13 octobre 2008

Tout ne va pas si mal

par
Le livre est sorti, il va vivre sa vie.

Perverse Road est disponible en exclusivité ici et plus généralement dans quelques jours sur Amazon et autres libraires en ligne. Selon les impératifs de production et de distribution, je n’ai pas pu descendre le prix en dessous de la barre des 13.75 euros. Sur Lulu.com est également disponible la version téléchargeable à 5 euros. Pour ceux qui veulent des exemplaires avec une petite dédicace qu'ils me contactent par courriel.

Quatre mois de prise de tête et j’ai, comme à chaque fois, le sentiment de ne plus rien avoir à dire, qu’il me faut enfin concéder que je ne suis fait que pour le macramé, la glande et la consommation de substances psychotropes.

Oui mes amis : Tout Seb Musset est dans le bouquin. Il n'en reste plus rien (au moins pour la semaine).

Fallait vite se dépêcher de le publier tant le livre anticipe des actualités internationale et personnelle qui s’emballent :

(technique marketing n1 - Que ce soit pour vendre un 4X4 bien polluant, un plan d'épargne logement garantit sans risque ou le dernier livre de Seb Musset, mettre une photo de bébé : Ça stimule l'affect du prospect !)

Que raconte Perverse Road ? Je vous laisse le soin de me l'écrire. Ayant envie de m'exprimer sur tout sauf sur ce livre – ce qui est embêtant pour la promo -, je vous incite à m’envoyer vos critiques et vos résumés. (Technique marketing n°2 : En appeler à "l'interactivité des supports" qui provoque un sens unique des recettes.) Bonnes ou mauvaises : Je publie.

Parce que c'est jour de fête, lâchons en vrac quelques pistes :
Monarque - Bière brune - Désillusions - Dustin Hoffman - Jeune génération - Letoi-Malin - Open space parisiens - Rêve anglais - Bougies à la cannelle - Démontage du salariat - Connasses du tertiaire et hommes sans couilles - Pépitos - Tyrannie de l’écologie - Désarroi rural - Grande Distribution - vétété et Kat-Kat - Conflit larvé des générations - Le petit bonhomme en mousse - décapitation - Amour, amitié, espoir : Rayez les mentions inutiles.

Ce qui ont aimé Avatar ne seront pas déçus, les autres peuvent commencer par celui-là. Perverse Road n'est pas une suite directe d'Avatar mais commence là où ce dernier s'arrête et complète plusieurs thématiques précédement abordées.

Pour le reste, tout ne va pas si mal. Ce week-end j'ai même vu une abeille. Elle buzzait, pas trop réveillée, contre 2 pauvres bleuets cadavériques sur cette fine bande de verdure séparant, dans une odeur d’urine sur tapis de cannettes de binouses vides, les barges du Quai de Tolbiac de l’entrée grillagée de l’autoroute de l’Est.
Avec un passage en continu de 200 véhicules par minute, c'était le dernier endroit sur terre où j'imaginais rencontrer une espèce en voie d'extinction.

Quelque chose me dit que, n'en déplaise à l'humain, la nature est plus forte que lui.

8 octobre 2008

Ne pas prendre les crises du capital pour argent comptant !

par
Je vais vous la faire courte parce que, vous n’allez pas me croire, je suis actuellement en tournage pour un gros ponte du Cac.

Contrairement à ce que les éditorialistes larmoyants à la solde du marché mettent le paquet pour vous faire croire et ce que les politiques en appelant à "l’unité nationale" essayent de vous faire gober, la dégringolade des bourses depuis 2 semaines est normale. Elle n'a rien de dramatique pour l'économie.

Ce que nous vivons n’est pas une crise du capitalisme dans le sens où je n’ai pas l’impression que le capitalisme soit plus déraisonnable aujourd’hui qu’il ne l’était en 1941 lorsque les États-Unis se satisfaisaient de l’attaque japonaise sur Pearl Harbor pour rentrer en guerre afin de réamorcer leur économie ou, 3 ans après, quand ils se sont (enfin) décidés à intervenir en Europe (une fois celle-ci bien ravagée) histoire de récupérer le business de la reconstruction (ce qui garantit leur hégémonie idéologique, financière et culturelle depuis).

Non, Monsieur Le Président, le capitalisme n’a pas de morale : Il n’en aura jamais.

