8 avril 2014

Des nouvelles du Front

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On vous a prévenu, la révolution est en marche, le FN au pouvoir ça va envoyer du pâté ! 

Après l'exigence du retour du porc dans les cantines, une priorité nationale (sauf qu'il n'était, en fait, jamais parti), voici que Steeve Briois, maire FN fraîchement élu d'Hénin-Beaumont annonce sa priorité économique pour endiguer le chômage qui touche durement la commune.

Supprimer le local de la Ligue des Droits de l'Homme.

REP A SA LA MISAYRE !

Il faut dire que ça urgeait. 20m2 et une subvention annuelle de 300 euros (pour une valeur locative d'au mieux 300 euros / mois) : autant dire un gouffre financier mettant en péril la communauté, ou  la liberté d'expression (et oui, on y affichait quand même de la poésie en vitrine, voyez-vous c'est le début du gauchisme le plus atroce). 

Meanwhile, plus au Sud...

Au large de Malte, de gentils activistes d'extrême droite entamaient une action pédagogique de sensibilisation aux droits de l'homme blanc en voulant exposer combien il est simple pour un Africain de traverser la méditerranée afin d'envahir l'occident déliquescent afin de violer nos boulots et candidater pour nos femmes.

Manque de bol. Ont-ils voulu faire cuire un rôti de porc sauce blanche à bord ou simplement profiter de l'absence de leurs mamans pour jouer avec des allumettes ? Toujours est-il que l'odyssée nazie a vite tourné en Titanic aryen, la barque prenant feu sous leurs yeux ébaubis sur tête de QI négatif. Nos vrais cons maltais appelant à l'aide secours et armée avant de rembourser les frais entraînés par cette brillante opération de com' dont je m'étonne qu'elle n'ait pas eu plus d'échos dans nos médias locaux.

C'est-à-dire qu'ici l'intolérance est une part de marché à ne pas trop brusquer.

Un sondage commandé par la commission nationale consultative des droits de l'homme (oh zut encore eux) nous apprenait récemment que 35% des Français se déclarent racistes, avec une grosse proportion (26%) de "un peu racistes". 

- Tu es raciste toi ? 
- Non je suis un peu raciste. C'est pas pareil, tu vois. 
- Non je vois pas. 
- Bah c'est à dire, le vrai raciste il va traverser la méditerranée en barque pour montrer que les autres veulent nous envahir. Le un peu raciste, il reste sur la rive et applaudit discrètement de ses mains propres le vrai raciste.
- En fait le un peu raciste est encore plus minable et lâche que le vrai raciste ?
- Voilà c'est ça. T'as complètement un peu raison. Sur ce, je vais voter FN aux européennes parce qu'on va comprendre ma souffrance, parce que j'adore le porc, l'intelligence et la natation synchronisée.

Illustration : les carnets secrets d'Eric Zemmour.

Seb Musset, L'abondance. 
+ d'infos
Disponible ici en papier ou ebook.






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3 avril 2014

L'ennemi

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« Je sais que je ne suis pas en harmonie avec une bonne partie de mes camarades socialistes, mais je pense qu'à ce niveau de chômage il faut aller vers davantage de flexibilité, et vers des boulots qui ne sont pas forcément payés au Smic »
Pascal Lamy (ancien patron de l'OMC, encarté au PS, proche de François Hollande) dans l'émission Question d'info sur LCP 02.04.2014

Je l'ai annoncé ici il y a plus d'un an. Alors que le niveau de pauvreté est à peine moins élevé que le salaire minimum, lui-même pas si loin du salaire moyen (et que dans ces conditions, il n'est évidemment pas question pour tout économiste sachant compter jusqu'à 2 d'envisager l'ébauche d'une esquisse de reprise), nos têtes pensantes proches du pouvoir préparent gentiment l'opinion à la baisse des salaires

Pour nos experts, l'objectif n'est pas un retour au plein emploi. Ils savent pertinemment qu'à l’ère de l'automatisation et de l'informatique révolutionnant la compétitivité (on produit 3X plus avec 10X moins), le plein emploi est illusoire. Le débat sur les cotisations et les charges (en langage de droite) est également dépassé : chaque allègement de cotisations consenti depuis 30 ans n'ayant jamais entraîné une quelconque reprise de l'emploi. Non, l'objectif des Lamy et des Lenglet (sa version confipote démoulée chaque soir à la TV) pour le bien-être des puissants est un retour au plein emploi à tout prix, donc gratuit (enfin pour vous, parce que pour eux les contrats juteux pour expertises molles, les dividendes et les rentes continueront à tomber).

