13 décembre 2010

L'occupation des cerveaux

par
A l'approche des fêtes, alors que les analystes politiques accaparés par la réservation de leur chambre d'hôtel à l'Ile Maurice ne peuvent livrer le plein potentiel de leur servitude de plateau, voici une bonne vieille recette de Mamie Bestoffe.

Idéal pour fourrer le cerveau du gueux au ventre vide, ce plat traditionnel, certes un peu lourd, contera également le politique ne voulant trop s'attarder sur le terrain du programme :

le soufflé médiatique aux pépites de point Godwin
(servi avec son coulis de consensus)

1 / Prendre un « bon client ». Candidat d’un parti extrême, médiatiquement payant, avec un nom qui parle à l’inconscient populaire.

2 / Au prétexte d’une forte popularité dans les sondages de l'institut Moncusurlakomod, attendre que le bon client dérape. Si possible sur le plateau d’une émission politique prévue pour : histoire de capter l'audience. Sinon, suivre la suivre sur le terrain et attendre quelques heures que la phrase (évoquant la seconde guerre mondiale, obligé) tombe toute seule de l'arbre (ce qui, en période de campagne interne dans le parti, ne devrait pas prendre plus de 26 secondes).

3 / En faire la une de l'actualité. Répéter, remuer, laisser cuire à feu doux tout le week-end, que tout le monde entende bien ce qui ne doit plus l'être. Faire réagir gauche et droite unanimes à condamner. Permettre aux communicants de l’UMP (le gouvernement quoi), ayant passé les trois dernières années à branler de la xénophobie à des fins électoralistes, de jouer le rôle des modérés. Permettre au Parti Socialiste d'enfin parler d'une seule voix.

4 / Par défaut, avec tout ce temps promotionnel accordé au bon client, contribuer à amalgamer chez ceux qui s'intéressent peu au débat politique (et qu'on appelle électeurs) tout discours d'opposition pour l'expédier à la rubrique "c'est le mal" et ainsi réduire au plus fin le spectre des possibilités électorales.

4 / Avec tout ce temps d'information accordé au bon client et aux réactions qu'il génère, étouffer encore un peu plus les autres thématiques (crise sociale, chômage, spéculation immobilière, licenciements, précarisation des classes-moyennes, décrochage des générations, privatisation des services publics…) affectant bien plus les français que quelques musulmans priant dans la rue à Paris[1]. Ce qui est effectivement dérangeant... rapporté au nombre d'églises vides dans cette ville.Ne pas répondre à la thématique abordée. Se contenter de stigmatiser le bon client avec quelques attaques personnelles qui renforceront son name-branding. Bon client qui ne demande que cette publicité et qui, O surprise, O indignation, recommencera la semaine prochaine.
5 / Constater régulièrement dans les médias que « Oh bah mince, le bon client "monte encore". C’est pas notre faute, nous on ne fait que de l'information. On est obligé d'en parler" .

6 / Recommander la procédure jusqu'aux élections.

6 / En appeler alors à l’union sacrée parce que "- merdalor" notre bon client accède au second tour en avril 2012.

7 / Suivant la couleur politique du cuistot en chef : rafler la mise avec 70% sans avoir avancé un programme tranché d'alternance ou amorcé une once d'autocritique sur l'échec de cinq années au pouvoir.
8 / Faire un gouvernement d’"ouverture" mais sans le bon client. "- Tu déconnes ou quoi, avec un tel monstre dans l'opposition, on a plus besoin de se casser la tête à avoir des propositions !"9 / Récupérer le jus (pour saucer mauvaises nouvelles et réformes, ça peut toujours servir), séparer les grumeaux de Godwin à réintégrer dans la salade d'internet et son cake aux journalistes d'investigation, congeler la bête et resservir dans cinq ans.


[1] alors que tout le monde sait que le vrai problème de Paris : c'est la neige (et, mais alors juste un peu, la pénurie de logements sociaux et l'exploitation immobilière).

9 décembre 2010

La révolution intérieure

par

L’appel du site bankrun2010, suite à la déclaration d’Eric Cantona appelant les particuliers à vider leurs comptes pour un effondrement de système vraiment plus efficace que ...pfff... une vulgaire manifestation de 3 millions de personnes, se traduit, selon la stricte grille d’analyse comptable du système qu'elle dénonce, en un "flop".

Pourtant, l'initiative aura eu ce double mérite de remonter un débat sur la place publique et de nous questionner, par l'exemple, sur nos aptitudes à "la révolution citoyenne".


1 / L'indispensable besoin d'icônes pour faire passer les messages.
Cet "appel" de Cantona a maintes fois été lancé par d'autres sur internet les dernières années, avant même "la crise"TM. Ce n'est pas le net qui a fait le "buzz" du King Eric mais bien les médias qui ont, cette fois, décidé de ne pas passer à côté en soufflant dedans.
Évoquant l'écume via la star, ils ont esquivé le plus souvent la vraie question de fond qui aurait pourtant pu se résumer au JT en un "les banques ne peuvent pas vivre sans hommes, les hommes peuvent vivre sans banques, alors pourquoi continuer à se laisser marcher sur les pieds ?"

