lundi 5 mai 2008

STRESS

Dernière vidéo du groupe "Justice" réalisé par Romain Gavras. Ça envoie du bois comme on dit. Clip d'ores et déjà auto censuré sur les chaines françaises. Justice est en concert à L'olympia le 18.

19 commentaires:

Anonyme a dit…

C'est un clip du FN ?

ZapPow a dit…

Auto-censuré ? Ben, franchement, je vois pas l'intérêt de ce clip.

Ceci dit, ce n'est pas ce qui manque à la TV, les clips et autres trucs sans intérêt.

Anonyme a dit…

Clip a la gloire des sous prolétaires a l'américaine qui jouent les caids en bande...

Quel intéret?

nicolas a dit…

moi non plus je vois pas trop l'intérêt de ce clip!!! bon boulot pour le FN qui avec les croix et la violence trouvent un chemin tous tracé pour sa doctrine raciale!!!!

PrivateJoker a dit…

Le plus drôle est que Justice est un groupe d'electro mené par deux petits bourgeois (Gaspard Augé et Xavier de Rosnay) qui sont loin, mais alors très loin de pouvoir faire ami-ami avec de la caille de cité : par contre, Romain Gavras (oui oui, le fiston de Costa-Gavras) est bien implanté dans le milieu hip-hop français avec sa société de production Kourtrajmé, ceci expliquant peut-être cela. Ce que je trouve intéressant ici, c'est que l'imagerie "prolo violent" soit récupérée par des fils-de pour faire du pognon... Comme disait l'autre, il faudrait passer du spectacle de la contestation à la contestation du spectacle, hein ?

seb musset a dit…

Il est très difficile de juger à chaud, de ce qui est bon ou abjecte. Pour un petit rappel, le film "Orange Mécanique" (très similaire à ce clip) de Stanley Kubrick a été interdit en Angleterre, puis classé X, son pays d'origine, pendant 9 ans. Aujourd'hui il est classe dans la liste des 50 meilleurs films de l'histoire du cinéma. Et c'est un exemple parmi d'autres...

Les réactions épidermiques que provoquent cette vidéo, au passage superbement réalisée, prouvent qu'elle répond parfaitement à la névrose française du moment : un besoin de violence refoulé en permanence.

Au passage sur "l'intérêt du clip", c'est un débat des années 80, monsieur Lang ayant réussi à faire croire aux français que la publicité et le clip étaient des arts majeurs.
Un clip n'a aucun intérêt si ce n'est faire vendre ou faire parler du groupe. C'est ici réussi. En ce sens, la aussi c'est un très bon clip.

seb musset a dit…

Quant au voyeurisme de la violence, celui des humiliations à paillettes de "La Nouvelle tare" ou de la "Tares Ac'" me semblent fonctionner sur le même ressort.

Anonyme a dit…

Ce clip est iréaliste. Ils s'y mettent à plus nombreux pour faire ce genre de violence.

Mais c'est une belle merde. Le jour où l'on tournera un clip similaire avec des Skinhead ratonnant de bon coeur sur une méloppé électro, trouverez-vous cela "hipe", cool, et réussi ?
Quoi ? C'est l'idéologie des Skins qui vous dérrange ? Ils en ont une au moins.

Anonyme a dit…

Ce clip est iréaliste. Ils s'y mettent à plus nombreux pour faire ce genre de violence.

Mais c'est une belle merde. Le jour où l'on tournera un clip similaire avec des Skinhead ratonnant de bon coeur sur une méloppé électro, trouverez-vous cela "hipe", cool, et réussi ?
Quoi ? C'est l'idéologie des Skins qui vous dérrange ? Ils en ont une au moins.

Kaos a dit…

Mouais. Dans orange mécanique, tout le monde est vaguement taré à un degré plus ou moins élevé si mes souvenirs sont corrects. Il y a une narration barrée de gens barrés dans un monde barré, c'est autre chose déjà.
Là, c'est une bande de jeunes banlieusards désoeuvrés violents gratuitement avec tout ce qui bouge, et ce qui ne bouge pas, sans cohérence, sans distinction. Effectivement un cliché d'extrême-droite.

La réalisation reste tout à fait dans cette idée de violence hachée et devant le bar, j'ai franchement eu l'impression que c'était réel et que le caméraman ne faisait que prendre des images (quand un des mecs fait signe d'entrer à la caméra). C'est le parti pris du clip, mais j'ai pas bien compris à part faire régir, mais visiblement c'est pour renforcer la Réaction, c'est plutôt étrange.

Et oser dire que ça 'répond' à un besoin de violence latent, c'est un peu abuser. La violence en question est orientée et gratuite. C'est même pas une violence de révolte, c'est de la frustration qu'on passe sur les premiers venus. Si encore c'était des séries de violences gratuites comises par des tas de gens vraiment différents, ok, là ça serait une mise en lumière de la violence latente. Là, c'est juste des banlieusards frustrés qui se défoulent sur tout, et en musique.

Pas bien compris l'intérêt, ni artistiquement, ni politiquement.

Kaos a dit…

Et comme tu dis, c'est de la violence à paillette et ça aurait sa place dans un magazine comme Choc : c'est du choc pour du choc. Gratuit, encore une fois.

