9 novembre 2011

Concours : L'ordre et la morale

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"Dans le film de Mathieu Kassovitz, on observe médusé la névrose française à l’œuvre. On observe la fabrication de l'ennemi, la construction de la situation de guerre, car pour adopter une solution militaire, il faut créer une situation de guerre. On observe la construction des faits, avec les fantasmes coloniaux comme matière première, et on parvient, enfin, au recours névrotique à la force."
Alexis Jenni, auteur de L'art français de la guerre, au sujet de L'ordre et la morale.
*
Évoqué ici en septembre, censuré depuis à Nouméa, vilipendé par l'ancien ministre d'outre mer Bernard Pons (même si l'on se demande comment il a pu se procurer une copie du film ?), prêt à être démonté par les sbires de droite, le nouveau film de Mathieu Kassovitz sur la prise d'otage d'Ouvea entre les deux tours de la présidentielle de 1988 sort en salles mercredi 16 novembre.

J'ai quelques places à offrir aux premiers cinéphiles...
      ...à me citer trois films de guerre français (ou autour d'un conflit, ou avec beaucoup de militaires) à cette adresse : sebmusset@hotmail.fr (sujet : concours).

[update 18h25 // Concours clos. Merci pour vos nombreuses réponses (ça va de Avoir 20 ans dans les aurès à La 7e compagnie en passant par La Grande Illusion). Les gagnants ont été prévenus et recevront leurs places par courrier.]

7 novembre 2011

Rigueur : l'école du micro d'argent

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En fin de matinée, le premier ministre exposait en mode requiem son énième plan de rigueur pour "rassurer les marchés". Rien de bien nouveau. Pour récupérer 8 petits Milliards, le gouvernement ne revient pas sur les 75 annuels de cadeaux fiscaux annuels accordés aux plus riches pas plus que sur sa défiscalisation des heures supplémentaires qui, à chaque record de chômage cassé, prouve un peu plus sa coûteuse contre productivité.

Le petit peuple est donc saigné. Celui qui compte déjà à l'euro prêt pour finir son mois devra être encore plus vigilant histoire de sécuriser, pour quelques semaines seulement, ceux spéculant en milliards. 

Une légère surtaxe est imposée aux grandes sociétés (encore faut-il qu'elles payent leurs impôts en France), le gel des salaires déjà gelés des membres du gouvernement est aussi au programme, la fin du Scellier est annoncée (nous doutons de l'aboutissement de cette mesure, la fiscalité de l'immobilier finissant souvent édulcoré) quant au PTZ+ il sera recentré sur le neuf (soit l'inverse de ce que l'on devrait faire). Et Fillon de finir sur un cynique calage "des prestations sociales sur la croissance" alors que celle-ci, déjà plate, est promise à chuter.

Je laisse à d'autres le soin de décrypter les restes de ce nouveau plan de rigueur, le dernier avant le prochain. Le plus impressionnant de la larmoyante opération matinale restant à mon sens la sirupeuse explication de texte des experts des chaines TNT reprenant mot pour mot dans la foulée, mais en version energy drink, les éléments de langage de Matignon en y ajoutant force "nécessaire" et autre "incontournable".
Le dispositif de la chaîne d’info TNT se déclinait ce matin, comme souvent, en trois catégories :

1 / L’éditocrate sur plateau. Pontifiant et solennel, il débite (souvent en duo) une analyse au ViagrAAA n’ayant même pas besoin d’être validée en haut-lieu tant elle se cale d’elle-même dans une caricature surpassant son modèle. Notons que l’éditocrate est travailleur. Cent fois sur les matés il remet son babillage, l’essentiel de sa journée consistant à courir d’une onde périphérique à un plateau pour réitérer sans critiques son prêche à la Trichet qui le fait triquer.

2 / Le troufion de l'info. Envoyé spécial à 300 mètres dans la cour de Matignon (ce qui lui confère stature et légitimité). Il vient étayer les mesures de rigueur en répétant, bien distinctement pour se faire comprendre des vieux, les lignes fortes du dossier de presse distribué avant la déclaration. On n'a jamais vu ça depuis 1945! Et ta soeur ?[1] Notons que sur ces chaines, ayant déjà une bonne expérience de la rigueur au point d’en faire un business model, l'envoyé peut en certaines circonstances également porter le matos, faire le cadre, gérer le son et assurer la transmission.

- 3 / Du robot éphèbe ou de la belle plante en plateau pour faire le liant entre celui qui répète de mémoire le press kit en duplex et celui qui, le teint halé aux spots, explique et explique encore au petit peuple combien il va de soit que le sacrifice obligé est nécessairement incontournable.

