mercredi 19 janvier 2011

La taxation des plus-values immobilières ?


"L'immobilier, c'est la seule chance qu'ont les classes moyennes de spéculer."
Ariel Wizman, grand théoricien de la transgression, Canal+ 18.01.2011

Certains à l'UMP ont envisagé (un bref instant avant d'être rappelé à l'ordre) de taxer les plus-values immobilières sur la résidence principale pour compenser le manque à gagner entraîné par la suppression annoncée de l'impôt sur la fortune (mesure sociale des mesures sociales tu en conviendras). 

Première surprise, je pensais bien naïvement que ces plus-values étaient déjà taxées. Etant donné le boum du secteur depuis 15 ans, la multiplication des transactions et des opérations entre ceux ayant de quoi se loger, il y avait là de quoi récolter quelques milliards à réinvestir, par exemple, dans la construction ou la réhabilitation de logements pour ceux qui n'en ont pas.

Car, vois-tu, en parallèle de cette flambée des prix de l'immobilier, notre pays est devenu le champion européen du mal logement (avec 900.000 logements sociaux manquants). A la différence de la suppression de l'ISF, la rhétorique des sbires élyséens n'insiste pas ici sur l'impérieuse nécessité de nous aligner sur les chiffres de nos partenaires.

J'apprends aussi que cette proposition n'aurait finalement concerné que les reventes à plus d'1,2 million d'euros. Soit le haut du panier. Et bien figure-toi que Baroin, baron du Budget (qui rajoute 3 euros sur ta facture de portable du gueux à partir du mois prochain) n'est pas emballé.

Dommage, pour une fois, l'idée était bonne. Ici, nous l'aurions même étendue aux strates du dessous.
Nous tenons ici pour responsable du mal-vivre, de l'accroissement des injustices sociales et du chaos économique (cf le léger prout américain du crédit en 2008, ayant emporté avec lui l'économie mondiale) cette course au foncier des classes moyennes, plébiscitée par les banques sous la bénédiction de nos hommes politiques

Tu l'auras constaté si tu es un fervent spectateur d'M6, cette quête n'est plus seulement basée sur le besoin de se loger mais s'articule souvent, "criseTM" ou pas, sur les potentialités de revente (fais le test : c'est l’argument sécurisant - censé justifier tous les sacrifices - qui pointe au bout de 30 secondes de conversation avec n'importe quel propriétaire fraîchement endetté). 

Le citoyen a besoin d'un toit et d'une rémunération correcte, non pas d'une promesse de gain à la revente sur un bien immobilier pour lequel il s'endette salement : une plus-value supposée compenser demain sa stagnation salariale actuelle. Ça s'appelle de... la spéculation, voire de la vente à découvert, bref ces choses écoeurantes que les mêmes reprochent à la grande finance sans comprendre, ou pire, faisant mine de ne pas le comprendre, qu'ils en sont les complices

Tu me diras : "- oui mais avec la plus-value, les endettés d'un jour pourront acheter plus grand, plus tard, sans s'endetter." 

Sauf que, dans cette logique, si tous achètent ainsi, les prix continuent de monter (en générant toujours plus d'exclus de la mécanique) et le propriétaire d'un bien acquis à 2, revendu 4, devra payer 8 pour avoir mieux. Il se retrouvera donc dans son rapport initial de dépendance financière, au terme d'une boucle bénéficiant d'abord au trio des parasites : notaire, agent immobilier, banquier.

Cette idéologie marketing de la "plus-value escomptée du propriétaire" à contaminé les classes moyennes, les détournant d'une action sur leur "baisse de standing" en cours dans tous les autres domaines (salaires, conditions de travail, chômage, destruction des services publics...) tout en maintenant à la hausse la valeur des biens et des placements locatifs défiscalisés des classes moyennes supérieures et autres golden retraités.  Peu à peu (mais pas encore assez vite au gout du Monarque), la France des propriétaires (avec des salariés potentiellement riches mais concrètement endettés) se substitue dans les esprits à celle du travail (avec des salariés concrètement endettés donc captifs et dociles). 

Les prix des logements ont doublé en moins de 10 ans, les salaires ont à peine bougé. Autant dire que les fondements du gratte-ciel foncier sont en béton.

