dans ce concert des rancoeurs, ce sont ceux qui en prennent vraiment plein la tronche, ceux vivant sous le seuil de pauvreté qui n'ont ni le temps ni les relais pour nous jouer le requiem des abusés depuis 6 mois.

Oui 6 mois.  Car, bizarrement et même s'ils précisent souvent qu'il n'est point question de politique, ces pleureuses supportaient bien mieux l’avènement d'un Sarkozy ou les 12 années de chiracquie précédentes que le dernier semestre socialiste. Au détour d'une niche fiscale sur le personnel de maison rabotée ou d'une restriction budgétaire sur leur dernière émission, nos meurtris découvrent la soudaine douleur de vivre dans un pays détestableles gens sont tendus. Scoop !

Pourtant je les comprends. Ce sentiment d'être à l'étroit dans un pays irrespirable et pas aimable  (qui s'il égalait le taux d'armement par habitant des Etats-unis pulvériserait probablement ses scores annuels de morts par balle), je l'ai bien connu de 16 à 36 ans. A vrai dire, après être passé par tous les stades de la colère, c'est ce qui m'a poussé à écrire.

Regarde donc ce qui est marqué sur la 4e de couverture de mon premier livre, écrit en 2005 (disponible ici à un prix dérisoire, noël approche):

"Tous unis les uns contre les autres au bord du ravin de la barbarie. C'est de l'air de son pays dont il souffre.... Son pays est devenu irrespirable." 

C'est beau comme du David Abiker.

Seulement voilà: pleurer ne suffit pas. La nouvelle antienne des maussades, c'est d'inviter les jeunes à se barrer d'une France "invivable". Pas vraiment un nouveau discours, ce dernier ayant de curieuses correspondances avec celui, culpabilisant, prôné depuis vingt ans sur nos écrans et voulant que les Français soient à l'éternelle traîne des autres pays dans tous les domaines.

Ça tombe bien. Comme je suis décidément en empathie, mais avec un quinquennat de décalage, avec nos pleureuses aigries: j'ai testé pour vous l'exil. Tel un disciple de l'Ifrap, en rage contre une patrie dont j'estimais qu'elle ma gâchait et, incité par la propagande du moment qui avant le modèle allemand vantait l'anglais, je suis allé voir ailleurs si l'herbe était plus verte. Je quittais, jurant que l'on ne m'y reprendrait plus, un pays gris aux rêves impossibles, une France à jamais condamnée à Drucker le dimanche et aux 35 heures le reste de la semaine. 

(C'est l'objet de mon 2e livre, disponible ici, non vraiment j'insiste: noël est imminent). 

Qu'ai-je conclus au terme de ce périple chez ceux qui semblaient à l'époque avoir "tout compris" juste parce qu'ils n'étaient pas nous ?
- Que l'Exil, sur ses seules raisons, n'a aucune imagination.

- Que dans cet ailleurs idéalisé, le schéma se redessine imperturbablement comme ici, avec des variantes mais souvent en plus violent, avec des pauvres d'un côté et de l'autre des riches qui leur font la leçon. 

- Que, re-scoop, ailleurs il y a des choses bien et des choses moins bien. Que le pays parfait n'existe jamais.

- Que le bonheur est d'abord là où sont les siens.

- Qu'un pays n'est que la somme des individus qui le compose. Que j'avais beau me considérer jusque-là sans nation fixe, je ne m'étais jamais senti aussi français que hors de France.

- Que ce n'était pas mon pays qui était exigu et invivable, mais moi. Qu'il fallait d'abord se changer soi avant de vouloir changer son environnement.

Pour en avoir discuter avec beaucoup de gens qui ont expérimenté l'exil, ou vivent encore à l'étranger, nous en arrivons à la même conclusion: Les Français manquent effectivement d'ouverture sur les autres pays et fantasment du coup énormément en négatif ou en positif sur les "modèles" étrangers. Un seul remède: il faudrait que chaque jeune, dans le cadre de ses études, puisse partir et travailler un an hors de France. Apres nous rediscuterions à tête calmée de la France  "invivable" (cache-sexe pour "économiquement pas assez libérale").

Que toutes nos pleureuses à 20K Euros mois, nos prophètes du déclin grassement payés pour rabâcher d'une onde à l'autre que nous le sommes trop, tous ces ce-pays-est-foututistes n'ayant  pour eux qu'un individualisme carnassier et des tombereaux de pessimisme pour les autres, ceux aussi qui te vendent de l'identité nationale d'un côté et de la culpabilité d'être français de l'autre, bref que ces dealers d'angoisses contradictoires à cynisme redondant appelant nos compatriotes à se barrer partent en premier et aillent voir là-bas si nous y sommes. 

