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1 octobre 2010

la loi des pauvres, le budget des riches

par

Eric Besson[1], bon sbire UMP, est là pour occuper le terrain et être détesté. Prélude à la discussion d'un projet de loi à l'assemblée sur l'immigration, l'intégration et la nationalité, sa déclaration sur la "machine à faire des "bons français" est du pur jus de clivage, excitant les uns, dégoutant les autres, le tout sur le dos de populations pauvres, instrumentalisées, déplacées comme des ballots de paille puisque responsables des 2, 4 ou 5 millions de chômeurs (what the fuck puisqu'on ne les compte plus), de la désindustrialisation du pays et d'avoir fomenté un complot avec AlQaida pour permettre à Liliane Bettencourt d'échapper à tout contrôle fiscal depuis 13 ans.[2]

Les barnums Rom et de la déchéance de nationalité font partie du spectacle (hautement détestable) destiné à occuper du temps d’antenne "qui fait débat" dans les tranches "information" intercalées entre deux plages de débilité et une pub pour un crédit auto. Tu remarqueras que le passage à l’assemblée de la loi de Besson coïncide avec le vote du Budget 2011 de l’état. Et, au survol de celui-ci, tu comprendras aisément pourquoi ton vénéré Monarque préfère que tu t’agites sur la traque du patriote parfait. Normal, le budget tabasse au bas mot 30 millions de français. Et le français, parfois, ça vote.


This is it, nous entrons dans la rigueur. En décodé : tu te croyais sans thunes, tu vas voir que c'est possible de tomber encore plus bas. Pour l'occasion, le piano à musique est de sortie : ton gentil gouvernement d'experts en mensonges et contorsions rhétoriques en plastique mou ne dit pas "hausse d'impôt" (ça fait désordre vu qu'il a promis l'inverse en 2007) mais "coup de rabot sur les niches fiscales".

Une "niche fiscale" peut se cacher derrière un abonnement internet pas assez taxé. Ce sera réglé dans les prochains moins. S'ajouteront la suppression de la rétroactivité de 3 mois précédant la demande d'aide au logement, la fin des déclarations fiscales séparées pour les jeunes mariés... et plein de babioles promises à se multiplier grâce à un gouvernement qui, dans le domaine de la tonte des classes moyennes, s'active comme rarement.

Colle à la douloureuse 2011 les déremboursements supplémentaires de la sécurité sociale et, en effet boomerang, la hausse de 10% des mutuelles complémentaires ainsi que la poursuite du non-remplacement d'un agent du service public sur deux partants à la retraite et tu seras un français comblé.


Le taux d’imposition de la tranche la plus aisée ou les banques sont marginalement touchés. C’est la fiscalité lié aux revenus du travail qui est frappé. Le budget 2011 est un pur plan de bataille pour combler avec l'argent des travailleurs un déficit creusé par le manque à gagner des aides fiscales consenties à La France des rentiers.

Rappelons la chronologie :

Mai 2007 : coup d'état démocratique du Monarque sur la République.

2 semaines après : baisse des impôts pour les riches, suppression de l’impôt sur les successions = moins de rentrée d’argent dans les caisses de l'état.

2 ans après : la fine équipe tourne en boucle sur les ondes pour appeler les citoyens à plus de responsabilité en les angoissant avec le déficit budgétaire. Donc : réduction des effectifs, infirmiers, enseignants et policiers [3] mais aucune remise en question des cadeaux aux plus riches. On ira encore probablement te prétendre que, (mon cul de) bon sens oblige, la richesse ruissellera sur les pauvres.

L'économiste Jacques Généreux (Parti de Gauche), précise dans une interview à Libération : "On nous dit qu’on a aujourd’hui à peu près 32 milliards de déficit, là, maintenant. Et on a besoin de 45 à 50 milliards d’ici 2020 et peut-être 100/115 milliards à l’horizon 2050. Imaginez que si on avait simplement maintenu le barème de l’imposition sur le revenu de la fin 1999, c’est-à-dire vous éliminez tous les cadeaux fiscaux qui ont été faits aux plus hauts revenus depuis les années 2000, au cours des dix dernières années, mais ça fait presque 100 milliards de ressources en plus pour l’Etat !"


