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19 avril 2017

[Trucs et astuces] Que voter pour cette élection présidentielle ?

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Reprenons un instant ce blog pour faire le point sur ce carnaval présidentiel à quelques jours du premier tour...

Concentrons-nous sur le quatuor de tête des sondages :
Choix 1 : La pâte-à-modeler des patrons ?
La poupée du lobby bancaire qui crache en costard sur le code du travail, celui qui veut couler chaque français en société individuelle de service pour tous les auto-entretenir dans une concurrence cannibale jusqu’à la négociation du prix de leur cercueil arriverait semble-t-il à convaincre un quart d’entre nous. On rappellera aux convertis de l’écran plat que choisir Macron, c’est poursuivre encore un peu plus profond ce qui est en cours depuis trente ans, c'est libéraliser toujours plus au seul sens Medefien du terme, c’est choisir l’esbroufe à vide d’un Sarkozy et y coller la soumission d’un Hollande, le rire en moins. Opter pour cet ersatz de renouveau qui promet tout et son contraire pour faire l’inverse et vice versa, c’est seulement repousser Le Pen de cinq ans, comme on repousse sous le tapis le tas de crasse qui ne cesse de croître.

Choix 2 : Le croquemitaine démocratique ?
J’avais l’âge de ma fille, j’entendais déjà le couplet sur « la menace Le Pen ». Ce sera qui après ? La nièce et le petit-fils ? Lassés des paroles creuses, désabusés par l’impuissance successive des pouvoirs, beaucoup concluront légitimement que la meilleure façon d’être débarrassé de « la menace Le Pen » est encore de l’avoir aux manettes. Peut-on encore parler de « menace » lorsque dans n’importe quelle assemblée, même parisienne, où vous réalisez un petit sondage au pif, vous trouverez toujours une personne sur cinq qui avoue voter Le Pen et deux autres que ce choix ne scandalise pas ? Si nous avions des hommes et femmes politiques efficaces et un minimum en phase avec la société, le FN ferait des scores à la Cheminade. Ce qui serait embarrassant pour ceux qui depuis le départ ont fait le calcul du combat face à face avec le FN au second tour. Raisonner les électeurs du FN ? Ça ne marche pas. Les traiter de racistes ? Ça ne marche pas. Arrêter de les prendre pour des truffes ? T’es fou, c’est trop risqué : on n’est pas bien là avec notre « menace Le Pen » ?

Choix 3 : L’assisté anti assistanat ?
Le serial-fraudeur de la Sarthe a au moins le mérite de nous avoir bien fait marrer. Enfin la rigolade risque d’être écourtée. Des quatre principaux prétendants, Fillon est le seul à pouvoir décrocher une majorité aux législatives. Ce type est une arnaque diluée sur quatre décennies, sous l’emprise d’un conflit psychologique intime carabiné à la puissance Freud, coefficient 34. Il est déconnecté du monde réel et n’a honte de rien : il a donc toutes les qualités requises pour être 1 / président 2 / grand leader de droite auquel se rallieront dans les minutes suivant sa victoire tous ceux qui l’ont lâché au fil des affaires. C’est l’avantage avec la droite : même au fond de la cuvette, elle est capable de cette unité que la gauche foire toujours.

Interlude : et les programmes alors ?
On va se calmer. A part les fanatisés et ceux qui ont du temps libre : tout le monde s’en cogne des programmes. On ne sait pas qui les écrit, personne ne les lit et chaque président les trahi. Pour les trois candidats susmentionnés c’est limpide : les programmes sortent du même moule libéral avec quelques variantes de vocabulaire et sur l’intensité des coups de latte à donner sur le service public. D’ailleurs on ne vote pas pour un programme, on vote pour une personnalité : c’est la cinquième république Baï-bay. Et par défaut, sur les quatre prétendants il n’y en a qu’un qui m’a l’air "plus proche" des intérêts du plus grand nombre.

Choix 4 : L'insoumis pas content ?
Autant l'annoncer aux utopistes : Mélenchon décevra, c’est consubstantiel à l’exercice. Mais, au moins, je pars avec lui sur quelques fondations communes, ce qui n'est pas le cas avec les trois autres. Et puis, c'est son moment : son analyse faite il y a bientôt dix ans est plus que jamais pertinente. Il est enfin sorti de son tropisme sud-américain et a dépassé sa dualité productivisme / écologie. L’effroi dans lequel l’hypothèse de sa victoire plonge l’aristocratie est un délice. On touche à quelque chose de fondamental, de l'ordre du "choc". Ils le craignent pour la plupart bien plus que le croquemitaine de Montretout. Fiscalement parlant. Le reste, ils s'en foutent. A moins d’un évènement majeur d’ici là (4 jours c'est une éternité à l'échelle du WTF de l'actu), c’est pour lui que je voterai au premier tour. Sans colère ni espoir surdimensionné, et sans aucune amertume s’il n’est pas qualifié pour la suite. Il aura de toutes les façons dans ce contexte merdique accompli la meilleure campagne possible sur le fond et la forme, sans changer de cap d’une phrase à l’autre, en cherchant à élever le débat et sans mise en examen. Triple exploit.

