mercredi 12 novembre 2008

Elle avait les yeux revolving


Elle avait les yeux revolving
romance sociale sur fond de crise signée Seb Musset.

C’était dans une autre galaxie, à une autre époque, en 2004 dans la banlieue bourgeoise de Douai. Cela commençait comme ça, suite à un trop plein de télé, dans les rêveries Conforamatées d’une étudiante en droit.

Juliette avait 21 ans et des ambitions plein la tête.

Des envies de vie rêvée, le songe d’un bel ensemble de linge de maison blanc signé Deschamps, la projection d’une commande massive de macarons chez Lacarie pour le baptême de son futur bébé qu’elle voulait blond, la possibilité d’un appartement spacieux autour du berceau sophistiqué, avec une terrasse pour bruncher le dimanche accompagné de gens de bon goût puisqu’ils auraient le sien.

Après un bac brillamment décroché mention comme les autres, des années rébarbatives de droit suivies d'une maîtrise, Juliette pensait de plus en plus concrètement à sa vie d’adulte qui, à en croire Cofidicte, semblait à portée de mains. Elle y serait heureuse dans une maison comme celle de ses parents, mais bien à elle, avec un salon plus « dizaïne ». Pas un soir où elle ne s’endormait sans songer à son canapé géant pour siéger dedans.

Ses parents, deux médecins généralistes du Nord, tranquilles financièrement, baby-boomers évidemment, l’avaient habituée au confort moderne sans pour autant lui donner l’impression d’avoir eu à travailler énormément pour l’obtenir. Juliette avait toujours eu un épais sofa sous le cul au cœur d’un beau living-room lui même lové dans un grand pavillon entouré de son jardin paysager au gazon rasé.

Elle avait expérimenté, les unes après les autres, les conversions familiales systématiques (si possible avant le voisin) à toutes les avancées scientifiques qu’offrait, pour les nantis, ce monde de progrès : Premier magnétoscope VHS, premiers Laserdisc suivi cinq ans avant tout le monde du premier lecteur dvd.

Tous les soirs dans son palais du Pas-De-Calais, petite Juliette regardait Madame est Servie en rêvant de devenir Angela Bauer. Son adolescence fut ensuite bercée par Friends. Dans la sitcom new-yorkaise, Juliette admirait ces jeunes femmes indépendantes, volontaires et totalement soumises au marché qui en quelques saisons, et presque sans coucher, transformèrent tous les mecs de la série (ceux pas encore totalement trépanés comme ce brave con de Joey) en fiottes pathétiques toujours prêtes à ramper.

Le succès de Bienvenue chez les Ch’tis quatre ans plus tard sonnera d’abord la revanche des petites gens. Pour beaucoup de notables de Flandre, c’était (et c’est toujours) une tare de vivre au pays des chicons et des betteraves. Vivant la région comme pas assez Rotary et surtout trop pleine de pouilleux crottés, pour leur fin de cinquantaine libérale, les parents médecins s’exilèrent dans le sud pour finir en beauté parce que les vieux là-bas ça a plus de blé.

Juliette se devait d’être avocat, juriste ou quelque chose qui ne ferait pas pâlir de honte ses géniteurs dans les dîners mondains de l’arrière-pays provençal où les deux vivaient maintenant dans une villa au sommet du lotissement, le Xanadu du CSP+. Juliette, pressée d’être indépendante comme ses amis virtuels du Central Perk, était bien au fait que pour habiter dans un bel appartement parisien, avec des parents plus radins qu’il n’y paraissait et inconscients des tarifs en vigueur dans l’immobilier, il lui fallait vite obtenir plus de blé.

Se contentant d'une chambre de bonne sur Paris, bien en dessous du standing auquel elle prétendait mais au loyer entièrement réglé par papa et maman, Juliette officiait dans une étude en contrat précaire à trier du dossier pour des avocats en charge de défendre les couples confrontés au surendettement.

Vite fait bien fait, pour améliorer son quotidien, elle sélectionnait Pierre. C’était un gentil qui terminait peu motivé ses deux années dans une école de commerce de moyenne qualité dans laquelle pourtant se ruinaient des parents qui croyaient dur comme fer que quand on pouvait il n’y avait plus qu’à vouloir. Ce chic type ne demandait rien à personne mais, paradoxe du manque d’imagination en milieu social non-dévafavorisé, étant fatigué de sa vie de famille, il voulait fonder… sa famille. A 22 ans, à peine avait-il eu le temps de se prendre trois râteaux pour se faire une idée de la sexualité que c’était réglé : Avec Juliette au propre comme au figuré, il sautait sur la belle affaire.

