jeudi 28 juillet 2011

DSK, la piste du ciné-club

L'autre soir, las des rediffusions de bêtisier, des En quête de besoin d'action chez les dealers et autres Action inédite de besoin d'images testostéronées déjà vu mille fois dans les coulisses de la BAC des beaux quartiers[1] sur l'abominable offre gratuite de la TNT[2], j'explorais mon catalogue de films inconnus téléchargés grâce à mon forfait Fuck Hadopià la recherche de la perle rare. J'optais pour un mélodrame italien des années 50 en noir et blanc 4/3 son mono avec Silvana Pampanini, « La schiava del Peccato » (l'esclave du péché) de Raffaello Matarazzo. 

Quand je mets mélo je pèse mes mots tant ce backstreet tordu entre directement dans mon top 10 des films les plus tristes (avec ce soucis du sadisme des sentiments plaçant le récit au-dessus du lot des mièvreries du genre). 
L'histoire : Dans l'Italie d'après-guerre, une call-girl de luxe sauve une gamine d'un accident de chemin de fer où ses parents, immigrants roumains, décèdent. L'enfant se prend d'affection pour la femme de "mauvaise vie". Celle-ci, tiraillée par son activité et oppressée par son souteneur, confie la môme à un orphelinat[3] et jure de revenir la chercher lorsqu'elle se sera refait une virginité aux yeux de la société. Maria abandonne sous les menaces et la moqueries, son passé. Après plusieurs années d'une lutte contre les préjugés, les discriminations à l'embauche, passant du luxe au travail à l'usine, Maria réhabilitée obtient finalement la garde légale de la gamine. Malheureusement, les maudits mâles, contrariés par le bonheur d'une femme reprenant en main son destin, ne tardent pas à resurgir : son ancien amant (Marcello Mastroianni débutant) qui est persuadé que l'enfant adoptée est sa fille naturelle et son ex-maquereau jaloux qui finira par la poignarder au sécateur parce que bon. Sur son lit d’hôpital, réalisant qu'elle ne pourra jamais vraiment se débarrasser de l'emprise de sa vie d'avant, l'ouvrière fauchée abandonne l'enfant à son ancien amant (marié à une bourgeoise pas fertile mais pleine aux as). Et ça ne s'arrête pas là, les larmes n'ont pas fini de couler pour "l'esclave du péché". N'en disons pas plus, si ce n'est qu'en comparaison les Dardenne c'est du Disney.
Mais tu me rétorqueras, excédé par le racolage de mon intitulé, "bon et alors en quoi cela concerne DSK ?Et bien, figure-toi qu'au détour d'une scène, Matarazzo met en images une interprétation intéressante du mystère de la chambre 2806 (qui aura lieu plus d'un demi-siècle plus tard). Là voici, dans son environnement d'origine...

[1] A quand un "enquête exclusive" sur le Karachigate ou la fraude aux URSAFF dans les entreprises ? #jeposelaquestion

[2] Technique d'une Nullité Totale.

*[3] Franchement, si tu n'as pas les larmes aux yeux lors du long plan fixe sur la gamine hurlant sa peine d'être arrachée à sa mère de substitution dans le sombre couloir de l'orphelinat glauque, c'est que tu es prêt à rallier "la droite sociale".

6 commentaires:

Dagrouik a dit…

Terrible le mec ressemble à Berlusconi

Romane a dit…

Terriblement d'actualité. En effet.

affiliation a dit…

oui exactement...

Lolobobo a dit…

dire que tu aurais pu regarder angélique marquise des anges .

bon , je sort

Anonyme a dit…

Salut, on se connait pas mais chu lecteur régulier de ton blog dont j'apprécie la prose marrante et l'esprit didactique. Pourtant un truc me chagrine, enfin dans le fond je m'en branle mais la curiosité me titille, alors j'aimerai juste te poser une question :

je te vois dans la plupart de tes liens fricoter avec la gauche (voire l'extrême gauche) de Politis à Superno, CSP etc.. (que je lis de temzahotre), mais qu'en est-il de ton rapport avec Egalité et Réconciliation ? J'ai cru lire (ici http://sebmusset.blogspot.com/2007/09/le-seigneur-des-egares-compte-rendu.html ) que tu t'étais perdu? Egaré? Etait-ce par simple curiosité ou conviction personnelle?

J'aimerai juste savoir. Et encore bravo pour tes articles, sont cool.

seb musset a dit…

@anonyme > Merci. Mon rapport se limite à cette visite motivée par la curiosité au début du mouvement après la victoire de Sarko. 1/ J'ai pu constater IRL qui venait (mon titre est explicite). 2 / Compris que ce n'était pas ma came. Ça revient parfois sur le tapis... après 700 articles, 200 vidéos, 4 ans et 3 livres qui vont dans une autre direction.

Lis mes 2 premiers livres, ça t'informera plus sur cette période.