Donc, oui à la taxation des plus-values immobilières. Vu les diverses défiscalisations, les magouilles et les dessous de table qui pullulent dans ce secteur, ça contrebalancera. 

Et tant qu'on y est, taxons aussi fortement les résidences secondaires, les logements vides plus de 6 mois et réaffectons ces crédits à la garantie d'un toit pour tous. Ça n’empêchera pas les riches de posséder toujours plus, toujours plus haut et toujours plus beau (mais au moins, cela profitera aussi aux autres) et l'apprenti spéculateur foncier, payé 1,3 smic, y réfléchira à deux fois avant d'acheter, convaincu de le revendre le triple, son domaine sauce Damido avec un crédit de 100 ans sur le dos. 

Tout ce qui peut décourager les comportements individuels nocifs pour la collectivité....


32 commentaires:

Denis a dit…

Bonjour,

... et le propriétaire d'un bien acquis à 2, revendu 4, devra payer 8 pour avoir mieux

Ha ben j'utilise le même argument :) Ça fait toujours mouche, j'entend par la un long moment de silence par lequel je sens que l'interlocuteur réfléchi enfin.

Mais je conclu toujours par un " et donc tu comprendras que si le marché immobilier baisse, alors la c'est tout bénef pour toi car la différence entre les deux biens diminuera. Enfin, si tes capacités d'emprunt sont intactes après la revente ...heu ... à perte :o) "

Sans oublier que souvent les "ouinneursses" oublient toujours de déduire les intérêts d'emprunt à leur "plus value".

en tout cas, une fois encore l'on voit pour qui roule ce gouvernement.

toto a dit…

On vit dans un super pays quand meme. D'accord avec toi. Attends trop d'acccord avec l'ump aussi taxer des transactions a plus de 1,2 millions d'euros...oula, faut pas... Non mais j'ai envie de me recoucher d'un coup.

Immobilier-danger a dit…

Entièrement d'accord avec toi Sébastien. C'est une anomalie que les résidences principales soient exempts de taxe sur la plus-value et cela a conduit à une spéculation des particuliers sur le marché immobilier.

Seulement comme l'explique très bien Denis, tous les particuliers ont intérêts à ce que les prix de l'immobilier baissent (locataire comme propriétaire) mais il est difficile de faire comprendre ça quand en fasse il y a un gros matraquage publicitaire (si JPP le dit c'est que c'est vrai !)

Les taxations viennent d'être augmentées pour les résidences secondaires et les logements locatifs. Il serait normal de financer l'aide au logement par une taxation des résidences principales. A ce que je sache ma maison ne crée pas de valeur et n'apporte rien à la société alors pourquoi je devrais gagner plus avec ma maison qu'avec mon salaire ???

djeb a dit…

Je suis tellement d'accord avec seb ... et Denis pour le coup.

Le vrai probleme c'est que meme si on déduit la valeur des interet s de l'emprunt, qu'on ne spécule pas et qu'on n'imagine pas que le marché va monter (en tablant sur un prix stable) et compte tenu du fait que de toute facon il faudra bien se loger.
On calcul rapidement qu'en 3 ans de proprietariat, on compense le déboursement totalement à perte d'un loyer.

Le seul bémol étant si le marché se casse la gueule et que du coup la valeur du bien passe en dessous de la valeur d'achat ... mais dans tous les cas au bout d'un moment la perte engrangée par un écroulement des prix sera inférieur a la perte d'un loyer pendant X années ... c'est juste une question de temps.

La seule chose a savoir c'est qu'il ne faut pas spéculer sur la montée.

Ceci etant posé, on sait tous qu'il va y avoir un éclattement de la bulle immo, la seule question c'est quand ? et du coup, que doit on faire ? vendre notre bien et louer en attendant pour ne pas prendre dans la face l'eventuel ecroulement de la valeur d'acaht ?
ca serait spéculer a la baisse ... c'est aussi nocif que spéculer a la hausse non ?

vcl a dit…

encore une grosse ficelle, ils veulent faire passer la pilule de la suppression, ou baisse significative, de l' ISF...
dans le genre, il y a leur PTZ+, qui est actuellement l'objet de beaucoup d'effets d'annonce... alors que les anciens bénéficiaires du PTZ y perdent largement au change !

