5 septembre 2008

L'efficace gestion du géant Gap.

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Voici deux nouvelles anodines tombées sur le fil RSS de Fashion Mag concernant le numéro 2 américain du prêt-à-porter : GAP.

Date : 20/08/2008
Titre : Gap Inc. rehausse son bénéfice prévisionnel malgré la chute des ventes.
Résumé : Le groupe Gap a enregistré en juillet une chute de 11 % de ses ventes à réseau comparable par rapport à 2007. Un chiffre qui n’empêche pas le géant américain de revoir à la hausse ses bénéfices prévisionnels pour l’année.

et on comprend pourquoi...

Date : 02/09/2008
Titre : Gap Inc. ferme son bureau de style européen
Résumé : Après des résultats décevants, Gap vient d’annoncer la fermeture de son bureau de style européen de Londres. Il avait été lancé il y a deux ans pour développer une offre spécifique aux consommateurs britanniques et français et doper les ventes locales.

Pour mémoire : Un jean GAP coute à la fabrication, en Chine, entre 1 et 5 euros. Il est vendu entre 30 et 40 aux Etats-Unis, entre 50 et 70 en France.

Conclusion : Les temps sont durs. Pour certains plus que pour d'autres.

4 septembre 2008

Hervé Morin, le net en visée

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Belle pirouette d'Hervé Morin, Ministre de La Défense, aujourd'hui sur France Inter qui, en plus de s'occuper de la bonne santé du lobby des armes, défend celui de la presse ! Comme ce sont les mêmes, c'est top raccord.

Donc, à propos du dernier numéro de Paris Match comprenant l'interview en couleur avec gadgets inclus des méchants talibans à qui il faut faire pan pan, le ministre de la Défense botte en touche et tacle Internet. (A 2 minutes sur la vidéo).

Pour Hervé Morin : "Le Net est un espace de liberté où on dit, où on écrit n'importe quoi, où on peut faire partir n'importe quelle rumeur."

C'est marrant, moi sur le net j'ai lu que le gouvernement est un tapis de jeu avec lequel le président fait n'importe quoi. Rumeur vérifiée.

Rentrée littéraire : Il n'en restera qu'un !

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Et quelque chose me dit que ce sera encore Guillaume Musso ou le Guide du Routard spécial Thaïlande...

En anglais, perverse signifie :

1. difficilement influençable.
2. marqué par l’immoralité, déviant de ce qui est considéré comme juste ou correct.
3. résistant à la discipline.
4. ayant un penchant pour la contradiction et la destruction.

En français, on qualifie d'effet pervers le résultat non désiré et fâcheux d'une action se retournant contre les intentions de ceux qui l'ont engagée.

P.S : "coming soon" comme y disent pour les films de James Bond.

3 septembre 2008

Sarah Palin : L'arme fatale ?

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Attention aux confortables erreurs d’analyses au sujet de la politique US à 4000 kilomètres de distance.
Rappelez-vous l’été 2004 après le plébiscite du Farenheit 911 de Michael Moore en France (scandaleuse palme d'or*) : Les médias français considéraient comme acquise l’élection de John Kerry, candidat démocrate devant nettoyer l’insulte George W.Bush et dont on a depuis oublié le nom et la tête.

Ayant séjourné cet été là dans un Michigan bien différent de celui repeint par Michael Moore, j’étais revenu en France avec la conviction que Bush serait réélu, ce dont mon entourage et les médias, prenant leur éthique personnelle pour une vérité générale, ne pouvaient pas concevoir.

Ce sont les mêmes qui prétendent aujourd’hui que le candidat républicain John Mac Cain a torpillé sa campagne présidentielle avec le choix de Sarah Palin, gouvernante débutante de l’Alaska et ultra-conservatrice, comme colistière de son ticket.

Effet de la panique qui envahit le camp républicain après le succès de la convention démocrate, point extatique de l’Obamamania, le tir de barrage « Sarah Palin » de l’ancien militaire Mac Cain n’est, d’un point de vue tactique, pas la suprême bêtise que l’on peut lire ici et ou encore .

D’abord, et vous l’aurez noté : C’est une femme. Mac Cain ose donc ce que les démocrates n’ont pas fait.

