samedi 28 juillet 2012

L'agonie de la voiture à papa


Plans sociaux, transhumances motorisées des vacances, piétons tués, le fond de l'actu est à l'auto. Juan ex-Sarkofrance nous demande "Et tes premières voitures, c'était quoi ?"

L'automobile je ne la connais plus que sous son angle extérieur et urbain: grillant son feu devant mes gamines, rasant les piétons, échappant ses gaz au ras des poussettes, gavant l'espace sonore, occupant inerte de jour et de nuit la majeure partie de la chaussée, se parquant en warning sur les espaces livraisons. Les galériens de la conduite me racontent aussi, celui gueulant sur ses points perdus comme si on l'avait violé, l'autre pleurant sur l'énième panne lui ayant "coûté un bras à réparer".

Il aura fallu 5 ans pour que j'en sois vacciné. 5 ans de vie à Paris à subir les ravages de l'auto individuelle, triomphante et souveraine, de son OPA sur les âmes, de l'agressivité et des incivilités de ses conducteurs, de ses émanations toxiques, de sa ringardise (bah oui c'est laid), de son inefficacité (malgré l'accélération entre deux feux, la voiture est au final une façon de se mouvoir bien peu compétitive dans les zones denses). A force de remiser (chèrement) une auto dont j’avais de moins en moins de plaisir à me servir, j’ai fini par m'en débarrasser, avant de me découvrir une totale aversion pour ce moyen de locomotion dans sa version individuelle.

J'entends les hurlements gutturaux de l’automobilus excédé trouvant scandaleux la réappropriation pédestre des voies sur berges à Paris et l’inflation des couloirs de bus. La ville est un lieu de vie et n'a pas comme finalité d'être une autoroute. Mais qu'ils se rassurent les autospoliés: des centaines de rues parisiennes, des centaines de milliers en France, font encore la part belle aux possibilités d’accélérations automobiles classées "citadines" tandis que leurs trottoirs, classés "facultatifs", sont réduits à la portion congrue, entravant la déambulation des piétons et des personnes handicapées (qui le sont parfois à cause d'accidents de voiture, le monde n'étant pas un cynisme près). Plus triste, cette invraisemblance est considérée comme normale aussi bien chez les conducteurs que par les piétons.  


Nostalgie crasse des trente glorieuses et consumérisme hédoniste tenace, la voiture est encore sacralisée. Elle est tour à tour objet de représentation sociale, extension délocalisée de son petit confort sur canapé ou encore variable d'ajustement permettant d'acquérir un bien immobilier plus grand en banlieue, toujours plus loin de son boulot (pour venir gueuler après sur les radars et le prix de l’essence, et que les prix de l'immobilier sont impossibles en ville). Le territoire, lui, portera pour des siècles les stigmates au goudron de la civilisation du tout moteurun réseau autoroutier pensé, prévu, entretenu pour que nous puissions accélérer et entretenir jusqu'à l'absurde cette contradiction fondamentale dans laquelle s'enferre le monde autoproclamé moderne: vouloir aller toujours plus vite que l'autre, là où il nous faudrait tous ralentir ensemble (enfin... on m'informe que ce sera le cas ce week-end aux barrières de péages). Le discours média ambiant est lui globalement pro-voiture[1] (Si, des médias dont les constructeurs sont parmi les premiers annonceurs ne peuvent pas vraiment avoir un discours révolutionnaire sur le sujet ni valoriser en prime time l'alternative[2]). 


Pourtant, d'ici une à deux générations, la société de la voiture à papa m’apparaît condamnéeAutour de moi, chez les moins de 40 ans, j’entends de plus en plus parler covoiturage, location, voyages en train, voiture en libre partage. Au-delà des heures de stress épargné, se débarrasser de sa voiture représente une conséquente économie budgétaire. Qui pourra consacrer 10.000 euros à l'achat de truc et 5000 de plus à à l'usage à l'année ? La fin du règne de la voiture perso commence dans les villes, par la force des choses[3], parfois maladroitement[4], sous l'étiquette "bobo"[5]. C'est un mouvement de fond qui se propagera d’une façon ou d’une autre à l'ensemble de la société. 