julien a dit…

Je ne suis pas d'accord pour plusieurs raisons
- OK il y a eu plusieurs années ou certaines personnes ont acheté pour spéculer. Mais la plupart des personnes de mon entourage ont acheté car elle avait peur de ne plus pouvoir acheter l'année suivante. je veux dire la, on parle de loger sa famille et espérer avoir une toit pour sa retraite. On ne parle pas de vil esprit de spéculateur au smic.
- 2 la spéculation est perdante quand il s'agit de la résidence principale. Cas 1: le bien B achetévest équivalent au bien A vendu=> les deux ont monté, tu n'a rien gagné... si ce n'est une impression de richesse.
Cas 2: tu achete un bien B plus grand que A (car tu as des enfants en plus). B aura augmenté plus que A (pas en proportion mais en euros), donc tu es perdant.

Donc non Seb, la hausse de l'immo et les plus values qui en découlent ne profite pas au petit/moyen proprio qui ne possède qu'une résidence principale.
OK au finale il s'en sortent beaucoup mieux que ce qui n'ont pas pu acheter et qui ne pourront donc plus jamais vu la hausse des prix, mais ce sont quand même des perdants.

(suite post suivant)

julien a dit…

(suite)
Bref ton idee de taxer toutes les plus values, c'est taper sur les petits pour donner aux plus petits pendant que les gros se goinfrent.

2- je pense que tu passes complètement a coté de l'objectif de la "reforme". Il ne s'agit pas de taxer pour être plus juste. Il s'agit de dire a ceux qui ont une résidence principale de plus 1,2Me (donc pas des spéculateurs a 1,3 smic), donc ceux qui ont du blé et qui vote UMP.... et bien on leur dit qu'il ne paierons plus l'ISF dessus.... contre cela il paieront sur la plus value si ils déménagent... ce qu'il ne vont pas faire puisque la plupart sont des retraités et vont rester chez eux.... et même si ils déménage, on va dire que la plus value n'est plus taxé si le bien est acquis depuis plus de 15 ans...
=> donc on retire un bout de l'ISF payé par l'electorat UMP et on le remplace par: RIEN.
Et au passage on seme la discorde à gauche pour savoir si oui ou non il faut taxer les plus values de la résidence principale en général.

Ils sont très très très fort, ils ne faut jamais les sous-estimer... et je crois que tu es tombé dans le panneau.

Toutes mes excuses si je me trompe... surtout que j'ai un cerveau de poisson rouge

julien a dit…

Horreur,
le prochaine fois j'écrirai sur grand écran et corrigerai mon orthographe.
Toutes mes excuses Seb pour ces 2 posts qui font honte a notre langue

seb musset a dit…

@Julien > Tu m'as mal lu. Ce projet de loi ne passera pas. Trop violent pour les riches, trop dangereux électoralement parlant, alors qu'il pose une vraie question de société.

@djeb @Julien > Sinon... Que ce soit par peur de demain, par envie d'un beau mur au cachet campagnard ou par pure envie de spéculer, les motivations résultent d'une campagne longue et intensive de de propagande pour devenir propriétaire (succédant à l'ouverture des conditions d’accès à l'endettement des particuliers, rien d'autre). Ce n'était pas le cas, dans les années 70-80 (ou l'accession à la propriété ne devait même pas être au top 10 des priorités des français).

Chacun doit arrêter de penser en terme de spéculation (à la baisse comme à la hausse)tant qu'il reste une seule personne mal logée dans ce pays.

A ce titre, il n'y a pas de petit ou de grand propriétaire. Il y a les propriétaires et les autres.

On est dans le domaine de la grande cause nationale, plus dans celui de l'intérêt personnel (C'est par ce vecteur de l’ego, cajoler par le marché, que tout le monde se fait couillonner. Chacun sortant alors son "oui mais c'est comme ça on peut rien faire, à propos t'as vu ma nouvelle maison ?" de circonstance.)

La hausse de l'immobilier doit être une conséquence de l'activité économique d'un pays, pas une des causes principales. Sinon, pas besoin d'être un devin, l'argent ira encore à l'argent et la pierre finira dans le mur (avec effectivement beaucoup de désillusions dans les classes moyennes).

Sinon... pour info, un sondage de "l'express" nous indique que 68% des français de moins de 30 ans, rêvent de devenir propriétaires (à crédit donc, vu la gueule des salaires...)