Si vous ne vous retrouvez pas dans un de ces quatre là, il vous en reste toujours sept autres dans un spectre plutôt TRÈS large. Faites ce que vous voulez et rappelez-vous qu’il n’y a qu’un seul "vote utile" : le vôtre. 

19 mai 2014

Comment DSK va revenir en 2017 ?

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- Mais enfin tu n'y penses pas ! DSK il est cuit, ratatiné, mort politiquement !

- Le temps détruit tout écrivait Ovide.

- Non, c'était Gaspar Noé.

- Ou Bob l’éponge je ne sais plus. Enfin peu importe, il avait raison. Oui. DSK va revenir. Tu doutes ? Il ne faut pas. La seule question est : comment va-t-il revenir ? Le "pourquoi" ne se pose même pas : l'accession au pouvoir est inscrite dans le code génétique de tout homme politique, c'est à la fois son oxygène et sa finalité quel scrutins municipaux à trente-quatre habitants). Un destin politique ne s'achève vraiment qu'avec la mort (et encore quand tu vois comment sont réutilisés à toutes les sauces De Gaulle et Mitterrand, ça questionne sérieusement sur l'influence des "forces de l'esprit" dans la nullité du débat politique). 

- Oui mais DSK, il a un problème avec euh... enfin tu sais quoi, ça passera jamais !

- Tss, tss... T'excites pas. Addiction au sexe, abus de pouvoir et infidélité : DSK en 2011, au pire, il était au diapason de l'époque. Et puis après avoir eu un président élu, puis divorcé, puis remarié en Collissimo 24h avec une mannequin chanteuse après une session à Disneyland, et un autre nous jouant un remake au casque de Vacances romaines dans les rues du 8e arrondissement avec sa besace Brioche Dorée en bandoulière, les embardées avec ou sans peignoir de l'"ex-chef du FMI" (et l'on insistera plus précisément sur ce titre) ne jurent pas tant que ça. Au moins avec lui : pas de mauvaises surprises côté cul, on va pouvoir se concentrer sur l'éco. 

- Mais c'est impossible, les gens ne tomberont jamais dans le panneau !

- Oh tu sais neuf millions de personnes ont encore payé pour subir le dernier Dany Boon. Et regarde, tout se met doucement en place : une apparition dans une émission de télévision en prime-time pour rappeler qui c'est le Raoul de l'expertise, la Une de l'Express à trois ans pile de la présidentielle et, en sus, un petit film cradingue à Cannes (bon là, il n'y est pour rien, mais vu que le film est un nanar racoleur qui "fait polémique", tu vas voir qu'au final, au terme de trente-six talk-shows, ça jouera en sa faveur).

- Hé, vous mé reconnaissé ?

- Mais enfin, DSK il est carbonisé !

- Ah bon ? 56% des Français pensent qu'il ferait mieux que François Hollande aujourd'hui. Deuxièmement, il incarne (ne me demande pas pourquoi) la solidité du diagnostic économique. A une époque où l’on reproche au chef de l'Etat de naviguer à la boussole Kinder surprise, crois-moi ça rassure. Pour la droite, il n'est pas trop à gauche. Et pour la gauche, au bout de cinq ans de social-libéralisme et dix millions de chômeurs, il ne paraîtra plus si de droite que ça. Et puis, il a tout enduré. Il a traversé le Styx. Riker's Island, c'est autre chose que d’être coincé dix minutes dans le RER A sans déo après ta journée de turbin. 

Welcome to New-York d'Abel Ferrara relance la théorie du complot :
"- C'est quoi ce bordel ! J'avais demandé une russe !"

- Mais, c'est trop gros ! 

- C'est pour ça que c'est beau. Y'aura quoi exactement en face de DSK ? Le retour de Joe Dalton et la Walkyrie ? Tu le sens le gros débat d'esthètes en 2017 ? La foire du Trône à côté ce sera le café des philosophes. Tu vois d'un seul coup qui parait un poil plus crédible ? En attendant, il va continuer à la jouer profil bas le Domi. Il n'interviendra que parcimonieusement, et que sur les questions éco. Sa com' sera indirecte. Du billard à trois bandes. 

- Oputainwoué ! T'as raison... Je reste sans voix.

- Ça tombe bien, c'est exactement ce qui est recherché : que tu restes scotché devant BFM à regarder, sidéré et captif, le feuilleton de la reconquête du pouvoir par deux "destins brisés", jusqu'au débat de l'entre-deux tours diffusé en 3D animé par Yves Calvi avec en plan de coupes sur la courageuse Anne Sinclair encourageant depuis les tribunes celui a qui l'on a injustement savonné la planche six ans plus tôt. Plus poignant que le final de Rocky II, la revanche.