Devant la pénurie de lofts new-yorkais disponibles à la location sur Paris, surtout dans les limites de leur maigre budget, Pierre et Juliette se rabattirent sur la banlieue mais pas n’importe laquelle. Ils trouvèrent sans difficulté, avec la caution parentale des deux familles, un mini deux pièces à Levallois-Perret qu’ils gavèrent de meubles et de bibelots trop mignons selon les dernières prescriptions de Question Maison !

Ce fut le théâtre d'un long et intense bonheur de quatre mois.

Au printemps, Juliette voulait se marier : Le prêt pour l’accession à la propriété serait ainsi plus facile à décrocher.

- Ah bon faut acheter ? Demanda interloqué Pierre qui malgré son BTS force de vente bouffait encore ses crottes de nez en ricanant devant Cauet sans avoir d’idées arrêtées sur la tournure des années à suivre.

- Oui le 30m2 carré pour deux y en a assez ! J’ai de l’ambition, je veux mon appartement à moi, je veux pas faire comme tes cons de parents qui a 55 ans sont toujours pas propriétaires ! Lui répondit Juliette de cette voix de crécelle propre aux pétasses pas prêtes à se laisser faire.

Pierre laissa parler cet instinct émancipateur, guidé par son slip et les émissions d’M6, voulant s’affranchir à jamais de la tyrannie de son intolérable condition sociale de pas-propriétaire :

- Oh oui tu as raison, c’est vraiment des cons mes parents, en plus ils ont eu cinq enfants pouvaient pas faire attention ! Allez baisons maintenant !

Tandis qu’il besognait sa poupée gonflante sur la déserte branlante Borkaasé de chez Hic et Ah !, premier objet d’une série encombrante mais coordonnée de tables basses achetées en douze fois sans frais, Pierre compris que sa paye pourrave de vendeur en forfaits téléphoniques n’y pouvait suffire : Juliette devait elle aussi gagner plus de blé. Il fallait se donner le moyen de leurs ambitions s’ils voulaient égaler la réussite matérielle de leurs parents. Pour le couple, évidemment, cela ne pourrait aller que mieux : Ils visaient pour leurs 25 ans, une vie au mélange harmonieux de Friends pour le côté artiste, fun et femme libérée avec Madame est Servie pour le côté cadre, Connecticut et homme de ménage.

Isolée dans l’indépendance du deux-pièces de Levallois-Perret où vite tout devenait ennuyant (et surtout pas assez grand) et parce que sortir ou s’amuser nécessitait plus de blé, Juliette eut la nostalgie de son enfance et de ses parents.

Une fois marié en grandes pompes dans un château loué pour la modique somme de six mois de salaire par les parents de Pierre, surnommés dans l’intimité des amoureux ces connards de locataires, le couple uni pour la vie et les crédits ferait en une et même passe le grand saut tandis qu’il couperait le cordon : Pierre et Juliette s’installeraient donc dans le Sud, le plus près possible des parents de la jeune femme. Cette dernière prétexta qu'elle avait décroché dans la région un important travail en CDI qu’elle se montrait pourtant évasive à détailler.

Le couple choisit en un après-midi un F3 sans charme en troisième banlieue d’une ville moyenne des Bouches-du-Rhône peuplée de retraités (la ville et l’appartement) mais offrant le principal avantage d’être à moins de trente kilomètres de la villa avec piscine des parents. Le couple s’éviterait des frais supplémentaires de vacances. Et puis…

- Tu te rends comptes Pierre, pour la taille c’est tellement moins cher qu’à Paris !

Au moment de signer pour trois cent soixante mensualités puisque les deux n’avaient pas l’ombre d’un billet à avancer, Juliette eut ces mots qui rassurèrent le mari un tantinet chahuté pour le chambard qu’en moins d’un an la belle affaire avait imposé à sa vie d’étudiant pépère :

- De toutes les façons dans trois ans on revend et on rachète une maison avec jardin et piscine plus près de chez mes parents !

Quand je l’avais au téléphone, Pierre, qui avait du flair, étalait même une certaine confiance :
- On a des projets, ça brasse bien dans le coin, d’ici deux ans on va ouvrir une agence immobilière et faire plus de blé !


En attendant, cette graine d’ambition accepta sans broncher ce salaire, pourtant mauvais, de guichetier dans une succursale bancaire (celle là même auprès de laquelle il empruntait pour une vie de revenus) à moins de 1h30 d’embouteillages de son immeuble pour seniors.