Pascal Lamy veut donc de "l'audace". Marrants comme nos messies du marché demandent prioritairement (euh exclusivement même) aux crevards d'être inventifs, dociles et avides de sacrifices. Lamy en profite (il est de gauche c'est vrai) pour rappeler aux pauvres mécréants que nous sommes, osant exiger un luxueux SMIC au bout de cinq ans d'études ou trente ans de turbin, les mérites du travail (de la "valeur travail" aurait-on dit à droite en branlant du symbole pour mieux ne pas aborder la question de la contrepartie financière du taf en question) : "Un petit boulot, c'est mieux que pas de boulot ". 

Non l'amigo, un petit boulot c'est un petit boulot, ni plus ni moins, et c'est quand même souvent de la merde, néfaste pour la santé qui plus est. Ceci étant posé : ça reste du travail. Et tout travail mérite un salaire décent (cela va de soi et ce n'est pourtant déjà pas le cas pour des millions des Français qui se cassent le cul à bosser pour pas grand-chose précisément à cause de l'avidité du patronat, des actionnaires et de cette mondialisation sauvage dont tu appelles dans la même interview à ce qu'elle soit enfin embrassée et appréciée par nous autres, "les pessimistes").

J'en profite pour te reposter ce petit graphique de l'INSEE pour te rappeler où se trouve l'argent et qui a vu ses revenus gonfler ces dernières années :


Gentil Pascal qui nous veut du bien, toi le fin observateur de la chose sociale, note que cela fait deux bonnes décennies qu'il existe déjà un servage institutionnalisé pour jeunes et moins jeunes. Nous autres, les gueux, on appelle ça des stages. Même que les gens comme toi ont réussi à nous faire rentrer dans la tête que c'était obligatoire pour nos carrières alors que c'est surtout capital pour les marges des entreprises et que cela a détruit plus d'emplois qu'autre chose.

Donc merci Lamy pour tes nouvelles solutions. Non seulement elles sont tout sauf nouvelles, mais elles sont déjà la cause directe des malheurs du plus grand nombre.

Si ce n'est par intelligence, par décence au moins, abandonne le foutage de gueule pour te consacrer à un autre hobby plus en adéquation avec ton profil : golf, collection de boites à caviar ou soirées belote avec les lobbies.

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1 avril 2014

Le pouvoir de la farce

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Et donc ce quinquennat tourne au burlesque.

Entendons-nous, à la différence d'autres à gauche, je n'ai rien contre l'homme Manuel Valls. C'est un ballon de baudruche qui présente bien, un arriviste un peu trop vite arrivé, un produit du marché qui, il y a trois ans tout juste, déclarait vouloir en finir avec les 35 heures (ça lui a porté chance, il a fini 6% aux primaires du PS). Je suis sceptique et non pas haineux envers l'ex ministre de l'Intérieur nommé Premier Ministre en catastrophe. Je le sens tout à fait apte à précipiter l'avènement de la droite dure aux plus hautes responsabilités. 

Il fait presque l'unanimité contre lui à gauche et personne à droite ne l'aime (non les sondages d'opinion, ce n'est pas de l'adhésion : c'est juste que Valls est l'homme de "gauche" le moins détesté à droite, nuance. Cette attitude n'a jamais généré un seul vote). 

En revanche, je suis comme d'autres, écoeuré. Au lendemain d'une tarte électorale pour le gouvernement (dont on pouvait totalement avoir une autre lecture qu'une demande de droite) sa nomination à Matignon entérine que le changement ce sera ni maintenant ni jamais. On n'arrête pas une politique économique qui merde de la cave au grenier.

Cette vision éculée agitant les lunes poussiéreuses de l'indépassable croissance salvatrice et du "coût du travail" responsable de tous nos maux réussit l'exploit d'être un ratage tant sur le fond (prévu depuis un moment tant la méthode employée est la même que d'habitude) que sur la forme (la communication du pouvoir est un massacre depuis deux ans, la compilation de tout ce qu'il ne faut pas faire).

Derrière la farce, tout ceci est on ne peut plus logique (pour une fois) : Valls est l'homme parfait pour persévérer, et s'acharner dans l'erreur.

Ce pouvoir va donc enfin accomplir quelque chose de cohérent : une vraie politique de droite. Libérale et sécuritaire, pro-patronat et austère. Bref, de la vraie violence avec perdu au milieu un "volet social", comme une jolie rose isolée dans un champ de mines.

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29 mars 2014

[Quiz] 36 questions pour savoir si tu es (vraiment) anti-système

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Participe à notre grand test du printemps, pour savoir si, oui ou non, tu es un/une véritable anti-système. Pour cela, il suffit de répondre par oui ou par non aux questions suivantes :

1 / Tu détestes la télé ?