Malgré son "échec" (si l'on consi
dère toutefois que l'opération doit strictement s'en tenir au 7 décembre), cette campagne de promotion pour la remise en cause par le citoyen de la suprématie bancaire aura fait débat, ouvrant des perspectives, générant d'autres initiatives, provoquant l'outre-réaction de quelques spécimens sous bocal à thunes de la classe dirigeante. Et tout cela grâce à une phrase d'Eric Cantona ! Que les syndicats méditent là-dessus. Quelle que soit la cause, vu l'époque, il faut mettre un peu de people dans son vin. C'est précisément ce qui a manqué à un moment donné pour que la superbe mobilisation d'octobre sur les retraites sorte de ses gonds et change la donne.

A propos...

L’angle mort de l'analyse de Cantona (autre que d'avoir pris comme exemple Spaggiari qui est le braqueur bling-bling par excellence) est d’avoir opposé contestation physique pour la défense de droits et "soucis de rentabilité" dans la seule optique de détruire un système. Question de statut social et de niveau de finances personnelles peut-être. On peut défiler pour défendre ses retraites et vider son compte. En raison de quoi une méthode dévaluerait-elle l'autre ?
Les luttes ne s'annulent pas : elles s'additionnent.

Une petite note à ce sujet : je suis à peu près persuadé que si Cantona n'avait prioritairement pas dénigré le mouvement social [l'enregistrement date de "la bataille des retraites", début octobre], la vidéo n'aurait pas été autant reprise à la télévision.


2 / L'image de la banque en a encore pris un coup.
Il est désormais ancré chez toi que le banquier est non seulement malfaisant, mais qu'il l'est avec ton pognon et que, comble de l'arnaque, il te fait payer la note en bout de course (mais le rapport est plus complexe que cela et j’y reviendrais). On peut donc s'attendre à une débauche de guimauve "sociale" et "éthique" dans les prochaines publicités bancaires.

Sur le fond. Quitte à me répéter : au sujet des banques, nous avons passé le stade de "la raison" et de "la responsabilité" depuis longtemps. Ce n’est plus "une généralité" mais un euphémisme d’affirmer que, avec la complicité de l'état, les banques escroquent leurs clients les plus pauvres. De là à vouloir détruire les établissements en question, ce n’est pas le genre de la maison. D'autant que bon, si tu veux entreprendre quelque chose avec un peu d'envergure, elles se révèlent, pour le moment, indispensables.
J'ai encore la naïveté de croire que les choses peuvent être régulées (elles le sont bien dans d'autres domaines) à condition de mettre les bonnes personnes en place et de placer la charge législative adéquate. Comme le dit Frédéric Lordon, il faut prioritairement que le métier de banquier redevienne un métier terne et rébarbatif. Il est urgent de séparer les banques de dépôt des activités de casino boursier et, dans ce domaine, certains pratiques (style vente à découvert ou paris à la baisse...) doivent être interdites et les autres lourdement taxées.

En attendant, à titre individuel, pour le fauché, quelques règles de base s'imposent...


3 / La fatalité bancaire ?
Quitte à endosser l’habit d’un odieux libéral quelques instants, j'en appelle dans ce domaine à la responsabilité individuelle. En gros, n'attends pas que TF1 te répète que Canto a dit qu'il fallait retirer ton argent de la banque le 7 décembre (ce qu'il n'a pas dit d'ailleurs) pour la remettre en cause et te soustraire de son emprise le plus possible.
Si tu ne veux pas que la banque spécule à mauvais escient avec ton pognon, stocke-le ailleurs, sous une autre forme, dans l'or ou sous ton matelas, investis-le dans des initiatives, dépose-le dans des établissements plus "éthiques" ou, plus révolutionnaire encore, partage-le[1].
Bien entendu, le chaos commençant ici : refuse systématiquement tout crédit. Avec lui, tu amorces débonnaire des désordres, d'où résultent les inégalités et les injustices que tu dénonces, outré, en bout de chaîne.


4 / La révolution DIY ou, comme disait l’autre : incarne d'abord ce changement que tu souhaites pour les autres.
Avant de vouloir tout foutre par terre pour tous sous l'effet de la colère, il faut d'abord tout entreprendre individuellement pour accorder ton quotidien avec la société telle que tu l'idéalises. Ainsi tu entres dans un processus concret de changement et non d'aspiration à un changement aussi idéalisé que flou.

Tu veux lutter contre les abus de la consommation ? Commence par ne plus rien acheter à Noël.

QUESTION
"- Ah oui, mais je vais avoir l'air d'un nase ?"

RÉPONSE
"- Il y a d'autres moyens de montrer son affection que par l'achat d'un téléphone à la durée de vie de 6 mois."

Tu veux lutter contre les abus de ton patron ? Dis-lui au lieu de te bourrer d'antidépresseurs en chialant dans le métro ou de nettoyer de ses "mauvaises ondes" ton espace intérieur Made in M6 à coup de Fung-shi à 1000 euros le quart d’heure.

QUESTION
"- Ah bah oui, mais je vais me faire virer."