- Et la politique dans tout ça ?

- La quoi ? [1]


[1] Vois ça avec Politeeks. (Il est à l'origine de ce billet).

25 mars 2014

En route vers l'inertie

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Ah et oui, il y avait des élections. 

Il y a six ans, j'aurais fait du lol, et surement commenté une claque envers un pouvoir désavoué à la première élection intermédiaire. Je me serais moqué des réactions des ténors du parti de la majorité dépêchés sur les plateaux télévisés au soir du premier tour des municipales pour nous expliquer que "non, ce n'est pas un vote sanction"[1], "que les efforts n'ont pas encore porté leurs fruits", "que le chômage baisse", "que le second tour est décisif", "que la route est longue, la pente est raide, qu'il faut faire barrage au FN et que ma belle-sœur en a et que d'ailleurs on l'appelle tonton et qu'il est hors de question pour nous, socialistes, de changer une politique de droite qui gagne". Mais non, là je suis dans l'état d'esprit de notre Président, retranché dans mon palais coupé du monde et je n'en ai juste plus rien à secouer des Français, toisant de mon dédain dandy la déliquescence d'une société du repli, souhaitant presque Sarkozy se représente tant il est le seul à pouvoir remobiliser la gauche autour d'un joli projet commun, viscéral, mais porteur de tous les possibles : lui coller une seconde raclée.

Dimanche, mon dégoût d'une "information" hystérique le disputait à la lassitude d'une situation électorale classique (un mauvais résultat pour la majorité dans un scrutin à mi-mandat est aussi surprenant qu'un dimanche après-midi télévisé avec Drucker).  

Même la montée largement surexposée du FN dans une poignée de mairies ne me provoque rien tant elle fait partie du spectacle, du piment démocratique, de la nécessaire preuve par l'exemple (il faut en passer par là, et les expériences municipales passées du FN se sont toutes transformées en fiasco) et de la logique du moment : cette déconnexion au mieux, l'encouragement au pire, de nos gouvernants envers une société du travail totalement individualisée, aux divertissements médiocres, une société de la bouffe avariée et du mal-soin, sans mémoire à plus de trois jours, pathologiquement craintive de la différence, qui revendique son ignorance et sa part de barbarie, une société de l'impatience où l'esprit de consommation et la notion de rentabilité s'étendent à tous les pans de la vie quotidienne, sentimentale et familiale, bref une société de merde, technologiquement très connectée et paradoxalement plus que jamais divisée en ghettos sociaux générationnels et ethniques, ne peut à terme que générer une expression démocratique de merde. Enfin... pour ceux qui votent encore tant l’exercice, matérialisation même symbolique d'une vision collective, devient absurde dans cet océan de défiance, de pessimisme et de chacun pour sa gueule qu'est devenu La France (abandonnée à l'Europe elle-même abandonnée au marché).

Sans une véritable politique de gauche (et là, plus rien n'est lisible à gauche pour l'observateur lambda qui ne veut pas "se prendre la tête", au bas mot les deux tiers des inscrits), au sens collectif du terme avec rééquilibrage des injustices, d'une façon ou d'une autre, sous un nom ou un autre, le FN arrivera aux commandes du pays. Tout, du haut en bas de la pyramide des exploiteurs et des exploités, des cyniques aux abrutis, des incompétents surpayés aux chômeurs ignorés, des rentiers aux jeunes endettés, des libéraux winners aux salariés insultés à longueur de journée, tout converge pour que le pire se concrétise depuis l'isoloir de nos aigreurs. 

A chaque soir d'élection, les pleureuses sous spots à tungstène des hauts plateaux du savoir sanglotent en direct haute définition sur le record d'abstention. Totalement égoïstement, à mon tour, par défaut, je n'y vois pas la pire des nouvelles dans le désastre. 

C'est probablement cette abstention qui nous préserve d'un score de droite encore plus fort.

[1] Envoyer Moscovici pour faire le SAV des socialistes et mobiliser pour le second tour, peut-on pire opération de com' ? Le mec est une publicité ambulante pour un vote anti-PS

Illustration : Jefferson Airplaine, Bless its pointed little head

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13 mars 2014

La tragédie d'un homme ridicule

par

Me faire ça ! A moi !