Le déclin de l'ancien PSA est un signe de cette tendance. Et si l'industrie de la voiture se maintient encore un peu par chez nous, c'est qu'en face des abstentionnistes et intermittents du volant subsistent toujours des multipropriétaires de bagnoles et l'indécrottable cohorte de ceusses qui  changeant de caisse tous les deux ans, parce que "sinon tu comprends, elle décoterait trop". Prenons le pari que dans les années à venir, le prix des véhicules et du permis vont baisser, mais que le prix au kilomètre parcouru (ou pas) va en revanche augmenter (taxes, stationnement, énergie, péages urbains) et que nous dirigerons lentement mais surement suivant les zones vers des modes de consommation groupés, de location ou "au forfait".  Certains crieront au retour au moyen-âge et à l'intolérable atteinte aux libertés.... comme à chaque fois qu'on leur parle de progrès et de bien commun.

Ah zut. Avec tout ça, je réalise que je n'ai répondu à la question de Juan. Mais bon, assez parlé du passé. Un peu d'audace, posons la vraie question: Qui possédera encore une voiture individuelle demain? 



[1] Je vous renvoie au documentaire pro-voiture Les Français au volant de S.Benhamou diffusé sur France 3 en mai dernier. Prétendant dénoncer nos comportements sur la route, avec force sketchs comiques, multiples réclames, quelques sporadiques interventions d'un sociologue et expurgeant toute image dérangeante, le film aux allures fun ne fait que les excuser et se révèle être une pub de 2 heures à la gloire de la voiture individuelle. 

[2] Autrement que sous la forme punitive ou à visée marketing (roulez propre !), ou la forme de "la débrouille" traitée de façon pittoresque (type sujet de JT)

[3] Un parisien sur deux n'a pas de voiture.

[4] La victoire immédiate de l'Auto lib comme celle du Velib est de reconquérir de l'espace de stationnement pour tous.

[5] Bobo. Mot définissant une théorie parfois pertinente, mais devenue le réceptacle foutraque des fantasmes que le type des champs se fait sur le type des villes. Particulièrement usité chez le politique ne voulant pas trop s'attarder sur la nature libérale de son programme, le "bobo" est alors opposé à l'autre fantasme foutraque des "classes moyennes". A l’ère de l'instantanéité et de la grande distribution tentaculaire, consommateurs des champs et consommateurs des villes sont souvent les mêmes, partagent les mêmes ambitions, s'habillent des mêmes marques, expérimentent les mêmes produits culturels, ont les mêmes comportements, parfois même au même moment. 

Illustrations: Death proof Q.Tarantino (2007), The legend of Ricky Bobby, A.Mac Kay (2006)

25 commentaires:

Politeeks a dit…

I agree et vais faire faire un billet anecdote sur le sujet.

Par contre je vais trouver une belle image pour illustrer, un autre film, sans doute un extraite de Machete.
Vu que le débat est evident et que tout opposition est nulle : creve saloperie de bagnole.
Mais quand ?

Anonyme a dit…

Je confirme, j'arrive des trente glorieuses et j'habite la campagne, j'ai une auto hybride gaz-essence. Mais pour autant je ne vais pas à Lyon en auto ( autocar et bus, trajet 4 euros ). Marre des voitures reines et des moteurs qu'on laisse tourner parce qu'on en a que "pour 5mn". J'ai aimé l'auto, je la renie, mais j'en ai une quand même car en campagne tout est loin.

ladyapolline a dit…

Même démarche ...Entretien hors de prix et carburant hors de prix, racket des parkings et des péages alors qu'ils sont gratuits ailleurs en europe, bridage à 130 sur autoroute ... et j'en passe ...à quoi pouvait donc me servir d'avoir pneus larges,Abs,barres de stabilisation et 125ch Din sous le capot ?

