jeudi 15 mars 2012

L'infiltration lorraine

De notre envoyé spécial à Paris, Jean-Jérome Ciregrole. 

Dans son effort de reconquête de l'opinion et de proximité avec les gens de nos territoires n'ayant pas su prendre le tournant de l'économie moderne en s’entêtant à vouloir produire français et être payé pour ça, notre candidat-président avait autorisé les 200 ouvriers de l'usine Arcelor-Mittal de Florange à venir se faire filmer à ses côtés, histoire de bénéficier, comme Giulia, de son aura médiatique. 

Malheureusement, il y avait malentendu sur l'agenda. Les uns comprenant jeudi et l'autre lundi. 

VALERIE ROSSO-DEBORD
- "Notre candidat-président était occupé à poster des cartes de voeux, certes un peu tardifs, aux électeurs de Jean-Luc Mélenchon et n'a donc pas pu recevoir les ouvriers en personne. Nous en sommes désolés."

Qu'à cela ne tienne. Dans un de ces sympathiques gestes d'apaisement et d'ouverture (comme faire huer les syndicats lors d'un meeting) qui sont l'apanage des plus grands démocrates du monde civilisé, le candidat-président déléguait à 12 escadrons de la compagnie de la compagnie républicaine de sécurité le soin d'escorter la prolétarienne caravane à Paris.  

Pourtant étroitement encadrés par les forces de sécurité, et quelques GO des RG, dès leur entrée dans l’accueillante cité touristique, nos malotrus métallos faussèrent compagnie à leur tour operator surprise, tonfa tour.

En plus de ne pas être assez compétitifs et en grève depuis 4 semaines pour le redémarrage des hauts fourneaux, les ouvriers ne sachant pas non plus se servir d'un GPS de fabrication chinoise (preuve de leur duplicité patriotique) s'égarèrent aux abords du QG de campagne du candidat-président, Rue de la convention. Par chance, hôte soucieux du ravissement des fines bouches, notre bien aimé candidat-président avait également prévu un comité d'accueil des plus hospitaliers

Là encore, nos métallos lorrains se montrèrent particulièrement mal élevés, affichant des signes d'ingratitude, voire quelques pleurnichades fort peu viriles, face à la distribution de gaz lacrymogènes qui leur était pourtant généreusement servie pleine gueule par 250 CRS.

Interrogé lors d'un déplacement dans la réalité parallèle des vieux apeurés musulamanophobes et réactionnaires, le président-candidat a précisé, magnanime, qu'il souhaitait néanmoins entamer le dialogue avec les représentants syndicaux qu'il venait juste de faire asperger.

NICOLAS SARKOZY
"- Je recevrai les représentants des salariés, mais lundi. A l'Elysée, entre 12h14 et 12h17, et de mon bon profil. Mais pour l'instant, veuillez m'excuser, je dois aller au Virgin acheter le DVD de Benjamin Bolton et regarder la VOD de The Voice avec Carlita. Désolé d'avoir des occupations terre-à-terre et de ne pas faire mon intéressant dans la rue. Que voulez-vous, nous sommes des gens modestes."



Pour couper court à toute rumeur relayée par la presse fasciste et les blogueurs en sursis, le ministre de l'intérieur Claude Guéant a tenu à préciser que toute exploitation de ce pataquès ne serait qu'une instrumentalisation supplémentaire de la détresse ouvrière par les bobos parisiens à la solde de la gauche trosko-bolchévique. Dans le doute, l a préventivement démenti toute implication de Kadhafi ou de Liliane Bettencourt dans le financement de cette répression urbaine contre les gens qui défendent leur bifteck. 

CLAUDE GUÉANT
- "Non, non c'est dans la loi. On peut gazer les salariés, tous les salariés, si La France silencieuse a peur. En plus, pas de mallette, pas de fonds secrets: c'est eux qui payent"

Alerté par un télégramme à porteur émanant de la cellule i-riposte de l'UMP, le comédien Gérard Depardieu a tenu à exprimer son soutien au candidat-président et sa vive émotion aux journalistes d'AmenagementFiscal.tv 

GERARD DEPARDIEU
- Faut pas chier dans les bottes de mon poteau Nico qui ne fait que du bien à ces connards de français ! On les encule les salariés, on lâche rien !

A la mi-journée, malgré un séjour fort mal entamé, le représentant de la CFDT Edouard Martin et ses compagnons de la CGT n'en démordaient pas. Direction La Tour Eiffel, symbole du dynamisme entrepreneurial du XIXe siècle et de l'excellence métallurgique tricolore d'avant cette glorieuse mondialisation qui nous ravit chaque jour un peu plus de bonheur. 

Feront-ils un crochet par la gargote populaire Chez Fouquet (deux cuillères au guide du Petit Estrosi) ? Rien n'est moins sûr. En effet: conséquence du brusque réchauffement social du matin, il parait que le plat du jour, matraque dans la tronche sur coulis de gencives, y est aujourd'hui servi en terrasse sur présentation d'un casque de chantier. 

