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7 mai 2010

[video] Corinne Lepage passe à table

par
Mardi dernier, des blogueurs en bistro rencontraient Corinne Lepage, présidente de Cap21, avocate, ancienne ministre de Juppé, ex-numéro 2 du Modem et membre du groupe "démocrate et libéral" (ADLE) au parlement européen.

Bon... à partir de là, on ne peut être que positivement surpris.

Le point commun des politiques que j'ai croisés, c'est leur faculté à occuper le temps de parole. Dans ce domaine, Corinne Lepage, même avec sa petite voix noyée dans la brouhaha du troquet des blogueurs dévorant leurs entrecôtes, entre les échos de la plonge en cuisine et un vieux James Brown des familles tournant en fond sonore, n'est pas en reste.

Petit détail qui fait la différence : elle répond aux questions, quitte à être bloquée dans la démonstration ou à se contredire (par exemple sur l'Europe qu'elle ne cesse défendre sur l'idée et d'accabler sur ces observations quotidiennes.)

Parmi les thèmes abordés : la 6e république qu'elle appelle de ses vœux, le non-cumul des mandats, la crise grecque et sa propagation au reste de l'Europe.

Pour le multi-cam : rendez-vous chez Nicolas, Polluxe, Yann Savidan et Olive. Pour ma part, j'ai sélectionné deux passages audio et vidéo, liés l'un à l'autre :

- De l'influence des lobbys...
Au sein d'un parlement européen dominé par les néo-libéraux, CLP reconnaît qu’elle est constamment approchée par des lobbys :

"Je suis à la commission environnement et à la commission énergie, industrie et recherche, là où il y a le plus de lobbys. J’en reçois plein, mes attachés parlementaires encore plus. On a mis des règles assez simples en place : 1 / Je publie sur mon site tous les contacts que j’ai 2 / Interdiction de se faire offrir même un café par un lobbyiste.... "

La réponse intégrale (4 min) interview par vogelsong :








Au sujet du débaudruchage gouvernemental entre le Grenelle 1 et le Grenelle 2 :
Corinne Lepage donne sa version de l'abandon de l'éolien dans le nouveau projet de loi (Les installations éoliennes y sont soumises aux mêmes règles que les installations classées Seveso) :




P.S : Ceci me rappelant une récente une du Monde.fr (5 mars 2010)... Toi aussi trouve la contradiction :

No comment.

Merci à _O_live, C.Lepage, Jegoun pour ses initiatives afin de réunir, en vrai et en bière, blogueurs et blogueuses, ainsi qu'à la magique Comète.

21 mars 2010

Donner de la voix, tracer une voie

par
[dimanche 13h]

Tu dis souvent : "Voter sert la machine."

Ne pas voter ne l’enraye nullement.

Je vais voter (pas satisfait du poids de la gauche de gauche au premier tour mais confiant). Une victoire des socialistes dans ce scrutin n'augure rien pour 2012 tant qu'ils ne s'opposent pas plus fortement au grand démantèlement en cours.

D'un autre côté, il faut également que l'électeur change ce pourquoi il vote (ou s'abstient).

En 2007, au fil d'un processus de sape idéologique, ils sont beaucoup à avoir choisi le pack « pognon et individualisme » incarné par Le Monarque et l’abstention actuelle doit plus à ce sentiment de trahison des CGV qu'à l'analyse qu'ils se trompaient d'analyse.

C’est à l'individu de se repenser en tant que citoyen avec les autres et non en tant que « moi seul contre tous », de modifier vers le haut sa grille de lecture et ses aspirations.

Ce manque de projection se métastase dans la société. Sous-France, France du milieu, nous allons tous dans la même direction : certains en payent déjà le prix fort, d’autres se bercent d’illusions tant qu’ils ont encore les moyens de les entretenir, certains stigmatisent des responsables histoire de se soulager ou de se défausser de leurs propres responsabilités.

Tu dis aussi "Les hommes politiques sont tous des pourris". Ce sont d'abord des hommes et des femmes. Certains agissent au mieux, d'autres se laissent aller à un fatalisme se renforçant jour après jour via des petits renoncements contrebalancés par des petits conforts. Ce sont ces renoncements cumulés qui forgent l’autre partie de l'abstention.

Certains ont intérêt à te dégoûter du débat public, de la politique comme bataille d’idées, histoire de te laisser patauger dans un marasme existentiel en usant des nombreux moyens à leur disposition pour atrophier ta capacité d’analyse (et d’idée même qu’il puisse y avoir une alternative). Leur champ d'action est très large : Dézinguage de l'éducation, modelage des médias, taille au burin des conditions de travail et de la façon morale dont tu dois considérer le travail...

