24 décembre 2024

Le noël des morts-vivants

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6 mois après sa ratatouille aux élections européennes et législatives, Macron au bout du rouleau de PQ tire la dernière feuille et remet en orbite le symbole ultime de tout ce qui est sclérosé, malsain et inutile dans cette classe politique sourde et dépassée, à l'opposé des votes exprimés (à répétition) par les Français. Le gouvernement Barnier n'ayant finalement même pas atteint l'hiver, c'est François Bayrou (bon a rien surmédiatisé grenouillant à tous les postes depuis quatre décennies) qui est passé de l'emploi fictif à l'emploi hautement temporaire de Premier ministre. 

Ce Bayrou donc, non content du pire démarrage à Matignon médiatiquement recensé, crache à la gueule de la populace à la veille de Noël son "nouveau" gouvernement "resserré": comprendre la reconduction du même gouvernement pachydermique d'incompétents avec le rajout de quelques raclures. Digne du casting d'un Expendables 12 : on retrouve dans cette nouvelle équipe de bras cassés, le fond de cuve dont plus personne ne veut de Barcelone à l'Essonne, Manuel Valls, mais aussi Elisabeth (49.3 le matin, midi et soir) Borne à l'éducation et Gérald "Ca va bien se passer" Darmanin à la justice (et pourquoi pas Sarkozy secrétaire d'Etat délégué à la lutte contre la corruption ai-je envie de proposer ?). 

Il y a à peine 1 an (soit 3 gouvernements et 99 nominations de ministres de cela, j'ai compté), j'écrivais sur le blog ma lassitude à l'arrivée du gouvernement Attal : "Ils veulent du pain et une vie décente ? Donnez leur des ministres à la con" Que titrer ici ? : "Retour vers le passé", "Anatomie d'une chute", "en route vers la tutelle du FMI le pied sur l'accélérateur en appuyant sur le klaxon" ? À vrai dire, je suis comme les Français (pour une fois) : je m'en fous. La messe est dite. Ca ne tiendra pas bien longtemps. Ils seront déjà oubliés avant même qu'ils ne comprennent ce qui leur arrive. Ce pouvoir n'avance pas, il creuse sa tombe. 

Seule satisfaction pour cette dernière partie de la croisière du Titanic : constater que les castors se seront vraiment faits entuber jusqu'au bout du bout. (Même s'ils assurent de leur contribution passionnée la reconduction tacite de ce grand bal des médiocres). 

Une très vague satisfaction car nous sommes sur le même bateau. Passez de bonnes fêtes et commencez à vous rapprocher des canots de sauvetage. Il n'y en aura pas pour tout le monde. 




18 décembre 2024

« Pourquoi je quitte X » ou les mauvais perdants du monopole narratif

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C’est toujours émouvant les tribunes de quotidiens (sous perfusion publique), d’organisations humanistes (à humanité variable), influenceurs du pipeau ou leaders cooptés de la pensée correcte, pour justifier avec emphase et la conviction du rebelle guévariste, les comportements les plus moutonniers et dignes d’un enfant de quatre ans vexé de ne pas avoir pu se resservir une sixième fois de mousse au chocolat à un buffet qu’il pensait à volonté. 

Depuis la nuit du 5 novembre 2024, la dernière mode du camp du bien est de publier sur le réseau social X (ex Twitter) de longs messages solennels, et d’un premier degré déconcertant, pour annoncer son départ de X afin de poursuivre son rêve bleu de la vérité officielle sur d’autres plateformes.  

Depuis son rachat en 2023 par le patron de Tesla et SpaceX : Elon Musk, X serait pour devenu pour nos révolutionnaires du Boulevard St-Germain un réseau de "haine" (ça revient dans chaque tribune). Ce qu’ils appellent "haine" est en fait le plus souvent du débat contradictoire argumenté de faits et l’apparition des "notes de communauté" qui corrigent, chiffres et sources à l’appui, les affirmations approximatives (ou opinions travesties en information) qu’ils pouvaient quotidiennement démouler jusque-là sur X comme ils le font déjà partout ailleurs. 

La réalité ne te plaît pas : annule la réalité !

Si une partie de la gauche quitte X aujourd’hui ce n’est pas tant que X serait une menace pour la démocratie ou l'information (1) mais bien que, sur le terrain numérique aussi, elle digère mal la réalité ambiante et en premier lieu la réélection de Trump (aux accointances assumées avec Musk). Cette victoire était réellement inattendue pour nos grandes âmes retranchées à 4000kms des Etats-Unis, à crier "bou les fachos !" en long en large en travers pour seule "information". Ils ont refusé de voir les signes, pourtant nombreux, qui annonçaient sur X, mais partout ailleurs sur le terrain, la déconfiture démocrate (et plus précisément woke) aux élections US. 