Comme quoi la révolution n'est pas pour demain.

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/les-jeunes-francais-sont-pessimistes_953552.html

seb musset a dit…
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seb musset a dit…

Bon alors apparemment le nouveau de Blogger, c'est de publier les commentaires en quadruple.

Anonyme a dit…

Avant de se pignoler sur la "politique du logement", il faudrait que les députés UMP (et les autres) assistassent au moins une fois à une audience "DALO" dans un tribunal administratif près de chez eux.

Remarque, ça ne changerait peut-être pas grand chose ; on ne fait pas boire un âne qui n'a pas soif...et dont les pattes sont copieusement graissées par tous les lobbies imaginables de l'urbanisme et de la construction.

nanou a dit…

seb, tu dit ya pas de petits et de grands proprio, ya les proprio et ya les autres, perso je ne suis pas d'accord, tu admettra qd meme que le mec qui possede une barraque a plus d'un million n'est pas impacté de la meme facon par cette taxation que celui qui a une maison a 150000, le premier, la taxation l'empechera pas de racheter derriere, le second, s'il decide de vendre pr racheter derriere un peu plus grand parce que sa famille s'est agrandi, la taxation risque de le bloquer completement puisque dans le meilleur des cas, il se retrouve avec la meme somme de depart, qd il a acheté sa 1ere maison et encore avec le versement des interets et l'inflation... et en supposant une stabilite des prix (qui n'est pas forcement une bonne chose evidemment qd C trop cher)le mec il peut juste se permettre de racheter la meme surface, s'il veut plus grand il doit reprendre un credit plus imp pr compenser la perte de la plus value, la tu va me repondre oui mais s'il y a plus value c'est que les prix ont augmenté y compris pr cette nvelle maison plus grande, certes mais il n'achete pas forcement dans le meme quartier ou dans la meme ville, ou il y a des micro marchés et il a peut etre pris le temps d'economiser la somme qui lui manquait pr boucler son projet, si si je t'assure yen a encore qui garde les pieds sur terre et qui le font
Je comprend ton point de vue, toi qui est tres clairement CONTRE la propriete, sauf pr les riches mais parfois ce n'est pas tous blanc ou tous noir par contre la ou je te rejoind c'est sur ce besoin quasi maladif d'etre proprio comme si c'etait le secret du bonheur de l'existence mais tu ne peux pas lutter contre le fantasme de la vie parfaite avec les deux enfants la maison avec une cloture blanche et le labrador lol comme tu l'a dit la revolution est peut etre pas pour demain

Elias a dit…

L'argument de Baroin contre la taxation est grotesque.
S'il tient tant à ne pas entraver la mobilité géographique il faudrait d'abord arrêter d'encourager les gens à devenir propriétaire.

des pas perdus a dit…

Très juste, quand tu un appart qui a doublé de valeur en à peine 5 ans, tu te dis que spéculer plus, et non travailler, permet de gagner plus.

djeb a dit…

Je suis très souvent d'accord avec toi Seb, surtout lorsque tu parle d'emprunt et d'immobilier. Mais il manque un degrés a ce que tu dis souvent : l'investissement dans la pierre et la remorque du baby boom.

Je m'explique :
Les babyboomer ont acheté leur maison, ils ont pu le faire et ca c’était dans les années 70. c'etait d'ailleurs assez facile parce que les terrains a bâtir étaient légions et les banlieues attrayantes. Ce qui se passe aujourd'hui c'est que les logements sont squattés par ces 60 naires qui n'ont bien sur pas l'intention de les laisser, c'est la ou ils veulent passer leur retraite. Du coup s'est vue profiler une nouvelle maladie : les investissements dans la pierre. Les nouveaux terrains peu abondants voient leur prix exploser et seuls les promoteurs peuvent se permettre d'acheter du terrain en gros pour batir des lotissements en nombre. Les prix étant squattés dans le neuf, et la demande plus importante encore, la valeur des biens augmente (bah oui il faut loger tout ce petit monde) La valeur du locatif augmente de maniere exponentielle et donc les locataires préfère rembourser un prêt du montant de leur loyer plutôt que de donner ce loyer a un promoteur ou un mec qui à spéculé dans la pierre...

Si le locatif etait a 70 % du montant des mensualité d'un pret les gens louerais surement beaucoup plus.