dalipas a dit…

Ah si seulement je pouvais m'en passer ! A Paris c'est plus facile il y a profusion de transports en commun. Mais la France est le seul pays divisé en 2 : Paris et... le "reste" !
Quand on cherche du taf comme moi, d'abord on lit presque partout "véhicule exigé". Pourquoi ? Pour venir même en cas de grève des transports peut-être !
Quand on cherche du taf on ne sait pas où on va bosser et les dessertes transport en commun dans le "reste" de la France c'est à pleurer !!! On a 4 belles lignes de tram à Montpellier dont deux toutes neuves mais sortie de la gare SNCF, hopitaux et facultés, elles ne desservent que les pôles de consommation (centre-ville, Odysséum, Lattes-Pérols Centre Commercial Auchan Carrefour etc.), pas les pôles d'activité !
Tous les parcs d'activité là où se concentrent les entreprises sont desservis par les corbeaux...
Alors la bagnole moi aussi je la déteste elle pue, elle coute cher, elle fait du bruit, elle rend con et pour moi c'est rien de plus qu'un outil dont j'aimerais bien me passer mais voilà des fois on fait pas ce qu'on veut !

seb musset a dit…

@dalipas > Je sais. J'ai été 15 ans dans ce cas. Et puis, j'ai dit Fuck. Ca pose des problèmes parfois, mais au final c'est une libération. Pour la division des territoires, on est d'accord. Mais je n'en démords pas. La France est un pays relativement petit est assez dense dans les regroupements de population. C'est en partie à cause de la voiture que les gens se sont éloignés les uns des autres geographiquement (et que les prix de l'immo ont flambé en centre ville). Le monde de l'entreprise a bien capté l'interet de la situation est fait payer aux salariés cette propension à accepter des trajets de + en + long. C'est un cercle vicieux. Donc à casser. A chacun de le casser.

dalipas a dit…

j'avoue, j'avoue très humblement que si j'ai le choix entre 20mn en bagnole et 1h15 en transports à condition de ne louper aucune correspondance...
Mais t'en fais pas va ! Bientôt si je trouve pas de taf je passe à 470€/mois d'ASS et là j'aurais même plus aucune question de ce genre à me poser; la bagnole ce sera juste plus possible (et la vie non plus, d'ailleurs) !...

seb musset a dit…

Ce moment gênant où je réalise que j'écris "est" à la place de "et"

seb musset a dit…

@dalipas > Certes. Les changements dont je parle vont prendre des années. Nous vivons dans cette période de friction entre l'ancien et le nouveau monde. La voiture comme "impératif" est un marqueur des contradictions entre les 2 mondes. D'un côté on veut te fourguer de la voiture, de l'autre il devient de + en + compliqué et coûteux de l'utiliser. Un peu comme la croissance quoi.

Le Parisien Liberal a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Le Parisien Liberal a dit…

En tant que parisien, je pourrais à 100% adherer à ce billet, surtout la phrase "Autour de moi, chez les moins de 40 ans, j’entends de plus en plus parler covoiturage, location, voyages en train, voiture en libre partage."

mais "la société de la voiture à papa m’apparaît condamnée." n'est pas vrai.

Le Monde est vaste, la Terre ne se résume pas à la Capitale. Ailleurs, les gens veulent une voiture.

Anonyme a dit…

Le libre partage ne me parait pas réaliste, une voiture sur 10 ans, ça coûte presque aussi cher en entretien qu'à l'achat, c'est pas un velib ;)

Et le covoiturage, j'en fait moi même beaucoup, mais il faut bien que des personnes possèdent leurs voitures perso pour que ce soit possible ;)

Après, je pense que l'abandon de la voiture se fera naturellement le jour où les transports en commun réuniront ces 3 qualités:
* plus rapide que la voiture
* moins cher
* aussi pratique (territoire totalement desservi, dispo la nuit, etc).

