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5 mars 2014

#Sarkoleaks : qui brouille l'écoute à droite ?

par

A chaque jour son dégueuli d'affaires à droite. 

Jean-François Copé (de droite) se fait balancer la semaine dernière par Le Point (de droite) au sujet d'une facturation très généreuse bénéficiant à ses amis de la 'com (de droite). Comme tout le monde nous exécrons Copé, mais nous ne pouvons nous empêcher d'être circonspect devant cette offensive, d'autant qu'en sous-titre, Le Point demande si Sarkozy n'a pas été "volé". Si spoliés il y a dans cette histoire, ce sont d'abord les donateurs du Sarkothon. Et encore : que représentent 8 millions face aux 50 milliards de cadeaux fiscaux concédés par leur poulain à son arrivée à L'Elysée ? Une bien minable rétrocommission. Heureusement, nous pouvions compter sur Copé, aveuglé par son ego, pour rater sa gestion de crise dont l'essentiel consiste à accuser tout le monde sauf lui (et par conséquent s'enfoncer encore plus, tout en concentrant l'attention sur sa seule personne alors que, s'il y a embrouille, il n'est clairement pas le seul à être impliqué). 

(Valeurs Actuelles partageant son fichier abonnés, je reçois cette demande de pognon de l'Association du Financement de l'UMP, le jour des révélations du Point. Ce qu'on appelle le sens du timing.)

Surgissent ce matin les "enregistrements Buisson", le Sarkoleaks. Les extraits des enregistrements du conseiller spécial (tendance Abrutea Party) de l'ancien président diffusés sur Atlantico et dans Le Canard enchaîné sont, pour le moment, anodins (on y parle de Bachelot et Morano, et pas de Karachi ou de Kadhafi). Là aussi, il sera intéressant de suivre la médiatisation de ce qui s'appelle déjà "l'incroyable feuilleton de la trahison" (entendu ce matin sur la très droitière France Inter, je n'ose imaginer le traitement sur BFM). 

Le plus beau dans ces deux affaires : Sarkozy n'a même plus besoin d’apparaître dans l'actualité pour la faire, et en sort presque victimisé (le terme "viol" ne devrait pas tarder à être utilisé à son endroit dans les deux cas). La propulsion médiatique de Patrick Buisson au rang de "félon au dictaphone" offre à Sarkozy une opportunité de se dédouaner de sa politique et d'une campagne très FNlike en 2012 (largement inspirée par Buisson, gourou intouchable et vénéré à l'époque, et les trigolos de la droite forte). S'il voulait revenir blanchi, sur une ligne plus au centre, avec un nouveau parti, on ne peut rêver meilleure préparation du terrain. A moins que... à la fois dans les comptes à Copé et dans les sons du Buisson, il y ait du très très compromettant à venir. 


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11 février 2014

[Exclu] La bibliothèque idéale de Nadine Morano

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Surfant sur la vague moisie des bigots, Nadine Morano a enfin livré son programme politique (c'est à dire qu'on l'attendait grave) dans l'émission Mots Croisés

Ecoutez bien la fin de cette vidéo. A la question de savoir si, après la sortie de Copé sur le livre Tous à poil (qui depuis cartonne sur Amazon), la prochaine étape de l'abrutea-party serait de brûler les livres "incorrects" dans les bibliothèques municipales, Nadine Morano (dont les historiens de l'art n'ont pas mémoire d'un tweet rédigé de sa main contenant moins de douze fautes d'orthographe) répond "ça ne me dérange pas" :


Soit. Bande de veinards ! En exclusivité, nous vous livrons les premiers exemplaires de la bibliothèque idéale pimpée à la Morano :











(Ce dernier sera évidemment brûlé en premier. 
Dépêchez-vous donc de vous le procurer ici en édition standard ou là en numérique)

Merci à Politeeks pour la vidéo.

10 février 2014

Zemmourity report

par

Ça fait un moment que je n’écoute plus les dingo-bigoteries d'Eric Zemmour dont, à l’instar du camp réactionnaire, les sphincters mentaux semblent lâcher les uns après les autres depuis qu’il a découvert les joies du défilé sur pavé entre intégristes hétéroclites (mais tous anticlito) et savouré la capitulation (au moins symbolique) du gouvernement sur la loi famille. Mais voilà, moment de faiblesse, l'autre jour j'ai traîné devant ma télé. Et quand tu traînes devant ta télé, forte est la probabilité de tomber dans les trois minutes sur un conno de la télé-réalité, un libéral habité ou la tête à Rico.

Et samedi, c'était le tour du réac. 

Le dernier débat Domenach / Zemmour (Ça se dispute) sur Itele revenait, pour une fois, sur les intox du polémiste, lâchant sa carte de journaliste pour celle de propagandiste, dans l'émission précédente. E.Zemmour reprenait et propageait la théorie du complot sur une "théorie du genre" qui serait inculquée dans les écoles par les hordes satanistes LGBT (lesbiennes - gays - bi - transsexuels), mensonges à l'appui.  Comme d’autres avant lui, E.Zemmour a compris que dans ce climat délétère, vu l'état de confiture obscurantiste de son fan-club, il ne faut plus s’embarrasser de nuances. Il faut taper vite et fort. Il ne s'agit plus de convaincre les convaincus, mais de les pousser à se radicaliser encore plus, dans l'espoir de décomplexer les autres.