En gros aujourd'hui c'est : soit tu spécule toi même (sans vraiment le savoir) soit tu alimentes un spéculateur.

Totu ca pour dire que la vrai solution c'est de taxer l'achat de biens immo de maniere exponentielle en fonction de la surface ou du prix de vente ...
sans ca on fonce droit dans la bulle et elle pétera dans très peu de temps.

Anonyme a dit…

je me fais un peu l'avocat du diable, et personnellement, je n'envisage pas du tout une plus value:

banlieue:
-1000euros de loyer par mois, avec 100euros de charges, un appart bien placé mais intérieurement pourri.
soit environ 10kE perdus par ans, à enrichir un déjà riche propriétaire. j'exclue les charges, on les paye partout.

simulation:
emprunt de 170kE euros. 15ans. 60kE d'interets.
les intérêts sont remboursés en l'équivalent de 6ans de loyer. ça pose question.

(parenthèse)
En location, franchement, qui a envie d'investir pour améliorer l'intérieur ? ça m'est arrivé une fois de tomber sur un propriétaire sympa (qui passait pas par une agence), qui m'a payé les aménagements que j'avais fait et laissé... c'est rarissime.
(fermer la parenthèse)

Après, il faut pouvoir :
-avoir un emploi stable sur 6ans mini
-payer 1300euros de remboursements par mois (interets, assurances, etc.)

Tel que je le vois, dans un achat immobilier, il ne faut pas espérer une plus value.
C'est simplement qu'épargner en claquant 1000euros de loyer pendant 15ans, ce n'est pas possible. (aller, j'épargne 300euros par mois, ça fait 54kE).
Payer cet emprunt 1300euros/mois pendant 15 ans, sans épargner, fait qu'en revendant sans plus value, j'ai 170kE.

170 très supérieur à 54... meme avec 15kE de frais de notaires dans l'histoire.

Je me relis pour pas voir si il y a un vice dans le raisonnement...


Bref, en région parisienne, quand on peut dépenser 1300 euros par mois, c'est rentable.

En province, on se loge très bien pour 450euros/mois. toujours avec 1300euros dépensables par mois:
là, épargne en louant pendant 15ans: 153kE épargnés.
soit le prix d'une maison (en province, j'ai dit !). pas besoin d'emprunter...

seb musset a dit…

@nanou > dans l'idée, on peut imaginer une progressivité de la taxe rapportée aux revenus ou au niveau de la PV en question, ou imaginer un "crédit" de transaction, c'est à dire un accroissement de la taxe au nombre de fois où l'on opère ce type de transaction... Plus tu accumules les PV sur une durée définie (type 10 ou 15 ans), plus tu payes.

Ne pas perdre de vue que c'est la situation d'aujourd'hui qui est folle et qui conduit effectivement à opposer les individus...

Je n'ai rien contre la propriété (même si, perso, si j'avais de l'argent, j'irai à l'hôtel tout le temps), non je suis contre les déséquilibres (et la situation actuelle est non seulement déséquilibrée mais criminelle, et loin d'être le fruit du hasard)entrainés par le culte de la propriété. Le logement, comme la santé ou l'éducation est un sujet bien trop important pour le laisser dans les bras du tout marché. Au prétexte de la "propriété privée" chacun se croit autorisé à faire n'importe quoi. Dans une situation de pénurie, a chaque acte correspond une conséquence.

@djeb j'ai évité de parler des baby boomers dans ce billet, on m'aurait encore accusé de taper sur les vieux. Même si c'est inévitablement une des raisons du boum de l'immobilier actuel (cette thématique croise d'ailleurs, une autre thématique UMP pour 2011 : la dépendance.... avec hypothèse de saisie sur le patrimoine pour payer les frais de santé de fin vie à une assurance privée ! Mais j'en parlerai une prochaine fois)

nanou a dit…

Il est vrai que le logement, dans l'ideal, devrait etre affaire d'Etat, pour eviter les derapages mais la je crois qu'on reve, honnetement ca n'arrivera jamais, entre ceux qui sont deja proprio, meme a credit et ceux qui aspirent a le devenir, comme on peut le voir dans les nbreux sondages qui fleurissent un peu partt, jamais les citoyens de ce pays n'accepteront de renoncer a ce qu'ils considerent comme un de leur droit les plus fondamental, juste pour le bien etre collectif et pour que tout le monde ai un toit digne de ce nom.
Dis comme ca c'est horrible, ce manque de solidarite mais c'est la realite
On remarquera que ce chacun pour soi est plutot un reflexe de riche, lui qui se suffit a lui meme et pourtt meme les pauvres fonctionne ainsi, c'est vraiment le comble, ca me fait penser a toutes ses emissions genre M6, donner l'illusion aux gens que les pauvres c'est les autres, qu'eux n'en font pas partis et du coup ils adoptent des reflexes de riches
Plus dure cera la chute...