Ce boulot austère vers lequel Pierre roulait sa peine chaque matin entraîna un imprévu amer : L’achat d’une automobile de couleur prune et de marque Citropeine. Certes ce n’était pas le roadster de ses rêves mais, entièrement financée à crédit (comme d’ailleurs le reste de la salle à manger, du vaisselier, des deux canapés et des trois lits d’amis), le couple en fut satisfait trois mois gratuits, comme prévu par la publicité, avant de sentir l’addition passer.

C’est début 2007 que pour la première fois Pierre fit attention à ce qui lui restait sur son compte en fin du mois, c’est à dire moins que moi qui pourtant ne travaillait pas. Au terme du premier trimestre, la fin mois arrivait avant même de commencer.

Pierre mit quelques courses à l'hyper pour reconnaître la situation. De la viande à chaque repas, le couple d’aspirants bourgeois devenu classe laborieuse sans s’en apercevoir, était passé aux nouilles deux fois par jour puis aux coquillettes discount avant qu’il n’abandonne purement et simplement l'hyper pour d’autres enseignes moins avouables et moins bien climatisées.

Cette vie d’indépendance ensoleillée coûtait plus cher que Pierre et Juliette ne le pensaient et dans le même temps, pour l’atteindre ils avaient perdu toute liberté : Obligés de pointer dans des jobs pas glorieux et mal payés, de bouffer du féculent périmé dans leurs belles assiettes art déco, dilapidant leur maigre épargne dans l’achat de gadgets inutiles qui donneraient l’impression à leurs collègues de bureaux qu’ils étaient toujours en tête dans la course des happy-fews. Cette dernière occupation cannibalisait leur temps libre et les stressait au plus haut point, chaque visite en hypermarché devenant un parcours de torture aux milles privations.

Sans compter que pour Pierre il fallait désormais se taper tous les dimanches chez les beaux-parents, y être le témoin passif de leur opulence domestique, suivi sur le chemin du retour des réprimandes de Juliette concernant son salaire de mari de compagnie, pas assez élevé pour permettre au couple d’avoir le train de vie de leurs aïeux.

Pour se réconforter, sur ses trajets matinaux quotidiens, tout en éveillant sa conscience politique à la seule écoute de Jean-Jacques Bourdin, Pierre se répétait qu’au moins le climat de sa région était agréable et qu’il ne s’en sortait pas trop mal puisque lui et Juliette n’avaient pas d’enfant. A peine eut-il intérieurement finit sa phrase que sa partenaire de contrat matrimonial, pompadouresque sur son siège passager, lui tendit un petit emballage cerclé de rose. Le coup de frein à main fit crisser les pneus de La Soxa qui stoppa nette devant le bureau de notaires où la prétendante aux plus hauts tribunaux officiait en tant que secrétaire. Pierre ouvrit le précieux objet : Il sentait le pipi.

Pour la première fois, et peut-être aussi la dernière, le sourire de Juliette fut sincère :

- Tu vas être Papa ! Ricana la goguenarde pas peu fière

Pierre et Juliette, chacun dans l’intimité de leur conscience et sans s’en parler, avouaient n’y avoir jusque là jamais pensé : Pas au bébé mais à leur manque grandissant de pognon ! Oui, l’argent devenait le référent de chaque conversation, le canevas où venait se fondre dans la rancœur la moindre de leurs pensées. Ils savaient comment le dépenser mais bon dieu, leurs parents y étaient pourtant arrivés sans se forcer : Comment emmagasiner plus de blé ?

C’est ce mois d’avril là qu’un homme politique bien en vu et plutôt populaire dans leur immeuble prononça ses mots qui sonnèrent comme LA solution : il fallait travailler plus pour gagner plus. Ce ne fut même pas la peine que Jean-Pierre Pernault en rajoute, le choix était fait. Le slogan était moderne et aussi efficace qu’un pitch de Cold case. Dans la foulée, le couple s’éviterait aussi cette illuminée de gauche qui faisait horreur à chacun de leurs parents. D’ailleurs, Juliette comme sa mère ne supportait pas qu’une femme ait plus de responsabilité qu’elle.

L’élection du président, le 6 mai 2007, ne fut pas spécialement un jour de fête. En fait, Pierre et Juliette, même s’ils avaient voté pour lui, s’en foutaient de ce président. Ce Dimanche là, ils ragèrent de ne pas pouvoir faire de courses pour leur futur bébé : Le King Joujou de la ZAC était fermé.

- Feignants de pauvres ! Grogna Juliette, plus par mimétisme familial que conviction sociale.