Dans un monde de communication, on ne peut déclarer la guerre au peuple sans de bons relais.

[update 08/11/2011 : Merci au Post.fr pour ce succulent rappel]


[1] Elle vend du CDS sur la dette. 

6 novembre 2011

Une belle histoire

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Il était une fois dans la capitale grise, coûteuse et sans coeur.

Tout commençait dans la chaleur de la rentrée, lors de l'opération promotionnelle d'une enseigne de la grande distribution. Ses succursales urbaines avaient une si mauvaise image qu'elles essayaient de séduire les parents en mettant en avant les héros favoris de leurs enfants. Il était attiré avec sa gamine en ces lieux de promiscuité commerciale par un irrépressible besoin de renouveler la litière du chat (les blogueurs, en plus de leur influence et de leur salaire, ayant aussi une vie extraordinaire). A la caisse, la petite de 3 ans se vit léguer par le jeune préposé (éreinté à juste titre par ce métier parmi les plus pénibles et les moins bien payés) un album de vignettes à coller à la gloire des films de cette compagnie américaine de divertissements pour enfants. Jusque-là, rien d'exceptionnel puisque ce jour chaque caissier avait consigne de donner l'album à remplir au moindre mineur passant par son scan. La fifille et son papa ne sauraient jamais les raisons de cet acte de pure générosité pouvant en ces temps d'ultra libéralisme décomplexé lui coûter un licenciement sec, mais au lieu de la pochette réglementaire de vignettes distribuée aux mioches à chaque crépitement de carte bleue de leurs parents (montant minimum d'achat 30 euros), le désobéissant en sueur, épuisé mais princier, à l'évidence ici contre son gré (en langage Medef : stagiaire surdiplomé dont la rémunération était à elle seule une injure sociétale), versa le fond de son stock de pochettes dans un grand sac plastique, qu'il ne leur factura pas (circonstance aggravante), pour le donner à la gamine dont le père n'avait pourtant dépensé que 2 euros 17.

LE JEUNE CAISSIER AU BOUT DU ROULEAU
- Tiens petite, c'est pour toi, amuse-toi.

A la saison des jours finissant de plus en plus tôt, il n'en fallait pas plus à la cellule familiale fauchée pour trouver à moindres frais une captivante activité : décrypter les numéros au dos des vignettes autocollantes et progressivement orner les pages de l’album. Le rédacteur y voyait le moyen de canaliser l'énergie de l'un des deux réacteurs, portatifs et énergiquement autonomes, à chaos continu en milieu domestique post-classe. 

Que celui-ci n'ayant pas cherché à tout prix, même à celui d'un inavouable compromis avec le grand capital, un peu de sérénité en sa chambre de bonne mansardée au moment où il tente de rédiger un billet sur la réforme fiscale avec deux gamines dans le dos lui jette la première pierre. Mais, à cet âge où l'impulsivité règne et, malgré une indécrottable détermination, les gestes restent encore maladroits, toute activité nécessite supervision et même le plus anodin des divertissements pour gamin devient un redoutablement prédateur pour ses parents. Abandonnant à contrecoeur l’exégèse du prochain plan de rigueur gouvernemental, le père secondait alors la gamine pour lui expliquer pourquoi la fée clochette se colle là et le cuistot de Ratatouille s'applique ici. Le rituel de 10 à 15 minutes se déroulait toujours ainsi: Elle choisissait la pochette, il lui ouvrait, elle en sortait les vignettes, il lisait les numéros et tentait de les lui faire appendre, ils collaient l'image ensemble. En plus de ses apaisantes vertus, et de son rationalisme mathématique le changeant de l'expertise économique contemporaine, l'opération procurait au père cet appréciable arrière-gout de pâtisserie proustienne à l'heure du thé. Accroupi face à la gamine, concentré sur les vignettes, il se souvenait de ces antiques années où, dévalisant chaque libraire [NDLR: de vraies boutiques de quartier, hors centre commercial ou site en ligne, avec personnel impliqué et érudit vendant alors presse et livres sur support papier], il s'acharnait à terminer l’album de vignettes de L'homme-araignée. Étalée sur une année, l'entreprise se concluait sur un fiasco, malgré l'argent de poche englouti une poignée de vignettes persistant à faire défaut au gamin chagrin. Voyons-y un des moments fondateurs de son scepticisme envers le capitalisme. Quelques années après, il eut la même colère envers Dieu lorsqu'au sortir d'un fier saut en roue arrière devant un groupe de filles sur parking mirant la parade en cancanant, juste avant de se rasseoir de tout son poids, le suprême omniscient éjectait la selle en cuir de son BMX sans l'avertir. Ce jour-là quelque chose se cassait entre eux deux.