Le dégoût du processus démocratique sert, à terme, le pouvoir le plus rude.

Ce n’est pas parce que des politiques agissent mal, ou pas assez, que tout est à jeter. C’est à nous de quotidiennement montrer qu’ils doivent nous considérer autrement, de participer localement, c’est à nous d’élever le débat quand ils veulent le niveler, le réduire à la com' ou à deux thèses opposées : nous c’est le progrès, les autres c’est mauvais.

Au regard du désastre gouvernemental, je préfère des régions socialistes. S'il veut prétendre à plus, ce parti doit vite proposer des choix de société tranchés, lisibles et ré insuffler un rêve collectif qui fasse oublier le mythe tenace de l'american way of life.

19 mars 2010

Entre lol et insécurité

par
Faut le faire une fois dans sa vie...

Cordon de CRS, piétinement, fouille, portique de sécurité : T'es déjà dans l'ambiance devant l'entrée de La Mutalité.

Un couple âgé s'en va agacé.

LE VIEUX MONSIEUR
" - Elle aura pas mon bulletin dimanche, j'en ai marre d'attendre !"

Notre duo de blogueurs n'a pas ménagé ses efforts pour satisfaire sa curiosité et s'imprégner de l'ambiance du rassemblement parisien "de la dernière chance" pour Valérie Pécresse, candidate dimanche à la présidence de la région Ile-de-France.


Entrée dans la salle moite et blindée de la Mutualité : 1500 personnes, retraité(e)s, costards cravates, jeunes cadres Do you speak Wall Street english et ilots de Jeunes pops reconnaissables à leur indéfectible gaieté.

Le meeting est déjà bien entamé. David Douillet balbutie maladroitement ses fiches sur "la vidéo-protection" comme ultime rempart contre l'insécurité [1] [2] (cf. vidéo en fin de billet).

Passons sur la routine, André Santini
au bord du collapse, Christine Lagarde s'extasiant sur les records de création d'auto-entreprise [3] et le discours relativement court de la candidate star de la soirée faisant des appels du pied aux écologistes pour une écologie positive et pas punitive, pour nous concentrer sur ce qui aurait du être marqué sur le flyer :

Grand meeting gouvernemental pour l'insécurité.

Le meeting a deux buts : Mobiliser les abstentionnistes de droite et récupérer les électeurs d'extrême-droite.

Et un troisième en bonus : L'opportunité pour le Premier Ministre (bénéficiant d'une étonnante popularité) de se placer dans une perspective présidentielle.

Les deux-tiers du long discours de François Fillon (pas loin d'une heure) ciblent sans nuance le traitement policier de cette "'insécurité" qui, rappelons-le à tout hasard, n'est pas du ressort des régions.

Emporté dans son élan : J'apprends le lendemain matin que Fillon a annoncé la mort d'un policier toujours en vie.

Sur le moment, personne ne note. Et puis, "l'insécurité" c'est carton garanti à l'applaudimètre.

Insécurité : serpent sans fin d'un parti minoritaire ne disposant plus que d'une thématique en magasin. (chômage, croissance et barnum de l'identité nationale craquant de tous les côtés. D'ailleurs je ne vois pas Besson dans le casting de soutien : Lefebvre, Bertrand, Lagarde... ).

FRANCOIS FILLON
" - La lutte contre la violence est notre cause à tous !"

Ça, je sens qu'on va en bouffer d'ici 2012.

Devant tant d'insistance à nous faire trembler, posons-nous la question : Ce gouvernement a-t-il intérêt à la fin des violences, qu'elles soient réelles ou fantasmées ?

L'inverse légitimerait même son action répressive à mesure que l'on approchera de la prochaine échéance présidentielle. Ça marche bien depuis 8 ans !

Nier les causes -
spécialement si elles sont sociales et le résultat de son mode de gouvernance - et réprimer par la force leurs désastreuses conséquences tout en redonnant de la patine à l'état

C'est cela aussi faire des économies.


* * *

Sur le perron, partagés dans nos émotions, à savoir hilarité et constat IRL d'une instrumentalisation sécuritaire king size (de la délinquance comme des policiers), nous croisons le sympathique (mais delta-planant dans un monde parallèle) président des jeunes pops, créateur du pas possible lip-dub, donnant le la de la Lol Campagne. (Attention : c'est du lourd).