Les mois qui suivirent, Pierre et Juliette collectèrent à prix fort mais dilué dans les mensualités, toutes les affaires nécessaires, et bien plus encore, à l’enfant divin qui ferait d’eux des parents heureux comme dans l’épisode final de la dernière saison de Friends qu’ils regardaient régulièrement en dvd sur leur grand écran plasma acheté avec la carte Cofidéga à la grande quinzaine du pouvoir d’achat.

Et l’enfant paru. Faire-Part à papier doré et baptême religieux en grandes pompes pour eux qui ne priaient jamais. Ce jour de célébration familiale fut l’occasion d’afficher l’accomplissement à 23 ans de deux vies de crédit réunies : Le F3 pourri avec son canapé Le Banquerouteur tout en crotte de mamouth, La Soxa dans le parking avec son sticker bébé à bord, le nourrisson customisé aux derniers oripeaux coûteux de la mode puéricultrice telle que détaillée dans le catalogue Verbenêt et l’imposant vaisselier aux faux airs de tombeau de Toutankhamon. Cette journée de baptême en pleine communion avec les imprécations du marché fut le zénith de leur vie, tout ce qui suivrait ne serait plus que déception. C’est qu’ils avaient mis la barre haut : Y avait même des petits fours de chez Lacarie.

- Et tu sais combien ça coûte les macarons de chez Lacarie ? Me demanda Juliette gonflée d’orgueil en me tendant le plateau qui en débordait.

- Non j’en sais rien et j’aime pas ça, par contre si t’as des Pépitos je suis preneur. Lui répondis-je en bon dandy ma coupette de mousseux à la main, légèrement incommodé par la moiteur régnant dans cet appartement me semblant de bien piètre qualité pour le prix d’achat que Pierre m’avait fièrement soufflé.

Ils avaient impressionné. Qui ? je ne sais pas mais ils en étaient persuadés. Pour se payer un tel happening relationnel, le couple avait rogné sur son alimentation depuis des semaines et en avait encore pour des mois de ce régime à base de produits discrètement ramassés à la fin des marchés.

A la fin de l'année, les espoirs du couple, à l’image de la cloison de leur salle à manger, se lézardaient. Pierre et Juliette passaient désormais sans s’arrêter devant les hypermarchés où jadis, quand ils étaient jeunes, ils aimaient se balader des heures en rêvant d’un monde meilleur pour leur intérieur.

Manque de vitamines, de vacances, d’alimentation décente sur fond de pleurs dans un appartement sonore aux reflux de moisi, fuite d’eau surprise, frais de santé pour la petite et cerise sur le pudding, réévaluation du taux d’intérêt pour le taudis virant insalubre : A la mi 2008, juste avant que le marché ne fasse krach-krach alors qu’eux ne le faisaient déjà plus depuis longtemps, c’est peu de dire que Pierre et Juliette était fin prêt pour la grande dépression.

Terrassés, le teint bien livide pour des gens du sud, sous le coût d’un double interdit bancaire, au bord du dépôt de bilan financier et sentimental avec un appartement invendable sur les bras décotant sévère et un gosse pourri gâté qui a un an en sait déjà long sur ses capacités à dominer ses parents : C’est en l’état que je retrouvais Pierre et Juliette dans un restaurant Flounch' de banlieue, par bonheur ouvert un jour férié de novembre 2008, lors de leur première montée dans la région parisienne depuis deux années.

Je sentis une pointe d’amertume lorsque je leur expliquai que la crise financière me touchait peu, pour le moment, puisque, sans emprunt aucun, je vivais déjà chichement depuis dix ans en m’étant habitué sans peine à ne rien désirer de matériel qui ne me soit pas essentiel mais, qu’au fond, si vraiment la situation se dégradait, je n’excluais pas de partir sous d’autres latitudes plus chaleureuses, recommencer tout à zéro du jour au lendemain, histoire d'avoir des choses à raconter dans mes bouquins.

Le départ en appelait un autre. Juliette évoqua alors en larme celui de ses parents.

Ses modèles de toujours l’avait trahie, les fumiers étaient partis s’installer en Inde parce que là-bas avec l’argent qu’ils avaient emmagasiné ici, ils n’auraient pas besoin d’avoir plus de blé pour jouir longtemps d’une retraite dorée !

- Putain, nous la crise, on la prend bien en pleine gueule ! Lança Pierre dépité, comme si ce qui lui arrivait était la faute du grand méchant marché, n’analysant pas même son crime de naïveté et ses multiples récidives.

Adieu le projet d’agence immobilière, adieu le rêve d’une maison avec piscine et jardin, adieu les parents chéris qui les bénissent depuis Pondichéry, adieu le deuxième enfant (ça coûte trop cher ces conneries), adieu Paris, adieu l'hyper, adieu la vie solvable et sans souci. Bonjour l'austère d'une vie à rembourser du crédit.

