9 mai 2009

Opportunités de crise et mépris des salariés

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1 / Opportunités de crise : Retour en vidéo sur la gestion des stocks humains qu'offre le concept de "crise" et la légitimité pour le salarié piétiné, de se faire entendre et de radicaliser son combat sans se laisser endormir par les discours moralisateurs qui veulent faire de la victime un criminel.


2 / Normalisation du mépris des salariés : Double malheur du salarié-consommateur. D'un côté, il accepte d'être mal payé (donc selon ce culte de l'argent au centre des considérations : d'être méprisé). De l'autre, il est attristé de ne pas pouvoir dépenser selon la cadence de l'évangile publicitaire, pour ces choses (tas de parpaings ou bouts de plastiques) qu'il continue à survaloriser.

7 mai 2009

Payer ou payer, il faut choisir.

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Pauvre piéton. Pas de clémence pour moi sur ce coin de grande rue permettant toutes les accélérations : Aucune présence policière en vue pour faire peur à l'automobiliste.

Ce matin sur le chemin de la crèche, immobilisé avec la poussette sur mon bout de trottoir à attendre devant le passage balisé pour les bipèdes de mon espèce qu’un des bolides daigne s’arrêter pour me laisser passer, j’entends dans l’Heil-pod que sera discutée aujourd'hui à l'Assemblée Nationale un projet de loi visant à la levée des sanctions pour les "micros excès" de moins de 5 kilomètre/heure. Comprendre : Le relèvement de toutes les limitations de vitesse de 5 km/h puisqu'il existe déjà une marge technique d'erreur équivalente sur les radars.

Poignant plaidoyer social du sénateur UMP : "La crise frappe les travailleurs, il faut éviter que les plus fragiles soient encore plus pénalisés en perdant leur permis."

C'est sympa d'y penser maintenant.

Cela me laisse songeur d'autant que j'en suis facile à la trentième voiture me passant à fond sous le nez alors que je me dresse bien en vue accompagné d'un enfant qui habituellement, et c'est un fait maintes fois constaté qui n'en finit pas de m'étonner, n'a pas son pareil pour adoucir les passants. Mais là, rien à faire. Par dépit et sécurité, devant la vitesse ambiante constatée, je recule sur le trottoir. Monsieur le sénateur, si la voiture frappe le piéton, il lui faut à tout prix éviter d'être encore plus pénalisé en perdant la vie.

J'ai encore en mémoire le blitzkrieg médiatique made-in-UMP d'il y a sept ans, préalable à l'installation massive de machines à sous radars, qui me rentrait dans le crâne au marteau que la majorité des accidents survenaient sur des petits trajets réguliers (de type le matin en allant au turbin), à cause de banales fautes d’inattention résultant d'un sentiment d'extrême confiance et d'impunité.

Mais, comme disait le regretté Sacha Distel : Y a un moment faut savoir s’arrêter. Le business de la bagnole c’est du sérieux ! Le secteur n'en finit pas de décrocher. Alors, oublions ces années sombres de répression du conducteur. Même si, l'on constate que l'on meurt nettement moins aujourd'hui sur les routes de France, une fois certaines réalités comptables atteintes, les beaux discours républicains on les met en veilleuse quitte à classer les futures victimes dans la rubrique TPT, taux de perte toléré.

Faut pas dégoûter l’électeur consommateur. C’est bien joli les rentrées fiscales mais à force de sucrer le permis à tout le monde et de pruner à tout va, dans ce contexte économique cradingue où les constructeurs nationaux accumulent les invendus à 13.000 euros l'unité, ça décourage le candidat à l'acquisition et ça fait du manque à gagner en terme de TVA.

Sans compter la part à palper par l'état sur les frais annexes (crédit pour la chignole à renouveler tous les deux ans sous peine de passer pour un pauvre, carburant taxé à 80%, assurance, contrôle-technique, réparations, contre-visite, frais de stationnement dans les parcs Vinci, contraventions pour ceux qui ne stationnent pas dans les parcs Vinci, frais de péage et sapin senteur Norauto au rétroviseur central à changer chaque mois). Et qu'espérer de cette inquiétante tendance chez les jeunes qui, dégoûtés par les tarifs du permis au bout du cinquième ratage et effrayés par toutes ces perspectives financières liées à la voiture, abandonnent le projet d'en posséder une ?