Mais bon bref voilà, aussi vicieux que l’OPA des banques sur la création monétaire, le stratagème de la pénurie des vignettes en album était aussi réputée que redoutable. Une bonne moitié des images revenait souvent, d'autres moins. Quelques-unes demeuraient extrêmement rares et il apparaissait, mais une fois le naïf accro, que certaines pochettes étaient réellement surprises, les images les plus rares  souvent regroupées par deux ou trois dans la même pochette magique. Le recours à l'échange entre collectionneurs se trouvait ainsi court-circuité, et il fallait racheter énormément de pochettes pour espérer débusquer les bonnes, ou revenir régulièrement au magasin pour se réapprovisionner. Dommage pour l'échange: un rapide tour d’horizon du square après la classe indiquait au rédacteur que beaucoup de nounous et de mères de famille, pourtant bourgeoise, se réapprovisionnaient chez le même super commerçant à tendance discount. 

Grâce au magnanime caissier, et alors que l’enseigne passait à une nouvelle opération axée autour d’un personnage pour enfant de 7 à 77 ans, le stock de pochettes de la fifille et son papa s'avérait si conséquent qu’au rythme de quatre ou cinq par jour, et en récupérant encore quelques-unes grâce à leurs connexions privilégiées dans le milieu des gens qui font encore leurs courses eux-mêmes, ils dépiautaient chaque soir de septembre à la mi-octobre. Au fil du remplissage de l’album, à la lumière chancelante des fins des journées anthracite les rapprochant de l'hiver, le père appréciait ainsi les impressionnantes facultés de mémoire visuelle de la gamine pour retrouver tel film, personnage ou emplacement de vignette déjà collée, alors qu'il s'en tenait pour sa part à la scrupuleuse consultation des numéros du recto. Au bout de cinq semaines de cette silencieuse ritournelle d'après classe, où ils aimaient à se retrouver, ils avaient bouclé 90% de l’album. Les deux dernières semaines furent laborieuses, le tas de doubles, de triples, de quintuples grossissant sur l’étagère. De plus en plus rarement couronné de succès, le rituel perdait de son délice tandis que la motivation s'émoussait. Ils restaient bloqués plusieurs jours autour de 4 espaces vides au milieu des 168 remplis. Durant cette période de doute, la douloureuse expérience de l’album aux vignettes de L'homme-araignée se renouvelait sous les yeux d'un père désarmé tandis que sa fille en oubliait même le principe de l’exercice.

L'échec apparaissait alors double. En plus de l'objectif inaccessible, la gamine, sans avoir vu aucun des films et séries de la corporation américaine de bonheur, était désormais familiarisée avec ses personnages : des voitures qui causent à l'ado peroxydée d'Hannah Montana. Le redoutable séjour sur les traces spirituelles de mon président dans ce parc d'attractions pensé pour l'internationale des crétins à cornet deux boules me pend maintenant au nez pensa-t-il. 

Parce que l'important n'était pas le résultat mais ces moments en harmonie immobile avec sa fille, le père constata qu'il était devenu dépendant de cette routine. Ils persévéraient, le courage revenant parfois au détour d'une bonne pioche, ces exceptionnelles pépites au milieu de l’amoncellement d’emballages froissés. A l'entrée du mois de novembre, ils approchaient de l'extinction de leurs réserves de pochettes. Vendredi dernier enfin, l'heure de vérité. Ils ne disposaient plus que de 8 pochettes, d'un seul espace vide (le numéro 33, un des véhicules joyeux du film avec les voitures qui causent) et du faible espoir mutuel de le combler. Une a une, conscient de vivre les derniers instants de cette filiale communion iconographique de début de soirée, papa tirait lentement la languette des pochettes et lui passait les vignettes en lui suggérant comme tout père prévenant dans la perspective d'un fiasco prochain, tableaux algorithmiques de statistiques matricielles à l'appui, de ne pas être trop chagrin. A deux doigts de poster une annonce sur twitter "En #fail de vignette 33 du monde merveilleux sur catalogue. Récompense garantie. Please RT", le père ébauchait en parallèle une morale emprunte de sagesse à même de clore ce conte d'automne, un truc du genre mais oui ma puce, pas la peine de chialer, le système est intrinsèquement pourri. D'autant plus pourri se disait-il que nous disposons gratuitement au bas mot de l'équivalent vignettes de 725.000 euros d'achat en supermarket

6 pochettes, 5, et encore ce débile poisson bulle, 4, leur 320e image de Pumba qui baskette dans la jungle. A un soupir de la fin de l’heureuse aventure intérieure, à 4 images du dépôt de bilan, ils ouvrirent la pochette finale. Pas celle-là, pas celle-là, celle-là non plus. Et la gamine de poser sans même la regarder la dernière image dans le tas des triples à redistribuer au square. 

