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14 mai 2009

Haut-débile pour tous ! [edito video]

par
Adoption par le Sénat de la loi "Création et Internet" présentée par la DRH de TF1, Christine Albanel.


Résumons :


- Manque d'imagination d'un pouvoir blessé dans son honneur servant, comme à l'habitude et contre le sens de l'histoire, l'intérêt des plus riches (touchant déjà droits d'auteurs, d'édition, de reproduction, des marges colossales et les taxes sur les supports numériques qui font des cd vierges français les plus chers de la planète) .

- Après avoir plébiscité l'ADSL et être complice du marketing des providers vantant depuis 10 ans le téléchargement illimité pour vendre du forfait*, le pouvoir auto-criminalise l'internaute qui devra prouver son innocence.

- Le débat d'un autre âge cache d'autres modes de rémunération bien plus rentables pour les artistes mais bien moins juteux pour les majors.

- Notons également la volonté du lobby de décrédibiliser la "licence globale" pourtant effective partout ailleurs : A la tv, à la radio, sur Canal +, dans les concerts, dans les boîtes de nuit...

- Enfin, voyons l'espoir derrière la bêtise et le bâton des baltringues.


* Notons que la téléphonie mobile utilise le même procédé aujourd'hui avec les smart-phones.

13 mai 2009

la ripaille graduée

par

France, mai 2011. Tu es jeune et c'est samedi soir. Tu ne vas quand même pas rester chez toi à te taper le bêtisier de la première compagnie spécial Parti Socialiste ?

Direction le dancing : Le puta's fever sortie RN 16, zone co' d'Olivennes, 2eme à droite après Le bon périmeur (La nouvelle chaine en vogue de destockage de légumes avariés transgéniques).

Le Puta's est blindé de monde mais on te laisse rentrer. Pas de discrimination à la porte. Depuis le décret du ministre de l'intérieur, de la musique et des bonnes manières Philippe Val, l'accès aux boites de pauvres garanti pour tous les fauchés est inscrit dans la charte des droits de l'homme.

Certes, tu n'es pas autorisé à y fumer (6 mois de prison avec sursis), d'y dire des gros mots (12 mois fermes), ni boire d'alcool (déportation en camp de fonctionnaires) mais tu es libre d'y consommer quelques godets de Karoutchi lime light ou de Red Bull Morano en te dandinant sur le dance-floor au beat des meilleurs titres proposés par DJ Banel.


Ce soir c'est la démence. Vise plutôt : Une spéciale latex et Leforestier en 320 bpm.

Grâce à loi Hadopi 4.0 dite de sécurisation de la chanson étendue aux bandes, votée fin 2010 à l'initiative du Ministre de la jeunesse et des sports Benjamin Lancar pour permettre l'accès à la musique à tous les petits budgets dans ton genre, le ticket d'entrée des discothèques et thés-dansant a baissé. C'est une révolution qualifiée de grand pas pour l'humanité de l'homme humain par ton président à la tribune de l'Unesco. Grâce à elle, décrochera t-il enfin son Nobel de la paix ?

Certes, vous autres les jeunes, êtes tous un peu boudinés avec ces tas de pièces jaunes stockées dans vos falsards. C'est l'effet indésirable du décret. Ici désormais c'est comme dans les concerts, faut amener sa petite monnaie. Le consommateur paye à la chanson et d'avance, la maison ne fait pas crédit. C'est 99 centimes d'euro le morceau, 69 pour le fond de catalogue. Et encore, la Sacem y perdrait s'il n'y avait pas un soutien du Pôle emploi (oui, même toi ça te laisse sceptique cette fusion entre le service public, Dexia, Bernard Tapie, Universal et PPR) et les subventions du fonds Pascal Nègre pour le développement des lieux de convivialité musicaux en zone rurale.

C'est que malgré la première loi Hadopi de 2009 et ses 600 suspensions de connexion, les deuxième et troisième lois l'année suivante et leurs 170.000 interpellations (provoquant une chute spectaculaire du taux de réussite au bac pour cause d'emprisonnement d'un mineur sur trois), l'industrie des artistes.fr n'a jamais vraiment renoué avec ces fastueuses années. Deux décennies maintenant que le business du disque joue de malchance et stagne dans la crise. En même temps, c'est un peu normal : Plus personne n'a de platine pour passer leurs cd.

Retour sur la piste. L'un dans l'autre,
ce soir si tu veux pécho (vu que les réseaux sociaux sur internet sont apparentés au terrorisme), tu vas de voir raquer double. Ca va te coûter bonbon. C'est qu'avec les mégamix et les enchainements furieux de DJ Banel, une demi-heure de LeForestier pour deux ça va vite chercher dans les 120 euros.