Peut-être que le Sénateur Jarlier imagine que le message est passé, que les conducteurs ont saisi. Coincé dans mon sanctuaire en bordure de cette rue métamorphosée en voie rapide, fixant dubitatif un panneau publicitaire pour les journées d'exception Mercedes, je n'ai pas ce sentiment.

Finalement, je force mon destin. Je fais un truc dingue, je traverse la rue. J'évite une Punto thunée jaune poussin en plein remake de Fast and Furious et, au prix d'une bonne montée d'adrénaline, j'atteins enfin le trottoir d'en face.

Tout de même, quelle conquête pour les libertés individuelles que de pouvoir rouler à 56 kilomètres heure en ville au lieu de 50 sans le stress du coup de bâton ! D'ailleurs 71% des français sont pour ! Un tel engouement pour une loi UMP ça se refuse difficilement, surtout à quelques semaines d’un scrutin.

6 mai 2009

Vieille garde et Hadopi

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[Illustration tirée de ma discographie. Le vinyle a été acheté avec mes sous il y a un paquet d'années. Malheureusement, je n'ai plus le ticket de caisse prouvant son origine et le fait qu'il m'appartient. Question au législateur : De quelle peine vais-je écoper ?]

* * *

Notre comité de rédaction limité à moi-même a quelques précisions à apporter concernant la lettre ouverte des artistes de Gôche au Parti Socialiste publiée hier dans le Monde :

Résumé de la lettre : La baronnie du microcosme artistique parisien, moyenne d'âge : 71.8 ans, est mécontente que le parti socialiste ait retardé le vote de la loi "Création et Internet" par d'odieux moyens démocratiques, en abusant de l'absentéisme chronique des députés de droite (probablement occupés à faire avancer le débat public sur les plateaux télés à base de, eux aussi, "Si ça va mal, c'est la faute aux socialistes"). Elle le lui signifie, en toute humilité, dans une lettre au style lyrique allant jusqu'à pendre à témoin Héraclite (dont on se souvient du célèbre discours sur le mont Olympie en -492 où il appelait à la lapidation des adeptes du p2p).

Remarque 1 : J’ai beau chercher dans la liste des 1000 artistes les plus téléchargés illégalement, je n’ai pas trouvé Maxime Le Forestier.

Remarque 2 : J’ai beau chercher ce que Pierre Arditi, qui en appelle à la survie du droit d’auteur, a crée, je n’ai pas trouvé.

Remarque 3 : J’ai beau chercher parmi les acquéreurs du dernier disque de Juliette Gréco, ceux sachant consulter des courriels sans faire planter un ordinateur, je n’ai pas trouvé.

Remarque 4 : (liée à l'interview de Maxime Le Forestier le matin même sur Europe 1 et publié en fin de billet) J’ai beau chercher une trace de pétainisme dans la défense citoyenne du droit à ne pas se faire suspendre sa connexion internet sur la base d'une adresse IP foireuse par des sociétés marchandes sans passer par la case justice, je n’ai pas trouvé.

En revanche, j’ai bien trouvé la trace de Pétain dans le Centre de Cinématographie Française (soutenant avec force subventions la production cinéma) puisque c'est le gouvernement de Vichy qui en est à l'origine.

Remarque 5 : (Toujours liée à l'interview de Maxime Le Forestier). On licencie dans le secteur du disque ? J'ai beau chercher un secteur économique non affecté par la crise, je n'ai pas trouvé. (Ah si, peut-être les artistes rentiers qui on vu passer leurs revenus de très confortables à confortables.) J'imagine que si Pascal Nègre baisse un peu son salaire et que Mr Hallyday redistribue un peu son pognon, y aura de quoi sauver quelques emplois chez Universal.