Le passé de Miss qui dévalue Sarah Palin dans les médias français est positivement connoté dans la conscience populaire américaine. Une Miss américaine n’est pas Valérie Bégue. On a beau voir la miss en bikini dans le magazine du flingue, son bikini reste un drapeau américain et on ne verra jamais sa sex-tape dans News of the World. La différence est ténue mais là-bas, un bout de nichon c’est sacré.

La Miss fait partie de la tradition américaine comme le premier amendement et le pop-corn au cinoche du samedi soir. Cette ascension sociale via une promotion qui n’est pas seulement esthétique mais inclut des valeurs morales et religieuse, est hautement considérée outre-atlantique. C’est du spectacle, certes, mais qu’est-ce qui ne l’est pas aux Etats-Unis ? Cette dimension n’est pas à prendre à la légère pour un peuple qui a consacré à deux reprises un acteur de série B à sa présidence et un boby-builder autrichien venu réussir son rêve américain, à la tête du gouvernement de Californie.

Ensuite, Sarah Palin gouverne l’Alaska, ce qui pour l’américain moyen est un peu la dernière frontière bref, un synonyme d’ouverture sur le monde. Pour faire court, ça nettoie l’accusation d’un vote trop poussiéreux. Le républicain moyen qui votera pour une colistière d’Alaska aura le sentiment d’avoir accompli un geste aussi révolutionnaire que s’il avait voté pour un candidat noir - mais avec le noir en moins -. Car, croyez-moi là-dessus, on sous-estime en Europe le racisme anti-black qui est toujours une constituante américaine.

Sarah est créationniste ? Pro-arme ? Anti-avortement ? So what ? Sarah est à l’image de nombre de ses compatriotes. L'histoire de la grossesse de sa fille mineure ? Tout cela va rentrer dans l'ordre par un mariage et, au contraire, finira par rajouter du crédit à son discours célébrant la vie à tout prix et attendrira l'audience (spéciale dédicace à Rachida).
Ne pas oublier le dicton "God, Guns and Guts made America Great". Sarah Palin réunit les trois mieux que personne !

Sarah Palin gêne l’élite des côtes ouest - c’est à dire l’intelligentsia européanisée de New-York, Boston et Los Angeles - et la majorité des européens soit, respectivement, 7 % et 0% de la population américaine. Le vote ne se passe pas là.

Son inexpérience et son côté populaire ? Dans des démocraties occidentales qui plébiscitent les candidats de Big Brother ou de la Star Academy et font de ces jeux la seule possibilité de progression sociale, je prétends que ça la rapproche plutôt des ambitions moyennes de ses électeurs.
Ajoutons qu’il y a un bon paquet des soutiens d’Hillary Clinton qui ne se reporteront jamais sur Obama.
Ajoutons qu''il y a aussi un paquet de noirs américains qui considèrent Barack trop blanc.
Ajoutons que les hispaniques sur la base d’une jalousie communautaire n’encaissent pas Obama et qu’ils représentent un autre gros paquet d’électeurs et que ça commence à faire beaucoup de paquets...
Ajoutons que « Démocrate » et « Républicain » ne signifient pas « gauche » et « droite » mais que chacun de ces deux partis regroupe des gens de gauche et de droite (quoique dans le cas des républicains c'est plutôt de "droite" et d'"extrême-droite").
Je reste donc, pour l’instant, réservé sur le soi-disant suicide politique de Mac Cain.
Au contraire, on a jamais autant parlé de lui depuis 72 heures.

N’est-ce pas le plus important quand on vend un produit ?
* L'attribution de la palme d'or à ce documentaire de piètre qualité n'est peut être pas étrangère au fait que, cette année là, le président du Jury, Quentin Tarantino, préparait la sortie de son film "Kill Bill" produit et distribué par la même compagnie que celle aux commandes du film de Michael Moore. Simple supposition...

Si c'est une fille, on l'appelle Edvige !

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Quel monde cruel !
Alors que le Ministre de la justice confirme sa grossesse devant quelques journalistes à la sortie du conseil de ce mercredi, une nouvelle étape vient d'être franchie dans la violation de vie privée avec cette photo volée du futur bébé de Rachida Dati par un odieux paparazzi en planque in-utero :
On notera la présence d'un lien ombilical très prononcé.