Pour les autophilosophes des lumières 2.0 quitter X n’est pas une question de liberté d’expression, ni même un geste d’émancipation, mais bien le réflexe apeuré de survie de leur petit monde de certitudes. Quitter X (pour BlueSky la nouvelle terre promise numérique de la gauche gentille) c’est acter que la bataille est perdue, tout en se persuadant de l’inverse avec des tartines de mots. 

Exemple récent : le récent article de Carine Fouteau, présidente et directrice de publication de Mediapart qui annonce, à son tour, son départ d’un réseau "fasciste" ("hitlérien" eût plus nuancé). Je ne vais pas taper sur Médiapart, ce ne sont pas les pires et ils ont un business-model plutôt bien senti (retraités / Bac+12 en socio / gauche urbaine CSP+) qui leur permettrait même de fonctionner juste avec une présence Minitel, mais je vous invite quand même à lire le billet. Chaque ligne est un concentré de mauvaise foi avec des perles du type Nous refusons plus que jamais l’entre-soi : la bulle, aujourd’hui, c’est X explicitant sans le vouloir l'élitisme qui sous-tend cet exil de la pensée correcte. Tout réseau social est une bulle, mais il est pour le moins curieux de prétendre agir contre l’entre-soi en reproduisant la définition même de ce qu’est l’entre-soi. 

Magnanime la présidente de Médiapart laisse le libre-arbitre aux journalistes de la rédaction de rester ou pas à titre personnel sur X. Bonjour l’ambiance à la machine à café de Médiapart : "- Ca va Bruno, pas trop serré du moule-boules de toujours poster chez les fascistes ?"

En attendant l'interdiction de X (au nom de la liberté hein ?)

L’autre soir, à un vernissage dans le marais, coeur en décrépitude du boboland parisien, je rencontrais un peintre américain démocrate, me montrant son travail sur sa page Bluesky. Lui aussi me sort, alors l’argumentaire générique, primaire dirais-je : "- J’ai quitté Twitter, parce que Bluesky c’est formidable. C'est comme Twitter mais sans les fachos !". Le démocrate a donc une conception d’un réseau sain, idéologiquement purifié selon ses critères, fondé sur le principe du ghetto. Que ce propos me soit tenu dans ce quartier, dans un milieu artistique, parmi des gens dont je peux assurer qu’ils s’identifient tous de gauche, qui sont tous multi propriétaires avec des revenus moyens (le plus souvent non-corrélés au travail) minimum trois ou quatre fois supérieur au reste des français, m’apparaît soudain d’une cohérence parfaite. Cette pseudo gauche-là recommence sur les réseaux sociaux ce qu’elle a accompli dans les centres villes en les transformant en zone sécurisée pour bourgeoisie éclairée (servie h24 par du coursier Uber sans papier). Elle s’enferme en excluant tout ce qui ne pense pas comme elle, et elle le fait au nom du "vivre ensemble". 

Derrière les positionnements d’autorité morale et/ou un antifascisme de routine (vidé de tout sens à force d’être délayé à toutes les sauces depuis deux décennies), la migration sur BlueSky c’est la gentrification des centres villes appliquée aux réseaux sociaux. Face à une réalité qui les effraie, le réflexe de nos autophilosophes des lumières 2.0 est de se regrouper entre gens de mêmes valeurs dans un entre-soi confortable (coucou Médiapart), un havre féerique où l’autoproclamé détenteur du savoir autorisé peut étaler sa noblesse d'âme sans prendre le risque d'être souillé par les graisseuses vociférations d'une contradiction populaire qu’au fond il méprise, hier comme aujourd’hui sauf qu'aujourd'hui il appelle ça "un climat haineux". 

Souvent au bal masqué des idées, les progressistes cachent les spécimens les plus réactionnaires du marché.

(1) Etrangement, entre 2020 et 2022, la censure concrète sur les principaux réseaux sociaux de tout post s’interrogeant sur l’efficacité de vaccins magiques sortis de nulle part ou critiquant l’application d'un pass discriminant la population (française pourtant) ne furent l’objet d’aucune poignante tribune de la part de nos êtres "éveillés". Médiapart a même purement et simplement fermé le blog de Laurent Mucchielli qu'elle hébergeait car il contrevenait à la propagande vaccinolatre. Quant à la rancoeur contre les milliardaires de nos séparatistes anticapitalistes du clic, elle ne s’applique bizarrement pas à Mark Zuckerberg et son tentaculaire réseau Meta. 