Inutile que les "spécialistes de l'économie" (qui changent d'avis tous les 6 mois), agitent le spectre de 1929 puisque, au fond, le "capitalisme de crise" n'a jamais vraiment été quitté depuis cette époque. Le capitalisme s’arrange de tout et de tous. Néoliberal un jour, étatiste le lendemain, adossé à un dictateur le jour d’après, il n’a qu’une raison et ce n'est pas le bien-être de l'individu mais, de mettre la main sur son pognon (quitte à en créer du virtuel).

« La crise » d’aujourd’hui n’est dramatique que pour ceux qui sont obligés de vendre, ceux qui ont besoin de "liquidités", autrement dit : Les pauvres (Précisons : Les pauvres de "Catégorie 1" qui jouaient aux "grands de ce monde" il y a encore 2 mois parce qu'ils avaient 3 PEA, 1 placement De Robien et 2 assurances-vie ou d'autres embrouilles bancaires qui font triquer les apprentis bling-blingeurs... Les vrais pauvres, eux, seront touchés dans un second temps mais je dirai que, malheureusement, ils sont rodés.)

Les vrais riches, eux, sont aussi riches aujourd'hui qu'hier. Le cours de l’action n’est qu’une virtualité (rappelons ce vieil adage boursier plein de logique : Pas vendu, pas perdu)

Au contraire, cette purge des cours boursiers permettra aux riches de re-rentrer sur le marché à des prix défiant toute concurrence
. (Certaines actions du Cac40 sont au plus bas depuis 30 ans !) Pour eux, cette "crise" est une cure de jouvence bien "marketée".

Pourquoi cette "crisounette" n’est pas la fin du capitalisme ?
Parce que la majorité des riches vont sortir de cette crise encore plus riches qu’en y entrant, le tout avec la généreuse contribution des "pauvres" (catégorie 1) occidentaux qui paieront non pas 1 fois, non pas 2 fois mais 3 fois :

1 – Avec leurs emprunts originaux toujours en cours. Les banques font faillite, bizarrement les dettes des particuliers, elles, ne sont jamais effacées. La dette c'est de l'argent, pour paraphraser un film canadien qui refait soudain surface.
2 – Avec leurs actions qu’ils revendent en catastrophe pour payer les maudites traites !3 – Avec le financement,de leurs poches, des plans de soutien nationaux aux banques qui les ont précédemment spoliés.

Efficace comme crise non ? Bon, je m'en retourne bosser.

Comme disait feu Philippe Khorsand dans la cultissime série Palace de Jean-Michel Ribes :
" - Bonsoir les fauchés !"


7 octobre 2008

c'est pas nous c'est eux !

par
Souvenez-vous, 2007 et sa campagne présidentielle à l'américaine...


En gros depuis le 15 septembre dernier, le discours de notre glorieux Président of the America of France, c’est :

On allait tout réussir mais c’est la crise ! La guigne ! On ne pourra pas respecter nos promesses, zut alors ! Mais bon, c’est pas notre faute, hein Christine ! Ce sont les américains avec leur politique idiote (vous savez celle que j’essaye de copier depuis deux ans).

Après lui avoir assuré que les chars de la crise s’arrêteraient à la frontière française, le gouvernement veut donc faire croire au gentil spectateur de la première compagnie que les temps vont être durs pour tous mais que ce n’est pas de sa faute à lui mais aux américains.

Je ne suis pas un expert du travail (ah ça non) mais, pour sillonner de temps à autre les entreprises de France, petites, moyennes ou très grosses, j’ai collecté quelques observations et témoignages qui m’incitent à penser que le gouvernement est pour beaucoup dans la remontée du chômage du mois d’août (et ce n’est qu’un début, car, comme Christine Lagarde le disait si bien elle-même il y a 9 mois, ce ne sont là que "les premiers effets" de sa politique).

Je n'accuserai pas le gouvernement de « destruction d’emploi ». Non, ça c'est l'affaire de ses amis, les capitaines d'industrie et autres grands patrons à parachutes molletonnés qui gèrent la marge à coups de délocalisations. Mais quand même... A la simple vue de la pyramide des âges, je reste surpris : Il aurait du y avoir en cette année 2008 des créations d’emploi massives.

Passons en revue quelques initiatives gouvernementales, récentes et futures qui contribuent directement au "manque à gagner" en terme d’embauches.

