27 décembre 2007

CONVERSATION AVEC SEB MUSSET > 27.12.07

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Conversation désabusée sur les quais de scène avec Seb Musset pour un bilan franco-français de 2007.
Espoirs déçus, prise de conscience que le pays aime sa soumission au marché, 2007 est une année grise qui en annonce une noire.

17 décembre 2007

SEXE ET SYMBOLES : FUCK ME I'M FAMOUS

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On annonce le couple glamour à la Une du Figaro*, de l'Express, de point de vue, de Guts et de Tiercé Magazine, le tout relayé à longueur de journée sous couvert d'appels des auditeurs** par les radios periphérico-Umpésiennes. Finalement ce n'est pas Laurence Ferarri, la journaliste au sobriquet pourtant ad-hoc, que notre président à choisi comme première dame mais la plus plus conciliante Carla Bruni, mannequin héritière tendeance Bobo-fin de race à voix fluette attirée par le pouvoir qui le lui rend bien. Honnêtement à quelques encablures d'une année 2008 qui s'annonce d'un point de vue économique - donc en bout de chaîne d'un point de vue humain - catastrophique comme jamais, à l'heure où du CRS débonnaire balance du SDF trop bruyant dans la Seine en l'invitant à coup de matraque à remballer sa tente de pauvre parce qu'elle gêne le panorama des blaireaux moyens qui viennent faire leurs emplettes de noel, en ces périodes de fête où de plus en plus de ces blaireaux moyens commencent à réaliser qu'ils ne sont en fait que des pauvres cons de pauvres qui risquent de finir sous une tente, n'est-ce pas une fois de plus, se foutre un peu de la gueule des électeurs que d'organiser un photo-call à Disneyland dans l'espoir que la saison deux du feuilleton "gloire et pouvoir à l'Elysée" soit encore plus clinquante que la première ? Le peuple en serait tombé si bas qu'il en oublierait ses misères privilégiant les rebondissements de la vie sentimentale à paillettes de son président ? C'est à craindre. Ainsi soit-il. J'attends qu'un journaliste burné, étranger donc, demande à notre présiment s'il compte prendre un ou deux tabourets pour escalader la poupée gonflante des stars le soir des noces ? Aurait-il trouvé dans cette couverture glacée un moyen de pression géo-politique ? Peut-être qu'en la donnant aux FARC, à condition qu'elle ne chante pas, il pourrait récupérer Ingrid Bétancourt***.

* renommable après cette glorieuse semaine : Kadhafi Magazine.

** scénarisé, mis en scène, avec un casting toujours parfait : le supporter de l'action du gouvernement, le contre qui avance des arguments contraires et le super énervé qui décribilise tous ces arguments contraires.

*** valeur étalon de la patience à laquelle j'accole l'image pieuse récemment découverte pour me calmer à chaque fois que la file d'attente au Champion de La rue de Buci se prolonge plus de douze minutes, c'est à dire systématiquement.

30 novembre 2007

SUPER POUVOIRDACHA MAN

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Allocution Tf1-confort depuis l’Élysée de ces idées à sens unique pour le présiment courtes pattes au bras long. Phrases creuses et manichéennes, évidences et pléonasmes assénés comme des cours de raisonnement de mathématique quantique. Ce type est une arnaque du sol au plafond* à la fois cause principale et conséquence logique de la médiocrité française. Quand est-ce enfin qu’un journaliste courageux - espèce en voie d'extinction - mettra le point sur la ressemblance évidente entre ces deux comiques populaires français dont l'intégralité du registre balance de la fausse compassion à la nervosité stérile :

LOUIS DE FUNES jouant Daubray-Lacaze un petit policien provincial véreux dans La zizanie de Claude Zidi (1977)
Mon premier point, le plein emploi.
Mon deuxième point, le plein emploi.
Mon troisième point, le plein emploi.

NICOLAS SARKOZY ce soir, depuis son bureau de l’Élysée devant ses laquais.
Parce que, au fond, quel est mon but monsieur d’Arvor ? Le plein emploi.