T'as beau être jeune, tu te souviens encore de ces concerts dans les bars et de ces soirées dans les boîtes d'avant où tu n'avais qu'à payer un forfait à l'entrée. Il couvrait toutes les charges musicales, parfois même un verre gratuit. C'était les années magiques de la licence globale. Parait que c'était pas rentable. C'était le bon temps mais tu n'en avais pas conscience. Tout a une fin, sauf peut-être les grandes compagnies, et c'est plus raisonnable ainsi : Il fallait bien protéger les majors des criminels dans ton genre.


Estime-toi heureux. Consommateur mais pas recèleur, tu ne joues pas d'un instrument. Tu n'auras donc pas à t'acquitter du permis annuel de musicien non-professionnel qui vient d'augmenter de 30%.


Seb Musset est l'auteur de
Avatar et Perverse Road disponibles ici.

11 mai 2009

Good Morning England, Goodbye Hadopi

par

Parce qu'il n y a pas que la haine et la politique dans la vie...

Comme 3 ans avant pour La vie des autres et son stupéfiant indice de satisfaction de 99,8%, je me laisse guider par la curiosité et profitant d'une invitation (parce que payer sa place 10 euros à une caisse automatisée, faut pas pousser), je vais voir ce film qui depuis Mercredi dernier, lui aussi, fait l’unanimité.

Son accroche publicitaire est des plus efficaces par temps de grande dépression : Ce film va vous rendre heureux.

Pour ne pas effrayer le spectateur français The boat that Rocked a été rebaptisé Good Morning England.

Richard Curtis, le scénariste de comédies rose-bonbon anglaises qui ne sont pas ma tasse de thé, s’inspire ici d’une histoire authentique dont, comme 20 millions d'anglais, il a été l'auditeur attentif au milieu des années 60. Good morning England retrace l’épopée de Radio Rock inspirée de Radio Caroline, première et plus grande radio pirate anglaise émettant d’un chalutier rouillé en mer du Nord, face au combat acharné des ministres en costumes sombres du 10 Downing street pour la faire taire.

Huis clos maritime à la mise en scène clipesque mais au scénario en béton armé avec des dialogues ciselés, ce film réussit l’exploit de nous sensibiliser au parcours d'une dizaine de personnages au travers d'un vrai brassage d'acteurs, de l'oscarisé Philip Seymour Hoffman au duo de la sitcom It Crowd (Mémorable série de Channel 4 que j'incite le lecteur à télécharger au plus vite puisqu'elle reste inédite en France alors que Le Destin de Lisa non > 1er épisode ici).

Au-delà de sa bonne humeur et de sa fuck you attitude communicatives, distillées au rythme d'une bande son de furieux, Good morning England tombe en plein débat laborieux sur Hadopi telle une pièce à conviction artistique supplémentaire de l'obsolescence de ce combat législatif d'arrière-garde.

1966. Qu'est-ce qui rendait alors Radio Caroline si populaire au point d'être écoutée quotidiennement par un anglais sur deux ? Sa musique gratuite 24 heures sur 24. Nous sommes alors en pleine explosion planétaire de la pop et du rock. Ces genres restent peu représentés par la radio officielle anglaise refusant de s'adapter à l'air du temps.

Le gouvernement ne comprenant pas cette évolution des comportements liée à la miniaturisation des postes, ne ménagera alors pas ses efforts pour rendre illégale une radio qui au départ ne l’était pas.

Dans ce jeu du chat et de la souris, le gouvernement échouera constamment, l’insaisissable équipe de pirates étant plus ingénieuse et plus rapide que la prétentieuse machine législative. Le gouvernement fera de la destruction aveugle de la radio pirate une question de principe. Ça ne vous rappelle rien ?

Une loi visant la défense des marins-pêcheurs menacés par les ondes de la station finira par être promulguée. Sans révéler la fin du film et sa dernière demi-heure agitée, Radio Rock sera littéralement sauvée par sa base : Les auditeurs. L'aventure amorcera la libéralisation des ondes anglaises, le nombre de radios musicales y passera de 1 à 300 en 15 ans. La lame de fond influencera jusqu'au paysage radio français à partir du début des années 80 sans que cela ne nuise en rien à l'industrie du disque, bien au contraire.

A ce sujet, j'ai quelques souvenirs. Dans ces années-là lorsque le gouvernement français se piqua, lui aussi, de faire interdire les radios pirates au nom de la sécurité militaire des ondes, en plus d'énormes manifestations de soutien, il y eut un mouvement massif des artistes français les plus populaires défendant alors les
pirates.