Moi, ex-président corrupteur, financé par un dictateur terroriste et une milliardaire aux fraises,
moi qui ai fidèlement arrosé d'argent public tous mes amis,
moi qui ai généreusement défiscalisé pour les nantis,
moi, pataquesseur né, me débrouillant pour être mêlé à une affaire louche par jour tout en l'étouffant (suffit de placer les bonnes personnes aux bons endroits, youpla !),
moi trompé par un abruti (Jean-François : se faire gauler pour 8 millions, c'est petit),
moi trahi par mon gourou depuis dix ans (Oui euh, ma campagne La France aux Français, c'est pas moi c'est lui),
moi qui voulais ficher les Français potentiellement déviants (tous quoi), appliquer la tolérance zéro pour les délinquants et vidéo-espionner toutes les rues du pays,
moi qui faisais espionner les journalistes ne me cirant pas les talonnettes,
moi qui voulais être Bobby De Niro chez Scorcese et ne serais jamais qu'un copycat de Joe Pesci chez Pécas,
moi qui ne suis qu'une victime du complot socialo-trostko-mediatico-reptilo-gay des bobos de St Germain contrariant, si peu, mon comeback triomphal (j'y pense en me rasant, j'essaye mes costumes et rode mon stand-up dans les salles paroissiales des stations balnéaires de droite où le récital de Carla cartonne chez les grabataires équipés d'Audika).

Moi, Nic... euh... Paul Bismuth, qui n'ai pourtant rien à me reprocher, me voilà traité comme un pauvre con de Français, malmené par la justice en sus. C'est ce félon de Buisson qui avait raison : actuellement les valeurs se perdent. Il est loin le temps où l'on respectait les délinquants nuisibles et incompétents pourvu qu'ils soient riches et élus.

Ça m'apprendra à vouloir mon bien autour de moi.

Parfois je me dis que c'est mon cruchon d'épouse qui a raison : trop bon trop con.

Paul B., sauveur éternel, crucifié en place de 'com.

C'est pas tout ça, je dois vous laisser bande de smicards : je vais rater ma séance de dédicaces. 


Illustration : Last temtptation of Christ, M.Scorcese (1988) + M.Monpontet, Twitter.

5 mars 2014

#Sarkoleaks : qui brouille l'écoute à droite ?

par

A chaque jour son dégueuli d'affaires à droite. 

Jean-François Copé (de droite) se fait balancer la semaine dernière par Le Point (de droite) au sujet d'une facturation très généreuse bénéficiant à ses amis de la 'com (de droite). Comme tout le monde nous exécrons Copé, mais nous ne pouvons nous empêcher d'être circonspect devant cette offensive, d'autant qu'en sous-titre, Le Point demande si Sarkozy n'a pas été "volé". Si spoliés il y a dans cette histoire, ce sont d'abord les donateurs du Sarkothon. Et encore : que représentent 8 millions face aux 50 milliards de cadeaux fiscaux concédés par leur poulain à son arrivée à L'Elysée ? Une bien minable rétrocommission. Heureusement, nous pouvions compter sur Copé, aveuglé par son ego, pour rater sa gestion de crise dont l'essentiel consiste à accuser tout le monde sauf lui (et par conséquent s'enfoncer encore plus, tout en concentrant l'attention sur sa seule personne alors que, s'il y a embrouille, il n'est clairement pas le seul à être impliqué). 

(Valeurs Actuelles partageant son fichier abonnés, je reçois cette demande de pognon de l'Association du Financement de l'UMP, le jour des révélations du Point. Ce qu'on appelle le sens du timing.)

Surgissent ce matin les "enregistrements Buisson", le Sarkoleaks. Les extraits des enregistrements du conseiller spécial (tendance Abrutea Party) de l'ancien président diffusés sur Atlantico et dans Le Canard enchaîné sont, pour le moment, anodins (on y parle de Bachelot et Morano, et pas de Karachi ou de Kadhafi). Là aussi, il sera intéressant de suivre la médiatisation de ce qui s'appelle déjà "l'incroyable feuilleton de la trahison" (entendu ce matin sur la très droitière France Inter, je n'ose imaginer le traitement sur BFM). 

Le plus beau dans ces deux affaires : Sarkozy n'a même plus besoin d’apparaître dans l'actualité pour la faire, et en sort presque victimisé (le terme "viol" ne devrait pas tarder à être utilisé à son endroit dans les deux cas). La propulsion médiatique de Patrick Buisson au rang de "félon au dictaphone" offre à Sarkozy une opportunité de se dédouaner de sa politique et d'une campagne très FNlike en 2012 (largement inspirée par Buisson, gourou intouchable et vénéré à l'époque, et les trigolos de la droite forte). S'il voulait revenir blanchi, sur une ligne plus au centre, avec un nouveau parti, on ne peut rêver meilleure préparation du terrain. A moins que... à la fois dans les comptes à Copé et dans les sons du Buisson, il y ait du très très compromettant à venir. 


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28 novembre 2012

Gloire à Jean-François Copé !

par
Je sais. Écrire sur le feuilleton de l’UMP, c’est s’exposer à une obsolescence ultra rapide de son article. Pourtant au 11e jour des #FeuxDeLaDroite, il convient de rendre hommage à un personnage injustement méprisé: je parle de Jean-François Copé.