(Avertissement aux moins de 12 ans : cette séquence ne signe en rien mon appartenance à l'UMP.)



REPORTAGE DE LA SOIRÉE :



Intégralité des interviews chez Reversus.

[1] C'est loin d'être la panacée comme le souligne un rapport commandé par le Ministère de L'intérieur publié fin 2009 dans Le Figaro. On y lit : ”en dessous d’une caméra pour 2000 habitants, les agressions contre les personnes progressent plus vite (+44,8 %) que dans les villes qui n’ont aucun équipement (+40,5 %)“.

[2] Valérie Pécresse a également proposé le SMS anti-viol.

[3] synonyme de baisse de revenus, d'achat provisoire de la paix sociale, sans verser un centime, et de contournement de la loi pour les employeurs.

15 mars 2010

La victoire en perdant

par

J'aimerais croire aux 53% français politiquement motivés au point de s'abstenir de voter.

J'aimerais apprécier le potentiel révolutionnaire que représente un dimanche, comme tous les dimanches, à poireauter à la caisse de l'Ikebas au lieu de prendre 10 minutes, comme une fois tous les si peu, afin de glisser son bulletin dans l'urne et se prononcer sur des problématiques de proximité.

J'aimerais d'ailleurs que soient crédibles ces français se plaignant de ne pas être assez consultés par referendum (par ailleurs gros consommateurs de SMS surtaxés pour exclure tel têtard inconnu des jeux de télé-teubés au prétexte qu'il ne parle pas comme il faut).

J'aimerais me convaincre qu'ils aient voulu passer un message, j'aimerais également penser que les politiques de droite comme de gauche l'aient entendu.

J'aimerais me réjouir de cette expression supplémentaire du dynamitage du collectif.

Je souhaiterais me satisfaire de cette défaite gouvernementale passant par le boycott d'un scrutin régional motivé à gauche par le souvenir d'une trahison de traité et de l'autre côté par une politique monarchique pas assez à droite.

J'aurais aimé apprécier pleinement les mines des Bertrand, Chatel, Copé, Lefebvre et de toute la smala mielleuse et mal à l'aise des UMP laminés.

J'aimerais exprimer mes condoléances aux partisans du Modem.

J'aimerais faire la fête chez moi si l'abstention n'y était pas si monstrueuse (bonne nouvelle toutefois : j'ignorais qu'il subsistait 32% d'habitants à Paris).

J'aimerais avoir la certitude des illuminés pensant que sans troupes on peut gagner des batailles, pensant combattre un pouvoir en renforçant son argumentaire.

Emporté par l'ivresse de la raclée, j'aimerais également ne pas m'être engagé à diffuser l'intégrale de BHL sur mon blog en cas de taux d'abstention supérieure à 50%.

Heureusement que c'est chacun pour soi et la faute des autres. Pas de devoir, pas de responsabilité.

Je pense donc que je vais m'abstenir de respecter mon engagement. (tu t'en sors bien)


P.S : rattrape-toi dimanche prochain.

Illustration : Ben

12 mars 2010

Régionales ? Connais pas.

par

Jeudi c'est triste. Sur huit parisiens entre 20 et 40 ans croisés dans le bar : 100% d’entre eux n’iront pas voter. Sur fond de bière et de précarité croissante, ça m’a parlé complots, manipulations, risque d'expulsion, applications Heil-Phone, tous pourris, gauche à droite et droite à gauche, la télévision c'est rien qu'une saloperie pour lobotomisés sauf la dernière saison de Docteur Tousse dont j'ai regardé douze épisodes d'affilé.

La campagne pour les élections régionales a t-elle été si médiocre? Des propositions qui valent ce qu'elles valent furent exposées de tous les côtés ainsi que des bilans défendables et défendus. Programme difficilement audibles, peu repris parce que le format média n'est plus au débat mais à la vitesse, à la petite phrase et à l'invective.

Les vaseuses polémiques introduites médiatiquement avec force débilité par le parti gouvernemental d'un côté et la thématique du bouclier régional anti-Monarque de l'autre troublèrent l'observation du fond. Au point que l'on ne sait toujours pas ce qui est où non du ressort de la région.

Le parti du monarque a accentué l'opacité en attaquant par l'intox (comme l'a encore fait ce matin le storm-trooper gominé sur France Inter), la politique régionale des socialistes sur la hausse des impôts et l'insécurité (L'un est le fait des transferts de compétences décidés et non compensées par le gouvernement et compte moins de 10% dans le montant total des impôts locaux - et je ne te parle même pas de la suppression de la taxe pro -, l'autre n'est tout simplement pas du ressort des régions.)