RÉPONSE
"- Alors arrête de gueuler sur les autres qui manifestent pour défendre leurs droits simplement parce que toi tu n'as pas le courage de faire pareil. "

Tu en assez des banques ? Débrouille-toi pour moins en dépendre.

QUESTION
"- Ah oui mais c'est compliqué, parce que ma paye elle arrive sur mon compte."

RÉPONSE
"- Et bah retire là aussi sec. Et laisse juste de quoi payer les factures. "

QUESTION
" - Ah bah oui mais j'ai beaucoup d'abonnements."

RÉPONSE
" - Bon alors écoute Question, mets-y un peu du tien, sinon tu ne vas jamais en sortir de ce système qui te plait pas !"

La "révolution" se commence à un. Agir ainsi te permets 1 / et ce n’est pas rien, de te sentir apaisé, 2 / d'influencer d'autres (qui à leur tour vont se sentir plus apaisés et qui, du coup, vont moins me casser les pieds, tu vois ?). Rien de tel que la force de l'exemple. En revanche il vaut mieux susciter l'envie que la peur.

Cantona a tort sur ce point : il n'y a pas de force du "système". Le "système" ne tient que par la croyance que tu places en lui. D'où son insistance, via ses sbires et ses attachés de presse, accusateurs et railleurs, à te rappeler à ta moindre incartade idéologique qu'il est le seul et l'unique et que tous les autres sont criminels, voués à l'échec et n'émanent que d'esprits tordus[2].

Ce "système" où l’individu s'exproprie de sa propre vie au profit d'un idéal générique (de moins en moins accessible) est le résultat de l’accumulation de nos renoncements. En gros, il nous a corrompus jusqu'à l'intime[3]. Il ne s'agit donc pas de "détruire un système", on sombrerait probablement avec, mais de "transformer ses composants" et, consécutivement, un par un, de modifier la base de ce qui "fait société". C’est à toi, à ton échelle, par tes actes quotidiens et le remise en question de tes aspirations, de rendre obsolète ce "système" qui te débecte. Ce qui n’empêche pas, au contraire, quelques coups de force collectifs (mais là pareil, faut se bouger au lieu de le regarder à la télé).

Si changement il y a, il sera le fruit d'une propagation de nouveaux comportements au sein de la société contredisant par l'exemple les préceptes claironnés d'en haut. Tendre à s'affranchir de la banque (telle qu'elle est aujourd'hui) est un élément, important, mais loin d'être le seul.

Affirmons donc sans peur du jugement, un fier et convaincu : non. Même si je le subis, puisque en tant qu'un individu dans une société où la majorité se soumet à ses codes, ce "système" basé sur le renoncement à agir, le nivellement uniforme des ambitions au profit de la rente toujours plus sophistiquée, reposant sur la poursuite infinie de la surconsommation et de l'endettement à outrance des individus, n'est pas le mien.

Ce n’est pas parce que l'entreprise te semble insurmontable ou que tu t’imagines seul (là, Canto ou pas, internet a cet avantage de te confirmer quotidiennement que ce n’est pas le cas) qu’il faut baisser les armes avant d'entreprendre la bataille.

Car, ne pas se cacher derrière son écran et les appels des uns et des autres : se désintoxiquer personnellement est la plus grande des batailles[4].


[1] J'apprends que les Français n'ont plus confiance dans les placements boursiers. Bien. Je rappelle juste que ce n'était pas absolument pas le cas, il y a à peine 10 ans. La preuve qu'il faut se prendre une bonne ratatouille pour comprendre la leçon. Manque de bol, ils remettent ça avec l'immobilier. Hier, pour se "garantir" une bonne retraite, ils accentuaient les licenciements des autres pour gonfler leurs dividendes, aujourd'hui en investissant dans la pierre pour les mêmes raisons, ils contribuent activement au mal-logement pour les autres et prennent le risque personnel de finir sans rien.

[2] Vu les forces médiatiques en place (et leur mode de financement), il est peu probable que soit véhiculée, avant au moins une sévère contamination populaire, une quelconque apologie de l'alternative par la sous-consommation, la banque locale, l'échange ou que sais-je encore. Une fois encore, Internet est là. Non pour générer des évènements qui ont de grandes chances de rester virtuels mais pour encourager et promouvoir des mouvements et relier des initiatives concrètes.

[3] Au fond, je n’aurais rien contre "le système" si l’individu s’en contentait et que cela le rendait heureux. C'est malheureusement l'inverse qui se constate. L'individu étant assujetti à des comportements contraignants, l’éloignant d’équilibres internes fondamentaux, le conduisant à la névrose (effet secondaire majeur constaté de la course à l’opulence surtout lorsque cette dernière s’articule sur une soumission horaire et mal rémunérée à une fonction peu gratifiante) et à la violence avec son entourage. Comme je fais partie de cet entourage, ses désordres deviennent les miens.

[4] C’est un peu à l’image d’un régime alimentaire. Tu sais que si tu veux perdre du poids, tu ne peux pas grignoter à toute heure n’importe comment, ne serait-ce qu’une poignée de cacahuètes. Changer la société en changeant son quotidien, c’est un peu la même chose. Cela demande d’entrée un code de conduite intérieure, tant l'offre de junk-food abonde et les tentations sont grandes de céder.