Je peux l’avouer maintenant: je souhaitais depuis plusieurs semaines, sans trop y croire, qu'il remporte l’élection interne à la présidence à l’UMP[1]. L'homme avait le potentiel et les casseroles pour accomplir de très grandes choses pour l’opposition. Et, vu le calibre de ses soutiens, sa présidence de parti nous garantissait de beaux moments de n'importe quoi. Les conditions foireuses de sa victoire sur le fil du rasoir et ses rocambolesques prolongations, ont dépassé mes espérances 

Depuis Jean-François n'en démord pas. Contre tous, il se cramponne à la tête d'un parti qui se désagrège moralement, et bientôt financièrement, sous les yeux affolés des éditorialistes. Voir un Calvi, un Barbier, un Giesbert ou un Mazerolle sans analyse cohérente, dépassés par le monstre de nullité qu’ils ont eux-mêmes propulsé là à force de dossiers et de couvertures débiles sur l'Islam, rajoute au délice. Même Eric Le Boucher est à deux doigts de prendre sa carte au PS

Car Jean François Copé, c’est avant tout une œuvre: Le dynamitage d’un parti de l’intérieur en moins d’une semaine et l'aptitude à provoquer un craquage du slip généralisé des lieutenants du premier parti d'opposition et devenant la risée générale.

Dernier rebondissement dans cette saga d’une ingéniosité narrative à faire passer un climax de The West wing pour un épisode quelconque de Chloé Magique: la remise en cause matinale par Jean-François de l’accord de paix arraché hier avec les dents par un Nicolas Sarkozy dont il ne manquait que le retour prématuré pour parachever le désastre à droite. 

Et mate la portée transcendantale du deal : Organiser un vote sur internet pour savoir s’il faut faire revoter les militants avec des bulletins papier. Ça c'est du putain d'enjeu au regard de la crise économique à laquelle les Français font face, le jour même de la publication de la hausse du chômage pour le 18e mois consécutif !

Voilà c’est fait. Copé a aussi ridiculisé Sarkozy, l'idole de son camp. Merci man.

Je vois désormais qu'on le lâche, que les plus grands philosophes de droite tel Mickaël Vendetta, ne se cachent plus pour le flinguer. Et là je dis stop ! Moi, blogueur de gauche, apporte mon soutien à Jean-François Copé et souhaite ardemment qu'il s'accroche à la présidence de l’UMP et se présente, dès maintenant tant qu'on y est, à la présidentielle de 2017.

Expédier l'UMP sous la barre des 10% n'est désormais plus un rêve impossible! Tiens bon Jeff!

[1] Le danger serait d'encenser Fillon en comparaison. A la différence de Copé, l'ancien premier ministre cache très bien son jeu. C'est en cela qu'il est bien plus dangereux.

22 novembre 2012

Pas d'orchidées pour l'UMP

par
"Je demande un peu de sérieux"
Frédéric Lefebvre, clown légendaire de l'UMP, Itélé 21.11.2012.

Après ceux, pourtant déjà costauds, de dimanche et lundi, le 3e épisode dans la guerre pour la présidence de l'UMP est le plus décapant. Après la pitoyable organisation du vote de dimanche, les soupçons de fraude, les annonces anticipées de victoire de Jean-François Copé puis François Fillon, le décompte douteux des votes (toujours cachés à l'heure où j'écris), la commission à la noix qui proclame Copé vainqueur avec une avance de 98 voix sur 175.000 et, sur les chaines d'info continue, le grand déballage des lieutenants zélés, l'ancien premier ministre conteste depuis hier la victoire de son rival et menace, avec ses soutiens, de faire scission et de porter le barnum au tribunal. Les départements d'outre-mer n'auraient pas été comptés et, en fait, il l'emporterait de 26 voix. 

Après l'échec de Sarkozy, j'imaginais que le processus de destruction de l'UMP prendrait deux ou trois ans. Non, il aura juste fallu à ses cadors un semestre dans le rôle inhabituel d'opposants, sans pouvoir dépasser le stade de la colère d'avoir perdu, plus quelques jours d'un exercice inédit de démocratie interne, pour perdre leur sang froid et exploser sous nos yeux ébahis.  


Voir désormais des Benoist Apparu, Frédéric Lefebvre ou Christian Estrosi passer pour des modérés dans ce crêpage de chignon continu entre camarades jadis unis par le culte du chef en dit long sur la déliquescence du premier parti de France. 

Qu'écrire ? Le spectacle est fascinant. Sous les yeux du blogueur interdit et conscient que toute tentative de caricature des impétrants serait ridiculisée par l'original, l'UMP qui, il y a encore six mois était à la tête du pays, part en torche dans le bûcher de ses vanités contradictoires. Soyons honnête: c'est beau. Je verse ma larme, regardant cette télénovela de l'apocalypse politique où l'expression des militants est piétinée de bon coeur. Je suis aussi à la peine. Ce sont six années de blog qui, quelque part, s'achèvent. Car, tout autant que Sarkozy, ses sbires, ses "stormtroopers" qui étaient dans une logique d'occupation de l'agenda médiatique (dont ils ont du mal à se désintoxiquer) furent autant de sujets d'une indignation quotidiennement renouvelée. 


