20 juillet 2020

Port du masque obligatoire, c’est la chenille qui redémarre

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Deux mois sont passés dans le monde d'après...

En juin, on souffle un peu. Le citoyen veut des vacances, l'Etat veut du PIB. Un petit air de "plus rien à foutre du virus" plane sur le pays depuis le début du déconfinement. Les incompétents du gouvernement ont été remplacés par d'autres incompétents provisoirement moins impopulaires. On peut donc recommencer à culpabiliser le quidam, lui dire qu'on va lui baisser son salaire, qu'il coûte trop cher, qu'il se relâche trop, fait trop la fête et porte mal son masque. 

En juillet, ça reconfine un peu partout en Europe. Plusieurs signaux sanitaires sur une hausse de la propagation du covid titillent ces rédactions d'info-feuilleton qui raffolent de l'affolement. Le gouvernement Baltringuistan-du-Castex décrète en plein milieu des grandes vacances (comme il le ferait pour une hausse de taxe honteuse) que le port du masque est obligatoire dans les lieux publics clos (tous sauf l’entreprise bien sûr, ce qui permet aux experts de chaines d'info-feuilleton de faire la morale sans masque en lieu clos sur l'importance pour les autres de porter le masque en lieu clos).

J’avoue que je ne comprends pas le pataquès actuel autour du port du masque, comme s’il fallait être systématiquement pro ou anti sur chaque chose. Je croyais naïvement que le port du masque dans les lieux publics clos était, si ce n'est obligatoire, au moins très fortement recommandé vu que c’est précisément l'absence de masques l'hiver dernier qui nous a collectivement fait traverser deux mois merdiques au printemps suivant. 

Il fallait juste le temps que l'opinion oublie un peu le fiasco d'état de la pénurie de masques à l'origine du confinement pour que le nouveau gouvernement légifère plus fermement au sujet du petit bout de tissu qui, s'il avait été livré à temps et porté par tout le monde nous aurait probablement évité deux mois de prison et dix ans de crise économique.  

Le masque c'est surtout le marqueur le plus visible d'un sombre futur collectif. On veut revenir comme avant, avant le confinement, même si "comme avant" c’était loin d’être la joie. C'est ça le monde d'après, chapitre 1 : « le monde d’avant n’a pas compris qu’il était mort ». Tout est en transition. Relations humaines, réunions, façon de travailler, tourisme, lieu de vie, espace habitable… plus rien n’est déjà plus comme avant et ça va continuer.  Il y a ceux qui le comprennent et s'adaptent et ceux qui foncent sans masque et gestes barrière, avec les mêmes schémas mentaux et certitudes, dans le monde d’hier. Si ce n’est pas ce virus, ce sera son petit frère encore plus musclé. La question n’est pas si mais quand. Les années à venir, dans les domaines sanitaire, écologique et économique, ressembleront plus à Mad Max qu’à L’auberge espagnole

C'est ce que nous dit le masque et c'est ce que l'on voudrait oublier.  


29 juin 2020

Vers 2022 après la chute de LREM aux municipales

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Avec tous ces évènements contrariants, ces mensonges, les discours creux et l'impuissance du pouvoir, j'en avais oublié qu'il y avait des élections locales. Donc, j'ai fait mon devoir du citoyen qui peut encore se regarder dans la glace sans honte : je suis allé bronzer au parc. Faut dire j'habite Paris et l'offre était réellement à chier.

Même si les municipales sont à chaque scrutin un cas particulier avec des problématiques locales et des personnalités distinctes, les résultats de ce second tour après deux mois de confinement sont une bonne prise de température démocratique.

Alors quelques réflexions en vrac :

1 / Tout le monde s’en fout. Un taux d’abstention record qui confirme la défiance globale contre un système. j’ai entendu parler de « dégagisme démocratique » mais c’est à peu près ça. Quand on écoute la rhétorique satisfaite des élu-e-s sur les plateaux télés dimanche soir, ça se comprend un peu. Le pouvoir n'est pas au peuple. 

2 / LREM retourne dans la fosse à purin d'où elle vient. C’est plus qu’une claque, c’est la démonstration que LREM est avant tout une secte marketing de neuneus hors-sol formée par et pour le conseiller clientèle en chef : Macron.