Les ménages modestes ne manqueront pas, avec tout cet argent qui leur restera dans les poches et ces emplois super bien rémunérés tombant tout seul des cocotiers d'Arros, de "booster" la croissance nationale en consommant comme des furieux.

Sont donc à craindre : une hausse de la pauvreté, un renforcement des dysfonctionnements dans les services publics, une montée de la peur, de la colère et du désordre. Et qui dit "désordre", dit "menace", appelle "Karcher" immédiatement suivi de son pote "répression". Autant de termes régulièrement assénés à tes oreilles pour tisser de nouvelles polémiques avec Ministres et portes-parole occupant ton "temps de cerveau disponible", ne résolvant rien, drapant la tragique réalité d'un pays désormais divisés entre ceux qui s'enrichissent et ceux qui subissent l'enrichissement des autres.

Car, non redistribué, ce pognon n'est que nuisance. L'existence même de ce gouvernement en est la plus absurde des preuves.


Bon, sinon, comme d'autres européens, demain on remet ça dans la rue. Et comme le dit une multinationale qui prospère à empoisonner la planète des fauchés : "venez comme vous êtes !"

* * *

[1] Sérieux prétendant au "Fiststincteur d'or", la célèbre compétition outdoor de fist-fucking à l'extincteur.

[2] As-tu noté cette curiosité dans le merveilleux monde UMP fait de certitudes génétiques ? Si la délinquance y est associée à l’immigration, l’immigration et souvent associée à pauvreté. Comprends ainsi que l’on va pointer du doigt et expulser certains catégories d’individus (qui font partie de l’Europe) leur empêchant même de renouveler de courts séjours de trois mois sur le territoire alors que le nabab russe, le parvenu brésilien ou le parachuté doré américain qui achète cash un appartement dans Paris peut aller et venir à volonté, même si le plus souvent il ne séjourne dans notre beau pays que deux semaines par an, ne consommant donc rien sur place, ne faisant aucunement tourner l’économie et contribuant, dans l'euphorie des marchands de pierre, à la hausse des prix de l’immobilier dans un pays rongé par le mal logement.

[3] Ce qui est d'une cohérence profonde avec "la guerre" de cent ans "contre la délinquance" déclarée tous les deux ans par le Monarque. Rappelle-toi, dans ce gouvernement de télé-réalité, castant, scénarisant, multipliant les bandes-annonces, les risques d'évictions, les règlements de "la voix", les rumeurs de coucheries et les buzzes : tout est spectacle et communication.

9 mai 2010

Guaino et l'homme de fer

par

Je sonne comme du Chuck Norris mais je cache un bilan à la Fernandel ?

Je suis, je suis... "3 ans d'action" : une brochure distribuée par l'Élysée aux députés le 6 mai dernier qui résume un bilan qui crispe 7 français sur 10.

En cette période d'accélération de l'histoire, où la destinée européenne se joue sous les coups de bâtons des banques et des états, où l'insurrection est redoutée, notre sauveur au profil bas a la célébration discrète de ses trois années de règne.

Ses conseillers de l'ombre se chargent donc de retendre les mailles du trampoline idéologique sur lequel l'électorat traditionnel de droite rebondissait si bien.

Le cas d'Alain Minc étant réglé, intéressons-nous à celui qui écrit tout bas ce que le monarque pense tout haut : Henri Guaino, conseiller "spécial" de l'Élysée gratifie Le Figaro d'une LOL interview qui fait froid dans le dos.

(Le guide du guide vu par Rimbus)

La plume du président y revient sur "le gel des dépenses publiques" (une des moult contorsions sémantiques de l'UMP pour ne pas prononcer le mot "rigueur" dans les jours suivant l'adoption du plan d'austérité grec) et sur le bilan des trois moroses années du monarque (oui j'ose le mot "morose" car, hormis pour quelques fortunés voisins qui ont pu passer leur 180m2 à 220 m2 en rachetant les deux studios d'à côté "parce que les taux d'intérêt n'ont jamais été aussi bas, et qu'à 320.000 euros c'est donné", je n'ai observé dans mon entourage que des gens dont la situation professionnelle ou financière s'est dégradée ces trois dernières années.)