Remarque 6 : J’ai beau chercher en quoi le téléchargement illégal met en danger le cinéma français, je n’ai pas trouvé. Celui-là ne s’est jamais aussi bien porté et cela fait bien longtemps que son existence n’est plus corrélée au nombre d’entrées en salle puisqu’il est largement financé par la télé, ce fameux CNC et une taxe spécifique sur les entrées en salle des films américains (conduisant à ce paradoxe dont le milieu parle peu : Pour que le cinéma français continue à produire des films à une cadence de 200 longs-métrages par an, il ne faut pas qu'ils fonctionnent trop en salles par rapport aux films américains.)

Remarque 7 : J’ai beau chercher une trace de gauche parmi ces artistes embourgeoisés jusqu’à la couenne et complètement déconnectés d’un monde dont ils pensent être à l’avant-garde alors qu'ils ne sont que les représentants d'un cercle de privilégiés aux rentes plus proches de celles des grands patrons que de celles de la majorité des artistes de France se partageant les 5% de miettes des droits Sacem, je n’ai pas trouvé.

Remarque 8 : J'ai beau chercher une autre issue que la disparition pure et simple de votre ancien monde face à une révolution technologique, non pas en marche mais en place et à laquelle seuls ceux qui sauront s'adapter (sans tourner le dos à leur public) survivront, je ne trouve pas.


5 mai 2009

Combien de temps ?

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Nous entrons, peu confiants, dans notre troisième année en Sarkozie. Le plus désolant dans l'histoire : Si les élections se déroulaient aujourd'hui, malgré son ratage sur toute la ligne, l'homme serait réélu.

Les arguments, on les connaît. Il suffisait d'écouter la libre-antenne des auditeurs hier sur Europe 1 (à 21.50 sur ce lien) pour en avoir un bon panel (100% des appels soutenant l'action présidentielle) :

- Il nous représente bien à l'étranger. (Amusant d'entendre cet argument dans la bouche de gens qui ne voyagent la plupart du temps qu'en club med' et ne parlent couramment qu'une langue.)

- Il s'active et il est jeune.
(Comparé à son électorat à deux tiers composé de retraités, c'est certain.)

- Est-ce que Royal aurait fait mieux ?
(Sempiternelle menace fantôme
qui permet d'esquiver les constats, eux, très concrets.)
Le classique : - Ce n'est pas de sa faute si les français sont ingouvernables.

Non vraiment rien à redire. Le seul défaut qui lui sera reproché par les auditeurs d'Europe 1 c'est de ne pas aller assez loin dans les réformes.

* * *

Au fil de mes récentes pérégrinations chez les bouquinistes des quais de Seine, je suis tombé sur un livre de chroniques, un triomphe, signé Eric Neuhoff et
publié en 1983 chez Olivier Orban.

L'auteur, qui n'a alors pas trente ans, évoque dans le chapitre - Garde à vous ! - son désarroi au terme de la deuxième année de présidence de Mitterrand.


Inversez les mots droite avec gauche, socialisme avec sarkozysme, Jours de France avec Marianne et, avec le recul d'un quart de siècle, cet extrait à toutes les raisons de rendre optimiste les anti-UMP primaires que nous sommes majoritairement* (à condition bien sur d'attendre 13 ans que ce régime démantibule La France selon le schéma du kit néolibéral) :

"Quitte à chagriner nos parents, la voisine du dessus et même les lecteurs de "Jours de France", la gauche est là pour longtemps. Quinze, vingt ans dans ces eaux-là. Vous aurez un Mitterrand ou un autre, un de ses "cadets" fringants qui ne demandent que ça, qui piaffent dans les couloirs de La Rue de Solférino. [...] Ça n'est pas tellement que le socialisme emballe les français, mais vous savez comment est le peuple, peu enthousiaste, toujours lent à réaliser, à se secouer. Le changement, le changement, maintenant qu'ils ont pris leur parti, qu'ils ont leur nid dedans, il n'est plus question de venir bouleverser tout ça. Le changement, c'est comme les éboueurs à Noël, on ne donne qu'une fois. Dès qu'un pouvoir est en place, c'est toute une histoire, une affaire d'état pour modifier les choses. Une gauche qui les désole, les a déçus, gêne moins les électeurs, finalement, qu'une droite dont ils ne sont plus certains, une droite qui n'est plus une droite, qui a peur de dire son nom. [...] En guise de roue de secours, nous avons, par bonheur pour l'Elysée, la droite la plus molle, la plus indécise, une droite qui boude dans son cagibi."