7 novembre 2024

Comeback de Trump et retour du réel

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Quoi qu'on puisse penser de lui, on ne va pas bouder son plaisir. Tout aura été engagé contre lui : rouleau compresseur médiatique, poursuite judiciaires, tentatives d’assassinat, comparaisons à Hitler, prédictions de Nostradamus, la victoire de Donald Trump à l’élection américaine au terme d’une campagne folle est un uppercut de magnitude 10 sur l’échelle de la baffe pour le camp autoproclamé du bien et ses médias affiliés (c’est à dire presque tous). 

Malgré toutes les intimidations médiatiques, le peuple américain a choisi. Donald Trump est confortablement élu à la présidence des Etats-Unis. 

À la grande déprime des éditorialistes du « progrès », la victoire du « menaçant », « dangereux », « incontrôlable » du « populiste » Trump aux « outrances » et aux « dérives vulgaires » est écrasante. Il gagne les grands électeurs, le vote populaire, le Sénat et la chambre. 

Je ne suis pas fan du gars mais il a fait une campagne exceptionnelle et il est plus charpenté que la candidate sortie du chapeau en face (nous y reviendrons). Trump ne jouera pas contre son camp et les intérêts américains seront bien défendus (c’est ce qu’un électeur est en droit de demander à un président). Il n’y a bien que dans des pays psychologiquement fragiles comme La France que l’on est capable de voter à répétition pour des gens que l’on sait pertinemment pervers et nocifs pour « faire barrage » à une terreur fantasmée.  

Exceptés quelques points bleus qui surnagent sur la carte des comtés des Etats-unis, et correspondent aux grandes villes et banlieues cossues, l’intégralité du territoire est rouge, à l’image de la carte des communes de France intégralement bleue (sauf Paris et grandes villes) au lendemain du premier tour des législatives anticipées de juin 2024 (voir en bas d'article). 

N'ayant pas mis les pieds aux USA depuis des années, je ne vais pas analyser les raisons succès de Trump. En revanche, pour avoir suivi la campagne présidentielle sur les chaines américaines dans la foulée des campagnes européennes et législatives dans les médias français, j‘ai observé que la ligne de front de cette aristocratie du bon vote (un vote de classe ni plus ni moins) est rigoureusement la même ici et là-bas. Sur un fond de mépris des ouvriers, des non diplômés et d’instrumentalisation du vote communautaire, ils ont utilisé les mêmes techniques et la même rhétorique, avec le sempiternel chantage au fascisme. Certes les configurations sont différentes, les règles de financement aussi, Bardella n’est pas Trump etc. mais cette uniformisation transatlantique d’un discours qui non seulement interdit l’observation du réel, mais ne fonctionne qu’en opposition et quasiment jamais en proposition, est une nouveauté. 

Camouflet supplémentaire. A mesure qu’on découvre que les votes des minorités plébiscitent aussi Trump, il apparait que non seulement le « camp du bien » a perdu, mais qu’il a perdu précisément à cause de sa ligne stratégique (wokiste). Les américains voulaient parler hausse des salaires et contrôle de l’immigration, les démocrates leur ont parlé fascisme à nos portes et fluidité du genre. 

Vu de France, et échaudé par l’efficacité d’un énième front républicain des castors en juin, je m’interrogeais sur la résistance des américains au rouleau compresseur média. J’avais tort. Les médias mainstream sont de moins en moins regardés et peu lus. Les américains se laissent moins berner par le  grand chantage intellectuel. 