"- Mais attends fais voir. Oh péripatéticienne ! Maison close d'excrément, nom d'une divinité ! [NDLR : Pour une classification -10, ce passage a été génétiquement modifié]"

La réalité la plus banale prit alors l'improbable tournure merveilleuse de ces légendes au sirop emballant le monde magique de la corporation ricaine: Des centaines l'avaient précédées durant des semaines tandis que dizaines de multiples s'entassaient sur l'étagère... 

Et, supercalifragilestiepaliodocious, l’ultime vignette de la dernière pochette ouverte était la bonne !  

Indescriptible joie de la gamine, juste un degrés en-dessous de celle du père. Elle sauta dans ses bras. Bravo! L'important c'est de ne jamais désespérer. Il avait entendu ça dans Prison break. Puis, aussi vite, la gamine passa à un autre jeu. Lui s'en retourna au bureau, déjà mélancolique de l'immédiateté en fuite. C'est bel et bien foutu soupirait-il. En effet, grâce au geste du caissier pervertissant pourtant l'opération marketing du grand capital, le monde de la corporation américaine de divertissement était associé chez sa fille aux rêves qui se réalisent.

Allant et revenant de l'école, ils ne recroisèrent jamais le samaritain des images. 

4 novembre 2011

La légende du G20

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Emporté sur quelques affaires de la plus haute importance, je n'ai pu suivre l'affaire cannoise de l'humiliation grecque, n'en dégustant que le gros titre, tout en nuance, qu'en tirait hier Metro "Le G20 doit sauver d'urgence la zone euro" et quelques éditoriaux d'une presse au diapason de son maître. Mais, me voilà rassuré par le titre du Figaro.fr de ce matin : 
Donc voilà, tout ça pour ça
Inutile de te dire que pour un ticket à 20 millions d'euros, c'est un peu court. On pouvait titrer, oh dieu de la finance, bien des choses en somme... 

Surprenant :
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Et enfin, surtout, pour un vrai G20 du changement :
Je te laisse légender à souhait la photo du jour et m'en retourne à mes affaires. Les plus belles légendes seront postées ici.

2 novembre 2011

Du logement social pour les riches

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Comme s'il n'en avait pas assez avec la hausse des prix, la cupidité des proprios, le dumping des bureaux vides et la pied-a-terrisation transformant chaque jour un peu plus les agences immobilières parisiennes en agences de voyages au détriment du locataire n'ayant plus qu'à s’exiler à Limoges pour continuer à vivre ici, le parisien sans thune découvrira avec délice que le parc social de la capitale est gangrené par un merveilleux produit qui permet à la ville de prétendre respecter la loi SRU avec des produits à la solidarité de façade.

Dites bonjour à l'Usufruit Locatif Social, joli barnum fiscal qui, sous couvert d'habitât pas cher, permet  surtout aux investisseurs privés (aussi appelés spéculateurs) d'acquérir pour la moitié du prix les plus beaux immeubles dans les quartiers les plus coûteux.

Il s'agit d'acheter la nue-propriété d'un appartement ou d'un ensemble d'appartements dans un immeuble à 50% du prix et d'en céder l'usufruit à un bailleur social, qui se tapera la gestion, les charges et encaissera les loyers durant quinze ans. Au bout de cette période, l'acquéreur récupère la pleine propriété du machin (qui aura encore doublé ou triplé de valeur). Ce social-là est tout bénef pour le proprio: valorisation pépère et contribution active à la non décote du quartier, pas d'impôt sur le revenu ni même rentrée du bien dans le calcul de l'ISF, pas de prélèvements sociaux, ni taxe foncière, pas d'impôt sur les plus-values si le bien est revendu après la fin de la période d'usufruit, possibilité de déduction des intérêts d'emprunts, aucun risque locatif et garantie juridique de pouvoir virer le locataire à la date échue pour faire de son appart une garçonnière sur les grands boulevards ou une chambre d’hôtel pour classes moyennes chinoises en lune de miel.