Dans cette émission et la précédente, Zemmour fait l’amalgame grossier (totalement assumé) entre la ligne azur qui est un service d’écoute pour les adolescents s’interrogeant sur leur identité sexuelle et / ou victimes d’homophobie, et l'ABCD de l'égalité, destiné aux écoles primaires pour sensibiliser les enfants aux métiers et tâches du quotidien qu'ils peuvent exercer, où il y a actuellement surreprésentation (inexpliquée autrement que par le poids des préjugés) d'un sexe ou de l'autre.

Il n'en faut pas plus à Zemmour pour voir dans la lutte contre l'homophobie, un complot dont l'objectif est de « détruire la norme hétérosexuelle ». C'en serait juste comme d'habitude con à en pleurer si l'on ne trouvait pas derrière 1 / de réels actes homophobes et des suicides. 2 / son vrai motif : la volonté de faire perdurer le modèle patriarcal, et une société encore très couillo-centrée[2]. 

Je ne vais pas rentrer dans le débat sur la bonne ou la mauvaise éducation et "la norme" sexuelle. Dans les deux cas, j'ai la faiblesse de penser que l'amour et la responsabilité sont des préalables. Je trouve juste risible que des types qui n'ont pas changé une couche de leur vie, ni foutu les pieds dans une école depuis 40 ans, fassent la morale aux Français sur l'éducation de leurs enfants et comment doivent se former les couples. Je dis bien "les couples", parce qu'à ces degrés d'amalgame et de rigidité bientôt ce seront les célibataires qui seront accusés de transgresser la "norme".

(Copé et Zemmour ont raison. 
Assez de cette littérature zoophilo-pédéraste ! Ici le dernier Valeurs Actuelles).

Derrière les propos ciselés, les calicots roses et bleus, les prétendues machinations de "la dictature socialiste" dénoncées par SMS anonymes, les slogans malins (très bonne trouvaille marketing cette "théorie du genre" amenant chacun à se positionner autour de quelque chose qui n'existe pas) ne pas perdre de vue le fond idéologique des Zemmour and co., de cet abrutea-party coagulant dans nos rues sous nos yeux ébaubis : la disparition de tout ce qui n'est pas de souche sur seize générations, catho[3], hétéro certifié et vierge avant le mariage. 

Bref des trois quarts de la société. Et c'est le plus drôle, souvent d'eux-mêmes. Mais chut, ne leur dites pas.

Illustration : un poster trouvé dans la chambre du petit Eric (je m'inquiète vraiment pour lui).

* * *

[1] Le plus inquiétant dans cette histoire : sur la seule base d'une méfiance envers les médias et la classe politique, des parents enlèvent des enfants de l’école après réception d'un SMS non sourcé. Tout ça pour les laisser devant BFM toute la journée.

[2] rappelons les bases du Zémourisme : la femme a le droit inaliénable de fermer sa gueule et de faire, en souriant et avec abnégation parce que l'avortement est un péché, douze gamins à son mari qui, lui, a le droit d’aller aux putes parce que c'est l'ordre naturel et qu'il en va de sa liberté.

[3] musulmans temporairement acceptés, mais uniquement sur présentation de la carte anti-Hollande.

Articles connexes :

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4 février 2014

Sociétal-libéral, tu perds ton sang-froid

par

Le social-démocrate est un gars sympa, un peu austère, un peu rigoureux, mais pas complètement foutu. On peut encore discuter. Il est juste obsédé par des impossibilités : le remboursement de la dette et la croissance. Un jour, peut-être, il comprendra (il lui faudra le temps) qu'on ne remboursera jamais la dette et que du boulot, il y en aura de moins en moins (et que ce n'est pas une mauvaise nouvelle à moins de repenser la société de fond en comble). D'ici là, tant qu'il peut faire carrière, il appliquera encore et toujours, les recettes d'hier à la situation d'aujourd'hui avec le même échec pour demain.

Quid du "social-libéral" ?

Bon là c'est plus grave. On est dans l'imposture intellectuelle à fort potentiel marketing. Rapport qu'il y a un mot de trop à la base, social (protéger le plus faible) étant l'oxymore économique du libéralisme (que le plus fort gagne). 

En fait, le vrai terme pour qualifier le gouvernement en place serait plutôt "sociétal-libéral". Là c'est plus cohérent : une politique économique orientée à droite enrobée de réformes sociétales fortement marquées à gauche (mais compatibles avec le libéralisme, chacune créant potentiellement de nouveaux marchés). Le mariage pour tous, le droit à l’euthanasie, l’égalité homme-femme, la dépénalisation du cannabis (si si vous verrez)… Autant de combats nobles, que je partage, parfois urgents, mais qui ne sont pas considérés comme prioritaires pour les Français et ne répondant pas à la mesure du pessimisme et de la détresse sociale rongeant ce pays : chômage, précarisation du salariat (en fait, ce libéralisme mal assumé accélérera ce mouvement au nom du principe de "compétitivité") et mal-logement (la fondation Abbé Pierre publie son rapport annuel, une fois de plus accablant).

- Salut. TVA bien ?

Le combat sociétal, nécessaire, a aussi pour effet bénéfique de détourner l'attention et cristalliser la contestation autour de quelques allumés qui, au final, par leurs excès, discréditent  et fragmentent l’opposition. Méthode efficace, mais dangereuse : en coagulant les colères des réactionnaires, on leur donne un sentiment de toute puissance avec les risques inhérents (montée du racisme décomplexé, violence, drainage général du débat politique sous le niveau de la mer...). On l'a vu avec les manifs pour tous, on l’a revu avec les trépanés du jour de colère, on le revoit encore avec ce délire collectif autour d'un SMS prétendant qu'un complot socialo-maçonnico-gay masturbe gratis à l'école…  Pendant ce temps-là, la destruction du code du travail ou le démantèlement de la protection sociale se poursuivent au même rythme de croisière qu'avant dans une relative discrétion et une totale atonie de la contestation. Pour résumer : ça gueule moins que quand nous étions gouvernés par la droite alors qu'objectivement, sur le plan social, c'est pire.