Que la patrie compatissante avec leurs intolérables souffrances leur affrète des charters. On se débrouillera sans eux. Va savoir, on respirera peut-être même mieux. 

Moi je reste. J'ai appris à aimer les 35 heures, vise désormais les 32. Et Drucker n'est pas immortel.

Alors oui, je croise plus d'un abruti par jour qui me désole de vivre ici et il y a encore tant de choses pour lesquelles il faut se battre jusqu'au bout (logement et répartition des richesses pour n'en citer que deux), mais ce n'est rien rapporté à l'ensemble des gens vifs, érudits, enthousiastes, généreux que je rencontre, avec qui je vis, et la somme de ce qu'eux et leurs prédécesseurs ont construit avec du courage, de la sueur et du génie, une somme qui n'a pas de prix et qui s'appelle un pays.

J'essaye d'être bien en France, il reste du chemin, mais le plus gros a été fait depuis ce jour où j'ai décidé de ne plus avoir peur. 

33 commentaires:

bobcestmoi a dit…

très beau billet

laissons les pleureuses pleurer mais gardons nos mouchoirs

Stef Sam a dit…

On est bien à la maison...

cdg a dit…

Je vis a l etranger depuis presque 10 ans. C est pas pour fuir les impots. Dans mon cas, c est la France qui m a mit un coup de pied au cul. Mon avenir c etait le RMI et comme j avais la chance de parler allemand, je suis parti en RFA, ou surprise j avais une vie meilleure qu en France (meme avant mon passage a l ANPE)
Tu as raison de dire qu on ne connait pas assez les autres pays, sinon on se rendrait compte que nous vivons bien moins bien que la plupart des gens en Europe (si nous sommes les champions du monde de la conso d anti depresseurs c est pas pour rien)

Si tout n est pas rose ici, voila quand meme ce qui me fait dire que je ne reviendrait JAMAIS en France (a part pour les vacances):
- travail. En france c est 60 h payé 35. Ici j ai un contrat de 38 et je recupere les heures sup. Je peux aller chercher mon fils le soir sans que partir a 5h30 soit un probleme
Pour quelqu un qui a toujours travaille en France il y a des choses bizarre ici. On te fait confiance. J ai eut les cles de la societe des le premier jour (en france jamais. si j arrivais avant le patron ou la comptable, il fallait attendre a la porte). Personne ne verifie si les heures que je declare son vraiment ce que je fais. Et cerise sur le gateau, les professions techniques ne sont pas meprisees comme en France. On a par ex du materiel dont j auras meme pas reve dans mon poste precedent
- criminalite. Bon la je suis un peu biaisé car j ai grandit dans le sud vers Marseille puis j ai travaillé a Paris. Je sais qu on s habitue a ne rien laisser trainer et a faire attention. Mais c est quand meme agreable de savoir que si on laisse quelque chose dehors, on va le retrouver plus tard. De ne pas vivre barricadé chez soi, que ma femme puisse rentrer tard le soir en prenant le train seule
- societe plus positive: les francais sont persuades que demain sera pire qu aujourd hui et se bunkerisent. Il y avait un livre la dessus "la societe de la defiance". Il n y a pas ca ici. La premiere reaction c est pas de penser que tu veut truander. C est vrai quand tu veux louer un appart (ou une voiture) ou simplement quand tu ramenes quelque chose de defectueux au magasin (on me demande en general meme pas la facture)

Il y a a evidement des points negatifs comme partout. Ici on a 9 mois d hiver par exemple. Pour la nourriture, c est souvent moins bon qu en France. Mais si vous etes jeune, je dirai qu il n y a pas a hesiter. Le systeme francais a de serieux problemes et une majorite de nos compatriotes veut tout faire pour qu on ne fasse que des rafistolages afin de ne pas risque de perdre quoique ce soit. Donc si tu es jeune, non seulement tu ne peux pas changer grand chose (vu la demographie electorale) mais tu va en etre la rincipale victime (via du travail sous paye, des loyers eleve et au final un systeme social qui aura fait faillite quand tu en auras besoin dans 40 ans)

opiam2012 a dit…

J'aime beaucoup le passage sur les "classes moyennes" : "Soyons justes: les classes moyennes grognent aussi, comme toujours, et devine quoi : c'est encore la faute des autres, jamais la leur."

