vendredi 19 juin 2009

Qui sont ces femmes qui portent la culotte ?

[Quelque part dans une dimension parallèle du Figaro...]

Au début réservé aux sulfureux catalogues pour adultes et aux esthètes du raffinement érotique parisien, l'objet du scandale s’étale désormais jusqu’aux premières pages des catalogues de vente par correspondance les plus communs et on le retrouve dans les derniers recoins de la France la plus profonde.

Les adeptes du port du string sont souvent jeunes et proches des mouvances publicitaires qui prônent une décontraction rigoriste.

Si certaines femmes souffrent de ce bout de tissu taillé au plus court, « elles sont de plus en plus nombreuses à volontairement adopter cette tenue » précise Roger Labarre, spécialiste du sous-vêtement à La Tranche-sur-Mer (1). « - Beaucoup ont la nationalité française. Et l'on compte pas mal de converties aux séries à la con et aux magazines féminins et people dans leurs rangs !» ajoute cet ancien du Haut commissariat aux pratiques sexuelles du ministère de l'intérieur. « - Je vous l'affirme : Ça commence par un string et elles finissent par coucher. Et jamais avec moi ! » poursuit-il.

Les autorités s’inquiètent du nombre croissant en France de ces femmes libérées du slip comme on les appelle, tenant d'un féminisme radical, qui arborent fièrement ce string. Elles seraient déjà plusieurs millions.

Le GMF, Grand maillot de France, reste toutefois modéré. Il ne prescrit pas le port obligatoire du string-filet qui « n'appartient ni aux obligations sociales classiques ni aux traditions occidentales ancestrales. » Seule la rectrice du mouvement extrémiste Ni slip, Ni caleçon partisan d’une abolition totale des sous-vêtements, s'est clairement prononcée contre le port du string.

"- Les autres mouvements fessiers paraissent gênés par ce string" analyse-t-on à la Direction centrale du renseignement postérieur, car ils composent avec une autre ligne fondamentale en leur sein : Le string 2 pièces incluant le mini soutien gorge 3 tailles trop petites.


À mesure que leur port du string se propage en France, le profil de ces femmes libérées du slip se diversifie. On en trouve de plus en plus jeunes, des gamines parfois. Ce que confirme Yvan Dustèque, porte-parole d'Au Butt premier fabricant français : « - La prochaine étape c’est le string comestible pour mioches ! »

« - Il faut savoir vivre avec son époque » déclare Jean-Luc Podebal porte-parole de SSFF, String sans frontière et sans ficelle, l'union intersyndicale des fabricants. « - Il faut que La France saisisse la nature des opportunités que nous avons su dévoiler. Mères et filles s’habillent pareil. Le string devient un élément fédérateur des familles. Nous tissons du lien filial » conclut l’humaniste.

Face à cette lame de fond, de plus en plus de voix se font entendre pour un retour au bon vieux calbar qui faisait travailler l’imagination. D'autant que beaucoup de ces femmes libérées du slip font de la surenchère, laissant déborder les échancrures de leurs jeans tailles basses, provoquant de plus en plus de troubles à l’école et dans les bureaux. « - Cela nous a coûté au moins deux points de croissance cette histoire ! » déplore Christine Lagarde, Ministre de l’économie, précisant sur son facebook le soir même qu'à titre personnel, elle les préfère en dentelle.

"- Le string, c'est sur ça n'a pas toujours été facile mais ce fut mon ascenseur social à moi !" Affirme Karine, ancienne étudiante en mécanique des fluides à Paris-VI, titulaire d'un bac mention très bien. Elle apparaissait dans l'amphithéâtre bondé en laissant dépasser son string du pantalon moulant, suscitant l’intérêt des professeurs et la jalousie des autres étudiants et notamment des garçons ne pouvant se prévaloir des mêmes atouts. Après avoir décroché une très bonne note de soutenance, elle a obtenu un stage dans la prestigieuse résidence d’été du président de l’université à Ramatuelle.

Tout aussi sophistiquée, Sonia, mère de deux enfants, aime provoquer. Elle nous accueille sur le pas de sa porte en baissant son froc : « - Vous pensiez que j’avais des "Petits Bateaux" hein ? » Née catholique dans la classe moyenne de la région parisienne, elle fait partie des nombreuses converties au string qui, devant les rediffusions d'Alerte à Malibu cherchaient « un sens à leurs vies».