En attendant, c'est toujours pas le cas. Perso j'ai 3 heures de trajet/jour en transports en commun, et 1h30 en voiture ;) Mon choix est vite fait et tant pis si ça coute 400€/mois.

Anonyme a dit…

Tu aurais du intituler ton posst "l'agonie de la voiture à Paris".
Ça fait une vingtaine d'années que je ne peux plus conduire et quand je suis à Paris ça ne pose aucun problème. Par contre en province, quelle galère ! Il n'y a pratiquement pas de transports en commun les dimanches et jours fériés, ne parlons pas du soir et de la nuit. Ne parlons pas des concordances de correspondances. Pas question non plus d'avoir un car toutes les deux minutes comme le métro, j'en passe et des meilleurs.
Et oui, comme dit plus haut, il y a Paris et le reste...

nanou a dit…

Ben c'est marrant mais qd je vous lis, j'ai l'impression de vivre dans une région à part, le nord de la france, enfin plus précisement la métropole lilloise, tres bien desservie par les transports en commun, qui vont meme jusqu'a relier la belgique,via un accord franco belge sur le réseau des bus, bien sur TOUT n'est pas desservie mais apres a toi de choisir aussi ou tu decide d'habiter, perso je n'ai JAMAIS eu de voiture, la seule dans ma famille et mon entourage, et je peux vous dire que souvent on se sent seule, comme qd les gens me regarde avec un air semi conpatissant (genre j'ai une maladie incurable) qd il me voit prendre le bus ou le métro pr me rendre qq part

Bamboula a dit…

Seb, les changements dont tu parles ne prendront pas tellement d'années.

Le système capitaliste est sur le point de s'effondrer, en fait il est déjà en train de tomber maintenant reste la réalité de l’atterrissage pour dans quelques mois.

Petit site sympa et pas cher de location de voitures entre particulier (solution qui m'arrive d'utiliser) : http://www.voiturelib.com/

lateo a dit…

Hello Seb,

je ne comprends pas bien le lien que tu établis entre l'éloignement géographique (indiscutablement rendu possible par la voiture, certes) et flambée des prix de l'immobilier en ville?

Ça n'a pas de sens du point de vue offre/demande.

olivier a dit…

Je comprends le point de vue, mais il ne s'applique reellement qu'a la petite couronne...

Anonyme a dit…

Je pense que l'abandon de la voiture se fera assez rapidement (pas plus de vingt ans peut-être moins), mais la majorité de la population n'en a pas conscience, quand tu lui dis qu'il n'y a plus de pétrole, tout le monde pense que les ressources naturelles sont infinies, ils ont entendu ici et là qu'il y a des réserves en Alaska etc, mais on le voit depuis 2, 3 ans, les prix du carburant augmentent (peak oil sans doute atteint depuis un bon moment et on découvre que les pays producteurs n'ont pas les réserves qu'ils annoncent), et cela va poser de vrais problèmes dans un avenir relativement proche à toute cette population qui s'est éloignée des villes. Il va y avoir de la souffrance, de l'incompréhension de la part de tous ces gens. L'électrique est une bêtise (on se demande ce qu'est allé faire Renault dans cette histoire) ne serait-ce que par le fait que les batteries c'est du pétrole (plastique), ainsi que des métaux rares, donc y'en aura pas pour tout le monde, encore moins pour tous les Chinois, Indiens etc. Quant à l'autonomie : rions un peu : on nous promet 150 voire 200 kms, avec la clim, les phares et le chauffage l'hiver, il s'avère que 80 kms c'est le maximum. En réalité l'automobile est un accident de l'histoire, elle n'aurait jamais due être produite pour le plus grand nombre. L'avenir est au transport en commun disponible tout le temps et partout, des cars, des trains, des navettes, des vélos etc, etc. D'ailleurs les villes commencent à le comprendre. Disons tout de même que la voiture c'est la liberté, je viens de changer de voiture pour une plus récente mais d'occasion, je découvre les joies d'une excellent installation hi-fi, (je redécouvre mes compils maison et des sons nouveaux) sans pour autant faire boum boum, la clim, les radars de recul, les phares, les essuie-glace automatiques etc etc. J'aurai bien gardé ma vieille guimbarde de 1989 qui ne me coûtait rien en entretien mais que l'on aurait fini par me taxer parce que soit-disant elle pollue plus que les neuves... Je vais sans doute subir les joies des pannes électroniques que je ne connaissais pas auparavant, les factures vont effectivement devenir très salées mais vu la situation je crois que ça sera sans doute ma dernière acquisition, je ne suis pas encore très vieux mais suis conscient du problème, j'ai la chance de vivre en ville et dès que ce sera trop cher, il faudra envisager de se transporter autrement : cela ne me posera aucun problème même si conduire est un vrai plaisir pour moi.