Siegfried a dit…

1000 euros de loyer, 170k a l'achat, l'achat est interessant.

Seul hic, je ne connais aucun endroit ou ce ratio (170 loyers) existe pour un bien equivalent.

Si c'est votre cas, foncez et revenez nous dire ou vous avez trouve la perle rare.

Si au contraire vous incluez un gros apport dans votre calcul, votre raisonnement est sans valeur.

Stéphane Laborde a dit…

Je te cite Seb :

"cette quête n'est plus seulement basée sur le besoin de se loger mais s'articule souvent, "criseTM" ou pas, sur les potentialités de revente"

+

"...pas d'une promesse de gain à la revente sur un bien immobilier pour lequel il s'endette salement : une plus-value supposée compenser demain sa stagnation salariale actuelle..."

Voir "Crise des Subprimes" http://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_des_subprimes#Causes_.C3.A9voqu.C3.A9es

Un phénomène enclenché en 2003 qui a pêté à la gueule des ménages et des banques US elles mêmes en ... 2008.

Un crise du passé, certes, mais même pour un passé AUSSI LOINTAIN, il est parfois intéressant de trouver des parallèles... mpfff

nanou a dit…

franchement, la crise cote immo, on en parle mais moi perso je l'ai vu nul part la baisse des prix, des ventes qui prennent plus de temps oui mais une baisse significative des prix, j'ai du passer a coté... apres tout depend peut etre des regions
A qd la france comme en allemagne ou les loyers sont si bas que ca ne vaut meme pas le coup d'etre proprio, d'ailleurs l'allemagne a pr ces raisons un tx de proprio tres bas, et ils n'ont pas l'air dans faire une maladie, comme ici apres a voir si les conditions salariales sont comparables mais tjr est il qu'a Berlin, mais j'imagine que dans le reste du pays aussi, on peut avoir un 2chambres pr 400 euros...

seb musset a dit…

@nanou > Va savoir. La France, vu sa situation géographique et démographique, va peut-être devenir une gigantesque cote d'azur pour seniors durant les 20 prochaines années.

julien a dit…

@Stephane
tu ne peux pas comparer la crise des subprimes et l'immobilier Francais. Enfin je ne pense pas. Les americains ont transformé leur maison en distributeur a billet: en utilisant sous forme de "droit a crédit" la soit-disant augmentation de valeur de leur maison. C'est dire qu'ils gardaient la maison, et en plus touchait direct l'argent de la plus value pour acheter la voiture, la télé, les glaces, la coco... oui cet argent facile compensait temporairement sa stagnation salariale qui était elle causée par une grave augmentation des inégalités salariales entre le haut et le bas de l'échelle.
Sarkozy voulait le faire en France mais la crise a pété avant qu'il n'ait eu le temps de le faire.

OK en France tu as aussi l'aggravation de l'inégalité des salaires. OK en France tu as une une explosion de l'immobilier. Mais non cela ne permet pas de compenser ta stagnation salariale car tu ne peux pas vendre ta maison car tu vis dedans.

julien a dit…

@seb. mes arrières grands parents étaient tous propriétaires de leur petite bâtisse, mes grands parents aussi, mes parents aussi.... je ne pense pas que l'envie d'être proprio ait a voir avec la manipulation des medias... mais plutôt un besoin d'enracinement et d'attachement à notre terre (même si c'est franchement malsain quand ta terre est en béton)
Après je suis d'accord que les medias et les politiques surfent la vagues... après tout c'est tout ce qu'il savent faire non ?
Oui c'est devenu une obsession... mais pas a cause de M6, mais parce que c'est devenu impossible.