PrivateJoker a dit…

Je reviens sur le sujet : personne n'a l'air de voir l'analogie avec "C'est arrivé près de chez vous". À la différence près que ce clip est plus moraliste que le film, puisque le preneur de son et le caméraman se font aussi éclater par ceux qu'ils filment, au final, ce qui n'arrivait pas dans "C'est arrivé..." : dans le scénario du clip, ceux qui assurent la prise de vue ne deviennent pas amis avec ceux qui sont filmés, et ils tombent même sous leurs coups... Donc je ne vois pas pourquoi autant d'agitation ?

seb musset a dit…

Dans mon souvenir dans "C'est arrivé prés de chez vous", il y a même une scène savoureuse où deux équipes de tournages se croisent au moment où elles suivent le Serial Killer. La boucle était déjà bouclée.

Ce qui m'étonne au delà du clip, ce sont les réactions qu'il provoque.
1 - Qu'il soit d'extrême-droite ou de gauche bobo, fils de prolo ou fils à papa, d'où un artiste aurait besoin de se justifier sur son œuvre ?

2 - Le vrai sujet du clip n'est-il pas notre soumission à l'image et à notre faculté bien naïve malgré tous nos beaux discours, à tomber dans le piège du premier degré ?

En gros, à mon humble avis le sujet du clip n'est pas ce qu'il montre mais ce que nous y voyons.

Dans ce genre " malaise réflexif", je vous conseille les films de Michael Haneke, notamment "Benny's Video" "Funny Games" et "Le 7e continent".

PrivateJoker a dit…

Pour tenter de répondre à tes questions :

1 - Si tu poses le débat en ces termes, je risque d'être d'accord avec toi, vu que la liberté d'expression "à la française" ne me convient que peu... M'enfin il me paraît évident que l'on n'est pas ici seulement dans du pur artistique, mais qu'il y a aussi une dimension pubesque à ajouter : parlez de moi, en bien ou en mal, mais parlez-en. Le clip est fait pour ça, et il fonctionne d'autant mieux qu'il est tourné pour un groupe d'electro "french touch" : si ça avait été pour un groupe de rap hardcore, il aurait déclenché moins de réactions, cela aurait paru normal. Ce qui m'intéresse, c'est ce côté-là, pas la morale genre "houlala, ça va faire le jeu du FN" - comme si ce dernier avait besoin de ça, d'ailleurs.

2 - Oui, c'est le problème des réactions épidermiques, surtout que Romain Gavras est excellent dans sa mise en scène : il est plus facile de réagir au premier degré quand le boulot est bien fait, en plus associé à cette musique-là... Avec "Prendre un enfant par la main" en chanson de fond, le second degré aurait été évident, par exemple. Mais il y a une autre dimension, qui n'est pas seulement la réaction sans réflexion par rapport aux images : il y a la peur, renforcée par nos amis les mass-media depuis tant d'années, nommée pudiquement "insécurité", et particulière à la France. Gavras aurait fait un clip sur des jeunes japonais qui chassent des personnes agées lors d'une "oyaji gari", ça aurait sans doute été aussi efficace mais n'aurait pas touché autant...

À part ça, j'ai revu dernièrement "Le 7° continent" et "71 fragments d'une chronologie du hasard" de Haneke, et j'ai dû passer en avance rapide pour ne pas m'endormir : c'est pas fun le "malaise réflexif" !

seb musset a dit…

Dimension évidente à laquelle je n'avais pas pensé : ce clip est fait à 90% pour l'export.

"Justice" est un groupe français qui cartonne outre-atlantique. Il joue sur son image française. Et La France vue de l'étranger actuellement ça se résume, au mieux, à Carla Bruni et à "la guerre civile dans les banlieues".

Anonyme a dit…

privatejoker, pour avoir vécu quelques années en banlieue, je t'assure que cette "joyeuse bande de potes" n'est pas qu'une pure vision de l'esprit... enfin bon, je vois que tu assimile automatiquement ca a de la propagande FN, c'est dur de regarder la réalité des fois...

PrivateJoker a dit…

Merci anonyme de cette leçon de vie. Cependant il me semble que tu as mal perçu mon message : ce n'est pas moi qui assimile ce clip à de la propagande FN, ce sont les commentaires 1, 4 et 8.

Anonyme a dit…

Ah comme un con je me suis planté de personne, autant pour moi!

Anonyme a dit…

moi jpense que c'est la transcription sous un certain angle d'une réalité qui existe bel et bien, mais qu'on ne veut pas voir.

Cette réalité c'est la frustration de la plupart des jeunes de cité dans ce pays, jperçois ça comme une forme de "détresse", de plus doublé par la bande son qui tiens quand même une atmosphère qui est pesante.
Ca avant même la violence de ce clip on le voit décrit notamment dans les plans tournés à l'arrière du bus, pour moi c'est là que le gros du message passe, c'est le seul moment on l'on se sent "rassuré", ils sont humains, ils ont une âme.

Après c'est sûr ça génère beaucoup d'apprioris, qui ne s'est jamais retrouvé dans cette situation de malaise, face à une bande de black-beurs?(pour être franc, car c'est souvent ça) dans cette situation on se sent impuissant, stigmatisé par l'agression spontanée, incapable d'établir une communication, on est presque forcé de perdre la face, et ça le dernier plan du clip est la pour nous le rappeler, comme celui sur montmartre où les gens regardent, à l'intérieur on sait qu'il se pisse dessus comme ça pourrait être notre cas dans cette situation.

pour moi, le message il nous rentre dans le lard c'est tout, wé c'est un gros cliché, mais c'est franc, tout le monde a parfois a des excès de rage des envies d'envoyer tout bouler comme ca, on ne le fait pas car on trouve quand même des points d'attache, quand on en a plus ça donne ça.