C'est exactement ça. Aussi égoïstes que les riches, mais masochistes car votant contre leur propre intérêt. Pire donc. Car les riches au moins, eux, ont une conscience de classe. Ils sont donc plus respectables que les smicards masochistes (et racistes) qui votent à droite. Ceux-là, je leur souhaite un Noël très pauvres, sans rien à bouffer. Bien fait pour eux.

opiam2012 a dit…

J'aime beaucoup le passage sur les "classes moyennes" : "Soyons justes: les classes moyennes grognent aussi, comme toujours, et devine quoi : c'est encore la faute des autres, jamais la leur."

C'est exactement ça. Aussi égoïstes que les riches, mais masochistes car votant contre leur propre intérêt. Pire donc. Car les riches au moins, eux, ont une conscience de classe. Ils sont donc plus respectables que les smicards masochistes (et racistes) qui votent à droite. Ceux-là, je leur souhaite un Noël très pauvres, sans rien à bouffer. Bien fait pour eux.

Three piglets a dit…

Un pauvre qui vote, contre ses intérêts, à droite, c'est souvent un pauvre qui a compris que la gauche se préoccupe plus du vote des étrangers ou du mariage gay, plutôt qu'à sa condition.
Donc, l'un dans l'autre...
Bi-partisme unique.

seb musset a dit…

@Threepiglets > Pas faux sur le mécanisme. Mais une fois de plus ne pas s’arrêter à l'écume de la com'.

Three piglets a dit…

Tu veux dire quoi?
Que le gauche agit vraiment?
Ta critique sur la droite, je la partage à 100%.
Pas de souci: entre les profiteurs de la bulle immobiliere, les escrocs médiatique du conflit de civilisation afin de faire monter le conflit de basse intensité en France, je valide l'analyse.Pertinent et juste.

Cela dit, si on fait une critique radicale des ordures de l'UMP, et de la boutique héréditaire du Fn, je pense réellement que ce n'est pas pour nous refourger du PS ou du EELV.
Et à partir de ce moment précis, il n'y a pas 50 possibilités:

Soit on rentre en dépression (perdant tout espoir électoral)
Soit on rentre en dissidence.

Ici, on préfère jouer les résistants de l'an 40 en 2012!!!!, tout en se tapant dans le dos en se croyant super malin, je parle pour tes commentateurs issus de la petite bourgeoisie (faut il le rappeler).

Si on va jusqu'au bout de l'analyse, c'est la dépression ou la dissidence.

Anonyme a dit…

Salut Seb,

C'est que tes bouquins sur lulu ne sont pas chers, mais dommage qu'ils ne soient pas en epub.

le pdf sur la liseuse, c'est désagréable à l'oeil et la conversion en epub est souvent aléatoire.

Bouge ton éditeur !

Yano.

Anonyme a dit…

De plus, tu joues bien le jeu des tarifs entre l'immatériel et la version papier, c'est un très bon point !

Bravo, et dans l'attente des versions epub ;)

Raoul Burdet a dit…

Intéressant je trouve le commentaire de CDG çi-dessus.

Parfois j'ai quand même envie de dire à mes compatriotes, mais puisque vous avez les idées aussi claires sur notre organisation sociale, pourquoi ne vous présentez-vous pas aux élections afin de partager, mais surtout valoriser, cette expertise ?
Une idée comme ça.

La France n'est pas un pays comme les autres. C'est drôle comme on peut l'oublier vite.

Politeeks a dit…

le pire dans tout ça c'est le message "LES" Riches , "LES" elites s'en vont.

Donc ceux qui restent sont des cons, des pauvres andouilles qui ne réussissent pas leur vie.

le message de ces cons à la Abiker est terriblement réducteur et méprisant. Même s'il fait un bon diganostic sur la société française bloquée, et l'impossibilité pour certains de réussir alors qu'ils en ont les moyens... sauf le fric et le patrimoine.

Gildan a dit…

"...une France à jamais condamnée à Drucker le dimanche..."
Et pas que le dimanche --> Ce soir jusqu'au bout de la nuit !
:)

seb musset a dit…

@Gildan > NOOOOOOOOAON ! C'est décidé. Je repars !

Anonyme a dit…

"Ce n'est pas impunément qu'on erre sous les palmiers et les idées changent nécessairement dans un pays où les éléphants et les tigres sont chez eux"

Anonyme a dit…

salut seb, très bon billet et analyse sur l'expat'...

sinon je rejoins les commentaires demandant une version epub. J'ai quelques notions sur ce format si tu veux des tuyaux...

