30 juin 2009

Pot aux roses à Solidays

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Samedi 27 juin 2009, 18h00. Festival Solidays à l'hippodrome de Longchamp. Grosse chaleur et gros son. Je sors du concert des canadiens de Creature en terminant mon kebab et pénètre dans la réserve aux privilégiés à bracelets rouges.

" - Backstage pass ! "

Tapissé de canisse, l'oasis et ses tentes baignent dans une indolente béatitude. La vie s'y déroule sans tensions, à coup de "pop" de bouchons de Chardonnay et nappée des échos de basses mêlées des performances de Louise-Attaque et des Blérots de R.A.V.E.L se déchainant sur leurs scènes respectives à 100 mètres de là.

Je suis invité avec d'autres blogueurs de gauche-gauche, gauche, pas à droite, centre-gauche et Nickcarraway pour une rencontre informelle avec Jean-Paul Huchon, président PS de la région Ile-de-France qui est le soutien financier principal du festival.[1]

Notre présence ici est l'indicateur que la campagne de 2010 a déjà commencé. De l'avis des intéressés, elle s'annonce violente.

Amis du PS, l'heure est grave : Avec l'anti-pub solférinesque, votre parti
a un risque non-négligeable d'être corrigé aux régionales et d'abandonner quelques bastions sur lesquels il appuie encore sa légitimité pour prétendre, un jour, reprendre le pouvoir.

Pour le portrait,
avec sa bière et son cigarillo, Jean-Paul Huchon est un personnage forcément sympathique. Sans présidentielles dans le collimateur, ça change.

" - La région : Tout le monde en voit les effets mais personne ne sait que nous en sommes responsables. [...] On fait de gros efforts mais les gens ne s'en rendent pas compte."

Pour la politique locale, je sais ce que c’est qu’une région dirigée par la droite donc il n’a pas besoin de me convertir.

Sur les perspectives nationales du PS, on est d'accord : Je l'ai écrit et répété, barre à gauche pour les socialos ou next stop : Total annihilation.

D'autant plus tragi-comique que, jamais depuis le début du siècle dernier, le besoin d'un vrai discours de gauche crédible ne s'est autant fait sentir dans ce pays où la solidarité s'étiole et les acquis sociaux passent un à un au rouleau-compresseur des cons killers de la 'com.


Tandis que sous la tente j'aperçois Stéphane Plazza entrain de home-stager le buffet garni et ses soupières de sangria, me passe par la tête qu'effectivement, si je sondais mon entourage d'endoctrinés M6 franciliens de moins de 40 ans les deux-tiers d'entre eux me répondraient :

" - Jean-Paul Huchon qui c'est ? "
" - Ah bon la région est à gauche ? "
" - C'est quoi la gauche ? Connais pas. Dans le doute, je fais comme mes parents, je vote UMP. "

Retour à l'apéro :


"- On a trop fait d'anti-sarkozysme." Déplore JPH.

Et oui, il reste au PS un champ des possibles qu’il s’évertue à ne pas regarder, un concept tout bête et 100% bio qui parfois peut même voter : Les victimes (un jour ou l'autre) des décisions du monarque. On les appelle aussi : La majorité des français.

Tandis que du jeune précaire au quinqua black listé, on se résigne amer à devenir la donnée variable d'exploitation d'un occident en plein processus décomplexé de tiers-mondisation sociale, les pontes du PS, devant micros et caméras, se cantonnent à pérorer sur des luttes intestines qui n'intéressent qu'eux.

Ici, pas de micro pas de caméras. Enfin presque pas.

" - Les valeurs du socialisme sont plus que jamais d'actualité. [...] Il faut ré-insuffler le sens du collectif." lance JPH.

Avant de préciser :

« - On devrait être plus dur en interne avec les gens qui ne sont pas de gauche. Et pas dans 6 mois ! Maintenant ! »

J'approuve. Mais les baffes de 2002, 2005, 2007 et 2009 n'ont pas l'air d'avoir fait passer le message.

Je me roule une cigarette. C'est compliqué avec ce temps lourd, mes feuilles sont trempées. JPH enchaîne avec un florilège de touches impressionnistes au gant de boxe sur le congrès de Reims[2] au point que je n'arrive même plus à les noter sur mes papiers collés.

Au terme de la discussion, le président de région nous salue et nous invite à se revoir à la rentrée. En le regardant rejoindre le constitutionnel sous le tambourinage audio des sound-system, je pense à ce jour utopique, qui serait quand même efficace histoire de contrer concrètement l'autocratie en place, où ceux en train de pogoter derrière les canisses en hurlant "Politic Kills !"[3] et quelques têtes du socialisme, prêtes à se sacrifier en interne, parleront la même langue.