Dans un soucis de lisibilité, le nom du monarque a été remplacé par une récente référence américaine qui parlera aux plus jeunes. Les notes de lectures sont en gras, la caricature d'origine en italique.

Henri Guaino au sujet de "la rigueur"...

"- La «rigueur», c'est l'ajustement économique par la baisse du pouvoir d'achat. Ce n'est pas du tout la politique d'Iron Man 2 et du gouvernement. Une telle purge déflationniste casserait la reprise et creuserait davantage les déficits au lieu de les réduire."

[Tandis que la spirale inflationniste qui s'amorce face à des budgets et des aides gelés, elle, contribuera à la hausse du pouvoir d'achat des plus défavorisés.]

HENRI GUAINO
"- Quelle est la politique du gouvernement depuis trois ans ? Ne pas augmenter les impôts..."

[Encore faudrait-il en payer. Ce n'est pas le cas d'une bonne moitié des français. Devinez laquelle. Indice : Elle ne lit pas "Le Figaro".]

"- investir [où ça ?], réduire les dépenses courantes..."

[mais aussi les recettes fiscales, exemple ce bouclier profitant aux rentiers ayant reçus de bons gros chèques de remboursement d'impôt.],

"- poursuivre les politiques structurelles pour rétablir la compétitivité de notre économie."

[Tiens le loqueteux, on s'intéresse à ton cas : T'as trop de droits sociaux, tu ne travailles pas assez, tu coûtes trop cher à ton entreprise* mais, peu à peu, à coups de latte dans tes acquis, on t'arrange la carrosserie pour que tu sois plus aérodynamique.]

"- Cette politique ne change pas."

[Nous avons à faire à des gens déterminés. Les manuels d'histoire regorgent de ces hommes qui, jusqu'au bout, restèrent fidèles à leurs engagements. Ils sont généralement classés à la rubrique : massacre.]

Interrogé sur le déficit français (NB : passé en trois ans de 3.4% du PIB en 2008 pour atteindre peut-être les 10% en 2010) Henri Guaino répond :

"- Comme dans tous les pays, parce que la crise a provoqué une chute des recettes fiscales et une augmentation des dépenses sociales."

[Chute des recettes ? Et le paquet fiscal à 15 milliards en 2007, la faute à la crise ? Et les 500 niches fiscales à 70 milliards d'euros par an ? Et l'exonération des droits de succession ? Et la réduction de la TVA pour les restaurateurs ?]

" - Il y a bien sûr aussi le plan de relance. Mais il a été ciblé sur l'investissement plutôt que sur la stimulation à fonds perdus de la consommation."

[Donner de l'argent à ceux qui en ont besoin en priorité ? Pas le genre de la maison. Malheureux, les pauvres achètent chinois ! Vaut mieux qu'ils crèvent de faim, sur-endettés avec des revolving à 20% bien de chez nous, non mais sans blague !]

" - ...Depuis trois ans, le gouvernement tient fermement le cap entre ceux qui veulent jeter l'argent par les fenêtres et ceux qui ne voient de salut que dans les politiques sacrificielles."

[Effectivement le gouvernement fait les deux : Les sacrifices concernant une large catégorie de français tandis que, sous les fenêtres, une petite partie récupère l'argent.]

Au sujet de la dangerosité de la situation des finances publiques, Guaino trahi tout de même une inquiétude :

" - Il faut apurer le passif de la crise, mais sans étouffer le retour de la croissance. Le mot d'ordre d'Iron Man 2 c'est : «Garder son sang-froid». Plus le climat est à la fébrilité, plus c'est nécessaire."

[Nous parlons ici du passif financier et non humain. Que du côté de ceux qui n'ont rien ou de moins en moins, il y ait de la colère, du dégout, du rejet, du renoncement cela se comprend. Mais l'expression "garder son sang-froid" utilisée du côté du pouvoir interroge. N'impliquerait-elle pas une notion de peur physique ?]

QUESTION DU FIGARO
"La crise grecque ne pousse t-elle pas à une politique plus restrictive ? "

HENRI GUAINO
"- La crise grecque n'a rien à voir là-dedans."