Bref, si tu as un peu de pognon et de quoi en emprunter encore un peu plus, ce serait con de passer à côté de l'occase d'une assistance d'Etat à la constitution de ton patrimoine privé de luxe à prix cassé.

Ci-joint, la fiche du "produit immobilier" selon le site d'information à la pointe des conseils pour s'enrichir avec la pierre tout en en soustrayant le plus possible à l'ignoble impôt[1], j'ai nommé Le Figaro:

Selon le site Immoneuf, l'ULS "permet de construire dans des secteurs prisés où les bailleurs sociaux n'ont pas les moyens d'aller et là où les épargnants ont, en toute logique, le plus envie d'investir". Belle fibre sociale des Français les plus aisés. On comprend mieux pourquoi leurs représentants, Benoist Apparu et Laurent Wauuiez, insistent pour que l'on chasse les pauvres du parc social.

N'y vois pas non plus un effort de mixité, même provisoire, dans des zones pensées pour rester des ghettos de riches avec quelque tolérance pour l’élite de la plèbe salariale. Le site Miroir Social nous indique que "pendant cette période, [les bailleurs sociaux] les louent à un niveau de loyers correspondant au PLS ou au PLI, soit les plus chers des logements sociaux, inaccessibles à 70 % des demandeurs inscrits sur les listes d'attente."

Pour le reste des occupants, via le dispositif Vivalib (que l'on retrouve proposé aux collectivités par Dexia ou Eiffage) articulé sur des ULS qui seront cédés dans 15 ans, on y retrouve en masse des seniors  disposant d'appartements avec marquage à diodes au sol, éclairage vario-tamisé et télé-assistance. Alors que les jeunes ménages sont obligés de s’exiler toujours plus loin de l'activité, cette recrudescence de seniors en HLM deluxe en plein centre des villes est logique: ils offrent l'avantage non négligeable d'être la dernière génération disposant, via la retraite, de revenus fixes et garantis. Donc, exit aussi les petites pensions, ceux qui n'ont pas de cagnotte ou de famille pour les subventionner. Côté pratique: on est pile dans le créneau d'occupation des quinze années de l'ULS. Les seniors sont là pour assurer la transition de statut du logement, de pseudo social à totalement privé.

Ce partenariat promoteur / banque / spécialiste du service à la personne qui peut se payer le service permet ainsi à certaines municipalités de droite comme de gauche (toujours dans les coins les plus chers) de parader sur les chiffres de leur action sur le logement social sans se soucier en rien de l’hébergement des actifs en pleine précarisation ou de ceux déjà au ban de la société qui naissent et meurent sur le bitume à quelques mètres de ces immeubles.

Voilà, voilà... allez, un peu de musique pour, provisoirement, calmer cette colère qui monte.

Illustrations : Attack of the Block (2011). A Paris, Magazine de la ville de Paris.

[1] qui permettrait de financer... du logement social.

31 octobre 2011

Question existentielle du média de droite

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As-tu remarqué ces reportages aux JT sur la grève du personnel chez Air France entièrement axés sur les conséquences côté voyageurs, pauvres "otages" de la division "connerie de préoccupations sociales" d'Al-Qaida. L'enquête sur les causes des grèves (crainte d'une purge des effectifs et  diminution des personnels navigants en cabine) se limite la plupart du temps à un "Oh bah z'auraient pu nous prévenir, comment que je fais pour rentrer à la maison ? C'est le moyen-âge, ils méritent la peine de mort" du client micro-trotté.

Ces dans ces moments où la nation est fragilisée par une poignée de bolcheviques privilégiés que le média français d'investigation en lèche gouvernementale passe au second niveau du meilleur de lui-même: le sondage à la con qui ne coûte rien, à haute portée idéologique, mais sans aucune valeur scientifique, visant à conforter le lectorat cible dans ses préjugés et contribuer à "l'avancée du débat" des idées socialement rétrogrades qui font triquer quelques UMP avariés.

Publié le 30/10 à 17.58 sur le site du Figaro (propriétaire Dassault)  :


...et trois heures plus tard sur le site d'Europe1 (propriétaire Lagardère) :
Étonnant retard pour Europe 1 (maudit congés du stagiaire) dans la mesure où le fichier est déjà prêt. Il est ressorti au moindre frétillement de personnel à même de perturber les congés de ceux qui peuvent encore s'en offrir, ceusses que dans un pays ne marchant pas cul par-dessus tête on appellerait des "privilégiés" :

Europe 1, le 20.07.2011:

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