Anonyme a dit…

billet minable comme ayrault

Anonyme a dit…

Ouais, bof, je suis en Allemagne, et c'est pour moi nettement mieux, surtout côté ambiance de travail. Plus la connerie gnangan des boites francaises où tout le monde se tire dans les pattes. Et j'en connais d'autres partis hors de France qui se disent ouf ! Plus à supporter les épileptiques cadres ou salariés de France et qui gagnent bien plus ailleurs.

Sab, il a vécu ailleurs qu'en franchouille ?

seb musset a dit…

@anonyme > Dieu sait que nous avons eu des cas dans les commentaires. Mais le philosophe d'agence de voyage qui commente sans avoir lu, même vaguement, l'article : c'est une première.

Anonyme a dit…

@seb : c'est une traduction d'un vers de Goethe, cité dans "La où les tigres sont chez eux", de Jean-Marie Blas de Roblès, et c'est une parabole qui veut dire (grosso modo) que quiconque choisit de vivre loin des Siens, se condamne à être un étranger partout... (j'avais bien lu l'article), cordialement, le philosophe d'agence de voyage

seb musset a dit…

Précision : je m'adressai à l'anonyme du 21 à 02.28 et non pas à celui qui citait Goethe.

Par pitié, prenez des pseudos et identifiez-vous. Ou je requitte la France.

Jean-Louis a dit…

lol. M Musset, vous êtes une blague. Un bénévole de la pensée unique.

Scoops: La richesse est privée. Seuls les individus ont des droits; l'Etat n'a pas de droits, il n'a que des pouvoirs qui lui sont délégués par ses contribuables, et il n'existe que pour servir les droits de la population. Toute tentative étatique de prendre le contrôle effectif des vies, propriétés et richesses privées est une violation évidente des droits humains et est donc parfaitement et indéniablement illégitime.

Maintenant, vous savez très bien que :
1/ il est parfaitement possible de venir en aide aux démunis sans avoir des taux de prélèvements confiscatoires ( d'ailleurs la taille de l’État a plus que doublé en quelques décennies sans aucune amélioration de l'efficacité de ses actions, il serait temps de l'admettre si vous voulez conservez un tant soit peu de crédibilité);
2/ toutes les études honnêtes en matière de fiscalité montrent la même chose: les bons impôts qui remplissent les caisses de l'Etat sans trop d'effets pervers sur l'économie on tous une assiette large, un taux faible et aucune exceptions; donc l'inverse des impôts actuels qui en plus d'être inefficaces sont iniques et discriminants ; et
3/ Des impôts non-faibles ne seront justifiés (et acceptés par le peuple souverain) que si les services en face sont irréprochables, ce qui est loin d'être le cas. Depardieu a parfaitement raison de ne pas cautionner le gaspillage d'argent public: c'est de son argent qu'il s'agit.
4/ Un pays n'a jamais eu vocation à être une prison. Quand vous n'êtes pas content d'une entreprise, vous allez chez la concurrence, quand vous n'êtes pas content d'un État, vous allez à l'étranger. Ça s'appelle la liberté de choix.

Bref, quand on a payé 8000€ par jour pendant 45 ans on n'a aucune leçon a recevoir de guignols qui vivent principalement des ponctions sur les richesses des autres et non d’échanges marchands libres, ni d'idéologues qui crachent sur l'argent à longueur de journée tout en demandant à ce qu'on leur en donne de plus en plus.

On ne sait plus qui ni quoi vous défendez M Musset, mais certainement pas les pauvres, certainement pas liberté ni la justice, et certainement pas la bonne gestion des deniers finançant le bien commun. La "common decency", ça ne vous plait pas, trop libéral surement.

bobcestmoi a dit…

"Bref, quand on a payé 8000€ par jour pendant 45 ans on n'a aucune leçon a recevoir"

si une leçon de lecture
il a pas PAYE 8000€/jour, il a GAGNE 8000E/ jour gràce aux aides au cinéma français financées par les CONtribuales moyens qui voient partir un mec avec la caisse

seb musset a dit…

@Jean Louis > Ma "common decency" à moi c'est de considérer Depardieu comme il se comporte : une merde.




seb musset a dit…

@jean louis > Et merci de laisser votre littérature fétide sur des sites plus adaptés, Contrepoints, la lettre de l'UMP ou gogol-magazine.