* Le figaro publie pour la première fois un sondage de popularité où notre homme flint tombe en dessous des 50% de popularité.

23 novembre 2007

TOUT VA BIEN MES CONS DE CITOYENS

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NS TV version front populaire
Il faut savoir terminer une grève

C’est l’hollywoodien Sarkozy remakant un vieux Maurice Thorez. Un message vraisemblablement destiné aux médias qui le prennent au pied de la lettre. Il n’y a donc, selon eux, plus de mécontentement en France. Apothéose de l’intoxication médiatique : le déni de vérité.

21 novembre 2007

WORKING-CLASS HERO où comment, en pleine baisse du pouvoir d'achat, j'ai encore envoyé chier mon patron.

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Boulevard de Sébastopol, A gauche, voitures qui jouent à pousse-pousse dans une confiture de bordel mêlant au septième jour de grève vélos, vélibs, scooters, piétons éparses et camions de livraison. Grève qui, au-delà du symbole et du fond, est l’extériorisation maladroite d’un mécontentement social complexe mais massif, est encore à ce jour relatée à sens unique par les médias : sens du capital donc du manque à gagner.

A droite, meutes de cyclistes disciplinés, moulinant plus ou moins aisément selon l’expérience, sur engins de qualités variables. Parmi eux, encore pour peu, j’y pédale sereinement, méprisant de ma selle le conflit qui, selon les souhaits de la cellule communication du présiment, oppose salariés esclaves du secteur public et salariés esclaves du secteur privé. De constitution mentale défiante envers toute soumission, j’ai refusé à la première heure de signer quelque contrat de travail que ce soit entravant ma liberté de me tirer à ma guise à la moindre montée de pression et je travaille donc par piges, au jour le jour. Moins bon pour la retraite mais mieux pour les nerfs donc pour la durée de vie. Dommage, j’y étais presque. J’en étais à deux mois de présence au sein de la société et j’avais encaissé des épisodes plus éprouvants nerveusement que cette anicroche de fin de journée au sujet du remontage d’un trois-minutes bouche-trou sur la culture de l’olivier à Aubervilliers. Ça y est, c est fini. Majestueux, je me lève et contemple mon calme qui a tout du détachement qui a lui-même tout de la coupe pleine, lorsque je prononce ces mots simples provocants la stupeur de mes jeunes compagnons de galère* dopés à la naïveté, aux croyances et à la bonne volonté, j'ai nommé les stagiaires :

SM
Bon bah si c’est comme ça j’me casse.

Pistes de montage ouvertes, l’air frais du Boulevard embouteillé m’appelle, pas le temps de finir mon thé à la menthe, pas l’envie d’ailleurs. Un signe de main gantée à une Laurence silencieuse au sourire gêné. Elle sera le seul regret de cette expérience. James accuse le coup, arc-bouté sur son propre montage. Menaces de la directrice de production dans une tentative instinctive d’avoir le dernier mot, je lui laisse. Je n’ai absolument pas envie de me battre, plus maintenant, pas pour ça, pas à ce prix là. Bien envie de lui hurler dessus que je l’emmerde mais, tout dans ma désinvolture à son égard depuis quelques jours l’indiquait. Et puis, ce départ sans heurts ni joute verbale, exempt de la moindre justification, a tout du coup poing dans la gueule mettant chaos n’importe quel interlocuteur. Je tourne accidentellement le dos à Guenièvre que j’oublie de saluer lorsque je quitte les lieux pas triomphant, juste heureux. James presque révérencieux me tient la porte de sortie pour la première fois, partagé entre le soulagement d’être débarrassé en moins de trois minutes d’un concurrent dans la petite entreprise au sein de laquelle il compte bien gravir un à un tous les échelons et l’admiration de cet épilogue jusqu’au-boutiste de mon comportement de working-Dandy des deux derniers mois. Des scènes comme celles-ci, au regard des incohérences nerveuses de La veuve Ténardier en charge des programmes, il en a déjà quelques-unes au compteur. Dans l’audiovisuel comme ailleurs, seuls les plus aptes à fermer leur gueules survivent socialement.