3 / Les verts font l'OPA et prennent en solo des grosses villes (Lyon, Bordeaux, Poitiers…). Ils ratent de très peu Lille. Ce sera intéressant de voir qui a voté vert (Est-ce un vote jeune ? Quels sont les revenus moyens des électeurs ?). Beaucoup de ces métropoles néo-vertes sont depuis ces dernières années des terres d’exil pour familles moyennes parisiennes confrontés à un immobilier prohibitif (en cours de vidange démographique).

4 / Gazon de synthèse à Paris. Compte tenu du point 3 c’est la ville de Paris sort un peu ringardisée par la victoire d’Hidalgo. Paris aurait pu être verte, Paris sera un bout de pelouse en plastique entre un chantier abandonné, un Velib cassé et un 4X4 en double file. En se peinturlurant écolo depuis un an, et en absorbant le candidat EELV qui n’a pas brillé par sa pugnacité, Anne Hidalgo réussit toutefois l’exploit d’être réélue alors que personne ne peut l’encadrer ici. Elle peut dire un grand merci à la division de la droite, la bite à Griveaux et la nullité de Buzyn, mais il faut lui reconnaitre une très grande habileté politique qui en fait une sérieuse prétendante à la présidentielle (misère).

5 / Le RN prend Perpignan mais baisse nationalement. 

6 / Le PS a trop vite fait de se gargariser des résultats. Il est siphonné idéologiquement par l’écologie. La prochaine question est l'écologie a-t-elle vraiment besoin du PS ? 

Ça se confirme donc peu à peu., la prochaine ligne de combat pour la présidentielle ne sera pas la gauche contre la droite. Ça ne ne sera même par libéralisme contre état providence (après le fiasco sanitaire et la nationalisation de l’économie confinée, il ne reste bien qu’une poignée de macronistes fanatisés pour réclamer moins d’état). 

Ecologie et souverainisme devraient être les deux axes forts de la prochaine présidentielle. La petite subtilité c’est que ces deux axes, pas forcément contradictoires, peuvent être aussi bien repris par la droite traditionnelle que par la gauche historique. Si ces thématiques ne sont pas récupérées par les indéboulonnables tartuffes habituels, et si Macron est dézingué dès le premier tour, ça nous promet donc de beaux débats et de beaux projets, car il y a dans les deux domaines de vrais virages urgents à prendre.

15 juin 2020

La fête à la terreur est finie

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Veuillez circuler, consommer et reprendre une activité normale. Terminé le télé-travail, terminées les précautions, terminés les masques qui ne servent à rien mais qui servent quand même mais qui ne servent à rien à partir du 22 juin, terminés les enfants qui sont dangereux, les consignes de sécurité et les lois mathématiques. Le COVID est terminé. Bon,  on en est en fait « officiellement » au niveau de février, logique que notre conseiller clientèle en chef nous sorte le même discours : tout va bien.

Il se sera écoulé moins de temps entre le moment où nous avons eu le droit de nous déplacer au-delà de 1km du domicile et le moment où nous pouvons aller jusqu’au bout de l’Europe en avion (35 jours) que de temps passé où nous avons été limités dans nos déplacements dans ce rayon de 1 kilomètre (59 jours). La seule continuité cohérente dans l'action politique de notre glorieux leader en trois mois aura été de repousser le confinement pour assurer le premier tour des municipales et d’accélérer le déconfinement pour assurer le second.

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, tout pourrait donc recommencer à l'identique. Aucune leçon retenue. Stratégie du doigt mouillé. Hystérie à tous les étages. On ferme tout, on ne pense pas aux conséquences. On ouvre tout, on ne pense pas aux conséquences. C’est guignol au théâtre des croyances. Le déconfinement aura été encore plus bordélique que le confinement. On a juste eu moins d’attestation à sortir, c’est toujours un progrès. Ne blâmons pas tant ce gouvernement. Qu’on ait des tocards en charge de tout c’est une certitude, mais il n’y a pas que ça. On a juste eu la démonstration par l’exemple de la nocivité de notre époque de surinformation permanente, de la domination de la com sur toute décision, on ajoute à ça les petits calculs politiques à courte vue et une gestion technocratique déconnectée de tout (le monde des patrons comme celui des salariés) et vous aurez trois mois de suicide collectif pour sauver (chiffre au choix selon vos convictions) personnes d’un COVID dont on ne sait à cette heure-ci qu'une seule chose avec certitude : on ne dit pas LE covid mais LA covid. 