Cette campagne marécageuse des ronds dans l'eau saumâtre, à mi-mandat présidentiel et en plein désarroi national avec total manque de perspective, profite à la montée de l'abstention.

Le PS criera victoire et immédiatement l'UMP relativisera sur les plateaux qu'avec 50% d'abstention cette victoire ne vaut rien. Le monarque capte enfin qu'avec ses gesticulations il a démobilisé son propre camp. Il est donc dans son intérêt, rapporté à la seule échéance qui l'inquiète, à défaut de séduire, de démobiliser ceux d'en face.

Comme diraient certains salariés gazés en pleine Défense, le mépris est total.

Si tu penses que les responsables politiques sont tous pourris, sois assuré que certains d'entre eux tablent en permanence et, avec succès, sur la médiocrité de tes aspirations et ta constance dans la résignation.

Donc si j'étais toi, dimanche, j'irais voter du mieux que je peux.

Si tu ne le fais pas pour la victoire, fais-le pour la sale défaite.

* * *

Conseil pour après : Les progrès de la médecine et de la forfaiture présidentielle ne pourront rien contre l’érosion naturelle d'une certaine croûte électorale. En revanche, la désertion des pauvres et des jeunes de la sphère démocratique peut maintenir à moindre frais le parti des riches grabataires en orbite sécurito-stationnaire.



3 mars 2010

Tant va la cruche à l'eau...

par
Récemment Luc Mandret me demandait pour qui (et pourquoi) je vais voter aux régionales. Ne précipitons pas les choses... Déjà :

1 / Oui, j'irai voter. 2 / Pas blanc. 3 / Pas pour ça...


Une séquence résumant, dans une expression parfaite, sa philosophie, sa clientèle, ses intérêts, sa vision et, au regard de l'actualité récente, la désastreuse finalité de son action.

Jeu :

Remplace "Rendre constructible" par "reformer", "moderniser" ou "détruire",

"zones inondables" par "service public" ou "sens du collectif",

"
bâtiments adaptés" par "citoyen soumis", "travailleur pauvre" ou "salarié kleenex et/ou traité comme du bétail à droit et salaire réduits",

"environnement et risque" par "les intérêts financiers de ma caste".

23 février 2010

Les ratés du Politotron

par

Agence France Paresse / 22 février 2012


Politique et nouvelles technologies – La mise en service du Politotron est repoussée à une date ultérieure pour raisons techniques (source Elysée).

C'était à titre expérimental qu’était testé aujourd'hui le Politotron.

Le lancement d'un scanner intégral pour candidat politique était initialement prévu pour les élections présidentielles de mai prochain.

Selon les initiateurs de la loi Loppsi II : "Le Politotron s'inscrit dans un esprit de transparence, dans le cadre du renforcement des mesures de sécurité démocratique après les attentats réussis de mai 2002 et mai 2007, sans parler des suites du référendum de 2005."

Rappel – C’est Francis Delattre, maire de Franconville qui, en février 2010 dans le cadre de la procédure d'urgence « UMP : perdre avec dignité », avait initié ce mouvement de salut public lors de l'affaire Ali Soumaré.

Le Politotron provoquait aussitôt le trouble dans la classe politique.

Basé sur le volontariat, il permettait à tout candidat au scrutin, en mettant de côté son programme, d'être vu dans son plus simple appareil judiciaire afin que soient identifiés ses erreurs de jeunesse, ses cumuls de mandats, ses rémunérations, les condamnations cachées et les peines purgées, ses avantages en nature, ses doubles-vies, récidives, les amants et maitresses dans le placard et mêmes les calomnies. (L'amendement concernant les promesses non tenues n'a en revanche pas été voté.)

Tout ressort en un simple coup d’œil auprès d'un opérateur journalistique du même sexe isolé dans une autre cabine.

Malheureusement, le prototype aurait explosé ce matin dans la cour de l'Élysée.

Et une nouvelle polémique d'enfler aussitôt, l’opposition accusant la majorité d’avoir volontairement saboté l’appareil en le soumettant au scan intensif de Patrick Balkany.

"- Ce n'est pas grave !" Assure Pascal Nègre, en charge du pôle délinquo-technologique au Ministère de l'intérieur : " - La version 2.0 à l'étude avec détecteur de mensonge incorporé, sera testée dès juin 2012, en borne automatisée, dans tous les Pôle Emploi du territoire. Personne ne peut arrêter le progrès et la soif de vérité !"

