31 mai 2008

LILLE DE L'ANNULATION (coup de gueule matinal)

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N'étant croyant en rien si ce n'est en l'implacable loi des mathématiques, cette histoire de mariage annulé à Lille pour cause de non-respect de la clause tacite de virginité ne me faisait ni chaud ni froid jusqu'à ce qu'elle devienne le porte-drapeau de je ne sais quelle défense des "droits de l'homme qui es une femme comme les autres" unilatéralement décrétée par l'intelligentsia parisienne. La juge de Lille s’est appuyée sur l’article 180 du Code civil et a considéré que ce mariage fut conclu «sous l’emprise d’une erreur objective». La femme a menti à son mari, elle n'était pas vierge. La loi a statué sur le mensonge non la virginité. Pas la première fois ni la dernière que la loi permet tout et son contraire.

Ce matin, en revenant de ma partouze habituelle entre gens bien nés et laïcs comme il faut, je découvre ça : Tous unis contre l'annulation
suivi d'un édito enflammé criant à la "régression". Oui. Et alors ? De la régression, j'en vois à tous les coins de rue. Elle n'a pas de toit et elle est loin de faire la une des quotidiens bourgeois. J'ai beau être athée, d'origine et de culture catholique donc largement "au-dessus" des contingences dogmatiques, je n'arrive pas à donner des leçons de bienséance religieuse à des gens qui ont, dans le domaine, encore des convictions fussent-elles incompréhensibles pour moi.

Pathétiques moralistes du dimanche, qu'ils le veuillent ou non imbibés eux aussi de tradition, perturbés par convenance occidentale que dans ce monde cul-par dessus-bite d'autres croyants "du sud" s'en tiennent encore à quelques principes que, je le répète, je ne partage pas considérant qu'en la matière l'expérience et la multitude feront toujours la différence.

A bientôt pour un prochain article sur la mise en place d'une brigade volante des lits de noces et l'instauration du permis de niquer à point.

30 mai 2008

IMMOBILISES DANS L'IMMOBILIER

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Après l’ivresse des hauteurs, la gueule de bois…

Je ne parle ici que d'une partie de la donne. Je n'aborde pas les dommages collatéraux de la frénésie d'achat qui s'est emparée du pays ces derniers années rejetant à la rue précaires et étudiants qui ne peuvent ni louer, ni acheter. Ce sera l'objet d'une autre vidéo.

27 mai 2008

GENERATION M6

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Il y avait longtemps que je n’avais pas regardé un de ces programmes de "coaching" de la petite chaîne qui n’a pas peur du ridicule du moment que ça fait de la part de marché…

Hier soir, M6 a encore défoncé les portes de la gloire, m’offrant encore un peu plus de perspective sur les aspirations et les ambitions du peuple de France !

Après avoir aidé Monsieur Bonne Truffe à acheter, à construire et à décorer le « Xanadu » Français qu’est son pavillon individuel en parpaings et sentant que même dans la dégringolade du marché immobilier la chaîne avait son épingle et des sponsors à tirer, M6 propose désormais à monsieur Crétin de l’aider à vendre sa parcelle de mocheté en béton beige qu’il a sur les bras depuis des mois !

Et le show "Maison à Vendre" de nous présenter ce jeune couple de Pontault-Combault qui vit un de ces drames occidentaux qui ont raison des plus cons.

Les pauvres malheureux en question, un couple de trentenaires qui se lèvent tôt pour avaler toutes les couleuvres, n’arrivent pas à se débarrasser de leur pavillon de 95m2 alors qu’ils en ont déjà acheté un autre à 100 mètres de là que j’imagine strictement identique avec une pièce de plus vu l’uniformité du quartier.