La donnée stable c'est qu’on ne sait toujours pas vraiment qui est malade et qui ne l’est pas. Démerde toi avec ça, t'as l'habitude.

Maintenant que la fête à la terreur est finie, on va pouvoir rentrer dans le dur. Des faillites, du chômage king size, des plans de licenciements à gogo et une génération sacrifiée (indice chez vous, c’est toujours la même depuis 30 ans : elle est aussi blanche que noire et elle a moins de 30 ans).

Nous sommes dans une situation d’après-guerre sauf qu’il n’y a rien à reconstruire. Bref, le monde d’après c’est comme le monde d’avant mais avec du salaire en moins.

En vous souhaitant un bon deuxième semestre. 


19 mai 2020

Et Macron refait l'histoire

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Je ne sais pas à quoi il carbure mais c'est violent.

Dans un publi-reportage de BFM, notre conseiller clientèle en chef déclare que La France n’a "jamais été en rupture de masques" alors que c'est précisément une des raisons pour lesquelles notre chef de guerre sans munitions a consigné le pays à domicile durant deux mois, l'embarquant au passage dans une crise économique cataclysmique.

Cet homme fait vraiment de la politique pour l’image et les écrans que son électorat regarde : les chaines d’information.

Rappel. Les chaines d’information, ce n’est pas de l’information : c’est le spectacle de l’information. Ce spectacle s’accommode bien volontiers du « dire » politique. Le spectacle de l’information a besoin d’épisodes quotidiens. Peu importe qu’ils soient faux et outranciers, au contraire. Tout ce qui compte c’est la prise de position, le dire, la catch phrase qui fera réagir, qui offusquera même. Plus c’est gros mieux c’est.

Rappel. La post-vérité, ce sont les "circonstances dans lesquelles les faits objectifs ont moins d’influence pour modeler l’opinion publique que les appels à l’émotion et aux opinions personnelles".

Rappel. L’homme politique sans pouvoir ne fait pas, il dit qu’il fait, qu'il va faire ou qu'il a fait.

L’homme politique de la post-vérité ne s'embrasse pas des faits, il répète son mensonge juste à temps qu’il devienne vrai. Il est peut-être même convaincu de ce qu'il dit.  Il y a toujours eu une dimension sectaire chez Macron, ce qui a d’ailleurs permis son ascension fulgurante. Un homme politique n’avouera jamais qu’il s’est trompé (ou alors c’est un mauvais politique, et par conséquent juste un homme).

Un chef de secte est à l'aise avec la post-vérité. Il n’est pas dans le vrai ou le faux. Il est l'incarnation même de la seule réalité possible. Mon projet est le meilleur parce que c'est mon projet.

A bientôt pour "nous avons toujours disposé de millions de tests" et "le confinement n'a jamais eu lieu".

14 mai 2020

Un mars et cent balles pour les héros

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Alors les héros, vous avez travaillés sans compter ces trois derniers mois ? Vous vouliez des hausses des salaires, plus de moyens, des masques et des appareils de réanimations pour les hôpitaux et, soyons fous, des créations d’emploi ? Après un semestre d’épidémie et de surtension hospitalière (cause principale du confinement des Français), le conseiller clientèle en chef et la Power Point Action Team vous ont entendu : vous aurez des médailles. Chocolat pour les garçons, Fraise pour les filles. Ça vous changera des lacrymos que la police gouvernementale vous envoyait dans la gueule quand vous aviez encore le droit de manifester.

Rassurez-vous.

Si ça ne suffit pas, Muriel Pénicaud, ministre du travail des autres, demande aux Français de vous transférer leurs congés. De toutes les façons, ils ne vont pas pouvoir s’en servir.

Dès qu’il faut instrumentaliser les soignants et l’hôpital, on peut compter sur la république populaire du Baltringuisan (rappelons l’invasion de la Pitié-Salpétrière par de zombies extra-terrestres montée de toutes pièces par le Ministre de la Castagne le 1er mai 2019). J’en ai vu des merdes humaines en politique mais du niveau de Macron et de ses ploucs on est dans le fond de cuve de tout ce qui est humainement le plus puant sur cette planète.

Les soignants sont comme les Français, ils disent merde à cette clique déconnectée qui ne représente et défend que les intérêts d'une poignée qui accapare toutes les richesses, les services publics et maintenant la santé, en sacrifiant tout le reste. Les soignants le disent sur tous les tons depuis un moment d'ailleurs. Ils n'étaient jusque-là pas écouté du pouvoir. C'est chose faite, le gouvernement vient de leur cracher à la gueule.