Quels que soient leur bord politique, ils sont aussi plus attachés à la liberté individuelle et à la liberté d’expression, ce qui n’est clairement pas le cas en France où on criminalise des idées, où l’expression même d’une pensée divergente peut être censurée, ou vous envoyer en prison, dans la bienveillance générale. Ca crée un « mindset » comme on dit qui ne permet d’ailleurs toujours pas à nos éditorialistes locaux d’analyser objectivement le résultat des élections américaines, tout discours étant précédé d’un « maaieeeeeuu Trump il est fasciste » qui court-circuite toute réflexion. Les mêmes ayant perdu la bataille geignent d'ailleurs aujourd’hui « ouin ouin c’est parce que les américains ne sont pas prêts à élire une femme, noire qui plus est. Les américains sont racistes et sexistes ». Comme si la défaite de Kamala Harris n’avait pas, aussi, un peu à voir avec sa nullité crasse dans cette campagne et plus en amont à son poste de vice-présidente (là non plus, Harris c'est pas Obama). Un poste de VP au sujet duquel, au regard de sa navrante prestation durant quatre ans, on peut se demander s’il ne lui pas été accordé en premier lieu parce qu’elle était noire et femme (mais là, astuce, ce ne serait pas du racisme puisque ça vient du camp du bien). Quelle tristesse que nos journalistes français ne puissent pas voter à l’élection d’un pays auquel ils ne comprendront jamais rien. Le pilonnage d'un mépris aveugle c’est leur force au quotidien, c’est aussi ce qui les décrédibilise à la longue. 

Le contrecoup immédiat de ce résultat, c’est qu’avec notre démocratie (pour le coup non respectée), et une classe politique parasitaire et sans vista autre que la soumission à l’Europe (de droite à gauche) la France apparait plus que jamais poussiéreuse. Nous glissons sans voix politique crédible dans le fond de l'évier de ce gouvernement fantoche qui, en attendant de faire défaut sur une dette de milliers de millards, n’a que la perspective de ruiner encore plus l’économie nationale, taxer les Français à 90% et d’abandonner à la misère et la violence les restes d’un pays dont il nous est rabâché qu’il faut avoir honte.




26 septembre 2024

La colère et le dégoût

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Encore un malheureux fait-divers comme l’on dit pudiquement en détournant les yeux. Le meurtrier de Philippine, étudiante de 19 ans disparue vendredi dernier à Paris et dont le corps a été retrouvé le lendemain par ses amis dans le bois de Boulogne, a été intercepté Mardi à la frontière suisse. 

Si ce n’était pas horrible ça tiendrait du gag de répétition : Le "présumé innocent" est un marocain sous OQTF depuis dix ans, déjà arrêté pour viol et condamné à sept ans de prison. La peine prévue est normalement de quinze, il a été relâché au bout de cinq. Toutes mes pensées à la famille et à ses proches. 

Cette gamine, comme Lola, presque deux ans jour pour jour, pas loin de là, ça pourrait être ma fille. Je ne vais pas m’attarder sur la question de la gestion calamiteuse des clandestins qui n’est qu’une partie de la déliquescence coupable de l’état, sinon je vais devenir colère et ça va finir en ban. 

La pointe du dégout ici, c’est encore et toujours les leçons de morale d’une partie de la gauche Titanic. Aussitôt le profil du suspect connu, Sandrine Rousseau, la cheftaine politique des turbo foldingues, récupérait préventivement le meurtre afin de s’indigner que d’autres le fassent et menaçait sur X

Philippine a été sauvagement assassinée. La personne arrêtée est marocaine sous OQTF. Ce féminicide mérite d’être jugé et puni sévèrement. L’ext-droite va tenter d’en profiter pour répandre sa haine raciste et xénophobe. Nous sommes plus forts que cette récupération. #NoPassaran

On reconnait facilement ces donneurs de leçons, pour qui dire qu’il fait un peu frisquet pour un mois de septembre suffit déjà à vous classer dans le camp des réactionnaires. Ce sont les mêmes qui passent les deux tiers de leur temps d’antenne à se faire les opportunistes portes drapeaux des victimes et des opprimés qui répondent aux seuls critères (de genre ou ethnique) qui leur conviennent ou à assimiler tous les hommes à des violeurs et des assassins (là bizarrement la généralisation ne les gène pas, c'est même une ligne assumée). 

A l'époque de Lola, je ne voulais pas contribuer à la colère. 

Pas une semaine depuis, pas une journée bientôt, sans des crimes de la sorte, toujours sur la même logique. Des gens déjà condamnés, des gens qui ne respectent plus rien, des gens qui conduisent sans permis, des récidivistes qui ne passent même plus par la case prison, d’autres qui n’ont rien à foutre sur le territoire depuis des années, qui massacrent de plus en plus décontractés, au couteau, à la pioche, à la mini-moto, au hasard de leurs pérégrinations des citoyens. 

Les proches, les gens émus, la famille même, tous et toutes sont sommé-e-s de bien fermer leur gueule parce que ce serait d’extrême droite que de se plaindre que la sécurité du pays bascule parce que l’Etat a failli à ses obligations. 

Bizarrement pour taper sur la gueule de gilets jaunes ou criminaliser des tweets, là il est présent l’état. 