C'est bien vu. Le combat sociétal, on peut difficilement être contre sous peine de passer pour ce que l'on est : un rétrograde (aussi bien pour l'union homosexuelle, que le droit de mourir dans la dignité ou même le cannabis, il s'agit le plus souvent d'aligner la législation sur la réalité de la société). Le temps d'antenne ainsi occupé ne l'est plus pour de réels reculs sociaux et économiques : l'ANI, le CICE...

Pourtant, on peut se demander ce qui passe par la tête du gouvernement sociétal-libéral lorsque, suite à un énième défilé aux pétards mouillés de frappés du caisson, il revient en arrière sur un projet de loi (ne contenant même pas ce que les brailleurs en croisade exigeaient de retirer : PMA et GPA).

Là, on touche les limites de l'exercice. Ce sera quoi après ? L'abolition de l'avortement ou le retour de la peine de mort ? (Dans la logique qui les caractérise, ce sont les mêmes qui réclament les deux). Chômeurs et licenciés savent désormais qu'il leur faudra enfiler une soutane et scander des slogans obscurantistes pour être entendus du pouvoir.

A la décharge du gouvernement, il est vrai que la bêtise des arguments de la Sainte-Alliance des absurdes est désarmante. C'est précisément pour cela qu'ils ont un avantage. Et l'actualité nous le prouve jour après jour.

Jusqu'où ?

Ne jamais, jamais, sous-estimer la connerie de l'adversaire. C'est une règle d'or.


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Qui a peur du mariage pour tous ?
La dette, péché originel pour peuples coupables

Illustration : Abbés en quenelle. (source)

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27 janvier 2014

Rances Hommes Access Moyen Age

par
Que retiendra l'histoire culturelle de France au sujet du dimanche 26 janvier 2014 ? 

1 / Les quelques milliers d'idiots du village, crétins, identitaires, quenelleux, racistes et homophobes (désolé pour les pléonasmes) tenant congrès hier sous la pluie dans les rues de Paris, et dont vous trouverez une sélection des pires clichés ici et ? (Assistance parentale conseillée).

(L'avenir de l'humanité française, garantie antisystème, antisioniste et anti-teeshirt).

2 / Le triomphe aux Grammy awards des Daft Punk (5 récompenses), un groupe 100% français qui a su revitaliser le son de ses légendes musicales US, et faire danser la planète entière, Paul Mac Cartney, Yoko Ono, Steven Tyler et moi, ce matin encore, dans mon ascenseur, sous le regard perplexe du facteur ?

On dira que le choix de ta réponse, 1 ou 2, sera un bon indicateur du millénaire dans lequel tu vis.

La prestation de cette nuit aux côtés de Pharell Williams, Neil Rodgers et Stevie Wonder (bref, juste l'orgasme musical) : 



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Les vraies raisons du vote FN
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21 décembre 2013

Quenelle de 45.000 pour tous !

par

"Suite aux propos ouvertement antisémites tenus par l’humoriste Dieudonné visant notre confrère Patrick Cohen, diffusés jeudi 19 décembre dans le cadre d’un reportage de l’émission Complément d’enquête sur France 2, la direction de Radio France a décidé de signaler ces faits à la justice. Le procureur de la République jugera s’il ouvre ou non des poursuites judiciaires à l’encontre de Dieudonné." France Inter

Je n’avais pas spécialement goûté la sortie de Patrick Cohen sur les « cerveaux malades », pourtant j'ai ressenti un rare moment de malaise en visionnant ce moment du spectacle de Dieudonné, diffusé dans l'émission Complément d'enquêtes sur France 2, appelant les pieds sous le bureau à son extermination. Le comédien justifie ainsi les propos du journaliste six mois plus tôt. 

On me dira : "tu comprends pas, c’est de l’humour". "C’est un bras d’honneur au "système"". "Ça secoue". "Desproges faisait pareil". 

Sûr que ça change de l’humour sur les couches culottes, la drague en boîte et le café en capsules constituant désormais 99% de l’humour national. Est-ce pour autant drôle ? Non, c’est à chier. 

Ne pas voir de quoi il en retourne précisément est, au choix, 1 / de la complicité 2 / de la crétinerie 3 / les 2. Je ne vois pas où est "l'honneur" dans l'appel à l'extermination d'individus au nom de leur religion (souvent juste supposée) et, à part l'intelligence et mes cours d'histoire, ça ne secoue pas grand-chose.

Et arrêtons d'insulter Desproges (et de faire parler les morts en général). Desproges jouait sur le fil avec l’érudition de son public, Dieudonné surfe sur la bêtise ambiante en sautant à pieds joints dans la boue. Le problème de l'humour de Dieudonné n'est pas tant de quoi il traite, mais ce vers quoi il tend. Desproges faisait rire, Dieudonné fait du fric et ce dernier point a chez lui, toujours, précédé le premier. Si être antisémite rapporte, il sera antisémite. Bien que chez lui, on ne saisisse plus très bien ce qui répond de la conviction ou de l’intérêt. 

