mardi 7 décembre 2010

Banquereune et Ouiquilique : rien ne sert à rien


Manque de vitamines sûrement : les deux beuses du moment ne m'inspirent rien. Ni Ouiquilique, ni le Banquereune[1]. Dans les deux cas, constatons tout de même la comi-pathétique réaction d'une classe dirigeante hermétique à l'exaspération de son peuple, et celle des médias surfant sur la rancœur ambiante, histoire que leurs bannières publicitaires ne se déprécient pas. 

LA RAISON DU PLUS FORT
"- Vous ne vous rendez pas compte, ignorants, si "le banquereune" fonctionne, ce seront les endettés qui paieront la note."

LES IGNORANTS
"- Arrêtez de nous tenter comme ça !"

Dans les deux cas,  après une réclame pour un "forfait bloqué avec internet illimité" pour ton smarte-fone de noël et une autre pour un crédit "honnête" afin de t'acheter ce smarte-fone qui fera de toi un homme, mon fils,  avant le journal télévisé nous annonçant une poignante réconciliation familiale à base de billets en direct de Neuilly : on raille, on se moque, on prétexte que "cela ne sert à rien", qu'on ne mélange pas les torchons et les serviettes, que le secret c'est sacré, que les irresponsables populaces sont des mômes   manquant de rigueur, qu'il convient de mater, de décourager d'agir et d'enclaver dans l'ignorance. 

Bientôt, avec leur sagesse ancestrale teintée d'humanisme, étayée par la prose assurée de leurs éditocrates se relayant à quelques smics par mois, entre un jeu débile et deux reportages sur la police d'élite, pour squatter en trois-huit les plateaux de télé-achat idéologique, les obsolescents en flagrant-délit continu  d'indécence en viendront à conclure que, bon, c'est pas tout ça mais "il leur faudrait une bonne guerre".

Ah sinon, à la rubrique fait-divers : le laboratoire Sanofi-Aventis, pour célébrer ses bénéfices de 2009 en hausse de 9% à 8 milliards d'euros (le vaccin H1-N1 tu te souviens ? C'était le beuse d'il y a un an à la même époque), annonce le licenciement de 600 salariés.


[1] chez moi, comme d'autres de plus en plus nombreux, le banquereune est un art de vivre flirtant fréquemment avec la banqueroute.  Mais, ne te décourage pas, si tu veux vider ton compte : fais-toi plaisir avec la banque (c'est si rare).  Je suis certain que ton Monarque ne te contredira pas sur ce point : l'important c'est l'action. 

3 commentaires:

BA a dit…

Les comptes de campagne de Balladur en 1995 seraient irréguliers.

Les comptes de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995 étaient sous-évalués de plus de 13 millions de francs (deux millions d'euros) et auraient pu donner lieu à de lourdes pénalités, selon des pièces saisies par la police publiées mercredi 8 décembre.

Les rapporteurs du Conseil constitutionnel estimaient les dépenses totales de la campagne du rival de Jacques Chirac à 97,2 millions de francs (et non 83,8 comme l'avait déclaré le trésorier), dans un rapport d'experts du Conseil constitutionnel cité par le site internet d'information Mediapart.

Ce rapport sur les comptes d'Edouard Balladur a été saisi et placé sous scellés avec les pièces comptables par la police en mai dernier, dans une enquête pénale sur un supposé financement de la campagne par une corruption en marge d'une vente de sous-marins au Pakistan.

Le total de 97,2 millions de francs excédait le plafond légal de 7,2 millions de francs (1,09 million d'euros), somme qui aurait donc dû être remboursée au Trésor public, selon le code électoral.

Par ailleurs, Edouard Balladur n'étant plus éligible aux aides publiques pour ses dépenses, il aurait aussi dû rembourser beaucoup d'argent.

Les rapporteurs faisaient par ailleurs mention de versements en espèces de 13 millions de francs aux caisses de campagne, non justifiés, car l'explication d'Edouard Balladur parlant de "vente de T-shirts et de gadgets" était jugée peu crédible, selon des éléments déjà publiés dont Reuters a eu connaissance.

Alain a dit…

Bonjour,
Très bon article comme toujours...
Pourriez vous éclaircir légèremennt le fond gris de votre blog ? Mes vieux yeux vous remercient d'avance.
Cordialement,
Alain

fred a dit…

Concernant «ouiquilique», ci-après un copié-collé d'un de mes billets d'humeur:

À propos de « l'affaire Wikileaks », je m'étonne que :
- d'une part les États qui nous assurent que les révélations de Wikileaks n'en sont pas mettent en œuvre des moyens impressionnants pour faire taire le site (on aurait apprécié un tel zèle international concernant la régulation des activités des banques),
- et d'autre part que ces mêmes messieurs qui ont passé les dernières années à augmenter drastiquement le niveau de surveillance des citoyens en nous répétant des inepties du genre « vous n'avez rien à cacher si vous n'avez rien fait de mal » (et mon cul c'est du poulet? ) sont soudainement nettement moins partisans de la transparence quand il s'agit de la transparence de leurs activités de « représentants du peuple ».

Personnellement, j'trouve ça quand même super poilant!
D'autant plus poilant que moins de 5% de la somme des documents en possession de Wikileaks ont été révélés à ce jour... Que d'énergie dépensée pour fermer le robinet par lequel ont fuit si peu de documents dits inoffensifs!