Ce soir, on en est pas loin. Mais ce soir, c'est la fête de la solidarité et nous sommes tous des VIP.

Et Merde, Plazza est parti. J'aurai pas ma photo pour le blog.

[1] Région Ile de France : Un tiers de la population nationale et presque 5 milliards de budget annuel : Y a de quoi s'occuper.

[2] Bonus cinéma : Le congrès de Reims vu par Jean-Paul Huchon :


[3] Petits arrangements avec la programmation : Manu Chao passe le lendemain.

28 juin 2009

Investissez dans la carcéro-technologie !

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Un gouvernement moderne comme le nôtre se doit d'avoir une vision d'avenir.

Il discute donc ce dimanche[1]
des priorités dans la dépense de cet argent qu'il n'a pas encore empoché : Le tien.

Samedi matin sur la moderne Europe 1, le moderne Jean-Marie Bockel (secrétaire d'État auprès de MAM, nouvelle garde des Sceaux) a bien une petite idée révolutionnaire dont il est fier : Yaka construire des prisons !

"Prêtez-nous plus pour vous enfermer mieux.
"

Serait-ce le slogan marketing du grand emprunt national ?

Alors avec tout ce pognon populaire injecté, la France de demain ce sera quoi ? Nano-technologie, université libre et déconnectée des impératifs du marché, tunnel sous la méditerranée, ferroutage, sanctuarisation de la médecine, souci du plus faible et Arte pour tous ?

Non, non ce sera un bon gros Alcatraz privatisé avec cellules déclinées en gamme du VIP à l'Etap Hotel.[2]
En période de montée de la précarité, et face à un avenir de plus en plus incertain dans le secteur de l'envoi de CV et de la paye de son loyer, cela peut faire rêver ceux d'entre nous aux plus bas budgets.

Certes, on juge de la qualité d'une démocratie à sa façon de traiter ses criminels (ou présumés coupables ou carrément innocents, la ligne devenant de plus en plus floue) et les prisons ont un sérieux besoin de lifting mais je m'interroge sur la nécessité comptable de demander une contribution aux français pour une question ne résultant que d'une mauvaise gestion volontaire de l'argent public, et de confier la direction du chantier à Mam !

De l'argent a déjà été donné. Rien ou si peu, n'est fait. Bien peu de respect pour l'humain dans nos prisons dans les faits. Dans la conscience populaire, trop souvent de droite, le prisonnier est là pour subir, au jour le jour, une lente torture bien méritée. Éducation, école, police, haut sommet de l'état : ce sont les cerveaux qu'il faut rénover et ce bien avant d'en arriver aux portes du pénitencier.

Avec l'appui d'une police enivrée par cette prévenance gouvernementale et quelques réamènagements de la justice, j'imagine qu'une fois que le nombre de places sera jugé "suffisant", il importera "de me remplir tout ça !" à tout prix et à toute peine.

Lisons entre les lignes de l'annonce de Bockel. Premièrement,
en pleine crise de l'immobilier, il y a des chantiers qui ne se refusent pas : Ceux financés par l'état. Sans parler des concessions attenantes (restauration, personnel...) dont il faudra scruter attentivement à qui elles sont attribuées.

Deuxièmement, lecteur énervé de gauche, saches que le souscripteur avec argent à investir donc vraisemblablement de droite, lui, le décode très bien l'appel de Bockel. Q
uand un sbire dépendant de MAM, elle-même marionnette de son monarque, lui dit un samedi matin sur une radio bien comme il faut un truc du genre "notre société doit augmenter le nombre de ses prisons pour le bien des détenus", dans une optique préélectorale avec montée des contestations, possibilité de fort chahut social et danger diffus pour son petit pavillon des certitudes, il entend "nous allons multiplier le nombre de détenus pour le bien de votre société".

Il l'entend ça l'électeur de droite. Et ça le motive pour donner. C'est son côté humaniste à lui.


[1] parce que c'est un gouvernement moderne qui sacrifiera un dimanche au soleil pour notre bien collectif, ingrat de privilégié d'inutile qui passe tes journées à me lire.

[2] Il y aura également des établissements spécialisés, à part, non pas "psychiatriques" pour ceux en grande détresse mais pour les délinquants de la route (vu sur M6) qui ne sont pas des criminels comme les autres vu qu'ils vont bientot ressortir et racheter des voitures.

