vendredi 9 avril 2010

J'ai testé l'AïPu

Ça y est ! Moi aussi j’ai eu entre les mains l’objet mythique, geek à mort et totalement inutile.

J’en rêvais depuis des années, frissonnant d’appréhension. Mais, jamais je ne m’étais réellement donné les moyens de mes ambitions !

Tout arrive ! Je suis comblé !

Mercredi dernier en fin de journée, j’ai testé l’AïPu ! Ce petit bijou dont on parle avec hystérie dans tous les SAV de la capitale en y ajoutant ces mots sur un trémolo fa dièse mal maîtrisé « comment ça, la garantie ne couvre pas ! »

Certes, l’expérience fut brève. Elle est suffit pour vous affirmer que l'AïPu est une avancée majeure pour le drogué du laptop (ordinateur portable), une véritable révolution de son quotidien !

Le test.

Le test a eu lieu au show-room de l'AïPu : mon studio à loyer prohibitif surnommé "le Cube".

Alors en phase finale d'un article plutôt balèze et flirtant avec l'hypoglycémie, je n’étais pas dans les meilleurs dispositions pour pleinement apprécier l'expérience offerte par ce condensé de technologie poussé à l'extrême de ses capacités de résistance.

Prévoyant, afin d'éviter l'assoupissement, je revenais du coin cuisine, à 30 centimètres de là, un bon gros mug de café réchauffé de la veille au poing.

Phase 1, la mise en condition.

Dans l’insidieuse pénombre de cette fin de journée terne, victime d’une déstabilisation plantaire sur blocs Duplos abandonnés entre un bilboquet teletubbie et un Babar en mousse par quelque enfant en bas âge, je titubais soudainement quittant cette morgue conquérante qui fait ma renommée du bar au boulanger en passant par le coin cuisine à l'heure où il faut esponger le tas de vaisselle sale.

Tout à mon envolée, je me réconfortais me disant que nous en avions vu d'autres certains soirs de comas éthyliques et que la situation, quoique mal engagée, semblait encore récupérable sur un fosbury bien négocié.

A l'issue de la deuxième seconde de molle dérive sur cri de cage aux folles, présumant un peu vite que je pouvais me raccrocher à cette chaise haute à la stabilité de sinistre réputation, je l'entraînais dans ma chute tandis que m’échappait des mains le mug au maudit destin.

Alors que je pirouettais en double-lutz à travers le cube, entortillé dans la chaise haute, croisant les doigts pour éviter le porte manteau puis l'écran plasma, je vois encore le mug, estampillé Bidochon (un héritage familial), volant vers le plan de travail organisé autour du laptop, pulvérisant à l'hélicoïdale sa gerbe de Nescawa.

De cette fusion entre laptop et Nescawa, à l’origine de l’AiPu, j’ai d’abord le souvenir d’un gros boum sploutcheux suivi de son mouchetis mural marronnasse et des applaudissements nourris des deux italiennes de l'immeuble d’en face dont le vis-à-vis d'immédiate proximité fait le charme de l'immobilier parisien.

Quittant la scène, aérien, je heurtais la caisse à peluches songeant qu’il me faudrait, la prochaine fois que me prendrait l’idée à la con de boire et d'écrire en même temps, moins faire réchauffer la chirloute en question me carbonisant l’épiderme à cet instant précis.

Fort heureusement, cette pensée et la douleur la précédant furent écourtées par la rencontre, aussi brutale qu’ efficace, de mon crane avec le coin de la fenêtre. L'effet retour de la chaise haute dans mes dents concluait ma mise en condition pour la phase 2.

Phase 2, la découverte.

Force est de reconnaître que l’expérience fut aussi rapide et fluide que dans les témoignages accablés de Steve pas de job.

Le liquide s’infiltrant dans la machine par le clavier, au milieu d’un festival pyrotechnique à base de ports USB crépitants, à peine ai-je eu le temps de lancer une requête Google « komenkonfé ken on a renversé son nescawa dans l’ordi ?» et d’envoyer un petit twit d’adieux à mes collègues de réseau « Oups, ça sent le cramé» que je contemplais pour la dernière fois, avant ce fatidique rayon vert, ma brillante prose non-sauvegardée.

Phase 3, prise en main.

Une fois que tout s’éteint, pour celui qui a déjà une expérience de la conduite sur bicyclette premier prix de supermarché (avec son déraillement certifié tous les 200 mètres), la prise en main de l’AïPu est d'un naturel immédiat. L'écran est splendide, d’un noir profond, glaçant. Petite réserve néanmoins pour le clapet multimédia bloquant ad-vitam ce DVD de Raphael Saadiq live in Paris, en cours de lecture lors de la phase 1, passant de flambant neuf à... flambant.