Illustration : flickr / mictlan74

7 décembre 2010

Banquereune et Ouiquilique : rien ne sert à rien

par

Manque de vitamines sûrement : les deux beuses du moment ne m'inspirent rien. Ni Ouiquilique, ni le Banquereune[1]. Dans les deux cas, constatons tout de même la comi-pathétique réaction d'une classe dirigeante hermétique à l'exaspération de son peuple, et celle des médias surfant sur la rancœur ambiante, histoire que leurs bannières publicitaires ne se déprécient pas. 

LA RAISON DU PLUS FORT
"- Vous ne vous rendez pas compte, ignorants, si "le banquereune" fonctionne, ce seront les endettés qui paieront la note."

LES IGNORANTS
"- Arrêtez de nous tenter comme ça !"

Dans les deux cas,  après une réclame pour un "forfait bloqué avec internet illimité" pour ton smarte-fone de noël et une autre pour un crédit "honnête" afin de t'acheter ce smarte-fone qui fera de toi un homme, mon fils,  avant le journal télévisé nous annonçant une poignante réconciliation familiale à base de billets en direct de Neuilly : on raille, on se moque, on prétexte que "cela ne sert à rien", qu'on ne mélange pas les torchons et les serviettes, que le secret c'est sacré, que les irresponsables populaces sont des mômes   manquant de rigueur, qu'il convient de mater, de décourager d'agir et d'enclaver dans l'ignorance. 

Bientôt, avec leur sagesse ancestrale teintée d'humanisme, étayée par la prose assurée de leurs éditocrates se relayant à quelques smics par mois, entre un jeu débile et deux reportages sur la police d'élite, pour squatter en trois-huit les plateaux de télé-achat idéologique, les obsolescents en flagrant-délit continu  d'indécence en viendront à conclure que, bon, c'est pas tout ça mais "il leur faudrait une bonne guerre".

Ah sinon, à la rubrique fait-divers : le laboratoire Sanofi-Aventis, pour célébrer ses bénéfices de 2009 en hausse de 9% à 8 milliards d'euros (le vaccin H1-N1 tu te souviens ? C'était le beuse d'il y a un an à la même époque), annonce le licenciement de 600 salariés.


[1] chez moi, comme d'autres de plus en plus nombreux, le banquereune est un art de vivre flirtant fréquemment avec la banqueroute.  Mais, ne te décourage pas, si tu veux vider ton compte : fais-toi plaisir avec la banque (c'est si rare).  Je suis certain que ton Monarque ne te contredira pas sur ce point : l'important c'est l'action. 

2 décembre 2010

Froid comme la pierre

par


Les flocons "paralysent" la France.  Couverture blanche immaculée vers 20h recouvrant les dossiers qui tachent et les infos qui fâchent. 17 minutes mercredi au JT du service public, avec duplex satellite devant la tour Eiffel à 250 mètres du studio (au bas mot 2000 euros la minute) pour te dire le temps qu'il fait. En France, on n'a pas de soleil l'hiver, mais on des journalistes d'investigation pour approfondir les causes et les conséquences de ce scandale.  

Décembre, c'est également la saison télévisée du clodo qui crève[1] avec sa cohorte de portraits de sans-logis refusant l'aumône de notre hébergement d'urgence. Quel scandale, ils veulent nous gâcher noël ou quoi ?

Mercredi soir, dans cette même parade télévisée de l'analyse pertinente et de la question décapante[2]

LA JOURNALISTE au SANS-TOIT par -10°.
- Vous avez froid ?

Mais pourquoi j'te parle de ça moi ? Ce n'est pas du tout mon sujet. Je voulais disserter sur ton inaltérable foi en l'accession à la propriété à crédit

Tu vois... 

Aucun rapport. 

Tellement pas.

Parfois, à la rubrique "éxotisme" du JT, s'échappe la ritournelle des peuples d'Europe auxquels les gouvernements déclarent la guerre en interne au nom de la paix pour la zone euro. Le blizzard des plans de rigueur, au nom de l'énième sauvetage bancaire, s'abat sur les pays pour, parait-il, "mieux les relever".

Les éditocrates cire-mocassins et les témoins de Jehovah du marché te cajolent au jingle-bells de "nos fondamentaux sont sains".  Jusqu'ici tout va bien. Biffe ta christmas-list tranquille, La France ne risque rien. Bon, tu n'es pas dupe. Tu sens bien que ça va mal tourner

C'est une des raisons pour laquelle tu as acheté à crédit, 10X son prix d'il y a 15 ans, cet appartement au salpêtre, mal isolé avec ruisseaux d'eaux usées sous le plancher à punaises, coincé entre deux voisins que tu détestes. Quand tout s'effondrera, toi au moins t'auras un toit


De retour dans ton palace des traites après ta pérégrination quotidienne au centre-co où tu t'es battu pour décrocher avec ta carte de crédit la moins dans le rouge de quoi bouffer pour le mois, tu grognes :  

- Ces SDF devant l'immeuble, ça donne le mauvais exemple aux enfants et, pis, ça va finir par faire baisser la côte du quartier  !" 