2 septembre 2008

Peur sur la ville

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Je viens d’être l’acteur et l'artisan d’une histoire d’apparence drôle mais qui, à bien y regarder, contient tous les éléments de la névrose française : Sa désespérance, son américanisation, sa précipitation à faire les mauvais choix sur la base d’une perception de la réalité pour le moins basique.
Je préviens tout de suite : âme sensible s’abstenir, vous allez partager un moment de ma vie de famille. Ce sont mes tripes que je vais étaler sur le buffet, c’est pas glorieux et c’est peu ragoûtant.

ACTE I :
Tout commence au début du mois d’août.
Mes beaux-parents, électeurs sarkozystes qui habitent Paris, partent pour quatre semaines vers Monaco d’où ils nous enverront régulièrement, à ma compagne et à moi, des MMS pour nous montrer "combien que les vacances chez les riches c’est fabuleux quand il fait beau".
Mes beaux-parents ne désirant pas s’encombrer, font alors comme beaucoup de français à ces moments cruciaux de l’année : Ils abandonnent leur compagnon domestique, une vieille chatte de gouttière nommé Ségolène.

Certes, ils ne la laissent pas sur le bord de la route mais dans leur appartement. Certes, ils chargent la gardienne de l’immeuble, Janine de Cambrai (elle s'est affublée de la particule depuis le succès du film de Dany Boon), de monter la nourrir une fois par jour contre menue monnaie. Mais tout de même ! La bête va vivre enfermée seule pour un mois et aucun comité de soutien ne sera formé dans ce pays pour relayer cet acte d’une intolérable cruauté. Voyez-vous, à l’instar de l'ami Léautaud, j’ai de la tendresse pour tous les chats alors que pour les humains, je suis plus regardant.
Pris de pitié pour cette chatte promise à la neurasthénie, je demande aux beaux-darons avant leur transhumance monégasque de me laisser la clef de leur appartement pour que je vienne de temps à autre rendre visite à Ségo, lui prodiguer quelques caresses et lui souffler que ses maîtres sont vraiment des enculés !

Dimanche de la semaine dernière, me voilà donc dans leur canapé avec Ségolène qui ronronne à mes pieds. Je suis accompagné de mon aimée et de sa sœur. Autour d’une bouteille de champagne piquée aux darons, nous discutons du passé et sortons de vieilles photos :

- Quinze ans déjà que l’on se connaît !
- Pff.. Que le temps passe vite…

- Et tu l’as dit bouffi.

Et l’on se raconte nos quatre cents coups :

- Ah on en a fait des conneries ! - Oh oui ! On était jeune hi, hi !
- Mais c’est fini maintenant on a des crédits.


Grignotés par la nostalgie, nous sortons nos madeleines des placards : De vieux jouets de la chambre de mon aimée dont une fausse main et un faux pied. D’imitation grossière, ces articles achetés vingt ans plus tôt par ses soins dans un magasin de farce et attrape vont devenir les éléments d’une machination diabolique aux funestes conséquences.

Malgré une petite forme en ce dimanche pourri succédant à un mois d’août parisien à gerber, j’ai encore du potentiel de jovialité sous le pied et je décide de réveiller notre jeunesse facétieuse ainsi que notre tristounette journée et, par ricochet, d’offrir un peu de bonheur à mes beaux-parents lors de cette mini-déprime qui va les envahir entre leur retour de Monaco et leur week-end suivant à Deauville.

En France, on a peut-être pas de vacances mais on a des idées !

Au terme de dix secondes d’une réflexion surhumaine, j’élabore une cocasserie de bon aloi dans la plus pure tradition de la salle de garde qui saura faire sourire le bon vivant qu’est, paraît-il, de nature, l’électeur Sarkozyste.
Je soulève leur canapé crotte de mammouth et glisse a chacune des extrémités le faux bras et le faux pied, les laissant dépasser, comme suit sur l'illustration ci-dessous :


Suggestion de l’ensemble par un détail : A 3mètres de là et pourvu que l’on n’y regarde pas plus de 5 secondes, il y a un corps humain sous le canapé. Je précise pas plus de 5 secondes puisque l’espace entre le sol et le canapé étant de 4 centimètres, il est physiquement impossible d’y loger un corps, même celui d’un enfant et même pour TF1. Rien à faire, c’est impossible.

Mais impossible n’est pas français.


ACTE II :

Le reste des évènements m’a été rapporté par ma belle-sœur, mon beau-père ayant déclaré à son retour de Monaco : "Je ne parle plus à ce scribouillard de mes deux qui a 12 ans d'âge mental !"