Je n’accablerai pas non plus Dieudonné. Faute de dialogue initial (épisode du sketch chez Fogiel), on l’a, comme d’autres, passablement rendu timbré. Ça n’excuse en rien ses propos, mais explique une partie de la spirale dont il est désormais l'heureux prisonnier. Il semble aujourd’hui trop tard (et pas assez rentable pour lui) pour faire machine arrière. 

Le plus inquiétant n'est pas Dieudonné, mais ceux s'esclaffant goguenards de son antisémitisme (de façade ou pas) ou le relativisant dans un gloubiboulga mental où tout se vaut, où l'individu se trouve réduit à sa religion prétendue, où tout, rigoureusement tout, trouve son origine dans le grand complot judeo-maçonnique visant à faire taire les esprits "libres" en tête desquels on retrouve Raël, Les Schtroumpfs et Dieudonné.

Alors que faire pour contrer cette vague obscurantiste, branche bâtarde mais néanmoins robuste de l'abrutea-party ? De la pédagogie ? Des actions judiciaires ? 

La désormais célèbre triplette de Quimper : Quenelle + bonnet rouge + Sweat Manif pour Tous.

Si ces actions en justice sont indispensables, elles sont trop isolées et centrées sur un camelot rusé qui s'en sert de vitrine marketing. Que représente une amende de cinq mille euros face à dix Zenith plein à craquer ? Un faible investissement publicitaire.

S'il est un des seuls à tirer un profit financier de la libération de la parole par le bas (dont on peut dater la source à la mise en orbite médiatique d'un certain Sarkozy), Dieudonné est loin d'être le seul en cause.
.
Comment condamner Dieudonné et ne pas s’attarder sur les commentaires de ses fans sur Youtube, ailleurs sur Facebook, ou encore les tweets racistes et homophobes, ou même sur les commentaires des lecteurs du Figaro souvent bien plus explicites ? La loi est claire à ce sujet : la manifestation du racisme ou un discours d'incitation à la haine peuvent conduire ses auteurs à un an d'emprisonnement et 45.000 euros d'amende (de "la  grosse quenelle de 45.000" en langage dieudosphère).

Tu trouveras un assortiment sur ce site.

Tant qu'il n'y a pas de véritable offensive juridique sur le vide-ordure de la parole 2.0, s'attaquer seulement à Dieudonné est inutile, voire contre-productif. 

Il faut traiter l'internaute lambda, qui se prend pour un rebelle en lâchant sa haine bien planqué derrière son avatar, comme l'on traite Dieudonné. Ni plus ni moins. Voilà qui changerait probablement la donne et ferait réfléchir à deux fois avant d'appeler à gazer les juifs ( - "au nom de la liberté d’expression t’voua, parce ce qu'on est des purs pas dans le système t'voua. MDR. Zut, je vais rater Danse avec les stars."). 

En plus, ce serait l’occasion de tester la solidarité financière de l'humoriste envers ses disciples : c’est vrai, à bien y regarder, c’est toujours dans l’autre sens que l'argent circule.


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14 octobre 2013

[Exclusif] Brignoles est à droite !

par
"Le FN remporte l'élection cantonale partielle à Brignoles grâce à la gauche". Voilà en substance ce que l'on entend depuis hier.

Suggestion de présentation :

On ne minimisera pas la responsabilité du gouvernement dans la sanction des urnes (classique) lors d'une élection intermédiaire, mais s'il y a bien une connerie à dire, et qui est donc dite et répétée à la télévision (à croire que ça ne sert qu'à ça), c'est bien : "Le FN passe à Brignoles grâce à la gauche".  

Ce serait aussi bête que de prétendre que le FN gagne à Brignoles (élection déjà remportée en 2011) grâce à la publicité continue des chaînes d'infospectacle, rabâchant en boucle depuis deux semaines que le FN va créer la surprise autour de cette micro élection et que, par conséquent, 1 français sur 4 va voter pour un Le Pen aux prochaines élections ![1]. Hein, ce serait réducteur d'écrire ça ? 

Une seule chose est acquise à Brignoles : l'électorat de gauche ne s'est pas mobilisé au premier tour. C'est oublié un peu vite que le résultat du second tour est, avant tout, la conséquence d'un vote de droite dans un canton ultra marqué à droite, où le PS avait été éliminé dès le premier tour aux dernières présidentielles.

Si les Brignolais ayant voté UMP au second tour ne sont pas forcément de droite (Quelques restes du front républicain moribond ont juste fait doubler le nombre de voix pour la candidate UMP de 1397 à 4931 entre les deux tours), en revanche ceux qui ont voté extrême droite, eux, le sont très clairement. 

Qu'ils en aient conscience est une autre histoire. 

C'est le seul enseignement que je tire de ce scrutin : le FN prend lentement et sûrement la place de l'UMP. 

Je crois que Le Pen père disait "il vaut mieux préférer l'original à la copie". Et bien, après cinq ans de sarkozysme, la pyromanie opportuniste d'un Copé ou la dragouille FN du châtelain Fillon, les électeurs UMP commencent à suivre la formule. 

Et je ne vois pas, même en cherchant très fort, des traces de gauche là-dedans. 

[1] Quel scoop. Juste vingt ans que ça dure.


Nouveau livre, L'abondance. 
+ d'infos
Disponible ici en papier ou ebook.

16 septembre 2013

Le click barbare

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Depuis mon billet de samedides thèses circulent sur les faux comptes de soutien au bijoutier meurtrier sur Facebook.

Mon billet se base sur des statistiques du site Socialbackers. 