Encore 22 ans à payer, faut que ça continue à grimper. Pour l'instant ça va. L'argus se tient vu qu'ils sont beaucoup de revenus moyens (enfin... si passer à 1'heure à l'hyper pour départager quel paquet de coquillettes grèvera le moins ton budget scelle ton appartenance aux "revenus moyens" tels que tu les concevais en rentrant dans la vie active) à acheter comme toi. D'ici 3 ans, en revendant, tu comptes acheter plus grand. Moins craignos aussi. Parce que là, ce vis-a-vis avec un resto du coeur, pfff, comment dire...

Capitaine proprio à crédit, tu continues ta croisière idéologique sur les eaux calmes de l'émancipation à bas taux.  Bon, t'as vaguement entendu qu'aux Etats-Unis, en Irlande ou en Espagne, la criseTM a été précédée d'une bulle de la pierre. 

Figure-toi que les banques prêtaient à des gens qui comptaient rembourser avec la valeur qu'allait prendre leur bien...
Stupide hein ?

Mais n'allons pas blasphémer contre tes croyances. Dieu est mort et, en période de stagnation des salaires, de chômage de masse, d'augmentation des taxes, dans un pays où 65% des ménages français peuvent prétendre à un logement social, vive le patrimoine privé virtuel avec endettement aveugle à intérêts remboursables en priorité.

D'ailleurs, maintenant que tu t'y intéresses : s'il y a criseTM, c'est la faute aux "banksters". Point barre. Toi, tes ambitions sont nobles : acheter sans argent et revendre plus cher. Gagner plus sans rien faire avec ton logement en alignant au mieux le tiers du pognon pour acheter plus grand : rien à voir avec la spéculation des méchants banquiers.  Toi tu spécules avec ce qu'elles te prêtent, pas plus. 

C'est pas comme si se loger était un besoin fondamental, spécialement quand il fait - 10°, un genre de matière première vitale, et que la hausse des prix, en partie entrainée par ta terreur irrationnelle médiatiquement conditionnée de ne pas être proprio excluait, par ricochet, du logement de plus en plus de gens un peu moins bien placés dans l'échelle sociale (ou qui, hier encore, y occupaient la même place que toi, la tête enflée des mêmes certitudes publicitaires.) 

Je sais, tu vas me répondre avec ce bon sens de l'occident aux valeurs tourneboulées  :

- "Oui mais j'ai pas pu faire autrement. Avec mes revenus, personne ne voulait me louer. Et il faut bien que j'habite quelque part."

Comment t'en vouloir ? Effectivement, tout est fait en amont pour dégager les "revenus moyens"  du circuit de la location. Le préteur fait son métier. Prendre ton pognon sans que t'y réfléchisses trop en te bombardant de messages à la con.

Pire, l'administrateur du désastre qui te sert de gouvernement savonne la planche,  ne moralisant pas plus l'immobilier que le "capitalisme".  Si peu pour le logement social ou rien pour la réquisition des 2 millions de logements inoccupés et autres millions de m2 bureaux vides pour les 8.5 millions de mal-logés. Au contraire, il concocte des lois pour accélérer les expulsions. Rien pour encadrer les exubérantes conditions d'accès à la location ou plafonner les loyers.  Rien contre la sévère dégradation des conditions de vie des français non propriétaires qui vont bientôt devoir vendre un rein pour se loger. Rien non plus contre la spéculation immobilière des classes moyennes aisées ou (et les deux sont liés) le gigantesque mouvement touristique métamorphosant à vue d'œil la capitale en gigantesque hôtel à 150 euros la journée. (On comprend mieux ainsi les tarifs affichés au mois pour le moindre studio).

Il y a deux mois, j'ai interrogé Benoist Apparu, secrétaire d'Etat au logement, sur la pied-a-terrisation de Paris (dans ce cas précis, soyons honnêtes, la gauche est au moins aussi coupable)

(clique pour agrandir)

Tu noteras qu'à la différence du Rom, le touriste est invité à "s'imprégner de la vie de la cité". Dans un 25m2 pour 400 euros le week-end (moins cher qu'un palace) avec clodo en bas de l'immeuble (comme sur les cartes postales d'antan) : ça lui fera des souvenirs "so french". 

Mais je m'emporte.

Tout est donc fait pour que 1 / tu veuilles devenir propriétaire 2 /  tu le deviennes à crédit. Dans le domaine de ton endettement personnel, pas de "plan de rigueur" qui tienne. Chacun cherche son créancier.

Une grosse partie de l'électorat de droite étant propriétaire (mais pas à crédit), parfois de plusieurs logements (et oui la vie est dure pour tout le monde faut bien encaisser des loyers quand le travail ne rapporte pas) : cela implique que la valeur de leur patrimoine se maintienne un minimum. Si l'Etat se met à donner des logements aux pauvres et louer à tarif modéré aux "revenus moyens", la côte va baisser et la classe moyenne supérieure[3] n'encaissera plus autant de loyers.