[Étonnant cette volonté de dissocier les destins grecs et français alors que l'annonce du "gel des dépenses" par le Premier Ministre dans la foulée de l'annonce de "l'aide" à la Grèce vise à rassurer ces mêmes agences de notation ayant accéléré la chute hellène. Les pros de la baston vous le diront : "Après le coup de boule, la baffe passe toute seule". Gageons qu'au prochain désoudage économique d'un état par les spéculateurs (qu'après la capitalisme, la finance et les serial-killers le monarque déclare vouloir moraliser), une nouvelle étape de "rigueur" locale sera franchie tout en euphémisme.]

Henri Guaino à propos de "la rupture" et des 3 ans de présidence :

"...Malgré les difficultés de tous ordres, malgré les crises sans précédent qu'il a dû affronter depuis trois ans, Iron Man 2 n'a pas un instant dévié de cette ligne. Après tant d'années de renoncements, d'inaction, de résignation, pour moi, c'est l'essentiel."

[Oui c'est vrai quoi ! Il nous faut rester uni pour que triomphe les droits de l'homme riche, minorité honteusement stigmatisée dans un monde sous la crasse et croissante emprise numérique de cet homme pauvre qui ne sait pas rentrer dans l'histoire.]

"Heureusement qu'il y a eu le volontarisme d'Iron Man 2 face à toutes les crises traversées depuis trois ans. Sans la France, sans Iron Man 2, la Géorgie aurait été rayée de la carte, il n'y aurait pas eu de G20 [c'était cool, on a fait des belles photos], ni de réponse européenne à la crise financière [mais de dernière minute, après avoir consciencieusement laissée s'enliser la Grèce dans sa dette et, peut-être, en conditionnant l'aide à la vente d'armes et de frégates françaises], ni de plan de sauvetage de la Grèce [Ah oui, on ne vous a pas dit : La Grèce EST sauvée !]. Où en serions-nous s'il n'avait pas décidé avant tout le monde de ne laisser tomber aucune banque ?" [nous ? probablement sur nos jambes et les banques mortes : cette hypothèse n'empêchant pas de dormir les plus fauchés d'entre nous, de plus en nombreux et pressurés par les agios bancaires.] "Que ce serait-il passé s'il n'avait pas mis en œuvre le plan de relance en brisant tous les tabous de l'orthodoxie ?" [Bon il n'a pu mater le volcan islandais mais avait des niqabs à combattre et ne pouvait pas être sur tous les fronts simultanément.]

Interrogé sur "l'absence de résultats concrets pour les français" (sic) :

HENRI GUAINO
"- La crise est passée par là. "

[Dès fois, je me dis : "Comment feraient-ils sans la crise ?" ce qui nous renvoie à la théorie de "la claque et du coup de boule" que certains appellent "stratégie du choc".]

Le passage le plus croustifondant reste celui sur la crédibilité du monarque...

HENRI GUAINO
"Jamais depuis des décennies la France n'a été aussi écoutée, aussi présente, aussi influente sur la scène du monde...

(exemple de présence sur la scène du monde. Ici, la chine - Photo floutée pour des raisons de crédibilité.)

"...Cela ne rend que plus extravagant le procès en illégitimité que font au chef de l'État certains médias et certains milieux qui n'ont jamais accepté son élection. [Alors là, je me demande bien qui ?] À voir tous les jours ce qu'il donne de lui-même dans l'exercice de ses fonctions, je ne peux m'empêcher de me demander s'il faut chercher la cause des attaques incessantes dont il est l'objet dans la bassesse ou bien dans la dérive d'une société qui, en détruisant toute forme d'intimité, désacralise toutes les fonctions et toutes les institutions.

[Et là, comme d'autres, j'ai envie de dire "faudrait peut-être pas oublier qui a commencé..." .]

(exemple de protection de l'intimité. Ici, le rêve américain. Photo floutée pour des raisons de crédibilité.)


"Dans tous les cas, c'est inquiétant." [Enfin un constat avec lequel je suis OK. Nous avons passé le stade de la déconnexion entre l'élite et le peuple pour entrer dans celui de la défiance totale des uns envers les autres. Au regard de cette semaine où les états européens ont montré au grand jour de quel bois humain ils se chauffent, cette situation ouvre sur les plus funestes possibilités ."