Ces damnés de la terre, doublement propriétaires et victimes d’un odieux prêt relais, n’ont plus que 1200 euros pour vivre à 4 chaque mois. La guigne : Depuis un an, malgré 50 visites, pas de vente en vue. C’est que les pavillons foireux partant en miettes sept ans après leur construction, c’est pas ce qui manque à la vente dans le quartier. Alors à 310.000 euros, malgré ce que leur ont dit en 1999 le promoteur et le banquier - des larrons de confiance qui savent ce qu’ils font (cf subprime) -, faudrait plus trop voir à rêver.

Persuadé qu’il était d’être assis sur un tas d’or, le couple goguenard peine à réaliser qu’il est enlisé dans une fosse à emmerdes. Après la tournée des agences immobilières, le message principal de l’émission est bien passé : les prix se cassent la gueule et ça va continuer. Le couple commence à comprendre qu’il va falloir faire une croix sur ses ambitions bling-blingesque de culbute financière. Si les bouseux qui se prenaient pour Bouygues s’en sortent sans interdit bancaire, ce sera déjà une bonne affaire.

le coach, très Damido-isé par la direction, fait le tour du propriétaire histoire de rendre un peu plus bandant le palais merdeux.

Bordel à tous les étages et désintérêt total du couple pour une quelconque mise en valeur. Le couple hypnotisé par la plus-value annoncée par le banquier sept ans plus tôt, pensait que cela suffirait pour décider un acheteur. Du coup, avec son papier peint dégelasse et sa penderie dans le salon, le couple jette littéralement sa maison à la gueule des acquéreurs potentiels.

Premier conseil du coach : - Rangez vos affaires ! Madame pense très fort : Ah merde, c’est compliqué de vendre. Le banquier m’avait pas dit.

Le coach entame alors avec son équipe de fées du logis - dont on ne sait bien sur pas qui règle les salaires - des travaux de réhabilitations et de déco efficaces et à faible coût, qui redonnent au taudis ce cachet intérieur "made in M6" fait de gros stickers à fleur, de lampes palmiers, de pastels et de mauve si tendances chez les jeunes couples sans idées mais soucieux d’être branchés comme leur voisin.

Résultat des courses, c’est tellement « vachement bien redécoré » que la proprio est dégoûtée. Pour peu, elle irait voir son banquier pour lui prendre un troisième prêt histoire de s’auto-racheter la maison.

La phrase est prononcée : « - Zut, on aurait du la garder. » Comprend-elle, la pas futée, que si elle avait rangé un peu son bazar, elle n'aurait peut-être pas acheté une autre maison ? Pas sur.

Étonnement, pas une fois durant le reportage n’ont été évoquées les raisons d’un exil si lointain (le bout de la rue) dans une maison tellement différente (la même). Envie de changer d’environnement comme dans « Déco and Co » ? Envie de faire un bénéfice sur la vente comme les nouveaux riches que l’on voit dans « Capital » ? Envie simple d’acheter comme ces gens heureux dans « Recherche maison désespérément » ? Il y avait pourtant là un vrai sujet sur l’absurdité, l’ennui, le sur-consumérisme de nos sociétés et la manipulation des pauvres types par les chaînes de télé sponsorisées par les banques et les promoteurs.

Pas de bol pour l’épouse : tout son gourbis a été transféré dans le nouveau palais qui retrouve ce look de décharge pour articles inutiles de supermarché qu'avait son ancienne maison.

Nous entrons donc dans une spirale baissière de l’immobilier bas de gamme qui va en faire pleurer beaucoup. Toujours les mêmes. Ceux intoxiqués par la raison du banquier qui achètent parce que « les prix montent » et n’achètent pas parce que « les prix baissent ». Les mêmes qui bientôt vous traiteront de salauds parce que vous leur rachèterez à 2 un bien qui en vaut 5 mais qu’ils ont payé 10.

A ceux-là, je n’ai qu’un conseil à donner : Arrêtez de regarder M6. C'est pas gagné... à moins que la chaîne en question ne fasse une émission gavée d’"ambiant music" et de couleurs pastels pour leur expliquer.