« - Bien sûr, j'ai d'abord rencontré un intolérant qui voulait que je porte des "Sloggi" avec salopette et anorak au boulot. Mais c'est moi qui l’ai fait évoluer vers la nouvelle chair, comme c'est écrit dans le livre [catalogue Marc Dorcel, NDLR]» raconte-t-elle.

Perdant au passage l'appui de ses parents « qui n'acceptent pas ma tenue», Sonia chérit d'autant plus « la solidarité » de ses nouvelles « sœurs » du bar routier topless, le Nasty fock, où elle officie après le bureau car "depuis 2007, les fins de mois sont compliquées".


Elle conclut avec philosophie : « Ca paraît pas mais c’est dingue ce qu’un string peut contenir comme billets ! »


Katia
, elle, a grandi à Plaisir, une ville moyenne des Yvelines. Après une adolescence banale, flirts, tournantes et sex-tape au portable, elle rate son BEP. Sentant sa vie se faner, elle ouvre ses perspectives à la capitale et commence des ménages privés pour quelques courtiers déprimés des bourses. Amoureuse d'un voisin branché cul, elle accepte de le suivre dans son fondamentalisme. Du string à l’épilation totale et graissage du corps à la margarine, en quelques années elle se laisse happer dans la spirale infernale du sex-toy.


À cette époque, elle ne s’occupe déjà plus de ses enfants qu’elle abandonne à la télévision avec les émissions d’Arthur comme modèle de réussite sociale et Victoria Silvstedt comme absolu de pouvoir et de bienséance. C'est le début de la descente aux enfers. À la maison, les poupées Barbie se promènent nues. Deux ans plus tard, Katia part vivre avec son mari en Thaïlande où les mœurs affectifs semblent être plus en accord avec les croyances du couple. Ce n’est que lorsque son mari ramène vivre au domicile conjugal trois prostituées et un transsexuel bulgare que Katia réalise son erreur :

« Tout ça c’est la faute au string ! »

« - Que voulez-vous, tant que l’on autorisera les femmes à s’étaler semi-nues sur les panneaux publicitaires au nom du progrès et de la libéralisation des mœurs, il ne faudra pas s’étonner qu’il y ait de plus en plus de viols : On est pas des moines ! » professe de son côté Beef Bare Back, fondateur du BGBFDBBB (Bon Gang-Bang français de Beef Bare Back), militant pour plus de respect dans les mouvements sexuels collectifs en cave.

De la gaine au slip puis de l’échancré au string, les femmes occidentales sont irrémédiablement entraînées parce qui s’impose comme un mouvement socio-publicitaire à l'intégrisme des plus virulents.

Il est donc urgent pour le gouvernement de légiférer sur l’interdiction du port du string en France, source des comportements déviants des petits et des grands, et véritable entrave à l’économie. D’autant que, dopés par leur opposition aux sous-vêtements passéistes et leur volonté d’être à leur tour des femmes libérées, le fondamentalisme du string déborde jusqu'aux hommes.

Il attire de plus en plus de jeunes mâles en mal de fesses galbées sans pli du slip.


(1) Auteur de "Non c'est non !" aux éditions du Gropornokitache, 2009

5 commentaires:

Constantin a dit…

Pas mal le string sur le symbole Mercedes. J'entends avec impatience de voir ce qu'on peut faire avec les quatre anneaux d'Audi.

Juanes josé-miguel a dit…

C'est plus trop la mode du moment récession oblige. Le string ce fait discret mais les talons aiguilles en revanche se taillent la part du lion.
C'est déjà une autre époque.
Je prêche pour le justaucorps intégrale. L'avenir nous le dira.

stephane a dit…

Les cheveux remonter en chignon banane derriere la tête, dégageant un long cou,La robe fuseau, les talons aiguilles, avec un chemisier en soie blanche, sans soutif, les pointes de seins exitées par le frottement. Sa c'est du 50's !!!

Céline a dit…

J'ai bien ri. Merci Sébastien!

delkend a dit…

excellent