2 décembre 2009

Un racisme qui en cache un autre

par

Quand le monarque est en rupture de cartouches économiques, qu'il ne peut parader avec son bilan un peu court, il sort le fusil à pompe idéologique.

Le vide gouvernemental est ainsi fait qu'il faut constamment le remplir.

Au fur et à mesure que le roi des riches se refuse à regarder la crise et ses vrais effets en face (licenciements massifs, explosion du chômage et précarisation de la classe moyenne qui ne font que commencer), par sbires médiatiques interposés, il aide au développement du ressentiment populaire.

Il se base ainsi sur le plus petit commun multiple du genre humain et de son électorat (pourtant lui aussi économiquement amoché) : le rejet de l'autre.

Identité nationale, mariage gris... Autant de contre feux marketing bricolés à la va-vite à quelques semaines des régionales pour créer du bouc émissaire et récupérer des voix au seul endroit où L'UMP croit pouvoir encore en puiser : Le FN.

Ça et le thème de l'insécurité : Rien de bien neuf. La droite peut crier à la pauvreté de la grille de lecture de l'opposition, nos hommes du progrès, eux, sont scotchés un demi-siècle en arrière. J'ai bien peur pour l'UMP que, même avec sa passion pour la ré-interprétation de l'histoire, elle sous-estime un peuple à qui il doit rester un semblant de mémoire.

Les récentes polémiques le prouvent : Si ce gouvernement aime jouer de l'amalgame xénophobe façon nov-langue, il n'aime pas être choppé en flagrant-délit de racisme pépère.

J'en ai souvent parlé, on reconnaît le véritable homme de droite, (testé et vérifié à moult reprises) imbu de supériorité coloniale, à son indignation lorsqu'on le traite de raciste.

Il trimballe du cliché sur les arabes à longueur de journée, il aime avoir ses bons petits auvergnats, il a une image arrêtée sur "tous des dealers qui niquent leur mère et crament leurs allocations à fumer des joints en bas des cages d'escalier", il ne perd pas une occasion pour stigmatiser par l'humour gras ceux dont il jauge à la couleur qu'ils ne sont pas nés sur le sol français alors que leurs familles y sont depuis trois générations mais, attention, O grand dieu des blancs, il n'est pas raciste !

Et au fond, la majeure partie du temps, je le crois. Mais il en va du racisme comme de l'amour : Seules les preuves comptent.

Notre gouvernement, soutenu par un électorat qui n'aime pas qu'on lui dise qu'il est raciste, joue donc une partie perdue d'avance : Surfer sur la haine de l'autre sans la laisser éclater autrement que par les urnes. Ce qui promet pour son futur réseau social sur internet !

C'est ainsi que le résultat du référendum helvète à 57% pour l'interdiction des minarets gêne aux entournures nos UMP nationaux qui en une rafale transalpine prennent sur la tronche les détritus qu'ils balancent depuis des mois de leur Titanic électoral.

Le résultat suisse est formel : A partir du moment où l'on pose des questions qui sentent mauvais, faut pas être surpris d'obtenir des réponses qui puent.

Élus de l'UMP, si vous tenez à piquer des voix à l'extrême-droite, allez jusqu'au bout de votre revival opportuniste d'une France purifiée. En bref, assumez. Même l'ignominie demande du courage.

Pour les autres français, un peu moins blancs que votre classe dirigeante, rassurez-vous : Elle n'est pas raciste. Ségrégationniste, oui, mais uniquement envers tout ce qui n'est pas riche. Elle préférera toujours un pas-blanc riche à un de souche fauché. Le racisme anti-pauvre est la vraie marque du régime. Jour après jour, il nous le signifie : Lui et nous ne sommes pas du même monde.

Sa façon même de relancer ces thématiques putrides est la preuve de son profond mépris du peuple. Le racisme étant avant tout une problématique de cons.

Ce qui me rassure dans cette rengaine nauséabonde : Étant donnée la culture politique au sommet, à plus ou moins brève échéance, tous les français seront considérés comme des enfants d'immigrés.

Pauvres, en passe de le devenir, travailleurs précaires, carbone-taxés jusqu'au trognon, peu importent nos origines, nos convictions et notre couleur de peau, chacun de plus en plus en colère : Aux yeux du pouvoir nous deviendrons tous des terroristes.

Faire front commun pour leur foutre une grosse branlée, ce serait peut-être ça l'identité nationale ?

[Update 02.12.09 21h00 : L'identité nationale UMP à la californienne :]


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