Pierre et Juliette cherchaient désespérément un modèle à suivre dans les séries télé du moment mais ils n'y voyaient plus que des tueurs en série, des corps disséqués, des gens tournant en rond sur une île déserte ou des femmes divorcées d'un cynisme ultime.

Lapant un baba au rhum pour deux, le couple retrouva tout de même le sourire à l’évocation de mon projet d’article sur les difficultés de la gauche à se trouver un leader qui ne soit pas de droite et des idées qui soient un minimum de gauche.

Juliette prit la main de son homme qui, lui, avait pris vingt ans en l’espace de trois. Ce petit quart de siècle qui, hier comme ce soir, croyait tout savoir, incapable d’analyser son drame mais pouvant citer dans le texte du Jean-François Copé, soupira du fond de sa rancœur, tout de même un peu soulagée :

- Tu te rends compte ce que cela aurait été si Segolène avait gagné… On l’a échappé belle tout de même !

c Seb Musset

44 commentaires:

Anonyme a dit…

bravo du grand Musset!!!

Daniel a dit…

Excellent!

Vincent a dit…

Allez, hop, on imprime ça sur le monstre Xeroxien du boulot d'Mme. Merci Seb !

Mathieu a dit…

Très bon la chute :-)
moins bien que le coup des pepitos, mais très bon quand même...

Damien a dit…

Seb,
est-ce ta littérature ou une tranche de vie réelle ?

Franck a dit…

c'qui fout les boules (quand meme un peu), c'est qu'on en connait presque tous, des "couples" comme ça qui ont révé, et se sont reveillés en tres mauvaise posture.
mais comme S.Musset le disait dans une des videos (c'est de l'adapt', j'la connais pas par coeur) :

"ouais, mais toi, tu peux pas comprendre, tu n'as pas de credit" (z'oublient aussi que j'ai pas de baraque... mais ça, ils l'occultent)

Franck

ZapPow a dit…

Excellent ce texte.

Je n'ai jamais compris l'impact du slogan "Travailler plus pour gagner plus". Je me souviens que la première fois que je l'ai entendu, je me suis dit, "Et voilà, il n'y aura pas de revalorisation du travail, et on va l'avoir dans l'os". J'ai été très surpris de constater que j'étais apparemment le seul, au moins dans mon entourage, à penser ainsi.

Thomas a dit…

Bravo, de la grande analyse a la sauce musset. un petit texte digne des deux bouquins.
Il est dit de ne pas confondre reve et realite, soit, c'est plus dur quand on commence par faire du reve le quart de sa vie.

Anonyme a dit…

Bravo! Tu as un réel talent pour raconter la débacle des prétentieux ayant eu la naiveté de vouloir poéter plus haut que leur QI ... J'apprécie tout particulièrement ton histoire, étant moi-mème originaire du nord de la France (maubeuge, pour etre précis), et j'imagine très bien à quoi peut bien ressembler le personnage de Juliette (j'en ai connu tout plein des comme ca dans les TER entre les petites bourgades et la fac de Lille 2 ou 3--arret de métro Pont de Bois pour les connaisseurs).


Bonne continuation et plein de courage pour continuer à nous pondre des petits chefs-d'oeuvre de ce calibre!
--
Laurent

Rafo a dit…

En effet, du grand Seb Musset ! Du p'tit lait, à boire sans modération (en plus, c'est bon pour la croissance des nourrissons).

Pour le "travailler plus pour gagner plus", il fallait déjà voir l'argumentaire qu'on trouvait sur le site web d'un certain Nicolas S., résidant à l'Elysée et qui a souhaité conserver l'anonymat, pendant la campagne de 2007.

Démonstration :

http://rafo-chroniques.blogspot.com/2007/05/la-coquille-de-sarko.html

Anonyme a dit…

Excellent ! Vraiment excellent! Quel talent!

J'ai beaucoup ri, mais quelle triste réalité que vous dépeignez là...

Bonne continuation et merci

Siham

Anonyme a dit…

Chapeau bas!
J'ai pris du retard dans mes lectures, mais tu m'as motivé pour me procurer tes bouquins et les faire tourner -merci Santa Claus. Bien joué!

Un autre Séb.

Anonyme a dit…

Du bien bon encore ce soir sur TF6: boulot, famille, dodo et vive le rêve américain :-) .

Anonyme a dit…

Conclusion: c'est à cause de la SNCF que ces blaireaux qui causent sur TF6 on du mal à réaliser leur rêve américain :-))) MDR .