Règle de base : pour soutenir la valeur immo, il faut toujours plus de croyants. 

Pour éviter de taper dans le hardware des lois à appliquer[4] pour contrer la violence des situations de mal-logement (actions radicales qui chiffonneraient l'électorat thuné et les préteurs), l'Etat compte sur l'asservissement du plus grand nombre d'entre toi à la logique de l'accession à la propriété (en deux décennies) comme garantie de ta sécurité individuelle. 

Il assure ainsi que les drames du sous-habitât et des loyers délirants perdurent, laissant gonfler un peu plus la bulle immobilière qui t'éclatera à la tête (et à celle des autres qui n'ont rien demandé par la même occasion).  

Ça ne devrait pas tarder. Dans un pays où le prix du mètre carré se déconnecte des réalités salariales de la majorité : les fondations de l'édifice sont en carton-pâte.

Oui je suis un peu old fashion à ce sujet : la folie financière commence aussi en bas, lorsque celui qui gagne 1 veut posséder 2 en croyant pouvoir payer 3, certain que cette acquisition vaudra 4. 

Si je ne suis pas fan du banquier[5], je n'oublie pas qu'il n'est rien sans ta complicité et ta soumission aux dogmes ambiants. Celui de "la propriété à tout prix" est, non seulement, d'une philosophie discutable mais d'un processus économique stupide[6] dont l'actualité, des secousses de Wall Street au type qui tombe au coin de ta rue, nous rappelle régulièrement les ravages. 

Du méchant bankster à ton innocent crédit[7] en passant par les files d'attentes des restos du cœur que tu observes  effrayé depuis ton patio en papier crépon : tout est lié.


[1] Il meurt aussi le reste de l'année mais on n'en parle pas, le marronnier ayant moins de cachet l'été.

[2] Il y a pire que TF1 : celui qui veut imiter TF1.

[3] Ah non, ne comptez pas sur moi pour dire qu'il s'agit là essentiellement d'enfants du baby boom qui ont  remboursé leurs baraques dès 1978 et qui viennent d'hériter, sans frais de succession, de celle(s) de leur(s)  parent(s). Pas de conflit de générations ici.

[4] suggestions d'action gouvernementale et municipale... 
- Une véritable action en matière de logements sociaux: c'est à dire construire  au lieu de vendre,  stopper les pièges marketing qui cachent le démantèlement minutieux du logement social.  
Supprimer les aides aux régions et communes ne respectant pas le minimum de 20% de logements sociaux.
- forte taxation des multi-propriétaires des biens inoccupés (existe déjà mais anecdotique) avec calcul à l'année.
Violent ?  C'est la situation actuelle qui est d'une violence sans nom (contre le peuple avec l'instrumentalisation idéologique d'une autre partie du peuple).

[5]  Pour l'endetté, la vraie révolution n'est pas de vider son compte mais de ne plus honorer ses dettes.

[6] Au passage, ça carbonise la consommation (à moins que celle-ci soit aussi à crédit, après tout plus on des fous) et ça augmente tes frais (charges foncières, frais de transport - et oui, pour avoir plus grand t'achètes plus loin -).
  
[7] "Celui en short qui veut s'offrir un costard entendant que les salopettes c'était moche, terminera par payer chaque mois 3X le prix d'un caleçon pour ne pas perdre son slip troué."
Nextcitus, philosophe hellène de la pierre, -2344 avant Century 21.

illustration : snoopy.com, LeMonde.fr, comic coverage, WB.

30 novembre 2010

Monarchie et mensonges #3 : L'auto-entreprise

par

"L'auto-entrepreneur [...] s'il n'encaisse rien, il ne paye rien. 
C'est du bon sens."
Le Monarque, 14 mai 2009, à l'Elysée devant des auto-entrepreneurs (3.20 sur cette vidéo).

Ami auto-entrepreneur, la dernière trouvaille fiscale de ton gouvernement, soucieux de cueillir large pour cause de poches trouées, signe, je l'espère, la fin de tes illusions 1 / sur la bienveillance des types en charge de ce genre d'arnaques  2 / sur ce statut bâtard conçu pour compresser encore un peu les salaires et modeler ton cerveau à l'individualisme tout terrain sur fond de de désespérance et de désir d'entreprendre.

Je te rappelle les 4 phases, assez révélatrices des méthodes du pouvoir en place : 

Décembre 2008
Phase I : une bonne accroche marketing.

Deux mois plutôt, krach boum à la bourse. L'état major sait que "la crise"TM va faire mal en Europe. Ça fait désordre surtout lorsque l'on a promis aux gens qu'ils allaient gagner plus en travaillant. Il faut vite pondre un bidule marketing pour occuper les masses et noyer dans le parfum "fleur d'émancipation" les catastropiques chiffres à venir. 