Elles ont évolué depuis. Tout ce que je peux corriger du billet initial en me basant sur le même site: ce ne sont plus "seulement" 246.000 Prix Nobel en justice expéditive qui ont "liké" depuis la France, mais 833.000 (au moment où je publie), et 720.000 à l'étranger (56/43).

Tout et son contraire ont été entendus en 48h de la bouche de consultants. Facebook France reste totalement muet, les administrateurs de la page sont planqués.

Comme l'ont écrit Christophe Ginisty et d'autres, cette polémique sur le chiffre total perd de l'intérêt au regard d'un soutien qui est massif, et de ce qui choque en premier :

Un homme en a tué un autre et des gens ont dit "j'aime ça" 

(y ajoutant une charmante littératuresélectionnée sur ce Tumblr. > Sac à vomi recommandé).

A la machine à café, au détour d'une conversation avec ce mec qui avait l'air pourtant pas trop neuneu, en se baladant au Megastore un jour du déstockage ou au volant de la bagnole, personne n’a attendu Facebook pour en prendre conscience : le barbare qui sommeille en nous ne demande qu'à se réveiller.

Rappelons la noble cause du groupe : Soutenir à chaud l'auteur d'un homicide difficilement qualifiable d'involontaire (au regard des éléments lus et vus à ce jour par tous). Mais à vrai dire, peu importe : Dans un Etat de droit, on ne fait pas justice soi-même.

Si j'ai pu contribuer à ma modeste échelle à sensibiliser les lecteurs sur le sujet des achats de "like" et des méthodes artificielles d'amorçage de buzz (et plein d'autres jolies techniques de gonflette 2.0) qui sont monnaie courante, c'est déjà ça.

Sur une note plus personnelle. Je fais plein de gros câlins et je poke un paquet de kleenex à ces petites choses sensibles appelant à exterminer leur prochain dans les rues au shotgun façon Peckinpah, mais qui se vexent dès qu'on les traite de "connards". 

14 septembre 2013

L'arnaque aux faux soutiens du bijoutier

par
On vous l'a dit, on vous l'a répété au moment de l'affaire des #Geonpi : il faut se méfier des groupes de pression et des manipulations informatiques.

Dernière intox en date, le "succès" de l'effrayante page de soutien Facebook au bijoutier de Nice qui a tué un voleur.

200.000 likes hier, 400.000 likes ce matin.1.200.000 ce soir à 19h30.

Énorme non ?  Il apparait sur le site socialbakers que :  80% de ces likes (945.000) viennent de... l'étranger.

cliquez pour agrandir
(Capture le 14.09.2013. 19.18)

Les "likes" ont probablement été achetés dans une usine à "clicks" en Inde ou ailleurs : pas très patriote tout ça. 

(suggestion de présentation)

Ceci dit, cette affaire permet de faire le tri dans ses contacts Facebook emportés dans ce délire fétidela différence nous laissant sur les bras avec une bonne marge de 246.000 connards locaux (dont peut-être certains dans vos contacts). Ce qui reste énorme

Pour le reste, je vous invite à rejoindre le groupe de soutien à Emile Louis, le serial-killer de l'Yonne. C'est vrai quoi, il y en a toujours rien que pour la Côte d'Azur !

Merci @BarDkn pour sa vigilance.

[update 16.09.2013 08.30 : Les statistiques du site socialbakers ont évolué dans la journée de dimanche à 56/43. 1 / Facebook devrait se prononcer sur cette histoire pour lever toute ambiguïté. 2 / On ne peut pas rester sans connaître le ou les administrateurs.]

[update 16.09.2013 19.00 et nouvel article]

29 août 2013

Pourquoi c'est Fillon qu'il nous faut !

par

Il nous faut retourner aux valeurs simples et actuelles,
Il nous faut de la proximité,
Mais il faut en finir avec la promiscuité,
Il nous faut de la ruralité,
Il nous faut en finir avec la lutte des classes,
Il nous faut des polos Lacoste pour tous,
Il nous faut des tables à brunchs dominicaux en osier et le charme discret d'un château sarthois pour nos congés de fin de semaine,
Il nous faut ordonner au jardinier de tondre les cinq hectares de pelouse,
Il nous faut des adolescents habillés comme dans les années 80,
Il nous faut des espadrilles mauves et un homme vierge de tout pouvoir,
Il nous faut un souverain proche du peuple, sage et responsable, qui saura faire face à un état en faillite et ne causera pas 600 milliards de dette supplémentaire en un quinquennat.
Il nous faut l’équilibre,
Il nous faut Fillon.


Illustration : Paris Match de cette semaine

26 août 2013

Débaptisez-moi !

par

Mes chers lecteurs. L'Eglise catholique est au taquet. 

Je reçois il y a quelques jours un courrier du diocèse refusant de me radier des listes de baptême comme je l'ai demandé, avec les formes, deux mois plus tôt.

"L'acte ne peut [...] être rendu illisible ni effacé" me précise le courrier laconique avec ajout d’une jurisprudence pour mieux décourager le candidat à l'apostasie de persévérer dans sa requête.

Au mieux, dans sa légendaire générosité et son infinie tolérance, l'administration catholique me précise qu'elle peut inscrire une mention en marge (que personne ne peut consulter, il est précisé. Donc pourquoi ne rien barrer sur la liste puisque personne ne peut la consulter ? Les voies du diocèse sont impénétrables.).

Le diocèse prétend alors que je n'ai rien précisé de mes motivations. Et pour cette raison, il me faut recommencer la demande.

On m'avait pourtant dit au catéchisme (oui ça aussi on m'a forcé) : "tu ne mentiras point".

