vendredi 29 mars 2013

Pour un choc de simplification du grand oral


Je n'espérais rien sur le fond de ce "grand oral" de François Hollande sur France2, mais m'interrogeais sur sa forme.

Sur le fond. Avec un taux de chômage qui explose, le loup soc-lib prend ses aises dans la bergerie : Brèche dans le principe d'universalité des allocations familiales (mais en disant l'inverse), "choc de simplification" pour les entreprises, une fiscalité qu'il a dû mal à assumer, la marginalisation totale de la contribution à 75% (qui ne concernera qu'une poignée d'individus), allongement de la durée de cotisation des retraites et un verbiage visant la bourgeoisie et l'entrepreneur : il semble désormais acquis que l’on ne peut faire autrement, même si je doute de son efficacité à les amadouer, que de s’adresser aux électeurs riches et / ou de droite quand on préside un pays. Et encore, il parait que l'on a échappé un gros passage prévu sur la sécurité. 

Sur la forme. Le contenant est comme souvent plus fort que le contenu. Dans un décor de cathédrale, nous avons assisté à un face à face convenu entre un président et un Pujadas qui plie mais ne rompt pas aux quinquennats. Des réponses relativement courtes, mais trop de sujets (l’émission, prévue pour durer 45mns, termine à près du double, ça commence mal pour le "choc de simplification") et une montée en puissance trop tardive avec un vrai joli passage final par lequel il aurait dû démarrer. Hollande tricote des mots efficaces pour faire patienter devant l’absence prévisible de résultats positifs sur le chômage au bout de 10 mois (perso, je lui donne jusqu’à fin 2014 avant de sortir le bazooka). En attendant que les incantations au retour de la croissance et au plein emploi se concrétisent inévitablement (bah oui quoi çà fait 40 ans que ça foire, ça va bien finir par marcher,non ?), il s’agissait de donner un os à ronger à la société du commentaire, de réaffirmer qui est le patron, tout en tentant de recréer un peu de proximité avec le quotidien des Français. Dernier point qui, malgré les mots-clés et les formules-chocs, est le point faible de cette prestation, encore fallait-il peut-être commencer par "renverser la table" de sa présentation ?  

Bref, on a brodé on attendant demain. Le changement ce n’est ni maintenant ni demain. Il n’y aura pas de changement radical de direction tant qu’il n’y aura pas de bouleversement dans l’appréhension purement technocrate et gestionnaire du pouvoir. Pour le moment, Hollande ne vise pas le grand souffle, mais l'enduranceC'est son cap, il s'y tient.

2 commentaires:

Politeeks a dit…

ah je n'ai rien raté ! je l'ai regardé 3 ou 4 minutes sur la phone de Melcalex au KDB : rien de neuf, donc c'est bel et bien la ligne soc-lib centriste qui est confirmée.

Et donc le pari que si ça marche, les électeurs ayant un travail ou un petit job ... vont le soutenir. Pour les autres on espère une abstention, ou alors un vote FN qui permettra de faire des appels à "sauver la démocratie".

On prend le pari, dans quelques mois le sujet des RSA + 5 ou 10 h de travail ou tout autre forme de "mini job" va arriver dans la débat.

C'est schroederllande.

estelle92 a dit…

Politeeks, les "mini-jobs", ne les a-t-on pas déjà avec le RSA activité ?