Exemple 1 / Les heures supplémentaires
Grâce aux heures "TEPA", on peut faire faire jusqu’à 5 heures supplémentaires par semaine à chacun des salariés. Le salarié touche ainsi 25% brut de l’heure en plus et l’employeur, lui, est exonéré de charges.
Soit, par exemple, pour une PME de 7 salariés, un pactole de 50 heures exonérées de charge pour l’employeur.
Le salarié est le double dindon de l’histoire. Celui déjà employé, s’il veut gagner (un peu) plus devra automatiquement accepter des heures supplémentaires. On le voit, l’effet automatique de cette mesure est l’annihilation de toute augmentation de salaire. Mais pire, celui qui n’est pas employé dans cette entreprise ne le sera pas plus. Pourquoi l’employeur irait se compliquer la vie à faire un contrat de travail à 35 heures, alors qu’il en à 50 à disposition et à demi-tarif ?
Ratio dans cette PME : Pour 7 salariés déjà embauchés, 1 non-embauche.

Exemple 2 / Le projet de loi « emploi senior ».
Les seniors vont pouvoir cumuler leur retraites avec soir un emploi "qualifié" mais payé au rabais (l'employeur, là aussi, aura le droit à un bonus), soit un emploi sous-payé et non qualifié directement piqué à leurs petits-enfants. Là aussi, on peut supposer que cela ne favorisera pas les nouvelles embauches.

Exemple 3/ Le RSA
Le Rsa, usine à gaz que l’on peut résumer ainsi : Du sous-emploi aidé qui ne favorise pas le développement de l’emploi durable. C’est la porte ouverte à la généralisation de « l’intérim » et des contrats merdeux. Pas d’embauche durable à attendre de côté non plus.

Exemple 4/ Le passage du forfait jours des cadres de 215 a 235 jours par an.
En gros, il s’agit de sucrer leur RTT aux cadres. Les vingt journées supplémentaires sont payées 10% de plus et exonérées de charge également. Dans une société où 10 cadres font 20 jours en plus, cela fait donc pour l’employeur un pactole de 200 cents jours discount.
Ratio dans cette société : Pour 10 cadres déjà embauchés, Un cadre CDI non embauché.

Le monde sarkozyste se divise en 2 camps : Ceux qui ont déjà et ceux qui n’ont pas. Les seconds seront toujours sacrifiés au profit de la bonne santé des premiers.
Le Président du « gagner plus pour travailler plus » tient une partie de ses promesses, certains gagnent plus, d'autres travaillent plus. Problème : Ce ne sont pas les mêmes. Il exclut également de son équation : Les jeunes, les petites retraites, les chômeurs et les emplois précaires.
Le principal effet pervers du « travailler plus » Sarkozien n’est pas la destruction d’emploi réel (qui n'est pas vu comme un problème mais une logique de marché) mais la non-création d’emplois dans un cadre démographique pourtant propice.

6 octobre 2008

variations télévisées

par
A propos des documentaires français et de la représentation du peuple à la télévision :

L'élite télé et la montée de laid : où je précise que la vulgarité se cache parfois (souvent) dans les objets télévisuels les plus respectés.





4 octobre 2008

Mon Apéro chez des UMP : Le pire contre-attaque

par
Pour ceux qui ont raté le premier épisode : c'est ici.

Même décor, mêmes intervenants. Neuf mois se sont écoulés.

SALON PARISIEN - INT.DEBUT DE SOIREE - (03.10.2008)
Muscadet et Bretzels chez le couple de quinquas parisiens angoissé par le calcul de ses retraites, le montant total de ses minimes héritages, tout à la fouille de ses tiroirs, histoire de dénicher quelques babioles à vendre sur ebay. Le mari, encarté UMP, digère moins bien la vie qu'en février dernier. Il aura mit le temps mais il me croit maintenant : Christine Lagarde a un "pet au casque" !

Pour le reste, mon encarté a des aigreurs d'estomac : Il n'a pas fini de payer l'appartement acheté il y a deux ans, sur conseil du banquier, après trente-et-un ans de location. (Pour info : Le bailleur était un grand assureur qui a "subitement" liquidé son stock immobilier parisien à un "prix préférentiel" pour ses locataires, "prix d'ami" supérieur au "prix du marché" actuel.)

LE QUINQUA DANS LE CACA ENCARTE UMP respire un peu
Pour l'instant à Paris ça va, ça ne baisse pas.

SEB MUSSET conciliant
Non, non pas trop...