Ma demande d’apostasie a été faite dans les règles et, après vérification de l'original, voici les motivations qui y étaient jointes :

« En soutenant les manifestations homophobes contre l'égalité des droits qui ont eu lieu en France, l'Eglise a activement participé à la recrudescence de l'homophobie ces derniers mois. Les déclarations outrancières des représentants de l'Eglise n'ont pu qu'encourager la multiplication des agressions homophobes, notamment celles du Cardinal Barbarin,qui n'hésite pas à comparer le mariage homosexuel à l'inceste.

Sur les 37 associations qui composent le collectif a-confessionel “La Manif Pour Tous”, 27 relèvent de la sphère chrétienne, quand 32% sont fictives, sans même une inscription au Journal officiel. Les financements dont dispose ce collectif sont considérables : en une seule publicité dans le journal Le Monde, 138 000€ ont été dépensés, plus que le budget annuel de l'Inter-LGBT, elle-même qualifiée de “lobby gay” par les partisans de “La Manif Pour Tous”. Ces financements, notamment à l'appel de ces associations chrétiennes, sont autant d'argent qui aurait pu servir aux plus pauvres et non à des manifestations de haine.

Pour toutes ces raisons, je vous demande par la présente de radier mon nom et toute autre donnée me concernant du registre des baptêmes et de tout autre fichier manuscrit ou informatisé que vous détiendriez. Cette lettre fait office de décision définitive, il est donc inutile de me demander une quelconque confirmation."

L'église veut une raison, c'en est une sacrée non ?

Donc je résume. 

1 / On me baptise à 6 mois sans me demander mon avis. 
2 / L’Eglise collabore à cet abus de mineur
3 / On me met sur une liste ou je suis comptabilisé comme « catholique » alors que je n'ai pas le tiers de la moitié d’un début de croyance, et que l’organisation « Eglise » ne s’apparente pour moi qu'à une secte légalisée
4 / La secte refuse de me supprimer de leurs effectifs alors que même chez Facebook, pourtant pas des enfants de chœur, on peut supprimer son compte. 
5 / On me demande de justifier mon refus d'un enrôlement que l'on m'a imposé enfant.
6 / On refuse ma raison.

Bref, vente forcée, comptabilité d’escroc et une mauvaise foi sans nom au service d’une procédure de radiation plus compliquée qu’un désabonnement d’opérateur téléphonique.

J'ai envie de blasphémer sévère.

PS : Prochainement. Je vous raconterai mes vacances sur la côte, les sonneries de clochers intempestives, et la façon dont un groupe de catholiques est venu m’accoster sur la plage pour me proposer un cours d’initiation à la Bible pour mes enfants. Rien de bien grave, si ce n’est que des jeunes auraient fait la même chose avec le Coran, ça se retrouvait illico en une de tous les journaux avec une déclaration de Manuel Valls dans la foulée.

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19 avril 2013

Ces crétins que l'on ne bâillonne pas assez

par
Théorie du pire, rappel.


Un homme (nous l’appellerons Joe La louze) hystérise le pays pendant 5 ans. Après avoir fait des papouilles idéologiques à l'extrême droite, en plus d'un pays méchamment endetté, il laisse son parti dans un état de décomposition mentale avancée.


Au détour de la loi pour le mariage pour tous (qui passe comme une lettre à la poste dans tous les pays développés), une never-been hystéro, trop déglinguée pour la télé-réalité, se lance dans l'activisme contestataire avec la bénédiction de l'UMP.

 
(Après tout, quand on a eu Enrico Macias, Steevy ou Patrick Buisson comme idéologues, plus aucun  think-tank ne surprend à droite.)

Des chaines d'information couvrent intensivement les manifestations de la never-been hystéro en tablant sur le fait que leur côté anti gouvernement couvrirait ses slogans de plus en plus ouvertement anti homos.


Ce bazar obscurantiste réunit la diversité la plus putride des droites éparpillées:
- les cathos tradis dont les réseaux financent la mise en branle, 
- la droite à la droite du FN
- les réacs de 642 ap.JC, 
- des Marie-Chantal en Carré Hermés,
- Du Gudard
- les anti-Hollande chauffés à blanc par la presse depuis 8 mois 
- des députés UMP en roue libre qui n'ont pas plus fait le bilan de leurs échecs électoraux répétés qu'ils n'ont de vision pour la France (enfin autre que le comeback de Joe La louze)
- et beaucoup de frustration sexuelle (si si les images parlent).

Bref, l'abrutea-party est en marche. Il se voit déjà majoritaire et anti élites. Mais ce qui marque surtout c'est sa capacité à défoncer quotidiennement les portes de la connerie la plus grumeleuse. 
(attention ne pas se méprendre: dans notre environnement médiatique c'est un avantage).


Et dans leur marche contrariée vers l'Elysée, n'écoutant que leur courage, nos grands défenseurs de la famille mettent en avant... leurs enfants.


Au passage, après avoir craché dessus durant des décennies, découvrir sur le tard les joies lacrymales de la contestation sur pavé. 


Malgré les dérapages, les propos limites, les désirs de "sang", ouvrir grandes les ondes à ces irresponsables, mais ne pas s'offusquer que les abords du Sénat et de l'Assemblée nationale soient progressivement envahis par les prières de rue (catholiques, c'est pour ça). 