Jean-Louis a dit…

@ Seb Musset

Merci de confirmer la teneur de mon commentaire: pour vous la France est une prison fiscale dont aucune personne n'a la droit de sortir quant bien même elle ait participé via des sommes astronomiques aux gaspillages publics.

Votre "pensée" se résume à: "Depardieu n'aime pas la soupe, il n'en prends pas; SebMusset n'aime pas la soupe, il interdit à tout le monde d'en prendre". Interdiction de partir, interdiction de ne pas être d'accord, juste le droit de payer et de fermer sa gueule. Un vrai petit tyran, et je suis pas le premier à le remarquer.

Depardieu vit où il veut, il n'a pas de dette envers le fisc, et il n'a pas besoin de l'autorisation de M Musset pour déménager. Son déplacement est une déclaration salutaire quant à la stupidité du gouvernement actuel, dont l'incurie ne fait aucun doute soit dit en passant. Votre réaction ne fait que traduire votre idée que l'argent des individus ne leur appartient pas vraiment et que fondamentalement il n'y a qu'une seule richesse sociale indivise, la propriété privée n'étant pas un droit mais au mieux une concession temporaire et révocable accordée par le Cher Parti Leader aux petits moutons qui se comportent bien comme il faut et qui obéissent sans broncher à l'Etat-nounou. Le retour de l'ancien régime version bobo-socialo-coco, d'ailleurs la part de richesse prélevée au secteur privé par l'Etat est supérieure à ce que les seigneurs du moyen age prélevaient au peuple, un symbole qui veut tout dire.

Et, cerise sur le gâteau, un final tout en beauté où vous mettez dans le même sac les socialo-constructivistes-colbertistes de l'UMP avec les libéraux classiques de Contrepoints (autrement plus humains que vous) et le magazine des amis de la Merluche, j'aurais pas fait mieux même en faisant exprès, chapeau !

Allez, sans rancune, c'est pas facile de vivre dans la haine du méchant riche de voisin, joyeux noel quand même !

seb musset a dit…

C'est ça va chier.

Couleurs Versatiles a dit…

"Depardieu a parfaitement raison de ne pas cautionner le gaspillage d'argent public: c'est de son argent qu'il s'agit."

C'est bien la meilleure ça. Pour vivre en Belgique (donc je me permets de juger), en matière de gaspillage d'argent publique c'est pas mal non plus.



"Votre réaction ne fait que traduire votre idée que l'argent des individus ne leur appartient pas vraiment "

Et bien précisément, voilà une très intéressante question à soulever.
Au vu des impôts que Gérard Depardieu dit avoir payé, de l'énorme pactole que représente son hôtel et des richesses qu'elle renferme, il serait intéressant de se pencher sur la nature de ses revenus.
Il n'a quand même pas été payé 2 millions pour chacun de ses 170 films depuis les années 60 quand même.

Couleurs Versatiles a dit…

qu'Il** renferme

Zergy a dit…

"que si les services en face sont irréprochables, ce qui est loin d'être le cas."
Services (publique) dont la destruction est planifiée et mis en action depuis longtemps par les libertarés de ton espèce.

Arthur Hache a dit…

Les "Services (publique)" (ouaf ouaf) gaspillent environ 150 milliards d'euros par an mais il ne faut surtout pas les détruire parce qu'ils sont extrêmement utile, surtout l'Education Nationale, une des trois plus grandes bureaucraties du monde sans laquelle on ne saurait pas l'or taux gras feu. :)

Atlantean a dit…

Ha bah oui, c'est évident, l'Education Nationale c'est une perte de temps et d'argent. On n'a qu'a revenir à l'ancien système: les enfants de riche à l'école, les enfants de pauvre au boulot. C'est ça la justice sociale façon libérale: la loi du plus fort et l'esclavagisme pour tout les autres.
Pour en revenir à l'expatriation, je suis assez d'accord avec Seb, c'est un truc qui fait beaucoup fantasmer les jeunes parce qu'en réalité ils ne savent pas vraiment ce que c'est. Moi aussi je l'ai vécu et en effet, on ne se sent jamais aussi Français que lorsque l'on est hors de France.

Spartak a dit…

@ Jean Louis : http://pileface.com/sollers/article.php3?id_article=753

Tu mourras moins con. Pas d'inquiétude cependant, tu as encore énormément de marge avant qu'on vienne respecter ton défaut d'intelligence irrémissible.

Allez parce que je suis généreux : http://carfree.free.fr/index.php/2009/02/18/vivre-et-penser-comme-des-porcs/ Bonne lecture groingroin.