Je vous laisse apprécier le reste de l'entretien où le conseiller reconnait que "le pouvoir d'achat ne se décrète pas" [la tuile, on nous aurait menti ?], que "La clef est dans la croissance, dans le partage de la valeur ajoutée, la revalorisation du travail, le recul du chômage…" [ce qui au regard de l'explosion du chômage et des chômeurs non-comptabilisés ou en fin de droit, des délocalisations, des plans sociaux et des prévisions de croissance à 0.1% pour 2010 est des plus savoureux....]

Heureusement, en 2012 c'est le surfeur d'argent qui nous sauvera.


[update 10.05 à 10.05 : l'histoire va tellement vite que, ce Lundi matin, c'est l'Europe qui est sauvée.]


* de plus, si j'en crois la télé, ton môme est le dernier en classe, il traine sur internet et tu lui files des fessées.


6 juin 2009

De ce scrutin las

par

Mystérieux naufrage. Retrouvera t-on un jour la boîte noire des élections européennes de 2009 ?

J'ai beau chercher, je ne me sens pas coupable de mon désintérêt. Diantre, personne n'aura su me le vendre ce scrutin !

La télé d'abord. La baffe du "non" de 2005 se fait encore sentir. Rappelons que la propagande du "oui" débuta en mars sur ce média pour se poursuivre sur une ubuesque tonalité quasi "colère" après la déconvenue des urnes. Cette fois pas de risque de se gourer : Rien en prime-time tv ou pire que rien, à vous de juger.

Les politiques surtout. Idées plates et com' à la con, spots de campagne où même les bons clients nous accablent par leurs contre-performances. L'homo-politicus aligne le discours au niveau de ses ambitions. Les européennes, c'est le cadeau électoral empoisonné. Si tu gagnes, faut t'y coller et pour quelle gloire ? Siéger à Bruxelles, ce n'est pas avec ça que l'on apaise ses fantasmes de souverain. En découle une campagne pour la forme, transpirant le contrecœur, une tribune pour certains, un tour de chauffe pour d'autres et, pour ceux qui occupent déjà tous les postes de direction nationaux : Une case supplémentaire à cocher sur le QCM de la démocratie pour les nuls.

"Européennes : Pour qui votent les blogeurs ?"
s'interrogeait récemment Vendredi.

Le plus populaire d'entre nous devant cumuler en une journée d'audience ce que Supercopter récolte en dix minutes de rediffusion sur la TNT, je reste mesuré sur l'influence de ce petit monde au-delà de sa sphère de prédilection mais bon... puisque personne ne me demande mon avis mais que je le vote bien, réfléchissons ici à la question : Vers qui va mon bulletin ?

Vers le NPA ? Trop "anti" pour moi. Pourquoi voter pour casser ? Pas besoin d'un bulletin pour ça : Une bonne batte suffit.

Vers la logique d'une gauche frontale et unitaire qui rouleau-compresserait le méchant capital ? Si elle a toute ma sympathie et mes encouragements, je m'interroge encore sur sa destination finale.

Vers le PS (a.k.a stratégie du vote par l'absurde) ? Envisageable juste pour l'ulcère perforant qui déchirerait le storm-trooper Lefebvre si, au soir du 7, le parti socialiste dépassait les 25%. Mièvre consolation. Là aussi détection d'une anomalie lexicale : Au PS, si le parti se fait sentir, on cherche encore ses socialistes.

Vers le Modem ? Inquiétude fondamentale concernant les termes choisis : "mouvement" et "démocrate". Deux mots suspects lorsqu'il sont prononcés par un homme faisant main basse sur ses contradictions, dont la seule visée c'est le pouvoir suprême et le seul parti c'est lui-même.

Vers les listes écologiques et décroissantes ? Les seules à remuer des question de fond pour réorienter une Europe dont le seul ciment reste la monnaie, vers des chemins de traverse plus apaisés. Pas besoin d'un vote pour être décroissant, être sans euros aide vachement.

Vers l'alternative libérale ? Préférons le sucre à l'aspartame.

Vers la majorité présidentielle ? Seule formation à l'idéologie sans équivoque, sur laquelle je peux compter pour ne jamais me décevoir.