Times they have changed. Nous étions alors à l'orée des années fric. Au terme de celles-ci, la boucle est bouclée, le système a digéré l'alternative, les quelques petites radios qui ont survécu sont des satellites ou à la tête de grands groupes. La concurrence a été rachetée. La majorité des radios ne passent que les mêmes titres formatés générant un maximum de droits d'auteurs pour une poignée de privilégiés, ceux qui vendent déjà beaucoup.

Derrière l'abondance, retour à la station zéro. La liberté et la découverte musicale sont sur internet et c'est désormais cet incontrôlable média off-shore que le pouvoir des croulants veut faire couler.

2009. Good morning England n'est pas un grand film mais un bon film qui ne prend pas son spectateur pour un crétin, c'est déjà énorme. Ode à la désobéissance, à la déconne et à la musique, mieux vaut mourir libre que de vivre soumis et passons plutôt la nuit à danser en faisant un gros doigt aux autorités : Voilà résumés les messages d’un film qui répond par la joie et l'insolence aux impasses sociétales du moment.

En espérant que cela donne des idées.

A voir en version originale exclusivement. Pour ceux évidemment qui ont les moyens de mettre 10 euros dans une place de ciné, les autres le pirateront*.




* Après tout, c'est un film Universal.

6 mai 2009

Vieille garde et Hadopi

par
[Illustration tirée de ma discographie. Le vinyle a été acheté avec mes sous il y a un paquet d'années. Malheureusement, je n'ai plus le ticket de caisse prouvant son origine et le fait qu'il m'appartient. Question au législateur : De quelle peine vais-je écoper ?]

* * *

Notre comité de rédaction limité à moi-même a quelques précisions à apporter concernant la lettre ouverte des artistes de Gôche au Parti Socialiste publiée hier dans le Monde :

Résumé de la lettre : La baronnie du microcosme artistique parisien, moyenne d'âge : 71.8 ans, est mécontente que le parti socialiste ait retardé le vote de la loi "Création et Internet" par d'odieux moyens démocratiques, en abusant de l'absentéisme chronique des députés de droite (probablement occupés à faire avancer le débat public sur les plateaux télés à base de, eux aussi, "Si ça va mal, c'est la faute aux socialistes"). Elle le lui signifie, en toute humilité, dans une lettre au style lyrique allant jusqu'à pendre à témoin Héraclite (dont on se souvient du célèbre discours sur le mont Olympie en -492 où il appelait à la lapidation des adeptes du p2p).

Remarque 1 : J’ai beau chercher dans la liste des 1000 artistes les plus téléchargés illégalement, je n’ai pas trouvé Maxime Le Forestier.

Remarque 2 : J’ai beau chercher ce que Pierre Arditi, qui en appelle à la survie du droit d’auteur, a crée, je n’ai pas trouvé.

Remarque 3 : J’ai beau chercher parmi les acquéreurs du dernier disque de Juliette Gréco, ceux sachant consulter des courriels sans faire planter un ordinateur, je n’ai pas trouvé.

Remarque 4 : (liée à l'interview de Maxime Le Forestier le matin même sur Europe 1 et publié en fin de billet) J’ai beau chercher une trace de pétainisme dans la défense citoyenne du droit à ne pas se faire suspendre sa connexion internet sur la base d'une adresse IP foireuse par des sociétés marchandes sans passer par la case justice, je n’ai pas trouvé.

En revanche, j’ai bien trouvé la trace de Pétain dans le Centre de Cinématographie Française (soutenant avec force subventions la production cinéma) puisque c'est le gouvernement de Vichy qui en est à l'origine.

Remarque 5 : (Toujours liée à l'interview de Maxime Le Forestier). On licencie dans le secteur du disque ? J'ai beau chercher un secteur économique non affecté par la crise, je n'ai pas trouvé. (Ah si, peut-être les artistes rentiers qui on vu passer leurs revenus de très confortables à confortables.) J'imagine que si Pascal Nègre baisse un peu son salaire et que Mr Hallyday redistribue un peu son pognon, y aura de quoi sauver quelques emplois chez Universal.