2 / Tu as acheté ta maison trop cher parce qu'on t'as dit de le faire à la télé ?
(mais c'était pour les enfants).

3 / Tu aimerais bien tout envoyer balader, mais faut rembourser la maison ?

4 / Tu veux des coups de bâton pour les autres, de l'ordre autour du pavillon, mais de l'anarchie pour toi et de la clémence quand t'es flashé à 170 en ville ?

5 / Tu regardes les Ch'tis à Hollywood, mais attention, au "second degré" ?

6 / T'aimes pas les moutons, mais ton centre co' tu l'aimes bien quand même, rapport qu'il y a des pures promos ?

7 / Tu sais de source sûre qu'on enseigne la pédophilie à l'école ?
(Si si, tu l'as lu sur un SMS).

8 / Tu combats le nouvel ordre mondial, mais t'es pas foutu(e) dire "non" à Mamour quand elle / il veut regarder la 2 et toi la 1 ?

9 / Tu crois que les élections sont pipées d'avance ?
(Pas la peine de voter, on ne fait jamais attention à toi. C’est pour ça que tu n’es pas inscrit sur les listes électorales. Comme ça, t'es certain de ne jamais être pris en compte. Etre méprisé, c'est un travail à plein temps).

10 / Tu penses que c'était mieux avant et qu'il nous (enfin leur) faudrait une bonne guerre ?

11 / Tu es trop malin pour être de gauche ou de droite ? 
(C’est réducteur. Tu l'as vu sur Youtube dans un documentaire censuré sur l'assassinat de Michael Jackson par le Mossad).

12 / Mais t'es surtout pas de gauche ?
(Faut pas déconner non plus).

13 / Hollande n'est pas ton président ? 
(Kadhafi, Bashar, même Sarko, ça au moins ça claque sa chatte).

14  / T'aimes bien te détendre devant Fight Club vs. Matrix avec un petit joint ?

15 / Tu ne supportes pas les glandeurs ?

16 / Tu trouves que, putain, elle est bien la voiture du voisin et que c'est pas normal rapport qu'il est fonctionnaire ?

17 / Tu vas chez le docteur tous les deux jours ?
(Pourquoi se faire chier, c'est remboursé !).

18 / Tu ne supportes pas les assistés ?

19 / Tu sais que c'est à cause des zélites que les valeurs s’effondrent ?
(Ton endettement, ta surconsommation, ta voiture, ta dalle de béton coulée au milieu de nulle part pour laquelle tu vas payer trente années de sueur et vendre un rein, tes nains de jardin fabriqués à trois continents d'ici : tout ça tu n'y es pour rien).

20 / Tu as acheté un tee-shirt I love Chavez  à -50% sur Le bon coin ?

21 / Tu sais que tu n'as pas le choix, que t'es un déclassé, une victime quoi ?
(Tu mérites mieux, t'es plus intelligent, informé et instruit que les générations d'avant réunies et multipliées au carré).

22 / Tu peux faire la queue deux heures au MacDo ?
(Non mais c'est pour les enfants quoi).

23 / Tu sais que l'éducation nationale, c'est manipulation, décadence et compagnie ?
(Vive l'école privée, mais dommage que ce soit payant).

24 / Tu ne t'informes pas, tu te conscientises. L'information c'est pour les gonzesses.

25 / Sur Facebook, tu conclues toute controverse un peu complexe sur la recette secrète du Nutella, les techniques de macramé, le dernier Bilbo le Hobbit ou le temps qu'il fait d'un : SAY LA PHOTO JUIFS ?

26 / T'as un compte à la SocGen, un abonnement Canal+; à BeinSport,  un Iphone, un S4, Une ou deux WII, trois tablettes, un écran plat dans chaque pièce, une assurance-vie "parce que les retraites c'est foutu", une alarme et tu vas une fois par an en week-end à Disneyland ?

27 / Tu aimes la subversion ?  
(Enfin dans l'idée, ça te plait bien. C'est bon pour l'image et ça fait bien chier les zélites).  

28 / Tu bosses 50 heures payées 35, t'es stagiaire, employé à un demi-SMIC à faire le boulot de 12  ?
(Parce que quand même faut s'accrocher pour se faire sa place, c'est pas facile aujourd'hui, mais un jour ça va payer).

29 / Tu glanes des mots savants en réseau ?
(Non tu n'es pas un loser doublé d'un no-life, tu es un contemplatif contrarié à resociabilisation disruptive).

30 / Tu aimes faire des références au climat politique de pays que tu ne peux pas placer sur une carte ?