Je le devine se torturant pour savoir comment il va passer entre les gouttes du mecano économique qui lui tombe sur la gueule. Il a quand même renouvelé son adhésion à l'Union pour la Monarchie des Puissants. J'ai beau lui dire qu'un encartage n'est pas un contrat europ-assistance et qu'il ne faut pas compter sur Frédéric Lefebvre ou Brice Hortefeux pour honorer ses mensualités ou lui faire de la place dans leurs chambres d'amis quand il sera jeté sur le trottoir, rien n'y fait. Son argumentaire est puissant :

LE QUINQUA DANS LE CACA ENCARTE UMP
Le site de L'UMP est tellement bien fait avec toutes ces vidéos !
SEB MUSSET
Mais, concrètement mon bon monsieur, pouvez-vous me citer une chose qu'il vous a apporté votre Président en deux ans de mandat merdeux ?

LE QUINQUA DANS LE CACA ENCARTE UMP
Ah bah tout de même, avec la loi sur les seniors, on va pouvoir être à la retraite et continuer à travailler !

C'est sûr que vu sous l'angle régressif, il n'y a rien à dire.

A ce propos, Madame, qui jusque là se taisait en buvant son Schweppes dans un coin du salon, s'est mise à faire des "ménages" - comprendre du baby-sitting - pour arrondir les fin de mois. Oui, après avoir pourri le marché du travail de leurs enfants sur la base d'un non-partage appuyé, les jeunes retraités songent sérieusement à piquer les "jobs" de leurs petits-enfants.

L’ÉPOUSE DU QUINQUA SOUS QUININE susurre en lapant son godet.
Y a beaucoup de demandes en ce moment.

La dégelée capitaliste mondiale ? Pas la peine d'en rajouter : Recroquevillé derrière ses piles de Paris-match, le couple ne pense qu'à elle. La "crise financière" conditionne désormais ses moindres faits et gestes. Les certitudes s'effondrent mais pas les habitudes. On vote à droite, on votera toujours à droite, jusqu'à l'apocalypse du marché. Le Président n’est plus nommé. Même dans ce milieu acquis à l'UMP, le nom du pauvre type au costard trop grand accompagné de sa pouf en papier glacé devient peu à peu une injure. Mais peu importe les hommes, dans le beau salon à patins, il est question de "principes". Le gaga couple quinqua préfère tout perdre en bourse et renflouer les banques jusqu'à sa propre banqueroute. Au bout de la misère, même s'il doit être SDF, le gentil couple choisira la mort plutôt que la gauche.

Sarko, c'était Bruce Willis dans The last man standing, le dernier recours. Celui-ci se révèle impuissant : Il n’y a plus d’espoir.

C'est là, au détour d'une troisième rasade, que l’impossible arrive. En trinquant au kir tranquille, l'encarté UMP et moi, tombons enfin d’accord :

SEB MUSSET
Tout cela va continuer avec une de ces guerres mondiales dont l'humanité quand elle est à bout de souffle a le secret ! Les gouvernements occidentaux ont atteint les niveaux d’impuissance et de discrédit requis. Les peuples sont désespérés. Et L’économie ? L'économie, mon bon encarté, elle n’attend que ça !

LE QUINQUA DANS LE CACA
Alors santé !

SEB MUSSET
Oui, trinquons. Nous sommes là pour ça.

Prochain épisode : Le retour du jeudi (noir bien sûr)

Perverse Road : récession technique

par
Où comment excuser le retard d’une semaine de la sortie de "Perverse Road" en suivant la terminologie gouvernementale*

La direction de sebmusset.net doit concéder qu’elle a surestimé ses prédictions de distribution. La direction de sebmusset.net vous assure que ce léger retard n’est qu’un délai logistique causé par nos partenaires financiers. Cette croissance qui recule de la livraison, due à un passage récessif de nos imprimeurs européens n’entraînera aucune expansion molle d’un ouvrage pertinent et en prise avec l’actualité.

D'ailleurs, nos fondamentaux sont solides et notre plan média reste prêt :

1. Ne pas parler du 11 septembre.
2. Etre ami avec Laurent Ruquier.

Pour vous faire patienter, nous vous proposons la play-list de "Perverse Road", histoire de vous imprégner de son atmosphère enchanteresse et de son kaléidoscope de personnages.

Tout ceci s'arrangera aux alentours de 10 octobre 2008, après l'organisation d'un mini-sommet avec Grand François et du vin rouge. (sous réserve que l’économie occidentale existe encore.)


* bien sûr vous aurez compris qu’à la différence du gouvernement, sebmusset.net tiendra ses engagements.

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