Pas de secret : Sans gauche d'opposition frontale renouant sans honte avec ses fondamentaux, le petit homme aux gros sabots a un boulevard électoral qui s'offre à lui.

* si, si vos courriels vous trahissent.

4 mai 2009

Guéant seigneur

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Qui est ce non-élu qui, sous prétexte qu'il est le favori du président, nous vend débonnaire son remake de démocratie ajustable selon convenance personnelle, avec comme préalable son intention de faire interdire, au nom du citoyen français, un parti bricolé sur un coin de table ?

Il s’appelle Claude Guéant.

Est-ce un con ?
A priori non.

Celui que trop de journalistes appellent avec déférence le numéro deux de l’Elysée
s'est piqué de faire interdire la liste anti-sioniste que Dieudonné, médiatiquement surnommé l'ex-humoriste, désire présenter aux élections européennes.

Plusieurs options pour expliquer cette subite déclaration (aux conclusions juridiques loin d'être assurées) :

- Soit Mr Guéant, copiant en cela son président lors de ses tournées euphoriques dans les usines menacées de fermeture, a tout simplement voulu faire plaisir à ses hôtes, les journalistes de Radio J, en jouant le rôle de l’indigné de service, leur déblatérant ce qu’ils voulaient entendre sans intention aucune d’agir par la suite.


- Soit il s'agit d'un traquenard visant à faire du sortir de la jungle internétique, les soutiens anti-sionistes mal identifiés par les RG.

- Soit notre homme de l'ombre dispose d'une statistique secrète sur la popularité du mouvement.

- Voyons-y peut-être un petit coup de pouce promotionnel, entre gentlemen, envers une liste dans la difficulté, histoire de lui permettre de siphonner quelques milliers de voix à gauche.

- Voyons-y peut-être la volonté de l'UMP
d’adopter sa posture favorite de seul parti sérieux, garant de l'ordre et de la raison, littéralement au-dessus du débat. Après avoir catalogué la LCR de dangereux utopistes radicaux, le PS de saboteurs de travail parlementaire et autres cas cliniques à enfermer, Bayrou d'illuminé ayant vu la vierge, De Villepin de criminel, l'UMP qui a du mal avec ceux qui pensent autrement, catalogue donc Dieudonné comme bon à bannir du champ démocratique.

- Ou bien, et ce sera ma version optimiste : Ce serait une manœuvre désespérée pour enfin intéresser les français aux élections européennes.

Jusqu’à preuve du contraire Mr Guéant, du haut de son infinie sagesse, a plus d’influence sur le pouvoir, votre quotidien, ainsi que d’accès aux médias pour promouvoir ses idées que le danger Dieudonné n'en a pour véhiculer les siennes. Pour l'instant ces dernières ne circulent qu'en bus, le comique voyant ses spectacles interdits les uns après les autres par les municipalités pour cause de trouble supposé à l'ordre public.

- "Bon, c'est pas tout ça... Et le programme de l'UMP Mr Guéant c'est quoi ?"

- "La même chose qu'avant."

- "Ah d'accord, tout s'explique."

1 mai 2009

Marche ou crève

par

Tu as soif de changement ?
Tu en assez d'être considéré comme une variable d'ajustement ?
Tu meurs d'envie d'envoyer un uppercut à la face de ton président ?
Tu as envie de fumées noires ?
Tu veux croire qu'il y a encore un espoir ?

Tu veux croiser des gens charmants ailleurs que dans le petit écran (où souvent ils sont dépeints dégoutants) ?
Tu te dis "peu importe les syndicats, seule compte la puissance du nombre".
Tu te dis qu'il faut bien commencer par quelque chose.
Tu te dis que c'est pas si mal, au fond, qu'il y en ait encore qui osent.
Tu constates que le jour est radieux, que ce serait idiot de rester à l'ombre.

Enfile tes godillots, déploie tes calicots, sors la sono. Et montre leur qui c'est le patron !

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