Passé le divorce à l'italienne, chacun sent que le paysage politique risque d'être bouleversé. Je me mets à la place des militants UMP, déjà ce qui s'est passé dimanche était consternant, après le rebondissement de mercredi, ils vont y réfléchir à deux fois avant de renouveler la cotisation.

Mais vraiment, qui récupérera les morceaux de cette boucherie? 

En se basant sur les résultats de dimanche qui sont les révélateurs de la fracture divisant ce parti, (fracture pourtant bien visible depuis l'été 2010 et le discours de Grenoble de Nicolas Sarkozy, et en partie cause de son échec à la présidentielle), on peut songer à plusieurs hypothèses: 

La motion de la droite forte (pourtant pilotée par deux incapables qui feraient passer Benjamin Lancar pour un prix Nobel) étant arrivée en tête, on peut imaginer comme Gael Brustier que le grand gagnant serait la ligne identitaire, donc par ricochet, le FN. 


Est-ce suffisant pour que des électeurs de l'UMP filent au FN ? C'est moins évident qu'il n'y parait. Le FN et l'UMP, malgré un tronc commun d'islamophobie et de chasse aux assistés, ont des divergences profondes sur l'économie. Avec sa victoire sur le fil, Copé fait  la démonstration avancée de ce dont je suis convaincu depuis longtemps: il a les qualités requises pour dynamiter ce parti de l'intérieur et l'envoyer vers des scores électoraux à un chiffre. Encore plus de "pain au chocolat" et de radicalité, ferait donc théoriquement fuir une bonne moitié des électeurs UMP vers le centre. Et aller toujours plus loin, Copé n'a que ça en magasin.


Peut-on alors espérer voir la résurgence d'une force au centre qui prenne le relais ? Probable. Mais ce sera compliqué pour elle d'exister avec un gouvernement lui-même recentré.  Reste alors l'hypothèse d'un retour de Sarkozy. Trop tôt pour le dire, mais je n'y crois pas non plus: Il est l'origine de tous les désastres

La seule piste pour l'UMP est de renouveler ses têtes, de faire un bon score aux municipales et de préparer sérieusement ses primaires dans trois ou quatre ans. Ne jamais oublier que l'électeur de droite ne votera jamais à gauche, et que les forces de droite aussi disparates soient-elles, sont finalement perméables les unes aux autres. Seul un leader d'union peut réussir, ce qui passerait désormais pour un exploit, à les réconcilier. Pour l'instant, ce type ou cette fille je ne le ou la vois pas. Même Fillon qui avait vaguement cette aptitude parait carbonisé pour un moment. Note qu'à gauche on ne voyait pas plus de candidat d'union, il y a encore deux ans. 

En attendant à droite, on s'oriente vers la continuité en pire: soit deux partis d’extrême droite incompatibles (pour le moment, les alliances aux municipales seront à scruter avec attention), et deux partis de centre qui se détestent. Car, s'il y a mouvement des foules UMP vers l'UDI, soyons assurés que Bayrou, qui doit actuellement se mordre les doigts jusqu'au pied, ne lâchera pas sa baraque à frites. Ajoutons à cela un Nicolas Dupont-Aignan dont aucun des quatre ne veut entendre parler.

Le vainqueur immédiat du carnage n'est donc pas Marine Le Pen, ni Nicolas Sarkozy (entendu ce jour par la justice), mais bien François Hollande, lauréat de primaires ouvertes dont chacun a salué l'avancée démocratique qu'elles constituaient, le sérieux des débats et l'organisation, un François Hollande encore accusé d'amateurisme hier. Mais c'était hier. Les critères du sérieux politique viennent d'être durablement redéfinis. Et c'est la plus grande leçon de la semaine. 


Illustrations : Stephen J. / Salam93 / Seb Musset

8 novembre 2012

La victoire d'Obama ou le second crash-system de la droite forte

par
Ah si seulement le droit de vote était réservé aux vieux mâles blancs cons, riches et isolés l'occident n'en serait pas là, fulminent-ils. Le suspens était donc gonflé aux hormones de droite: Barack Obama est réélu président des Etats-Unis et mieux que ses détracteurs ne le pensaient. 