Vers l'exutoire d'un coup de gueule sans lendemain ? J'ai passé l'âge.

Dans ce débarras du choix (29 listes en IDF), par mon vote sous pli, nourrir la bête électorale des atomiseurs de république qui dimanche soir triompheront du haut de leur quart de suffrages exprimés : C nou kon é lé + grands !

Fidèle à ma devise "s'il subsiste un doute c'est qu'il n'y a pas de doute", témoin du ridicule des ambitions et de la médiocrité du débat, s'offre une option inhabituelle pour moi : Celle de l'abstention. Ne serait-ce qu'en mémoire du 29 mai 2005. Référendum suivi de son after-eight à la crème de cocu : Une ratification privée éclairant l'électeur lésé sur la finalité de l'Europe du marché et les moyens démocratiques dont elle se pare pour s'imposer peinard et livrer ses peuples aux lobbies.

Boycott du vote par dépit, juste pour cette fois, pour l'honneur à défaut d'utopie. Puisqu'au niveau européen nous ne sommes que des figurants, qu'au niveau national cela vole encore plus bas, que personne ne désire gagner, pourquoi ne pas hausser de la non-voix et semer le doute dans nos duchés ?

A moins bien sur qu'au dernier moment le soleil perce, que je change d'avis et que j'aille voter Europe-Ecologie.


Illustration Flickr / David Reverchon. Normal que l'Europe ne me fasse pas réver. Depuis le début, elle ne fait que compter.

5 août 2007

LA NOUVELLE FRANCE EST UNE VIEILLE AMERIQUE

par
Sarkozy a vendu à ses cons de citoyens une idée d’une France à l’américaine qui serait, dans l’inconscient national grégaire, une nouvelle Californie. Dans la réalité, avec son déséquilibre économico-démographique favorisant les rentiers du papy-boom, son dialogue au passé avec elle-même, un conservatisme triomphant dans tous les domaines, son explosion de l’investissement foncier, ses esclaves jeunes et non-intégrés généralement basanés délibérément maintenus incultes et Disneyland au milieu pour distraire, La France ressemble bien plus à La Floride et rien ne ressemble moins à La Californie que La Floride.

La Californie est un état jeune, dynamique et urbain, basé sur l’apport des étrangers, fer de lance en terme de technologie et de divertissement, son gouverneur est autrichien. La Floride est un ghetto de banlieues interminables et réservées aux vieux les plus riches - et blancs - du pays dont le patrimoine boursier est géré par les fameux fonds de pension dont on apprécie chaque jour à chaque coin du globe le chaos social dont ils sont (petit-)porteurs, le gouverneur est le frère de George Bush. A l’inverse de La Californie, La Floride ne crée strictement rien et surtout pas du patriotisme. La pratique décontractée du golf entre vieilles peaux burinées par le soleil se déplaçant en mini-karts climatisés y est le seul semblant de cohésion citoyenne. Et pourtant, malgré sa complète non-représentativité du reste des Etats-Unis, c’est bien grâce aux voix de La Floride que ce pays a basculé dans l’ère du tout Bush. Il faut y voir le dernier signe d’alarme de nos démocraties en fort mauvais état.

Quant au reste des Etats-Unis, avec ses mobiles homes moisis, ses usines désaffectées, ses ponts qui s’effondrent et ses coupons de rationnement, il a plus à voir avec le Michigan ou le Delaware qu’avec La Californie ou La Floride.

28 février 2007

DECRYPTONS SARKOZY

par
Dans leurs discours, Les néolibéraux vantent l’esprit d’entreprise. Quelle hypocrisie ! D'abord ils n'ont pas d'esprit et s’il y a bien une chose que le néolibéralisme ne digère fondamentalement pas c’est que les gens entreprennent. Le monde néolibéral dépend avant tout des consommateurs et non des créateurs. Les progressistes cachent des conservateurs : tout pour nous et surtout que rien ne change d’un poil, excepté nos profits.
Derrière le ensemble tout est possible de Sarkozy, il faut lire : tout sera mieux pour mes intérêts et ceux de mes amis. L’art du bonhomme fait d’oxymores réside dans son aptitude à faire croire à la majorité des français qu’ils sont ses amis.

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