Anonyme a dit…

Les transports en commun vides souvent, bof.

Les voitures autonomes de google sont plus intéressantes :

Mais le vrai changement que l’adoption massive des voitures sans conducteurs pourrait apporter serait tout simplement la fin de la propriété privée (en ce qui concerne le transport privé en tous cas).

http://www.paperblog.fr/5699608/la-voiture-sans-conducteur-de-google-un-changement-de-societe-radical-en-perspective/

Rafo a dit…

J'habite Lyon, à 100m d'une station de métro, j'ai tout ce qu'il me faut à portée de main (alimentation, poste, banque, médecin, écoles. J'ai fait ce choix pour ne pas avoir besoin de voiture. Le logement me coûte cher, c'est vrai, mais si je voulais m'éloigner, le prix d'une voiture (voire de deux) engloutirait largement la différence par mois, voire bien plus. Si il y a 20-30 ans le luxe c'était d'habiter à 30 kilomètres de son lieu de travail, le luxe devient de plus en plus d'habiter à 30 mètres.

Anonyme a dit…

Entièrement d'accord avec Rafo

sivergues a dit…

AVOIR : acquérir excite comme un vol. Posséder m'inquiéte : tout est lourd. Les biens qui m'attachent sont un lit de fariboles : autos, maisons, sons de voix ...

Lelien a dit…

La voiture représente le meilleur moyen de locomotion individuel à l'heure actuelle, sauf dans les centres villes surchargés.

Personnellement je ne pourrais même pas m'en priver pour aller travailler, même si j'ai fais le choix de vivre à côté d'un centre ville avec tout le nécessaire à disposition, justement pour utiliser mon véhicule le moins possible. Vivre à côté de mon travail est tout simplement hors de ma portée financière.
Il faut dire que j'ai perdu l'habitude de la voiture en vivant presque 10 ans dans la petite couronne parisienne. Utiliser la voiture reste pour la plupart d'entre nous une contrainte dont on aimerait se passer dans la vie de tous les jours. Par contre pour les WE ou les vacances en famille, ou pour transporter des charges sur des distances moyennes, rien ne peut remplacer le transport individuel.

Ma femme envisage même de passer le permis (un jour si elle pas outre ses réticences), tellement il est difficile de trouver un travail sans!

Anonyme a dit…

Je suis en accord avec l'idée selon laquelle il est temps de changer nos modes de consommation des véhicules, cependant ce ne sont pas quelques individualités qui résoudront ce problème.

Par contre de là à traiter le problème de telle sorte qu'on rejette en bloc la voiture et ses utilisateurs, c'est un peu fort. La voiture a été un progrès considérable pour nos sociétés.

On peut faire des parallèles dans ce cas:
On aurait dû éviter de s'habiller au fil des millénaires, ça aurait éviter que des enfants chinois soient exploités pour nos textiles.
Ça n'a pas de sens.