Cinq jours avant leur retour, Lundi matin, lendemain de notre farce, les pompiers du 15eme arrondissement reçoivent un appel téléphonique. Une gardienne d’immeuble hystérique les informe avec un fort accent ch’ti que "faut faire vite y a un cadavre sous un canapé dans un des appartements de la tour B !".

Trop contents de sortir le joli camion, et parce que seul la fête est moins folle, les pompiers appellent les policiers et tout ce beau monde se dirige en fanfare vers l'appartement en question.
Ségo qui n’a vu personne pendant un mois, voit débarquer dans le salon de ses maîtres, quatre policiers, cinq pompiers, la gardienne et son mari, armes au poing pour les uns, prêt à tout défoncer à la hache pour les seconds tandis que les gardiens filment la scène, chacun avec leur Samsung 3G "pass'kon sait jamais ça peut faire du blé à la télé".
Bien évidemment, le bras reste dans la main du préposé qui le prend plutôt mal. Tant pis, lui et ses copains ne seront pas venus pour rien et ils embarquent les membres en plastique comme "pièces à conviction" tandis que les pompiers, histoire de vérifier quand même - on est jamais trop prudent - retournent le canapé et le mettent en pièce.

La gardienne se fait sermonner.


- Vous vous rendez compte tous les gens que vous avez fait déplacer !
On peut comprendre la fureur du jeune policier qui, mine de rien, a failli jouer sa carrière sur cette histoire car, compte tenu du besoin de reconnaissance des jeunes recrues des forces de l’ordre, compte tenu de l’atonie des rédactions au mois d’août et de leur soif de faits-divers, compte tenu des connexions et des tuyautages des premiers avec les seconds : on peut légitimement supposer qu’il y avait un ou deux types d’I-télé et de BFM TV patientant dans la cage d’escalier pour recueillir les premiers témoignages.

Et qui dit journalistes, dit souvent gouvernement. On en était peut être déjà à se batailler Place Beauveau sur qui allait récupérer ce drame bestial au 20 heures.


- Non Rachida t’as déjà fait Bourg en Bresse ! La boucherie de la porte de Versailles c’est pour moi !


Mais non. Dommage pour tous : il ne s’agissait que d’une farce à la con, éculée, sans arme, ni violence, ni budget.


Bilan de l’opération : 1200 euros, un canapé foutu et une surprise ratée.

Ou pas complètement.


EPILOGUE :

Personne, ni la police, ni les pompiers, ni la gardienne n’a prévenu les beaux-darons qui eurent la surprise de retrouver une semaine après leur canapé en copeaux. Ils apprendront le fin mot de l’histoire grâce à l’épicière chinoise du quartier qui d’un sourire laqué au doigt menaçant leur chantonna :


- Tuer gens chez vous, pas bien, pas bien !

Oui, c’est toujours lorsque l’on croit que la connerie s’essouffle que l’on découvre stupéfait qu’elle n’en était qu’à son tour de chauffe ! Janine de Cambrai, au lieu de se draper de honte quant à sa perception pour le moins au premier degrés des choses, est allée se vanter dans le quartier qu’elle avait fait son "devoir de citoyenne" avant d'ajouter avec une pointe de méfiance que ces gens du cinquième tour B, même s’ils votent Sarkozy, sont "vraiment des gens pas comme les autres" et qu'il fallait s'en méfier.

Les 7 enseignements de mon attaque martienne en milieu sarkozyste :

n7 : Lâcher une boule puante dans Paris pourra bientôt être assimilé à un acte terroriste.
n6 : En cas de problème autre qu’un incendie il ne faut jamais, jamais appeler les pompiers.
n5 : Les flics sont encore pires que dans mes souvenirs les pires. Mon histoire est explicite : il ne faut pas leur donner la gestion du fichier EDVIGE !

n4 : La France n'a pas récolté beaucoup de médailles aux JO mais dans la catégorie de la délation, elle confirme son titre de championne du monde.n3 : Abandonner un animal domestique l’été, ça peut coûter cher !
n2 : Dés qu’on s’éloigne de Samantha ou de Bienvenue chez les ch’tis,
l’humour en France ça devient compliqué.

Et numéro 1 : j’ai la preuve irréfutable du pouvoir dévastateur des série américaines, avec force flics et cadavres – type Experts ou Cold Case sur le cerveau des ménagères de moins de cinquante ans.

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