31 / Tu kiffes les dictateurs ?
(Poutine ne se laisserait pas dicter ses lois par trois pédés dans la rue, lui !).

32 / Tu veux que les autres travaillent le dimanche pour dépenser l'argent que tu n'as pas ?
(Si si, ça se tient. Tu l'as lu sur un blog libéral, "parce que c'est du bon sens de prendre les bonnes idées là où elles sont").

33 / Tu vois de la diversion partout ?
(Et tu prends systématiquement tous les platanes du marketing le plus bourrin en pleine tronche).

34 / Tu sais que l'heure d'été n'est que la partie immergée d'un vaste complot visant à remettre en cause l'existence même du temps, donc de noël, donc de nos racines chrétiennes.
(Tu l'as lu sur un site politique, enfin d’extrême droite, "parce que c'est du bon sens de prendre les bonnes idées là où elles sont").

35 / Tu sais que l'on reconnait les médias à la solde des reptiliens par leurs questionnaires spécifiques en 36 questions ?

36 / Tu vas m'envoyer 80 euros en cash pour soutenir mon esprit libre dans son combat pour la dénonce ?

Tu as une majorité de oui ? Bravo, tu es un anti-système !

Illustration : Plus belle la vie, France 3

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Petite histoire du déclassement
L'ordre des choses
Quenelle pour tous !

25 mars 2014

En route vers l'inertie

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Ah et oui, il y avait des élections. 

Il y a six ans, j'aurais fait du lol, et surement commenté une claque envers un pouvoir désavoué à la première élection intermédiaire. Je me serais moqué des réactions des ténors du parti de la majorité dépêchés sur les plateaux télévisés au soir du premier tour des municipales pour nous expliquer que "non, ce n'est pas un vote sanction"[1], "que les efforts n'ont pas encore porté leurs fruits", "que le chômage baisse", "que le second tour est décisif", "que la route est longue, la pente est raide, qu'il faut faire barrage au FN et que ma belle-sœur en a et que d'ailleurs on l'appelle tonton et qu'il est hors de question pour nous, socialistes, de changer une politique de droite qui gagne". Mais non, là je suis dans l'état d'esprit de notre Président, retranché dans mon palais coupé du monde et je n'en ai juste plus rien à secouer des Français, toisant de mon dédain dandy la déliquescence d'une société du repli, souhaitant presque Sarkozy se représente tant il est le seul à pouvoir remobiliser la gauche autour d'un joli projet commun, viscéral, mais porteur de tous les possibles : lui coller une seconde raclée.

Dimanche, mon dégoût d'une "information" hystérique le disputait à la lassitude d'une situation électorale classique (un mauvais résultat pour la majorité dans un scrutin à mi-mandat est aussi surprenant qu'un dimanche après-midi télévisé avec Drucker).  

Même la montée largement surexposée du FN dans une poignée de mairies ne me provoque rien tant elle fait partie du spectacle, du piment démocratique, de la nécessaire preuve par l'exemple (il faut en passer par là, et les expériences municipales passées du FN se sont toutes transformées en fiasco) et de la logique du moment : cette déconnexion au mieux, l'encouragement au pire, de nos gouvernants envers une société du travail totalement individualisée, aux divertissements médiocres, une société de la bouffe avariée et du mal-soin, sans mémoire à plus de trois jours, pathologiquement craintive de la différence, qui revendique son ignorance et sa part de barbarie, une société de l'impatience où l'esprit de consommation et la notion de rentabilité s'étendent à tous les pans de la vie quotidienne, sentimentale et familiale, bref une société de merde, technologiquement très connectée et paradoxalement plus que jamais divisée en ghettos sociaux générationnels et ethniques, ne peut à terme que générer une expression démocratique de merde. Enfin... pour ceux qui votent encore tant l’exercice, matérialisation même symbolique d'une vision collective, devient absurde dans cet océan de défiance, de pessimisme et de chacun pour sa gueule qu'est devenu La France (abandonnée à l'Europe elle-même abandonnée au marché).

Sans une véritable politique de gauche (et là, plus rien n'est lisible à gauche pour l'observateur lambda qui ne veut pas "se prendre la tête", au bas mot les deux tiers des inscrits), au sens collectif du terme avec rééquilibrage des injustices, d'une façon ou d'une autre, sous un nom ou un autre, le FN arrivera aux commandes du pays. Tout, du haut en bas de la pyramide des exploiteurs et des exploités, des cyniques aux abrutis, des incompétents surpayés aux chômeurs ignorés, des rentiers aux jeunes endettés, des libéraux winners aux salariés insultés à longueur de journée, tout converge pour que le pire se concrétise depuis l'isoloir de nos aigreurs. 