A en suivre les commentateurs et les chaines d’info continue, ici comme là-bas, cette réélection est un "exploit", à deux doigts de l'inconvenante surprise. Passé le délice matinal de survoler les tweets de nos libertarés locaux et autres apprentis néo-cons qui se voyaient déjà en haut de l'affiche à Broadway, et d'un billet d'Ivan Rioufol (le journaliste du Figaro capable dans un même billet de s'insurger contre le "monde globalisé" tout en souhaitant plus de libéralisme) s'insurgeant de cette victoire de "la diversité" (on appelle ça aussi le peuple), nous ne poussons un grand ouf de soulagement. S'il ne soulève pas le même espoir qu'en 2008, ce résultat rassure sur la robustesse des peuples. La campagne financée à coup de dons de 3 dollars décroche la timbale face à celle sponsorisée par les banques et les grosses entreprises

Au niveau tricolore, après l'éparpillement façon puzzle de l'UMP d'il y a six mois, la réélection d'Obama en conjoncture merdique valide la faiblesse des stratégies électorales de type "droite forte" à la Copé-Peltier. En plus de sa richesse un peu trop affichée et de sa relégation des classes populaires à la rubrique perte et fracas, le beau Mitt a pâti des énormités répétées sur la religion ou l'avortement de son aile la plus droitière. Sur un point encore plus anecdotique, mais si savoureux, cette victoire accélère un peu plus la date de péremption d'un retour politique de  Nicolas Sarkozy, monsieur Ouiwilleouinetouguézeure qui, entre autres prétentions, s'autopersuadait d'être le frère jumeau du grand Barack.

Seule ombre au tableau: une cohabitation toujours en place qui compromettra encore le volet social de l’action d'Obama. Cette victoire ne doit pas faire oublier non plus que des forces de hétéroclites, à priori incompatibles, se sont soudées en un temps record sous la présidence d'Obama, un peu à l’image de ce qui commence à se passer ici depuis six mois. Le mouvement des pigeons ou celui des anti-mariage pour tous sont les prémisses d'une coalition contradictoire allant des libéraux aux réactionnaires, en passant par les "apolitiques" et les couvertures des news magazines les plus célèbres, d’abord unis par leur terreur fiscale, le refus de "payer pour les autres" et la détestation d'une application, même vague, du socialisme. Avec, en prime, la sucette du repli identitaire apeuré saveur musulmanopéril.

Obama quittera la présidence six mois avant la fin du quinquennat Hollande en mai 2017. Notre droite a le temps d'ici là de mettre de l'eau plate dans son vin de messe, de faire des alliances avec une extrême droite ripolinée, de propulser un candidat fourre-tout à la Fillon (réussissant l'exploit de faire oublier qu'il a été cinq ans premier ministre et qu'il est aussi violent que Copé, voire plus). Le combat sera rude pour la gauche, d'autant que celle au pouvoir ne l'aide pas particulièrement ces temps-ci

Et comme l'on doit beaucoup à l'Ohio...

24 septembre 2011

Vers un nouvel ordre électoral

par
Tremble. Notre président fait peur au monde de la finance. Si, si. Il ne réforme pas assez vite, ne va pas assez loin. Certes, il a improvisé un mini plan de rigueur à l’interne (qui, on le notera avec intérêt, via la réforme de la taxation des plus-values sur les résidences secondaires, frappe même son cœur de cible électoral) et son brave Baroin fait la tournée des banques US histoire d'apaiser les marchés en attendant le prochain point G qui va (same players insert coins) changer le monde

Le climat éco va donc cahin-chaos continuer à se détériorer et la note de la dette française va probablement être dégradée (rappelons que notre néo-taxeur de sodas a creusé le déficit de 400 milliards en 4 ans). Notre Monarque minaude, parade à l'étranger, en appelle au passé, courbera le dos, pouponnera bientôt, en attendant son échéance de 2012. Il a pour lui une certaine atonie du peuple et un éparpillement du mécontentement. Pour l'instant, l’indignation ne prend pas. Voyons-y encore une bonne robustesse des services publics, de la protection sociale, des congés payés, une bonne part de soumission (faute d'imagination et par peur d'avoir à y perdre quelque chose) à l'évangile de l'indépassable capitalisme pyramidal. Fort de son succès à faire avaler aux Français l'arnaque de la réforme des retraites, il envisage déjà, via ses sbires, de repousser toujours plus loin les limites avec un âge de départ à 67 ans au prétexte d'une convergence avec l'Allemagne (Une convergence sélective ne s'appliquant pas, par exemple, à l'abandon du nucléaire et ne prenant pas en compte notre différence démographique avec l'Allemagne ni la durée de cotisation fixée là-bas à 35 ans et ici à 42). Malgré la hausse violente de la pauvreté, le peuple du milieu n’a pas encore goûté de la vraie bonne grosse politique d'austérité. Le désarroi grec ne provoque encore que quelques frissons exotiques en ouverture de JT, et il n'est pas rare que dans les conversations de gens qui ont pourtant  un cerveau soit repris mot pour mot l'argumentaire des bourreaux ("Mais tu ne te rends pas compte Seb ? La dette !". N'oublions pas aussi, mais comment les oublier tant ils cannibalisent le mental français, que pour une partie de la société (qui vote beaucoup, n'a plus toujours toute sa tête), ce quiquennat a été très profitable (exonérations, cadeaux fiscaux, bonne retraite, hausse des prix de l’immobilier...). 