Sur le départ, les observateurs ont noté une certaine animosité de la part du leader syndicaliste, refusant l'invitation à la reprise du dialogue social, sous de plus clémentes caméras et après un week-end réparateur au Cap Nègre, de notre candidat-président.

EDOUARD MARTIN
"On n'est pas des voyous ! On a blessé personne ! C'est lui le voyou ! [...] Il va se faire foutre ! On a plus rien à lui dire. [...] On était venu avec des échantillons d'acier pour lui montrer la qualité de nos produits [...] Voilà le candidat du peuple, il est en train de gazer le peuple !"

Une métaphore par trop excessive propice à toutes les récupérations par cette poignée de mécontents (risible selon les derniers sondages) tentant d'entraver le débat politique à l'approche du scrutin. Décidément, ces travailleurs ne sauront jamais s'intégrer dans le monde des exploiteurs.

Mais rien n'est encore perdu pour nos métallos lorrains, touristes perdus dans les vicissitudes de l'ultra-libéralisme triomphant, unique gage de croissance et de prospérité (de par le fait). Selon des éléments en notre possession, tout porte à croire que leurs représentants syndicaux seront très vite reçus par l'équipe du Grand Journal. Son éditorialiste politique attitrée, Arianne Massenet, payée 2 smics par émission à éveiller les masses, pourra ainsi poser à Edouard Martin cette question taraudant les Français inquiets pour leur emploi:

- Alors Edouard Martin, slip ou caleçon? 


Bonus extraball de 18h15, notre souverain exprime sa sympathie aux journalistes:

10 commentaires:

BA a dit…

Jeudi 15 mars 2012 :

Invité à commenter les incidents survenus devant son QG de campagne, à Paris, entre des salariés d'ArcelorMittal venus de Florange (Moselle) et les forces de police, Nicolas Sarkozy a vivement répondu à un journaliste jeudi 15 mars, lors d'un déplacement dans la Marne.

"Couillon va", lance le président candidat à ce journaliste, en rigolant, après lui avoir répondu : "Qu'est-ce que ce que vous voulez que j'ai à foutre de ce que vous me dites ?"

http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/breve/2012/03/15/video-sarkozy-repond-vivement-a-un-journaliste_1670290_1471069.html?google_editors_picks=true

ALX a dit…

Faites qu'il respecte au moins une promesses : arreter la politique!

Anonyme a dit…

Comme dirait cet abruti dégénéré de rafiente isa-rat, le président se comporte à l'aune de sa fonction, il est parfaitement légitime d'injurier les manants qui l'importunent. On est plus à ca près depuis que le monarque est à l’Élysée.

sivergues a dit…

Le président redecouvre la vie en sortant de ses palais . Parfois les ouvriers en colère d'Arcelor Mittal sont mal éduqués et ont de mauvaises manières que l'on comprend nous petit peuple ? Ils ont envie de dire que votre Guéant a une tête à gifles, et qu'ils n'ont qu'une envie de vous donner d'ici 40 jours un coup de pied au cul et en finir avec vous pseudo Tyran des banlieues sacralisé par une oligarchie cynique et un électorat de sexagénaires ventrus hors du temps .

pupuce a dit…

moi aussi j'adore qu'on me traite avec ce paternalisme condescendant pas du tout méprisant et à insultes ouvertes en prime.
comme je suis née gueuse, ça fait 35 ans que je me prends ça dans la gueule.
franchement c'est super adorable.
attendrissant, même.
pis ce qu'il faut dans ces cas là c'set bien garder le sourire, hein.
nan parce que sinon on sent pas bien ton plaisir, gueux, tu vois?
nan mais j'hallucine.
et le môme il lui donne raison, il se marre. il peut même pas se vexer, y'a la coconne à côté qui en rajoute qui trouve ça fun.

prendre la victime à parti, l'insulter publiquement en s'attirant la bienveillance du public sous couvert d'humour, c'est une des stratégies préférées du pervers narcissique.

ALX a dit…

@ sivergues

Oh que oui un bon coup de pied au cul et surtout qu'il tienne au moins sa promesse d’arrêter la politique !

Anonyme a dit…

Ce climat anti-sarkozyste en france hummmmmmmmmmmmm, a des relens d'anti-sémitisme cathophobe gniiiiii

http://www.politis.fr/En-Finir-Avec-Christophe-Barbier,17573.html

nanou a dit…

ah !! l'antisemitisme ! ca faisait longtemps qu'il avait pas pointé le bout de son nez celui la lol, je commencais a me sentir toute abandonné dis donc, et pourquoi personne ne parle de la discrimination envers les nabots ? celle la aussi il pourrait l'invoquer pour faire pleurer dans les chaumieres, celles des gens modestes, des gens proches de lui en somme

sivergues a dit…

Attention, nous ne sommes pas sur une courbe exponentielle ? Dans ces temps pas tout-a-fait les mêmes pas tout-à fait autres ! N Sarkozy n'a pas une personnalité qui me fascine, on est loin de l'affaire Dreyfus et il me semble que certains s'y égarent ?

Micmousse a dit…

http://www.legrandsoir.info/je-sais-pourquoi-ils-vont-voter-pour-jean-luc-melenchon-deux-fois-si-possible.html