L'homme par nature fera des progrès, de ces progrès naîtront des problèmes, de ces problèmes, il devra adapter des solutions.

Rafo a dit…

Anonyme : Pourquoi utiliser des caricatures avec l'histoire des vêtements que l'Homo-Sapiens avait adopté avant même de connaître toute forme de civilisation ?

Par contre, on aurait dû éviter de s'habiller avec des fringues en plastique : ils polluent plus et ont besoin d'être renouvelés beaucoup plus souvent que des vêtements en coton (sans dec, c'est de la cochonnerie, ça se bousille à une vitesse...).

Quant au fait que ce soient (ou soit ? je sais jamais) des chinois sous-payés qui les fabriquent, cela n'a aucun lien avec l'existence même des vêtements : ce sont des choix économiques de fabricants .

De plus, ils fabriquent plein d'autres choses que des vêtements.

Enfin, dire que toute avancée crée forcément des problèmes, c'est à peu près le même genre d'argument qui nous fait acheter un médoc pour traiter une maladie et 4 autre médocs juste pour en calmer les effets secondaires. La seule conclusion à en tirer est que le médicament est mauvais et que son concepteur doit revoir sa copie.

C'est aussi une manière de considérer que tous les "progrès" ne pouvaient se faire que de la façon dont on les a connus. Comme ceux qui viennent vous expliquer que sans Bill Gates on aurait pas tous un ordi à la maison. Rien n'est plus faux : il y a plein d'exemples de technologies et produits qui n'étaient pas les seuls, pas les meilleurs et qui pourtant se sont imposés... ça s'appelle le marketing (et le lobbying aussi, hein).... tiens, ça aussi c'est un médoc foireux dont il faut revoir la conception.

Pour en revenir à la voiture, elle a aujourd'hui plus d'inconvénients que d'avantages : elle devient hors de prix pour absolument tout : achat, entretien, assurance, carburant.... On y fait des choses qu'on est pas sensé y faire : téléphoner, regarder des films, cela engendre une baisse de concentration. Les temps de trajets se rallongent tous seuls à cause de la saturation des réseaux qui ne sont pas taillés pour cela (et on va pas pousser les bâtiments pour rentre la route plus large), et en général, la voiture est un moyen de transport démesuré : plus d'une tonne de ferraille pour déplacer une personne de 70 kilos d'un point A vers un point B, c'est tout simplement délirant.

Par contre, quite même à utiliser de l'essence et un moteur à explosion, remplacer progressivement les voitures par des 2 roues, plus petits, plus légers, moins chers (surtout si c'est fait en grosse série contrairement à maintenant où ça reste plus un loisir, et un loisir coûteux) et consommant moins de carburant, avec éventuellement une petite remorque pour trimbaler les courses et/ou les gosses (y'en a bien déjà pour les vélos), des véhicules avec une puissance limitée pour ne pas rouler comme des dingues surtout en ville... des solutions existent et vous verrez qu'elles viendront en temps et en heure, quand les constructeurs (du moins, ceux qui anticipent un peu) verront le vent tourner. Quand il s'agit de faire du fric, les hommes ont de l'imagination.

chinasky a dit…

"de sa ringardise (bah oui c'est laid)"

je pense que cette laideur produite par les constructeurs est voulue, ces formes imbéciles, cet aspect totalement "anti-design", parait exister uniquement dans le but de prendre l'utilisateur/consommateur pour un con.
cette laideur oeuvre dans le sens de faire régresser l'individu jusqu'à un stade infantile, garder ce dernier dans un bain de mauvais gout propre à ce qu'il ne risque pas de se construire ni s'épanouir. c'est ainsi de toute cette culture (ou fausse contre-culture) de masse.
garder l'individu loin de la beauté ou de l'art est un excellent moyen de le contrôler.
l'environnement direct participe à tout cela.