Remarque 6 : J’ai beau chercher en quoi le téléchargement illégal met en danger le cinéma français, je n’ai pas trouvé. Celui-là ne s’est jamais aussi bien porté et cela fait bien longtemps que son existence n’est plus corrélée au nombre d’entrées en salle puisqu’il est largement financé par la télé, ce fameux CNC et une taxe spécifique sur les entrées en salle des films américains (conduisant à ce paradoxe dont le milieu parle peu : Pour que le cinéma français continue à produire des films à une cadence de 200 longs-métrages par an, il ne faut pas qu'ils fonctionnent trop en salles par rapport aux films américains.)

Remarque 7 : J’ai beau chercher une trace de gauche parmi ces artistes embourgeoisés jusqu’à la couenne et complètement déconnectés d’un monde dont ils pensent être à l’avant-garde alors qu'ils ne sont que les représentants d'un cercle de privilégiés aux rentes plus proches de celles des grands patrons que de celles de la majorité des artistes de France se partageant les 5% de miettes des droits Sacem, je n’ai pas trouvé.

Remarque 8 : J'ai beau chercher une autre issue que la disparition pure et simple de votre ancien monde face à une révolution technologique, non pas en marche mais en place et à laquelle seuls ceux qui sauront s'adapter (sans tourner le dos à leur public) survivront, je ne trouve pas.


24 avril 2009

Des cd

par

Ici la peur d'Hadopi ne paye pas : Terminée la musique d’ambiance, les rayons sont sans clients, les caisses sans files, les vendeurs furtifs. Signe le plus révélateur de la chute du chiffre d’affaires : Les vigiles à la sortie sont passés de trois à un (à mi-temps).

Chez ce gros disquaire indépendant du Boulevard St-Michel, comme dans beaucoup de commerces de ce pays, flotte l'air pesant de l’imminente de la cessation d’activité. Chez le disquaire pourtant, la politique des prix ne laisse pas transparaitre une quelconque crise.

En règle générale, ce disquaire est souvent un peu moins cher que ses gros concurrents parisiens. Ces derniers, supermarchés de la culture, en accord avec quelques majors, font des coups et baissent depuis peu leur prix sur certaines nouveautés et fonds de catalogue flirtant exceptionnellement avec les 10 euros. Encore un peu trop élevé pour ma maigre cagnotte. Car oui,je l'avoue, je n'ai pas les moyens de ma musicomanie et je ne peux me contenter d'acheter mon cd mensuel comme dicté par les médias (Avril c'est Olivia Ruiz.)

Malgré le désordre ambiant et la quasi impossibilité jusqu'à ces derniers mois de s’y mouvoir sans heurter un client tous les 50 centimètres, j’affectionne le disquaire du Boulevard pour ses offres d’occasion. On peut parfois y dénicher des perles à 2 ou 4 euros. C’est ainsi que, cd après cd, je comptais y reconstituer tout ou partie de ma discographie piratée, non pour la beauté des pochettes au plastique lourd et embarrassant mais en raison de la pérennité du support et de mon intolérance grandissante aux chiffonnage des aigus de l’encodage mp3, le hard-discount du son.

Avantage premier du piratage : Je dois à Napster, plus tard à Direct Connect, Kazaa et Mininova de m’avoir ouvert des perspectives musicales passées et alternatives qu'à défaut de finances et d’une programmation radiophonique descente, il ne m’avait été donné d’aborder ces obscures années pré-internetiques.

J’ai piraté de la musique parce que je n’avais pas d’argent. Grâce à un système de valeurs dont la conséquence principale est de dépouiller avec constance ma génération de décennie en décennie, je n’en ai guère plus aujourd’hui. D’où la stupidité d’une loi répressive type Hadopi qui ne contribue qu’à dégoûter encore plus les pauvres dans mon genre de la rapacité des majors.


Inconvénient du piratage : Mes premiers albums téléchargés sur Napster, 9 ans déjà, gravés sur galette premier prix sont aujourd’hui inécoutables pour la plupart.
C’est toujours dans les limites de mon maigre budget que, depuis mon arrivée dans le quartier, je convoite certains des albums exposés chez le gros disquaire.

Prenons le Hotter Than July de Stevie Wonder enregistré en 1975. Précurseur de l'essentiel Songs in the key of life sorti l'année suivante et contenant la matrice des 30 années de Funk, de Rap et d'Ore haine 'bi qui suivront. L'album est présenté dans un exemplaire importé des Etats-Unis avec l’étiquette "Nice Price". Il était proposé à 6.80 euros à cette époque révolue d’espoir et de dynamisme économique effréné où le marchand du Boulevard était abondamment fréquenté, fin 2007. Je me disais alors bien naïvement : "- Je vais attendre pour acheter l’album que son prix descende à 4.50 euros, offre que je juge honnête pour un album largement amorti depuis des années". Le même cd (je veux dire le même exemplaire : Votre rédacteur lui a laissé un signe distinctif) est, dans une étrange logique de gestion des stocks,
étiqueté aujourd’hui à 10.10 euros. L’industrie et le distributeur pourront m’objecter, à raison, que 8 ou 10 euros c’est moins cher que le 25 ou 30 euros auquel ce cd d’importation pouvait être encore proposé il y a dix ans quand le piratage n'existait pas. Reste un problème de taille : Comment s’acquitter de cette somme quand...