Laisser la droite accuser la gauche d'attiser la violence, alors que la droite ferme les yeux sur les débordements du mouvement et condamne mollement les (prévisibles) actes de violence qui en résultent. Et oui, car entre temps, grisés par l'agitation et l'open bar médiatique offert à leur haine décomplexée, des disciples des #ManifPourTous tabassent un couple homo en plein Paris et vandalisent un bar gay lillois (Une "initiative citoyenne" selon la porte-parole des #ManifPourTous). 


Commencer à tabasser les journalistes.
 

Et, enfin, à court d'arguments à droite (car en fait il y en a jamais vraiment eu de raisonnablement audible contre le mariage pour tous) en venir aux mains dans l'hémicycle.


A l'inverse de la Une du dernier Valeurs Actuellesvu les tonneaux de vomi qu'elle déverse sur ce pays en un temps record, j'ai tendance à penser que l'on n'a pas assez bâillonné l'expression des valeurs moisies de cette France des siècles enfouis.

27 mars 2013

Le jour où Ivan Rioufol a marché sur Paris

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Quelle époque ! Tout fout le camp. Même les réacs'. Avant on les reconnaissait à ce qu'ils te répondaient invariablement "c'était mieux avant" à la moindre question.

Pourtant Ivan Rioufol, journaliste au Figaro qui foulait de son mépris de classe les défilés à répétition des millions de citoyens en colère contre la réforme des retraites en 2010, a changé d'avis.  

Manifester, maintenant c'est le progrès.

Grâce à l'action de la philosophe Frigide Barjot, le déclinologue retrouve optimisme et jeunesse. En témoigne son dernier billet de blog intitulé "vers un prochain mai 2013 ?"il relate son enthousiasmant dimanche de slogans sur le pavé de Neuilly contre le mariage pour tous:

Lis donc :

"Il suffisait pourtant de s’immerger dans la foule, mêlant jeunes et vieux, pour identifier une dynamique qui ne s’arrêtera pas aisément. Il s’en est fallu de peu que les manifestants, pourtant rétifs aux transgressions, ne suivent plus massivement ceux qui voulaient descendre les Champs-Elysées en dépit des interdits." 

Malheureusement, il n'y avait pas assez d'enfants à catapulter sur les forces de l'ordre[1].

Ne cachons pas notre étonnement de lire un Rioufol prônant d'habitude la tolérance zéro,  l'ordre républicain et le chacun chez soi, faire aujourd'hui l'apologie du close-combat urbain à base d'anarchie, de brassage des foules et de boules de pétanque dans la gueule de la police gauchiste.

Extrême relooké qu'il est le Ivan.

Il est loin l'"embrigadement" reproché aux étudiants lorsqu'ils défilaient aux côtés des syndicats contre une réforme scélérate.

Terminée l'époque où il accusait la gauche de "confondre la rue et le peuple" et traitait d'"irresponsable" une Ségolène Royal appelant les jeunes à manifester ou une Martine Aubry évoquant "un affrontement entre le pays et le gouvernement". Wauquiez, Copé, Guaino qui enfreignent la loi pour aller se faire gazer et chouiner, les yeux qui piquent, sur un "pays divisé" au prétexte que leur apéro saucisson-moyen-âge a réuni 300.000 illuminés avec du GUD, de l'homophobe et du salut nazi pour la déco, c'est quand même d'un autre niveau non ? 

Chauffé à blanc, missel, camomille et baïonnette au poing, Ivan le Terrible abuse même de cette mythologie "soixante-huitarde" qu'il conchie avant de surfer sur le printemps arabe parce qu'on n'est plus à un foutage de gueule près :

"Oui, un vent d’insurrection civile s’est levé dimanche. Il est annonciateur d’un probable Printemps français, porté par un peuple attaché à défendre sa culture, ses valeurs, son mode de vie.

Fini ces années sombres où Rioufol dénonçait, "cette opposition, sans projets ni leaders[qui] est à l'image du vide de l'antisarkozysme pavlovien qui connait là son apothéose." Désormais, Ivan est fier qu'"à côté des slogans contre le mariage homosexuel, domin[ent] des mots d'ordre contre François Hollande et sa politique.

Il suffisait de coller l'étiquette "droite" au "manque d'idées neuves" d'une "radicalisation de gauche tournant à vide", pour que les appels à l'indignation de Stéphane Hessel lui parlent enfin. Et on est effectivement soufflé par la pertinence médiévale du propos: 

"A lui seul, ce combat de civilisation insuffle une énergie surprenante, surtout auprès d’une jeune génération qui côtoie pourtant la culture, médiatique et éducative, de l’oubli des racines et du mépris de la religion catholique." 

Tremblez hérétiques et mécréants! L'abrutea-party est en marche vers le palais. Rioufol est son Chateaubriand. 


[1] Et avec la gauche qui veut réduire les allocs, ça fera moins de munitions.

Articles connexes :
- Rioufolike
- Quelle nouvelle droite ?
- L'abrutea-party

22 novembre 2012

Pas d'orchidées pour l'UMP

par
"Je demande un peu de sérieux"
Frédéric Lefebvre, clown légendaire de l'UMP, Itélé 21.11.2012.

Après ceux, pourtant déjà costauds, de dimanche et lundi, le 3e épisode dans la guerre pour la présidence de l'UMP est le plus décapant. Après la pitoyable organisation du vote de dimanche, les soupçons de fraude, les annonces anticipées de victoire de Jean-François Copé puis François Fillon, le décompte douteux des votes (toujours cachés à l'heure où j'écris), la commission à la noix qui proclame Copé vainqueur avec une avance de 98 voix sur 175.000 et, sur les chaines d'info continue, le grand déballage des lieutenants zélés, l'ancien premier ministre conteste depuis hier la victoire de son rival et menace, avec ses soutiens, de faire scission et de porter le barnum au tribunal. Les départements d'outre-mer n'auraient pas été comptés et, en fait, il l'emporterait de 26 voix. 