Anonyme a dit…

Très beau !
Juste un minuscule détail : les "avancées scientifiques" sont plutôt des avancées technologiques (un peu de respect pour la science :)

aiku a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
aiku a dit…

Il ne fait aucun doute qu'il est plus facile d'échapper au principe de réalité si on prend soin de n'avoir ni partenaire, ni enfant, ni ami; cloîtré derrière la meurtrière des commentaires cyniques de la vie des autres, ceux qui la vivent...ou essaient.

seb musset a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
seb musset a dit…

A aiku >
Principe de réalité ?
Cynique ?
Vivre une vie ?

Etrange de parler de réalité pour un cas de fiction...

La "réalité" de cette fiction c'est que Pierre et Juliette vivent dans une prison, qu'ils n'ont pas l'intelligence de s'en rendre compte (essentiellement parce que la télé ne leur a rien dit) et qu'une vie comme celle là, qui n'est même pas celle dont ils ont rêvé, c'est une peine de perpétuité.

Quant à mon cynisme, il n'égale en rien les accroches publicitaires des organismes de crédit.

Anonyme a dit…

C'est peut-être parce que je suis une femme - ou parce que je vis plus au nord - mais je trouve ce texte profondément misogyne.

Anonyme a dit…

La "réalité" de cette fiction c'est que Pierre et Juliette vivent dans une prison, qu'ils n'ont pas l'intelligence de s'en rendre compte (essentiellement parce que la télé ne leur a rien dit) et qu'une vie comme celle là, qui n'est même pas celle dont ils ont rêvé, c'est une peine de perpétuité.

Chacun a suffisamment d'intelligence pour comprendre.
Je ne crois pas que la télé soit utile dans ce cas. On ne peut pas toujours s'en remettre à la tv.
Je connais des gens qui "ont investi" dans l'immobilier. Leur motivation principale est l'enrichissement et la retraite. C'est plutôt cela qui les aveugle. Souvent les parents et grands-parents qui pourtant ont connu des crises graves et qui devraient inciter à la prudence, sont les pires foussoyeurs de la jeunesse actuelle.

FB

Thomas a dit…

aiku
il ne faut pas croire que le jugement de la realite vanté par la societe de consomation soit universel, unique, ou meilleur que d'autres.

Anonyme a dit…

C'est amusant de voir que le 1er jour, ce sont les fans de Seb qui postent en général des commentaires laudatifs.

Les jours suivants arrivent les détracteurs qui trouvent tout un tas de choses, histoire de se donner un motif pour ronchonner: la misogynie imaginaire (ce n'est pas etre misogyne que de qualifier une fille comme Juliette de casse-bonbons, et je maintiens qu'ayant vécu un bon moment entre Maubeuge, Valenciennes et Lille, je connais bien le paysage local!) ou le bien-pensant qui s'interdit de remettre en cause des choix de vie objectivement désastreux parce que conduisant aux dettes, voire à la ruine.

Il y a aussi la grande confusion malheureusement très courante chez nous en France, entre un "investissement" et un "achat couteux": l'un étant le substitut de l'autre dans les discours commerciaux. Par exemple, une position en produits dérivés (oui, je sais, horreur!) coute souvent quelques centaines d'euros et peut en rapporter plusieurs milliers (c'est un investissement risqué) mais un taudis à crédit sur 30 ans pour lequel on paiera des impots, des ravalements de facade et j'en passe, ca n'est qu'un achat très couteux (et peut-etre meme une perte lourde à gérer en ces temps de récession).

Bravo encore à Seb, que je lis aussi souvent que possible! J'adore les vidéos!
--
Laurent

Anonyme a dit…

Lecture nocturne d'une infortune,
avec rancune et amertume
de ne pas avoir de tune
quand on veut décrocher la lune...

Pierre et Juliette se la pètent
alors qu'ils en pètent,
comme dit Musset(te)
ils prennent perpet'

et entre nous, c'est bien fait pour eux!
Rien n'interdit de brancher le cerveau,
d'où que l'on viennent...
Merci "Seb" de cette fable moderne, lue depuis la ville rose...

Charlotte.

Virginie a dit…

J'ai aimé mais j'ai décroché au bout de la moitié. Beaucoup trop répétitif à mon goût. Il est facile de se moquer des pauvres gens. Surtout si c'est votre couple d'amis.
Que pensez-vous des hommes qui glandent toute la journée devant leur télé? Qui élaborent plein de théories politiques pour excuser leur fainéantise? Il y a là matière à rire également.

Mr Whistlewolf a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Mr Whistlewolf a dit…

Il ne se moque pas des pauvres gens, il se moque de gens qui se croyaient riches et qui sont tenus par les coui.... avec leurs crédits.