1 / Cela représente une part non-négligeable de ses revenus.

2 /
Cela représente une part négligeable des revenus de l'artiste. (Pour en finir avec les polémiques : A quand l'étiquette du prix de CD avec la répartition précise des marges et des benefices et ce que touche l'artiste, spécialement sur un CD vendu d'occasion et sorti il y a un quart de siècle.)

Le temps que les majors et les distributeurs tentent de répondre à ces questions dont seul le dépôt de bilan de l’un des deux ou des deux tranchera, le client, moi, l’ancien dindon de la grande distribution, s'habitue à maîtriser l’offre musicale, à développer sa curiosité et diversifier ses goûts, juguler sa demande et à rendre anonyme ses fichiers .torrent. Désormais, il les encode en .flac pour un rendu musical plus proche du cd et les échange avec IP anonyme sur des forums sécurisés.


Le disquaire du boulevard, lui, se vide peu à peu de ses clients, avec une poussée brusque depuis un mois. De l’aveu d’un vendeur : Ici, la vente des cd, c'est peut-être la dernière année.

Anyway, j'avais cramé mon budget musique pour le mois : 25 euros dans un billet de concert pour Raphael Saadiq. Alors je suis reparti dans le chaudron urbain au goudron bouillant, soulagé de n'avoir rien acheté, l'heil-pod en bandouillière aux merveilles de Wonder.




3 avril 2009

Je n'aime plus ces artistes

par
La Loi Hadopi, autorisant la suspension de votre abonnement internet en cas de dénonciation de votre adresse IP par le lobby des galettes en plastique sur facturées, a donc été votée en catimini par une poignée de députés.

Barnum répressif débile pensé par les adorateurs du Minitel où tout internaute est potentiellement coupable, cette porte du flicage d’internet franchie le jour de la publication d’un rapport d’Amnesty international sur la police française sobrement intitulé des policiers au-dessus des lois, nous assure de bons gros dérapages.

Ne nous laissons pas abattre. Premièrement, détendons-nous en musique et commençons par pirater (et éventuellement l'enregistrer*) le lecteur exportable à l'exportation auto-censurée de Deezer :



Deuxièmement, soyons réalistes : L’industrie du support musical, c'est terminé. Les majors, qui ne sont pas remises de ce hold-up qu'elles ont initié au milieu des années 80 avec la généralisation du cd, s’évertuent à ne pas le comprendre depuis quinze ans. Tant pis pour elles. Quinze ans, c'est bien assez pour prendre de nouvelles habitudes musicales. Surtout quand le mélomane a lui-même quinze ans.

Voyons là aussi un conflit de générations. Les dinosaures disparaîtront de leur sale mort à coups de best-of bradés pour leur dernier cœur de cible : Les seniors (qui sont encore) friqués. Au mieux, ils écouleront pour les plus jeunes, via des accords avec les épiciers généraux, quelques intégrales offertes pour tout achat d’une clé USB 2 Terra octets qui fera téléphone, télé HD et console de mixage.

Le plus écœurant dans cette calamiteuse histoire, c’est la collaboration active d'artistes à la promotion d'une loi, en feignant l'inconscience des dérives technologiques qu'elle permet.

En ces heures sombres de police du réseau, de listes, de suspensions arbitraires, à nous de fliquer ces collaborateurs, de les mettre sur liste noire, de les boycotter de l'achat à la scène en passant par leur non-téléchargement (je retire ce que j'ai dit sur Luc Besson, pas la peine de gaspiller de la bande passante).


Les nouveaux mythes musicaux, eux, n'ont pas attendu de loi pour s'adapter. Ils se construisent de façon plus intime sur des sites d'où ils gèrent eux-mêmes leur distribution, dans les salles des cafés, les festivals et sur les plates-formes gratuites de partage vidéo depuis déjà des années. A eux de se servir des majors et non l'inverse.

La force de la musique : Quelques notes qui offrent une infinité de combinaisons et de nouvelles émotions.

Création (n.f) :
action de créer. Inverse de la rente.

* création française de Sébastien Migniot.

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