12 mai 2020

Le jour d'à peu près

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Le journal du confinement c'est comme le confinement, on y prend goût et on a un petit peur du changement faut bien dire.

Pas de panique, nous allons nous désintoxiquer progressivement. 

Pour ma part pas d'excès. Je consommais peu avant le confinement je consommerai encore moins après et, grâce à Hidalgo (qui l'eut cru) je me suis habitué à courir à l'aube devant les grilles fermées des parcs publics. Y a pas à dire : on croise moins de monde. 

Inconscients, perplexes ou sceptiques devant le pari de la reprise du 11 mai, chacun déconfinera à sa vitesse.  Il ne fallait pas attendre lundi matin 9 heures pour comprendre que le déconfinement du 11 est un pari d'état aves ses morceaux d'improvisation et sa culpabilisation en thème de fond (je rappelle que pour la septième compagnie en charge de la gestion du troupeau : le peuple est un enfant sale).  Ça s’entasse copieusement dans un métro qui tourne au ralenti, le ministre de la santé et de l'horoscope des régions fait l'étonné à la radio : "c'est dommage" déplore-t-il le plus sérieusement du monde. A l'école rien n'est prêt. La colère des élus, des chefs d'établissements, des enseignants trahissent les discours du ministre de la Nation Apprenante qui, toute honte bue, au sortir de huit semaines de confinement déclare qu'il est moins risqué d'aller à l'école que de rester chez soi. 

Il y a une passion française évidente pour la file d'attente. Dans la rue, les files se sont transférées des supermarchés aux échoppes des coiffeurs ou aux pharmacies où l’on prend le risque désormais de se contaminer pour bénéficier, peut-être, du masque-torchon promis par la ville (au bout de cinq mois c’est toujours ça). C’est également le grand retour de l'autre fléau urbain qui ne manquait point, le type qui déambule le nez dans son smartphone sans regarder devant lui, généralement sans masque pour un plus grand confort de va te faire bien enculer

Majorité de gens masqués par chez moi. Cet anonymat généralisé est un plaisir qui doit s'apprécier à chaque seconde au pays de la vidéo surveillance et des décrets anti burqa. Des masques certes, mais des pas surs. J'en vois fumer au masque, d'autres l'enlever pour éternuer sans se protéger (au milieu des gens) pour remettre le masque et l'enlever de nouveau trente seconde après. Indifférence générale avec ou sans protection, le masque n’est qu’un code social. On le porte pour les mêmes raisons qu'on ne le portait pas avant : pour ne pas se faire remarquer. 

Question densité urbaine, je ne vois pas de grandes différences à Paris entre ce premier lundi de liberté (relative) et le dernier dimanche de confinement. Le vrai changement, ce sont les automobilistes qui sont revenus conquérants et en masse. Et ça grille du passage piéton, et ça occupe 80% de la largeur de la rue pour une personne, et ça force toutes les autres à s’entasser sur des trottoirs faméliques. Le problème de Paris a toujours été cette superposition sur un espace réduit des différents modes de circulation, un non-choix qui ne satisfait personne et mécontente tout le monde. Dans la nouvelle donne sanitaire ce non-choix devient criminel. Une voiture qui fonce dans la rue, c’est dix piétons qui finissent par se coller les uns aux autres. Et encore, on "profite" de l'absence provisoire  des terrasses de café qui s'étalent parfois jusqu'au caniveau.  Des rues doivent être réservées aux piétons, d’autres aux vélos et d’autres au voiture. Il est crétin de mélanger tout le monde au petit bonheur parisien, d’autant que l’expérience que c’est le plus motorisé qui fait sa loi, et que le piéton parisien à intériorisé qu’il devait prendre sur lui ou se faire écraser. 

Malgré l’éclaircie de 20h, moins de monde au balcon pour applaudir les héros. J’ai quand même bien envie que l'habitude perdure. Dans ce contexte autoritaire qui s'orwelise à vue d'oeil, il est bon de rappeler à qui de droit, par la persistance de cette simple coordination du bruit, que en bas nous sommes vaguement unis. Le pouvoir est comme nous, il ne bouge que quand il a peur. Ça tombe bien nous sommes tellement plus nombreux que lui. 




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