Hervé Novelli, alors secrétaire d'Etat en charge du commerce et des PME, lance "l'auto-entreprise", un truc qui était pensé pour compléter les revenus des retraités, mais te permettra toi, le jeune au chômage, de jouer au patron sans avancer les fonds en créant en 10 minutes une entreprise sur internet. Tu sautes sur ta chaise : "- Ouais super top cool, y a pas de charges car les charges c'est le mal !". Et oui, tu ne cotises ni pour le chômage, ni pour ta retraite. La grosse régression sociale dont tu es la victime directe passe comme dans du beurre. Te faire miroiter d'être le prochain Bernard Tapie en créant un site internet avec le logo "République française" et au passage te faire basculer avec ton plein consentement dans l'exploitation pure et simple : même eux n'avaient pas imaginé que cela fonctionnerait aussi bien. 

Extrait 1 : "la grande armée des auto-entrepreneurs"

La mesure trouve un large écho et  permet aux PME de mettre en concurrence d'anciens salariés devenus "auto-entrepreneurs" à base de "je t'engage si tu dégages". Elle facilite la "légalisation" de l'activité au noir, notamment sur les chantiers de décoration et les services aux particuliers thunés (gros vivier électoral UMP qui, pour satisfaire son besoin de se sentir riche, a besoin d'un petit personnel docile et pas trop cher).

A l'époque, faut surtout pas te rappeler que tu as déjà investi beaucoup financièrement (c'est bien, ça booste la consommation, d'autant que tu ne récupères pas la TVA) et moralement dans cette histoire, qu'il n'y aura aucun filet de sécurité pour toi : tu le prends mal.

Juin 2009
Phase II : tout le monde y va, venez !
C'est la parade de l'auto-entreprise : déclarations enchanteresses du Monarque "des symboles de résistance et d'optimisme", "un phénomène de société" et dans la foulée : kits, salons, formations dispendieuses reprenant les mêmes arguments et les mêmes éléments de langage.  

Exemple, c'est con mais j'aime bien la musique...

Au troisième trimestre 2009, sur les 263.400 personnes qui ont adhéré au régime de l'auto-entrepreneur depuis son lancement cette année-là, seuls 59.000 (17%) ont déclaré avoir encaissé un chiffre d'affaires, que le revenu moyen pour les autres est de moins de 1200 euros et que par définition, personne ne sait combien d'heures de travail furent accumulées pour cela et quels furent les frais engagés. "La liberté d'entreprendre" n'a pas de prix et 56% des créateurs d'auto-entreprise sont des demandeurs d'emploi, voila qui va encore contribuer à baisser les tarifs.

Janvier 2010
Phase III : nier l'évidence.
Un an d'auto-entreprenariat. Côté gouvernement : 



Le gouvernement se félicite : En 2009, "le nombre de créations d'entreprises a atteint le niveau record de 580.193, soit 75.0% de plus qu'en 2008.". Sondage Opinion way of the president à l'appui : "83% des auto-entrepreneurs sont satisfaits de leur statut" alors que la plupart d'entre eux ne gagnent rien ! Le gouvernement en oublierait presque la récession, le chômage qui pète les compteurs et que les faillites d'entreprises sont à +17% (53.000) cette année-là

Courant 2010, les chiffres sont encore pires. Sur les 45% d'auto-entrepreneurs ayant déclaré un chiffre d'affaire, le gain net est de 775 euros mensuels. Réparti entre les auto-entrepreneurs : cela fait 500 euros par mois. Le seuil de pauvreté est à 910. 


Novembre 2010
Phase IV : tonte et liquidation du cheptel.
Bon, le nombre de création d'AE baisse, et tout le monde commence à saisir la nature du cache-misère. Il s'agit maintenant de récupérer les derniers sous. Tandis qu'à Pôle emploi les annonces imposant d'avoir le statut d'auto-entrepreneur se multiplient, certains auto-entrepreneurs n'ayant généré aucun chiffre d'affaires reçoivent une feuille surprise des impôts leur demandant de régler la CET "cotisation économique territoriale", nouvelle version de la taxe professionnelle. Un truc qui peut aller de 200 à 2000 euros

" - Bouhou, on m'avait dit que je ne paierais pas d’impôts !"

Bienvenue dans le ultra-libéralisme pur jus, apprenti entrepreneur. Un état qui te coupe de tout, te fait croire aux vertus de l'individualisme forcené, te délaisse en chemin mais ne t'oublie jamais dès lors qu'il s'agit de te racketer. 

Côté formations, les factures sont payées. Côté particuliers thunés, les travaux de décoration sont terminés, la maison a encore gagné 10% à l'argus du spéculateur. Et avec tous ces auto-entrepreneurs a disposition, ça a été plutôt une bonne affaire pour tous... sauf pour toi. 

Face à la grogne des lésés, Hervé Novelli déclare à L'expansion :

"- Je ne laisserai pas tomber les auto-entrepreneurs qui se retrouvent dans cette situation inconfortable."

Problème. Novelli, encensé par Le Monarque un an plus tôta été débarqué de son poste de secrétaire d'Etat chargé aux PME quelques jours avant l'arrivée des feuilles d'imposition et n'a donc plus aucune "responsabilité" dans la magouille. 

C'est désormais Frédéric Lefebvre qui occupe son poste. Tu sais celui qui voulait faire travailler les malades.

