mardi 7 octobre 2008

c'est pas nous c'est eux !

Souvenez-vous, 2007 et sa campagne présidentielle à l'américaine...


En gros depuis le 15 septembre dernier, le discours de notre glorieux Président of the America of France, c’est :

On allait tout réussir mais c’est la crise ! La guigne ! On ne pourra pas respecter nos promesses, zut alors ! Mais bon, c’est pas notre faute, hein Christine ! Ce sont les américains avec leur politique idiote (vous savez celle que j’essaye de copier depuis deux ans).

Après lui avoir assuré que les chars de la crise s’arrêteraient à la frontière française, le gouvernement veut donc faire croire au gentil spectateur de la première compagnie que les temps vont être durs pour tous mais que ce n’est pas de sa faute à lui mais aux américains.

Je ne suis pas un expert du travail (ah ça non) mais, pour sillonner de temps à autre les entreprises de France, petites, moyennes ou très grosses, j’ai collecté quelques observations et témoignages qui m’incitent à penser que le gouvernement est pour beaucoup dans la remontée du chômage du mois d’août (et ce n’est qu’un début, car, comme Christine Lagarde le disait si bien elle-même il y a 9 mois, ce ne sont là que "les premiers effets" de sa politique).

Je n'accuserai pas le gouvernement de « destruction d’emploi ». Non, ça c'est l'affaire de ses amis, les capitaines d'industrie et autres grands patrons à parachutes molletonnés qui gèrent la marge à coups de délocalisations. Mais quand même... A la simple vue de la pyramide des âges, je reste surpris : Il aurait du y avoir en cette année 2008 des créations d’emploi massives.

Passons en revue quelques initiatives gouvernementales, récentes et futures qui contribuent directement au "manque à gagner" en terme d’embauches.

Exemple 1 / Les heures supplémentaires
Grâce aux heures "TEPA", on peut faire faire jusqu’à 5 heures supplémentaires par semaine à chacun des salariés. Le salarié touche ainsi 25% brut de l’heure en plus et l’employeur, lui, est exonéré de charges.
Soit, par exemple, pour une PME de 7 salariés, un pactole de 50 heures exonérées de charge pour l’employeur.
Le salarié est le double dindon de l’histoire. Celui déjà employé, s’il veut gagner (un peu) plus devra automatiquement accepter des heures supplémentaires. On le voit, l’effet automatique de cette mesure est l’annihilation de toute augmentation de salaire. Mais pire, celui qui n’est pas employé dans cette entreprise ne le sera pas plus. Pourquoi l’employeur irait se compliquer la vie à faire un contrat de travail à 35 heures, alors qu’il en à 50 à disposition et à demi-tarif ?
Ratio dans cette PME : Pour 7 salariés déjà embauchés, 1 non-embauche.

Exemple 2 / Le projet de loi « emploi senior ».
Les seniors vont pouvoir cumuler leur retraites avec soir un emploi "qualifié" mais payé au rabais (l'employeur, là aussi, aura le droit à un bonus), soit un emploi sous-payé et non qualifié directement piqué à leurs petits-enfants. Là aussi, on peut supposer que cela ne favorisera pas les nouvelles embauches.

Exemple 3/ Le RSA
Le Rsa, usine à gaz que l’on peut résumer ainsi : Du sous-emploi aidé qui ne favorise pas le développement de l’emploi durable. C’est la porte ouverte à la généralisation de « l’intérim » et des contrats merdeux. Pas d’embauche durable à attendre de côté non plus.

Exemple 4/ Le passage du forfait jours des cadres de 215 a 235 jours par an.
En gros, il s’agit de sucrer leur RTT aux cadres. Les vingt journées supplémentaires sont payées 10% de plus et exonérées de charge également. Dans une société où 10 cadres font 20 jours en plus, cela fait donc pour l’employeur un pactole de 200 cents jours discount.
Ratio dans cette société : Pour 10 cadres déjà embauchés, Un cadre CDI non embauché.

Le monde sarkozyste se divise en 2 camps : Ceux qui ont déjà et ceux qui n’ont pas. Les seconds seront toujours sacrifiés au profit de la bonne santé des premiers.
Le Président du « gagner plus pour travailler plus » tient une partie de ses promesses, certains gagnent plus, d'autres travaillent plus. Problème : Ce ne sont pas les mêmes. Il exclut également de son équation : Les jeunes, les petites retraites, les chômeurs et les emplois précaires.
Le principal effet pervers du « travailler plus » Sarkozien n’est pas la destruction d’emploi réel (qui n'est pas vu comme un problème mais une logique de marché) mais la non-création d’emplois dans un cadre démographique pourtant propice.

3 commentaires:

blabl a dit…

Les capitaines d'industrie ? Ce terme de fait bien rire. Il s'agit plutôt des rats de l'industrie : ce sont les premiers à quitter le navire au moindree signe de faiblesse.

Laure a dit…

"Fuck !" comme diraient nos congénères étasuniens ...

organik a dit…

Salut, merci pour tes vidéos et textes, très intéressant.
J'ai aussi un blog, avec vidéo lien.
http://organik.over-blog.org/
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