Le point fort de l'AïPu : sa manipulation. Aussi HS à l’horizontale qu’à la verticale, bien que cette dernière position, accompagnée d’une écuelle, se révèle plus pratique pour l’évacuation du nescawa.

Je reste sceptique toutefois sur les quelques applications de série testées dans la foulée : sèche-cheveux, chiffon, Sopalin et gros sel…

Le point fort de l’AïPu reste sa polyvalence : frisbee, ricochet, miroir pour te coiffer, socle pour coussin du chat ou objet déco : Actuellement il trône au dessus de l'évier pendu par le haut. Dieu qu’il est beau.

Phase 4. Le bilan.

Une bien belle machine. Je suis peut-être encore un peu sous le choc pour être objectif mais j’ai bien envie dire que : "P#tain ch*er b#rdel de m&rde !"

Car l’AïPu : c’est aussi la garantie de retrouver intactes ses émotions d’enfance.

L’abandon, l’injustice, la colère et les pleurs.

Et quelle révolution des conditions de travail ! Adieux commandes, travaux en cours, roman à moitié écrit, billets et courriels en attente : c'est la porte ouverte sur la liberté. C'est simple : Depuis que j'ai découvert l'AïPu, je ne travaille plus.

Question renommée, détenir un AïPu fera de vous la star des conversations. Le soir du test je fus très populaire dans mon entourage, les commentaires abondèrent : « Wow ! », « T’as fait un back-up j’espère ? » « Pauvre vieux » « Oh le #MEGAFAIL » et autres « Quand on est maladroit comme vous Gaston, on ne se mêle pas d’allumer un chauffe-bain ! ».

C'est l'objet indispensable pour faire parti du club des initiés du gros pépin de pomme.

Pour qu'à la question « - Alors Mac ou PC ? » vous aussi puissiez répondre :

« - Mon ordi ? Ah bah... j'en ai pu'. »


* * *

Note de l'auteur : Réalisé dans des conditions extrêmes et sur un écran ridicule, ce billet contient peu de liens et d'illustrations. Alors bon...



11 commentaires:

Nicolas a dit…

Catastrophe.

les2terres a dit…

Conseil d'informaticien : ne pas utiliser de portable ou autre bidule du genre quand on est caféeux. Le bon vieux gros pc de bureau présente un avantage indéniable : le clavier est isolé, tout seul, certes malheureux, mais toujours prêt au noble sacrifice.
Le PC non portable est, comme tout héros, la première victime des combats, et le seul à perdre réellement la guerre.

Moi j'achète que des claviers Microsoft... Et je vais aller me faire un café.

Xavier Bignet, un homme azerty en vaut deux.

Florian a dit…

Mais comment cet article fut il écrit ?

Pour la prochaine fois, pensez au modèle Waterproof.

laetSgo a dit…

pauvre Seb ! malgré l'absence de sauve...quoi ? M'enfin cet incident a au moins le mérite de faire rire tes lecteurs :-) Et pis maintenant, on sait que tu as un plasma, on va pouvoir te bâcher quand tu parleras sobriété/décroissance...

seb musset a dit…

@Xavier > Pas bête l'histoire du clavier, même avec un portable.

@Florian > Dans des conditions hardcore.

@laetSgo > à des fins purement professionnelles ;)

@tous > "Chaque bien que tu détiens est un soucis qui te retient"

ZapPow a dit…

"Chaque bien que tu détiens est un soucis qui te retient"

On croit que l'on possède, et l'on est possédé.
André Gide (L'immoraliste)

ZapPow a dit…

Savoir se libérer n'est rien ; l'ardu, c'est savoir être libre.

Que Ménalque est heureux, pensais-je, qui n'a rien ! Moi, c'est parce que je veux conserver que je souffre. Que m'importe au fond tout cela ?

Ibidem.

Reversus a dit…

Argh mes condoléances.

Il y a toute une partie de ton texte qui sonne comme du "nadsat", cet étrange argot employé dans Orange Mécanique. Truculent... :)

tassin a dit…

Ce qui te manque, cherche le dans ce que tu as.

Koan Zen

marie a dit…

C'est triste pour toi mais ton récit est à mourir de rire.

fred a dit…

les coms me font douter, à la lecture j'étais persuadé qu'il s'agissait d'une fiction :-/