@nanou. il n'y a aucune raison que l'immo baisse. Nous plongeons dans une période d'oppression, de reconquête des possédants. Si tu cherches les graphiques de Friggit (les originaux pas les extraits qui te bassine avec le tunnel de Friggit pour prédire la baisse) sur le site du ministère du dev durable et du logement... tu verras que nous sommes revenu aux niveaux des 2 siècles avant les 2 guerres mondiales.... j'y connais rien en histoire mais je crois pas c'était une époque de bonheur social... notre avenir non plus.

julien a dit…

@seb
la révolte est pour demain
la révolution certainement pas, je suis d'accord
l'évolution... j'y crois encore moins

romain blachier a dit…

Le probléme des classes moyennes c'est qu'elles doivent comprendre que elle ne SERONT JAMAIS MILLIARDAIRES. Ceux qui le croient ont tendance à défendre une politique pour les riches afin de préparer un avenir qui n'arrivera pas.

A quasiment aucune exception. Une fois que les classes moyennes l'auront compris, on progressera vite vers plus de redistribution.

nanou a dit…

@julien: je comprend ton point de vue mais j'espere pr le bien de tous que tu as tort, parce qu'une baisse des prix, reelle, rendrait l'accession a la propriete plus facile pr bcp de gens, qui acheteraient dans de bonnes conditions (tx d'endettement, duree d'emprunt...) et la rien de mal a aspirer a etre proprio et ferait automatiquement plonger les loyers, ce qui serait bon pr tous le monde, ceux qui ne veulent pas acheter et ceux qui n'en auront de tte facon jamais les moyens
Ensuite, le niveau est peut etre revenu a celui d'avant les 2 guerres mondiales (je ne me suis pas penche sur ces chiffres) mais dans ce cas qu'en est-il de la baisse du debut des 90' ? la pr le coup je me suis penché sur les chiffres et les bras m'en sont tombé, avec un m2 qui plafonnait a 3000 euros dans Paris intra muros (peut etre avec comme exception, les biens justement exceptionnels mais la c'est hors concours) et dans certaines region comme le nord, ou il y a egalement des villes tres chics comme Croix ou le Vieux Lille, un m2 a environ 1500 euros, je sais pas si vous vous rendez compte, moi ca m'a fait un choc mais en meme temps, j'etais bcp trop jeune a l'epoque pr rendre compte de ce qui se passait.
Ya vraiment aucune chance que les prix reviennent a ce niveau la ?

Mathieu a dit…

Je suis d'accord avec toi, mais il y a un truc que j'ai jamais compris : Pourquoi les gens achètent avec l'idée de revendre ?! Pourquoi pas acheter pour être débarrassé du loyer plus tard, tout simplement ?

BA a dit…

Mercredi 26 janvier 2011 :

Jacques Voisin (CFTC) juge le pacte social français "désormais rompu".

Le président de la CFTC Jacques Voisin a estimé mercredi que le pacte social en France "est désormais rompu" et que "nous n'avons tiré aucune leçon de la crise" financière et économique de 2008-2009.

"Notre pacte social français est désormais rompu. La crise constitue l'occasion et le prétexte pour nos gouvernants et pour le patronat de revenir sur tout ce qui fait et structure notre modèle social", s'est-il alarmé lors d'une conférence de presse.

Le dirigeant syndical s'en est pris à la réforme des retraites et aux "politiques d'austérité qui se mettent en place un peu partout en Europe", ainsi qu'aux "déclarations contre les 35 heures derrière lesquelles se cache une remise en cause de la référence à la durée légale du temps de travail".

M. Voisin s'est inquiété de "la privatisation rampante de la protection sociale" et a réclamé un "débat avec sincérité" sur son financement, sur lequel patronat et syndicats doivent commencer à se pencher dans les six mois à venir, jugeant que "la politique de l'autruche que nous menons depuis plusieurs années n'est plus possible.

Cette protection sociale, "en aucun cas, il ne doit être question de l'alléger, de la réduire ou encore de la privatiser", a-t-il dit.

Il a aussi critiqué, entre autres, le "démantèlement des services publics, la suppression massive de postes qui entraînent forcément une diminution de la qualité de ces services publics".

Selon M. Voisin, "c'est l'investissement productif qui nous sortira de la crise".

http://www.boursorama.com/international/detail_actu_intern.phtml?num=ba179f9faa658efe124fa63a8e6d5514