Virginie a dit…

J'avais compris. Je dis juste qu'on ne sent pas dans le texte un engagement, une croyance de la part de l'auteur. Juste du dénigrement.
Les gens ont peut-être des rêves cons mais au moins ils rêvent de quelquechose et ils se battent pour.

Vincent a dit…

"Les gens ont peut-être des rêves cons mais au moins ils rêvent de quelque chose et ils se battent pour."

Tout est dit..

Franck a dit…

>Virginie
qu'ils revent, oui, qu'ils y croient, oui, qu'ils se battent, oui... mais a un moment donner, faut quand meme ouvrir les yeux sur la situation et revenir sur terre.
Reflechir a la situation pour peser un pour, un contre, et faire un choix, ca, c'est a la portée de tout le monde.
En prenant un exemple proche : une amie qui s'est mise en couple... que du bonheur... au bout de meme pas 6 mois, ils ont signé pour 30 ans pour un appart'
Et la, elle en a visiblement marre, finalement, ca n'a pas l'air d'etre "l'homme de sa vie". Maintenant, elle se retrouve deja a etre limite quand il faut sortir 30€ "hors budget" et a ne pas pouvoir revendre parce que la banque va les assassiner et enfin, avec un mec qui est tres sympa, mais pas pour elle.

franchement, le reve, oui, c'etait "beau" basiquement, mais en realité, une totale aberration/connerie.

Perso, j'ai les boules pour elle, mais en meme temps, c'est elle qui a choisi ca. Elle aurait p'tre du reflechir un peu plus a la situation avant de se lancer sur un engagement "plus long que sa vie deja ecoulée"

Franck

Anonyme a dit…

Différentes pensées en vrac:

-On dit toujours "pauvre con", jamais "pauvre riche".

-Comme par hasard, j'apprend aujourd'hui qu'une connaissance éloignée s'est fait bananer sur l'achat et la construction de sa maison. Evidémment, le crédit passait "rick-rack". Aujourd'hui, tout tombe à l'eau. Alors dénoncer la crise tout en l'alimentant, je dis chapeau!
Que les gens qui se croient plus malins que les autres et veulent n'en faire qu'à leur tête assument leurs erreurs au lieu de critiquer ceux qui les avaient mis en garde. Les conseils de Séb, contrairement à ceux des banques, sont gratuits. S'il était cynique, il s'en moquerait et ferait comme ceux qu'il décrit: essayer de profiter du système. Qui est cynique?

Un autre Séb.

Laure a dit…

Moi je veux dire un GRAND merci au GRAND Seb !! Non parce que le nombre de fois où mes congénères de 25-30 ans se sont fichus de moi quand je leur disais que je préfèrais attendre d'avoir une situation professionnelle et familiale stable et sure avant d'envisager l'éventualité d'un "investissement" immobilier ... L'argument "imparable" qu'on m'avançait : "Oui, mais moi je préfère payer pour quelque chose qui m'appartiendra un jour plutôt que de gaspiller dans un loyer" ... maintenant ce que je leur réponds c'est "Vous voyez, je dis pas que des conneries !!" Définitivement, à 25 ans c'est pas le genre de souci dont je souhaite m'encombrer ... Et je peux en plus me permettre le luxe de leur payer ce superbe ouvrage : "La cuisine des fauchés : Recettes faciles pour fins de mois difficiles" par E. Payany et J. Odouard

pilulerouge a dit…

Cette fiction est le reflet d'une triste réalité. Vouloir être propriétaire ne doit pas être pour autant un gros mot. Ne peut-on pas consommer intelligemment (même pour un logement). Pour cela il faut au minimum savoir apprécier le monde dans lequel on vie et connaître ses limites. Mais, ce qui me fais peur c'est le manque flagrant de faculté d'analyse des gents. La plupart sont vaguement conscient qu'il se passe quelque chose; sans comprendre les causes et les conséquences. Ils suivent la flute enchantée des médias et des politiques tel des moutons lobotomisés.

Anonyme a dit…

>pilulerouge
Les gens ont effectivment un manque flagrant d'analyse. C'est dû à de multiples facteurs. Le premier étant la méconnaissance. Pourtant, même quand on tente d'ouvrir les yeux, on se heurte à un mur d'incompréhension : "tu es trop négatif".
La réalité est trop "noire" pour qu'ils l'affrontent. Comment leur reprocher cela ? Un peu de bonheur cela fait du bien.