Va-t-il t'aider à décrocher un micro crédit à taux préférentiel pour "t'épauler dans l'accomplissement de ton parcours de contribuable" ?

La suite dans un prochain épisode de "Monarchie et Mensonges".



[Update : 16h40.] Fréderic Lefebvre déclare à l'assemblée nationale que les auto-entrepreneurs ne réalisant pas de chiffre d'affaires ne paieraient "évidemment pas" la contribution foncière remplaçant la taxe professionnelle. C'est noté.


Illustration typo : Seb Lester. 

29 novembre 2010

Le roi se meurt et les blogs aussi ?

par

Une chaîne court sur les blogs et, comme l'atteste la couverture de mon dernier livre (en haut à droite, noël approche), j'adore les chaînes :

Que deviendront les blogs après 2012 ?

Intéressante interrogation liée à deux supputations tenant des domaines de l’heroic-fantasy-statistique et de la comic-book-idéologie :

1 / Que la gauche accède au pouvoir. 

2 / Que cette alternance ne soit pas le clone chloroformant de la clownerie réformatrice du moment.[1]

Question sous-tendant la conviction que les blogs politiques influencent le débat au-delà du cercle des convaincus comme en attestent les "télécharger the mentalist saison 2", "rachat de mon crédit immobilier" et autre "Laurence Ferrari en string" régulièrement tapés pour arriver ici.

Le passé.

Ce blog est né de l'isolement et du sentiment qu'un "autre discours" n'était pas assez répandu. S'il l'est, que nous sommes de plus en plus à aller dans le même sens, tant mieux, ça me permettra de ralentir la cadence. Mais là, c'est bizarre, même s'il y a de nets progrès en 3 ans (avec la contribution de la désastreuse mais si prévisible, et d'ailleurs prévue ici, politique du Monarque[2]), j'ai le sentiment que ce n'est pas encore tout à fait joué. D'autant que l'ennemi dispose d'une force de frappe en terme de communication et d'un sans-gêne un poil plus développés[3].

Le présent.

Des raisons d'être confiant. Le discours relatif à l'ennui salarié, aux fumisteries idéologiques Medefo-Umpesques, aux déséquilibres immobiliers et au démantèlement du service public qui, il y a peu, te cataloguait au rayon ultra-gauchiste bon à embastiller, est aujourd'hui écouté. Une volonté de "nouvelle voie" monte croissante dans le peuple. Le "banquier" a remplacé le cambrioleur au top 50 des malfaisants et les ignorés d'hier deviennent populaires.

Mieux, cette volonté de se réapproprier le destin collectif transcende les sensibilités et les âges. Combien ai-je croisé de gens se définissant avant "de droite" ou de retraités (non, c'est pas toujours les mêmes), rageant non seulement contre le héros d'hier mais qui ont une sévère dent contre le système dans son ensemble (là oui, on peut remercier Le Monarque, très bon représentant de commerce du désastre néo-cons)me tenant mot pour mot ce que je m'acharnais sans succès à leur expliquer en 2007 ! (bon de là à aller voter à gauche, c'est pas encore gagné) 

Le politique n'a pas l'air de prendre la mesure de cet upgrade du questionnement populaire et des aspirations dans la société, c'est pourtant là une opportunité unique de la faire progresser. Si le blogueur peut aider...

Le futur.

Quand je vois la tronche de l'information, le kaléidoscope des sensibilités à gauche et les quelques trentenaires et quadras croisés ce week-end de retour du centre co' avec trois salaires de cadeaux de noël estampillés Sofincon dans les bras (3 Heil-pad pour leur gueule et une boite de crayon de couleurs Mac Bouffe pour le môme) et qui crient "tous pourris" dès que j'aborde la thématique politique, je suis convaincu que nos blogs, "politique" ou "société", ainsi que ceux à naître parce que là aussi faut qu'il y ait alternance, auront encore du grain à moudre après 2012. 

Ne pas confondre cause et conséquence.  Le Monarque est comme "la crise". Avant d'être la cause de nos aigreurs, il est la conséquence de nos aveuglements. 

* * *

[1] Le kleenex de la branlette ultra-libérale est souillé. A moins que Le Monarque nous sorte une mesure bien démago qui lui permettra de doubler les socialistes sur le social dans le sprint final, sa crédibilité a du plomb dans l'aile. Les « élites », la « grande finance », (appelle-les comme tu veux) vont finir par le voir d’un mauvais œil. Tu noteras qu'il s'est débattu comme un diable pour leur montrer qu'il est capable de réformer les retraites et que son Premier Ministre est envoyé en première ligne pour continuer "la réforme" jusqu'au dernier jour du quinquennat malgré la "pause" annoncée quelques semaines plus tôt.

[2] Rappelons-nous de cette période des mamours avec la presse précédant et suivant son élection, alors que nous "les gueux de l'analyse" tirions des boulets face au vent en annonçant la couleur des mois à venir. 
X
[3] L'intégralité des connexions annuelles des 20 premiers blogs politiques devant atteindre le cumul audience de 2 secondes d'une rediffusion d'"Histoires Naturelles" sur TF1 à 4 heures du matin. 

Top Ad 728x90