Si notre président arrive à godiller dans la dette pour les six prochains mois avec des signes encourageants (notons cette communication sur la réduction du déficit de la sécurité sociale[1]), avec son argumentaire de campagne classique (promesse de gnouf pour les pas-comme-nous et travaux forcés pour les assistés), nous nous dirigeons donc tranquille vers une élection Hollande / Sarkozy ne remettant pas en cause les grandes lignes de la diète qui se profile derrière. Il y a bien une ligne offensive à gauche et à la gauche de la gauche contre la spéculation et les banques, mais celle-ci remet trop en cause l'ordre établi pour obtenir les soutiens nécessaires qu'ils soient financiers, médiatiques et populaire (tout cela étant inextricablement lié).

Mais un semestre c’est long, spécialement dans un contexte d'anxiété financière globale ou même Christine Lagarde perd de son optimisme légendaire. Imaginons donc que les efforts de notre président (coincé entre son irrépressible envie de se faire réélire et donc de ne pas se faire encore un peu plus détester et l’injonction des créanciers à taper sur les peuples) foirent et qu’avant Noel, à ce classement absurde, notre pays et ses banques se retrouvent en AA- (houlalala). Il sera obligé de passer la vitesse supérieure avec la phase 2 et l'annonce d'un vrai gros plan de rigueur (pas l’amuse-gueule à 11 milliards qui a nous a été servi avec moult précautions oratoires). Il sera question, entre autres, d’une vraie casse de la fonction publique avec dégraissage au Destop des effectifs et baisses des salaires pour les autres (ou augmentation du temps de travail, ce qui revient au même), hausse de la TVA et équarrissage des prestations sociales (bref, le trip des trépanés de l’Ifrap auquel TF1 et affidés nous conditionnent à touches plus ou moins nuancées depuis des années). Là seulement, le peuple sentira passer la douloureuse : chute nette du niveau de vie, baisse ou fin des allocs ayant pour conséquence des cascades de découverts bancaires, des services réduits ou fermés, un accès aux soins impossible… 

Ajoutons à cela, la montée des affaires tachant les partis de gouvernements, nous voilà conduits vers des cataclysmes démocratiques comme il en arrive une ou deux fois par siècle lorsque, écoeuré, les peuples désespérés courent crier leur colère dans l'isoloir des solutions simples

L'élection de 2012 aura au moins un mérite : celle de redéfinir, façon puzzle, un des deux partis de gouvernement. Au PS, quitte à lâcher du lest, on tient le pari de la ligne raisonnable en tentant de capitaliser sur une aspiration à un changement qui ne change pas trop. A droite, on commence à saisir dans la confusion et l'effroi que "Sarkozy" et "avenir" ne sont deux mots qui ne vont plus ensembles et l'on prépare le coup d'après.

Simulation 1 : Imaginons une dégradation rapide du contexte, avec forte contestation : Sarkozy se retrouve éjecté du second tour. Sachant que les législatives sont derrière, dans le match FN / PS pour qui crois-tu qu'une large partie de l’UMP va se prononcer ? 

Simulation 2 : Post 2012. Dans une période de redéfinition par le bas des standards (et La France plongeant en retard et de très-haut, la chute n'en sera que plus violente), la soumission s'émoussera laissant place à de sporadiques explosions de violence (rappelle-toi les émeutes anglaises et la diligence de la classe dirigeante à qualifier de délinquance et punir une misère qu'elle a générée). Pour préserver rentes, mandats et prés carrés loin de la colère des chômeurs, des mal-logés (tant qu'il n'y a pas de volonté politique d'en finir avec ce dernier far-west, il n'y aura pas de retour en arrière) et des exclus intégrés (le précariat), il faudra plus que du Money Drop à la télé et des Post-it wars au bureau, mais de l'ordre et de la terreur à chaque coin de rue. Note que, préventivement, se drapant derrière un "marché de l'immobilier" auquel chacun se plie, les grandes villes sont déjà des citadelles nettoyées de leurs pauvres.
*
Quel calcul s’opérera dans la tête du patronat, des élites, des publicistes, des possédants, des rentiers si le climat social tourne à la franche hostilité ? 

Vers quel gouvernement conduiront-ils les peuples ? A l’ère du chacun-pour-soi, de recroquevillement des possédants sur leurs valeurs, dans un pays où du haut en bas de l'échelle sociale les valeurs de droite triomphent (surtout en fantasme) mais où le parti qui les incarne traditionnellement est discrédité, viseront-ils un socialisme gestionnaire (un parti taxé de beaucoup de choses, mais rarement de sécuritaire) avec croissants risques de soubresauts ? Ou s'orienteront-ils directement vers une droite redéfinie sur son extrême avec promesse de coups de trique pour les moins méritants (à savoir dans la tête de chacun : "l'autre" ou celui en-dessous de soi) ?  

N'y voit rien de mal.  Business is business.
[1] Bien sûr, ne voir aucun lien entre cette annonce issue de la progression des déremboursements, la hausse consécutive des tarifs des complémentaires et le retour de la tuberculose dans le 93.

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