Laure a dit…

... ou plutôt, l'illusion d'un peu de bonheur.

pilulerouge a dit…

Contrairement à ce que j'ai déjà entendu, l'information existe. Internet est encore un des rares espaces de liberté où l'information jaillit tel un torrent (pour combien de temps encore). Mais, le plus dure dans tout ça, c'est d'en faire une synthèse et surtout d'avoir la volonté d'être correctement informé. Car Paradoxalement, nous vivons une époque ou les systèmes de l'information n'ont jamais autant répandu.
Ce que je vois dans le texte de Seb, c'est la facilité.
Il est plus facile de croire qu'il suffit de s'endetter pour vivre, que de pondéré son esprit consumériste.
Il est plus facile de reprendre les idéologie passéiste de nos parents, que se forger sa propre opinions.
Il est plus facile de regarder le J.T de 20H avec de l'information pré-digérée, que d'opposer les divers sources d'information pour en sortir une synthèse plausible.
Il est plus facile de se fondre dans la masse idéologique, que de naviguer à contre courant (ex : le 9/11)...
Le bonheur, ça se gagne! La facilité, on finit par en payer le prix! Et là il ne s'agit pas d'opposition droite gauche, ou d'être pro ou anti-sarkozi. C'EST JUSTE DU BON SENS!

Pierre a dit…

Dieu n'a jamais demandé à personne d'être stupide . Juliette et Pierre ( c'est pas moi dans l'histoire ! ) le sont . A qui la faute ? A eux bien sûr .

Et si vous croyez que le texte est misogyne ... vous n'avez aps vu la cohorte de pétasse qui ont aujourd'hui 10 ou 12 ans et qui se la jouent super star ... déjà ... les futures jeunes majeures d'ici 15 ans seront encore pire que la fictive Juliette de l'historiette ... pour celles qui auront préféré renoncer à penser par elles-mêmes bien sûr ... pas les autres .

Michael a dit…

Très joli texte décrivant une réalité douloureuse pour beaucoup de gens.
C'est la triste vie de Mr et Mme tout le monde. La crise va remettre un peu les pendules à l'heure.

Ce qui me frappe le plus c'est le manque de sens dans la vie de ces gens : où veulent-ils aller ? Est-ce le projet d'une vie de s'endetter sur 25 ans pour un appart minable (sisi)?

Aujourd'hui, ne pas réfléchir coûte cher, très cher : tout le monde est prêt à vous endetter.

Padamox a dit…

Très bon ! Cynisme, ironies, vérités cruelles et totale mauvaise foi, tout ce qu'il faut pour faire une très bonne description du "bonheur" !

Combien de fois ai-je entendu "Mais pourquoi t'achète pas ? Tu jettes ton argent par la fenêtre en louant ! Et puis pense qu'à la retraite, tu n'aura plus de loyer à payer ! Tu auras un patrimoine !". Sous entendu : "Pauvre loser qui n'a rien compris au système ! Bouge toi le cul et prend un crédit sur 25 ans ! Espère de raté !"

A force, j'ai bien reçu le message, j'ai fait les annonces immobilières, et j'en arrivais presque à être convaincu qu'il était normal de payer 130 000 € un studio de 20m2 en banlieue, avec un crédit sur 25 ans ! J'ai failli céder...

Et combien de fois j'ai entendu autour de mois des gens culpabiliser de ne pas être "propriétaires" ! C'est devenu presque honteux ! C'est la loose complète...

Je suis donc vraiment content de t'avoir lu ! Je suis peut-être un loser, mais d'un coup, ça devient agréable de l'être !

Anonyme a dit…

Je n'aime pas beaucoup de style de l'écriture, mais il faut admettre que c'est très bien vu.
J'aime beaucoup le passage sur le fait que les parents ont habitué Juliette au confort sans donner l'impression d'avoir fait un quelconque effort pour l'obtenir. Je me retrouve complètement en Juliette, mais fort heureusement, j'en suis restée là.

Matth a dit…

Bonjour,

Vraiment très intéressant ton article et tellement vrai.

Les citoyens d'aujourd'hui ne prennent plus leurs responsabilités et recherchent toujours des coupables...

Ils finiront bien par se rendre compte un jour de leur esclavage de cerveaux par la télé, publicité... (enfin j'espère)!

Max Self a dit…

Très bon.

agence matrimoniale a dit…

Très bon article. Voilà des choses que je ne savais pas. Comme quoi on en apprend tous les jours. Je vais vous suivre plus souvent. Dans la jungle des blogs, ce n'est vraiment pas facile d'en trouver un qui donne envie d'être suivi ! Bravo et au plaisir de vous lire !
agence matrimoniale

Anonyme a dit…

Les choses....