26 juin 2009

He was bad

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25.06.09 23h45. Je reviens du pot Marianne 2. Prince à fond dans l'Heil-Pod. Une reprise, Come Together*. Il fait trop chaud. Crochet par les quais. Deux ados belges m'arrêtent devant une péniche d'école de commerce qui tape sa soirée disco avec nerds sarkozystes en costards incorporés.

1er ADO
Hey M'sieur vous savez que Michael Jackson est mort ?

2e ADO
Oui mon frère est à Bruxelles. Ils l'ont dit sur Sky News et BBC World.

SEB MUSSET
Ça me ferait bien ch... d'avoir raison mais j'ai dit à ma copine que jamais il ne jouerait cet été à Londres.

Je repars de là bien refroidi. Reste gravée la pochette de Thriller avec son bambi noir en tuxedo blanc sous filtre ouaté. Finalement Prince aura gagné la guerre, par forfait.

Tu t'en fous mais ce soir j'entre dans la deuxième partie de ma vie.



* titre des Beatles appartenant à Michael Jackson.

25 juin 2009

Etoiles et toile

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BFM live, 23 juin. Prévu à 20h, le remaniement ministériel aura lieu à 20h20. Durant un quart d'heure, comme l'envoyé spécial de la chaîne n’a rien d'autre à présenter qu'un pupitre vide sur le perron de l'Élysée, il demande à son caméraman de filmer... les autres caméras, qui font de même. Pathétique mise en abyme : D'une chaîne de non-information à l'autre, le vide se regarde et le web, si révolutionnaire, accompagne le non-mouvement*.

Créer l'attente, faire monter la pression : Pipeau-lisation de l'actu plate et syndrome du tapis rouge. Le monarque n'a rien à faire désirer alors avec la naïve complicité des chaines d'actu, il fait de ce tour de farce un remake outdoor des césars.

Quel remaniement ministériel ? Colère-man à l’éducation ? Ghostbuster à la solidarité ? Le logement réduit à un secrétariat ? Tandis qu'Hortefeux (rien trouvé de drôle) à l'intérieur orientera, c'est certain, la police vers des perspectives plus délicates et humanistes. Elle en avait grand besoin.

Seul point positif, la disparition du secrétariat aux droits de l'homme. De la Burqa-phobie aux quotas de reconductions à la frontière, au moins la ligne éditoriale est claire.

Et que dire du kamikaze Frédéric Mitterrand qui, disposant d'un bon capital sympathie, signe pour se faire détester dans les 2 ans ? Il faut s'être tapé depuis une décennie les éditions du trombinoscope pour comprendre que le principal métier de nos people d'état est d'avoir, par tout temps et toute opposition, un mandat quelconque quelque part. Aux salaires et à la rente, s'ajoute parfois comme dans le cas du neveu néo-nervi, la gloire d'un moment où l'on se sent vraiment important.

Dommage pour Frédéric, atteint de la fièvre Dati provoquant chez le sujet excès de strass et hallucinations de paillettes, il oublie que dans cette monarchie, les ministres n’ont que deux fonctions : Flatter le roi et être décapités à sa place.

Un Guéant, un Gaisno, même un Lefebvre, ont bien plus de pouvoir que les paltoquets du 23 juin. Ils façonnent l’opinion sur le fond, en privilégiant la forme. Ceux-là sont toujours bien en place et y vont à fond dans la réforme. Pour toi, chair à pâté de quinquennat, bon client de torche-culs à potins de stars, rien ne change. Et tant que l'on parle d'eux, on ne parle pas de toi.

* live-blogging et autres échanges compulsifs de commentaires virtuels de moins de 140 caractères entre gens du même avis.

23 juin 2009

[video] Ne pas lâcher Karachi

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Scoop J+4 et pas trop trop de buzz...

Un petit résumé en images animées avec du son dedans, de ce que j'ai capté des Retrocom' du président : Une affaire qui fait beaucoup de bruit...mais uniquement sur internet.



Très bon résumé de la situation par Luc Mandret et démontage du mécanisme chez Olivier Bonnet.

22 juin 2009

Puisque l'on vous dit que la presse a des problèmes

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Ce matin en une de Libération, cherchez l'erreur :

Ça sent déjà les vacances et la cargaison de nouveaux stagiaires à Libé... Merci à ceux qui ont repéré la coquille. Signé : Un pauvre blogueur qui n'a pas le budget quotidien pour s'offrir l'information des quotidiens payants.

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