Après l'échec de Sarkozy, j'imaginais que le processus de destruction de l'UMP prendrait deux ou trois ans. Non, il aura juste fallu à ses cadors un semestre dans le rôle inhabituel d'opposants, sans pouvoir dépasser le stade de la colère d'avoir perdu, plus quelques jours d'un exercice inédit de démocratie interne, pour perdre leur sang froid et exploser sous nos yeux ébahis.  


Voir désormais des Benoist Apparu, Frédéric Lefebvre ou Christian Estrosi passer pour des modérés dans ce crêpage de chignon continu entre camarades jadis unis par le culte du chef en dit long sur la déliquescence du premier parti de France. 

Qu'écrire ? Le spectacle est fascinant. Sous les yeux du blogueur interdit et conscient que toute tentative de caricature des impétrants serait ridiculisée par l'original, l'UMP qui, il y a encore six mois était à la tête du pays, part en torche dans le bûcher de ses vanités contradictoires. Soyons honnête: c'est beau. Je verse ma larme, regardant cette télénovela de l'apocalypse politique où l'expression des militants est piétinée de bon coeur. Je suis aussi à la peine. Ce sont six années de blog qui, quelque part, s'achèvent. Car, tout autant que Sarkozy, ses sbires, ses "stormtroopers" qui étaient dans une logique d'occupation de l'agenda médiatique (dont ils ont du mal à se désintoxiquer) furent autant de sujets d'une indignation quotidiennement renouvelée. 


Passé le divorce à l'italienne, chacun sent que le paysage politique risque d'être bouleversé. Je me mets à la place des militants UMP, déjà ce qui s'est passé dimanche était consternant, après le rebondissement de mercredi, ils vont y réfléchir à deux fois avant de renouveler la cotisation.

Mais vraiment, qui récupérera les morceaux de cette boucherie? 

En se basant sur les résultats de dimanche qui sont les révélateurs de la fracture divisant ce parti, (fracture pourtant bien visible depuis l'été 2010 et le discours de Grenoble de Nicolas Sarkozy, et en partie cause de son échec à la présidentielle), on peut songer à plusieurs hypothèses: 

La motion de la droite forte (pourtant pilotée par deux incapables qui feraient passer Benjamin Lancar pour un prix Nobel) étant arrivée en tête, on peut imaginer comme Gael Brustier que le grand gagnant serait la ligne identitaire, donc par ricochet, le FN. 


Est-ce suffisant pour que des électeurs de l'UMP filent au FN ? C'est moins évident qu'il n'y parait. Le FN et l'UMP, malgré un tronc commun d'islamophobie et de chasse aux assistés, ont des divergences profondes sur l'économie. Avec sa victoire sur le fil, Copé fait  la démonstration avancée de ce dont je suis convaincu depuis longtemps: il a les qualités requises pour dynamiter ce parti de l'intérieur et l'envoyer vers des scores électoraux à un chiffre. Encore plus de "pain au chocolat" et de radicalité, ferait donc théoriquement fuir une bonne moitié des électeurs UMP vers le centre. Et aller toujours plus loin, Copé n'a que ça en magasin.


Peut-on alors espérer voir la résurgence d'une force au centre qui prenne le relais ? Probable. Mais ce sera compliqué pour elle d'exister avec un gouvernement lui-même recentré.  Reste alors l'hypothèse d'un retour de Sarkozy. Trop tôt pour le dire, mais je n'y crois pas non plus: Il est l'origine de tous les désastres

La seule piste pour l'UMP est de renouveler ses têtes, de faire un bon score aux municipales et de préparer sérieusement ses primaires dans trois ou quatre ans. Ne jamais oublier que l'électeur de droite ne votera jamais à gauche, et que les forces de droite aussi disparates soient-elles, sont finalement perméables les unes aux autres. Seul un leader d'union peut réussir, ce qui passerait désormais pour un exploit, à les réconcilier. Pour l'instant, ce type ou cette fille je ne le ou la vois pas. Même Fillon qui avait vaguement cette aptitude parait carbonisé pour un moment. Note qu'à gauche on ne voyait pas plus de candidat d'union, il y a encore deux ans. 

En attendant à droite, on s'oriente vers la continuité en pire: soit deux partis d’extrême droite incompatibles (pour le moment, les alliances aux municipales seront à scruter avec attention), et deux partis de centre qui se détestent. Car, s'il y a mouvement des foules UMP vers l'UDI, soyons assurés que Bayrou, qui doit actuellement se mordre les doigts jusqu'au pied, ne lâchera pas sa baraque à frites. Ajoutons à cela un Nicolas Dupont-Aignan dont aucun des quatre ne veut entendre parler.

Le vainqueur immédiat du carnage n'est donc pas Marine Le Pen, ni Nicolas Sarkozy (entendu ce jour par la justice), mais bien François Hollande, lauréat de primaires ouvertes dont chacun a salué l'avancée démocratique qu'elles constituaient, le sérieux des débats et l'organisation, un François Hollande encore accusé d'amateurisme hier. Mais c'était hier. Les critères du sérieux politique viennent d'être durablement redéfinis. Et c'est la plus grande leçon de la semaine. 


Illustrations : Stephen J. / Salam93 / Seb Musset

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