24 mai 2008

LA SEQUENCE DU SPECTATEUR

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Non mes amis, ce n'est pas seulement un nouvel album de Carla Bruni qui sort le 21 juillet prochain mais un film ! Un récit à tiroir mêlant glamour, passion, pouvoir et retournement de situations ! On annonce des featuring de calibre international : George Bush Jr, Doc Gyneco et Patrick Sabatier.

L'œuvre, encore en montage, n'était pas prête pour Cannes. Une seule information : ça va faire mal ! En exclu voici l'affiche en attente de validation par Jacques Séguela.

NE PAS BATTRE EN RETRAITE

par
Suivi en vidéo pour LePost.fr de la manifestation du 22 mai 2008 à Paris, pour la défense des retraites… avec Arlette en guest-star.

Perso la retraite, c’est un concept qui me dépasse vu que j’ai travaillé trente-cinq heures cette année. J’ai opté pour une retraite préventive et compte me mettre à bosser vers les 40 ans, peut-être. Demain c'est comme les retraites : rien ne prouve qu'il y en aura.

J’ai beau avoir peu travaillé en contrat stable et n’avoir pas toujours partagé la vision ni les ambitions et encore moins le quotidien des fonctionnaires, je dois reconnaître que privilégiés ou pas, ils sont en des jours comme celui-ci la dernière ligne de défense du travailleur. Reste à savoir si le sort de celui-ci est à désirer.


22 mai 2008

CHOC DES MONDES (II)

par
Insertion mondaine dans un anniversaire d’un ami trentenaire en milieu petit-bourgeois de banlieue tranquille.

J’y croise des gens de mon âge, socialisés, encouplés, endéttés et à nette dominance pro UMP.


Effets de l'âge et montée du prix de l'essence, l’anniversaire est moins insouciant que les précédentes éditions. J’y sens du malaise et de la tension. Malgré l’abondance de petits-fours et les costards soignés, il est question d’argent toutes les deux phrases, du prix des couches et des tarifs de la garderie, du prix du plein qui n’en finit pas de grimper et des jeux de Xbox qui deviennent inabordables.
Rien n'est remis en cause, Sarko est toujours le leader mais les joyeux électeurs de l'an dernier se plaignent aujourd’hui de la pression au boulot et de la hausse du prix du lait et, bien sur, de l’immobilier. Domaine dans lequel ils s’enlisent dans de longues plaidoiries ne visant qu’à se rassurer eux-mêmes. Ils se l’avouent à demi-mot, ce n’était peut-être pas la bonne année pour acheter à crédit ce deux pièces à deux heures d’embouteillage de Paris et qui les oblige à posséder deux voitures.

L’un des comparses, déjà bien entamé par plusieurs verres de cidres sans alcool, épaule les plus désemparés et répète, motivé comme un bénévole du secours catholique : Mais si, mais si, tu verras tu ne risques rien, c’est un bon achat, ça se revendra !
Moi, dans cet environnement petit-bourgeois au-dessus de mes réalités financières, je me sens paradoxalement privilégié, épargné des contingences d’une vie de contraintes. Moi, le sans biens et sans métier, celui qui travaille peu, gagne moins et vit plutôt mieux. Je baigne ainsi comme un poisson parasite toute la soirée parmi ces cadres-crabes capturés dans le filet sarkoziste dont ils ont eux-mêmes construits les mailles à force de soumission et d’application mécanique des idées reçues venues d’au-dessus.
Le jeune électeur sarkoziste, qui croit au jackpot et qui n’a jamais gagné des millions, est aujourd’hui un angoissé, prit en tenaille entre boulot stressant et des charges incompressibles à régler. Il ne peut même pas quitter sa bourgeoise qui l’exaspère : elle règle pour moitié les traites de l’appartement. Il se croyait tranquille, s’imaginait riche, il se découvre comme il est vraiment : pauvre et dupé.

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