Je redescends en vélo sous un ciel de merde au grésil la rue du Faubourg st martin, les salariés du privé en veulent toujours aux privilégiés du service public ainsi qu’à leurs régimes spéciaux. Le peuple jaloux d’un conducteur de train ! Le monde social infantilisé est cul par-dessus tête, les pauvres crachent sur d’autres pauvres au prétexte que les seconds sont plus avantagés sur les premiers. Rappelez-vous bande de cons que l’existence de Dieu n’a jamais été prouvée et que, jusqu’à preuve du contraire, à la fin, les derniers seront encore les derniers.

Quelque soit l’issu du conflit, ce mouvement national aura moins deux mérites : faire fermer sa gueule au présiment pendant une semaine et souligner au Stabilo Boss la totale incompétence de la petite frappe au gros cul doré de Neuilly à résoudre quelque problème que ce soit des français** qu’il est censé représenter. Ceux, minoritaires dans son entourage proche, gagnant moins de cent mille euros par mois.

Après quelques media-training avec journalistes en heures supplémentaires pour des cabinets conseils, notre présiment sort ce soir de son mutisme inédit et s’apprête enfin à baisser son caleçon

NS TV (version école des fans)
J’irai jusqu’au bout de mes engagements mais, avec ma baguette magique, je vais arroser tout le monde avant noël avec du fric que je n’ai pas.

Poursuite du conflit ou pas, nous avons, au sujet du faux problème des régimes spéciaux, assisté à une belle intoxication médiatique à la française. Un régime spécial me dérangeant, entre autres élites moralisantes, est celui de l’augmentation de 200% du salaire du présiment de la république au prétexte que les grands patrons gagnent beaucoup plus**. Jusqu’à quand, cons de français, allez-vous vous faire rouler dans la farine ultra-libérale ?


* terme, comme "pris en otage", à utiliser avec des pincettes ces jours-ci tant certains salariés, à proximité d’un encartage UMP, s’en sont accaparé l’exclusivité, se considérant avec conviction comme de réelles victimes de guerre. On n’est jamais QUE prisonnier de soi-même.

** à peu de mots près ce qu’a déclaré le porte-parole de L’Elysée, stagiaire souffre-douleur du présiment à qui il a promit la mairie de Neuilly et couille molle notoire, David Martinon.

17 novembre 2007

PENDANT CE TEMPS, LES CHINOIS MEURENT D'ENVIE DE CONSOMMER

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Le conseil constitutionnel valide les tests ADN dans le cadre de la régularisation des sans-papiers mais interdit la moindre statistique ethnique les concernant. En France, on peut désormais déporter la conscience tranquille du moment qu’on ne compte pas. Seule l’hypocrisie flamboie encore dans l’ex-pays des lumières.

Malgré le silence étonnant du présiment, l’omniprésence de ses ministres rassurants sur les plateaux des médias en charge de la bonne diffusion de la pensée d’état - c’est à dire tous sauf les chaînes de jardinage - et la négociation supposée des représentants syndicaux, la base populaire – c’est à dire entre autres les étudiants, les cheminots, les juges, les hôtesses de l’air - poursuit le mouvement de grève. Début de confusion embarrassée dans les médias et à la tête du pays qui se sont laissés intoxiquer par leur propre propagande. Preuve supplémentaire que ce pays est bien divisé en deux : celui que l’on voit sur l’écran - l'élite - et celui que l’on voit dans la rue - le reste -*. Revolution will not be televised.

Pour nous rassurer sur l’éventualité d’un nouveau monde débarrassé de la barbarie capitaliste, petite brève locale en provenance de l’empire émergent : Une promotion exceptionnelle dans un hypermarché Carrefour en Chine est le théâtre d’une bousculade géante à l’ouverture. Bilan : trois morts piétinés.

* rappelons-nous les six mois qui, dans les médias, précédèrent la supposée validation populaire par référendum de la constitution européenne en 2005....

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