A chaque soir d'élection, les pleureuses sous spots à tungstène des hauts plateaux du savoir sanglotent en direct haute définition sur le record d'abstention. Totalement égoïstement, à mon tour, par défaut, je n'y vois pas la pire des nouvelles dans le désastre. 

C'est probablement cette abstention qui nous préserve d'un score de droite encore plus fort.

[1] Envoyer Moscovici pour faire le SAV des socialistes et mobiliser pour le second tour, peut-on pire opération de com' ? Le mec est une publicité ambulante pour un vote anti-PS

Illustration : Jefferson Airplaine, Bless its pointed little head

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14 mars 2014

La voiture, cet obscur objet du mourir

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Paris ce matin. Reprenons notre souffle et résumons...

Une brume ouatée s'installe à la journée dans les rues, une cloche à carbone d'un dégradé de jaune gris marron est plaquée sur la capitale, on ne voit plus la tour Montparnasse depuis le Trocadéro, les yeux piquent, les gamins toussent, ça éternue partout, mon chat a gerbé trois fois, les automobilistes seuls en berline stoppent toujours sur les passages piétons en bloquant les intersections.

5e jour de pic de pollution à Paris, dans la Région Nord et à Lyon. 

Au 3e jour, le Maire de Paris annonçait la gratuité des Vélib (pour les abonnés si j'ai bien compris, dans le genre annonce inutile, ça se pose là, d'autant que l'activité physique soutenue est déconseillée dans le même temps).
Au 4e jour, Airparif nous apprenait que l'air de Paris était plus pollué que celui de Pékin.
Au 5e jour, le ministre des Trucs écologiques consent enfin, en accord avec le président de la Région, à la gratuité des transports en commun pour le week-end. (On aurait pu y penser dans la veille du premier jour d'alerte en début de semaine et, peut-être s'économiser 5 jours à suffoquer aux premiers rayons de soleil suivant six mois de pluie, mais non : souffrance, cancer du poumon et recettes des PV pour défaut de présentation du titre de transport, y a que ça de vrai !).
Les écoles annulent les activités en plein air.
Les individus ayant des troubles respiratoires sont incités à rester chez eux, tandis que ceux qui pètent la forme en 4X4 peuvent continuer à rouler.
Nous allons bientôt recevoir des consignes de la préfecture de Police pour ne respirer que d'une narine et des contraventions pour avoir osé marcher dans la rue lors d'un pic de pollution...

Il parait qu'il vaut mieux prévenir que guérir. Soyez assurés que, en matière de pollution, depuis des années l'on ne prévient rien et que l'on ne guérit que dalle. Soyez assurés que nous continuerons à passer par tous les stades de l'inutile et de l'absurde pour ne pas éradiquer le problème à la source de nos maux de tête, mais aussi des milliards de bénéfices défiscalisés de Total et de quelques décimales de croissance nationale : cette putain de bagnole individuelle !

J'apprends chez l'ami Politeeks qu'un projet de circulation alternée en cas de pics de pollution annoncé par le gouvernement il y a quelques mois est passé à la trappe.

J'apprends dans Le Monde que "le remplacement de tous les véhicules particuliers diesel par des véhicules essence (norme Euro) permettrait d'abaisser de 25 % à 35 % les émissions de particules fines et de 35 % les rejets d'oxyde d'azote en région parisienne.

En me bouchant le nez, j'entends d'une oreille les poujadistes du volant et autres "la voiture n'est pas responsable de toute la pollution". Je vis à Paris depuis un certain nombre d'années déjà, je fais très clairement la différence olfactive entre un jour avec voitures et un jour sans voitures (et c'est pire encore dans certains coins de banlieue). La conclusion, sans appel : ça pue.

Il s'agirait que ce gouvernement ait enfin le courage de passer un signe fort pour responsabiliser les citoyens sur les dégâts causés sur la santé publique par leurs voitures. A une autre époque, on l'a fait avec succès sur la sécurité individuelle (l'obligation du port de la ceinture de sécurité a à peine une quarantaine d'années et a drastiquement fait chuter le nombre de morts sur les routes). Une telle révolution des comportements individuels, un vrai bouleversement de société pour sortir du tout-voiture, ne peut s'accomplir que par la mise en oeuvre d'un bouquet de mesure incitatives mais aussi, obligatoirement, coercitives.

Que le gouvernement se moque de la santé des Français pour leur fourguer à crédit quelques voitures de plus passe encore, mais mon chat bordel !

Illustration : @meteo_cperson (BFM) Vue de Paris ce matin à 300 mètres de hauteur. Le ciel est pourtant bleu.

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