J’en veux à ces gouvernements successifs, jetables et à jeter, qui sifflotent sur le volcan, tout fiers d'être "nommés" (à grand frais), en attendant, en bas, qu’on finisse tous par s’entretuer. C’est la perspective à moyen terme si eux continuent à ne rien faire et que nous continuons à nous draper dans la tristesse, un silence limite honteux, les marches blanches, les "vous n'aurez pas ma haine" et autres "plus jamais ça" alors que c'est tous les jours ça.



6 septembre 2024

Barnier à Matignon : Winter is coming

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Reprenons doucement le chemin de ce blog après cet été de confinement olympique avec électeurs tenus en liesse (avec lequel nous avons pris nos distances réglementaires de sécurité) et le feuilleton médiaticopolitique de la nomination sans cesse repoussée d'un nouveau gouvernement. 

Epilogue (provisoire) du pataquès des législatives anticipées : au bout de 51 jours, Michel Barnier est (enfin) nommé Premier ministre. Le 3e de l'année, ça sent pas le déclin ça ?

On ne va pas se mentir : cette promotion sur le retour c’est un plaisir coupable. Avant toute analyse, je me suis délecté des larmes du gauchistan sur X, un peu rageux de s’être "fait voler" le résultat d’une élection qu’ils n’ont jamais gagné ailleurs que dans leurs fantasmes. Lucie Castets peut replier le barnum socdem au stand de l'huma, empocher ses 9000 euros, elle ne reviendra pas pour un troisième mois de shadow cabinet de la révolution inclusive. C’est donc un LR (au centre du bloc de droite, disparate mais néanmoins majoritaire à l’assemblée) qui fera l'interim à Matignon avant la prochaine dissolution (ou démission... j'en vois qui trépignent, calme-toi Edouard). Désolé pour les fanzouzes NFP, c'est fini : croire aux vertus sur le long terme d'un barrage improbable entre gens incompatibles, quand on est minoritaire dans l’opinion sur toutes les thématiques qu’on agite, ce n'est pas une stratégie politique viable. 

Néanmoins avec la nomination de ce Barnier compatible multi-droites et servile Yes Man du "grand désir d’Europe" (des peuples qui se prononcent régulièrement contre), on y voit plus clair dans la "pensée complexe" de Macron.  

Ce nouveau gouvernement de l'ancien monde n'aura qu'une fonction : rassurer vaguement les marchés, retarder le couperet de la dégradation de la note française (3000 milliards de dettes ça commence à faire bobo), prendre la charge quand le coup de massue budgétaire va tomber ...avec une mise sous tutelle en embuscade (de la France, pas de Barnier). C'est probablement la raison pour laquelle un gouvernement NFP n'a même pas été testé : on ne passait pas l’été. Ne vous méprenez pas : j’aurais préféré qu’un gouvernement NFP se constitue au plus vite. 1 / C'était légitime sur le papier 2 / on en serait possiblement déjà débarrassé. Mais l’enfant roi a choisi. (ça doit quand même faire mal au cul des castors de voter à répétition pour lui, mais je les connais : ils recommenceront pareil) 

Barnier, 73 ans, pas d'ambition électorale (ça au moins ça nous change), se fout de la pression : celui qui se définit comme "patriote et européen" (What the fuque ?) appliquera le traitement de choc de l’austérité sans moufeter avec, j'imagine, quelques concessions programmatiques au RN pour éviter la censure. A voir d'ailleurs comment le RN va se démarquer de cette politique économique (qui ne répond pas à l’attente d’une bonne partie de ses électeurs…).

A moins qu’un mouvement social de grande ampleur chamboule tout d’ici là : préparez-vous à un hiver  rigoureux. 

Et joyeux noël.

(update : 05.12.2024 : Finalement winter is not coming.  Le gouvernement Barnier n’aura pas duré un automne, sans même atteindre noël.  Victime de son autisme, Barnier sombre le 4 décembre sous la motion de censure déposée par LFI suite au désormais traditionnel passage au 49.3 du budget de la sécurité sociale par le premier ministre.  Quelle surprise. On y croyait tellement. C’était pourtant la recette gagnante pour Macron : Une dissolution d'enfant véxé, du branlotage cynique de front républicain entre deux tours pour finalement s’asseoir sur le résultat des urnes et trahir, encore et encore, les deux tiers des français. Depuis on découvre que Macron et ses ministres ont menti sur l'état des finances, se félicitent d'un budget merdique qui taxe à tout va les Français, jusqu’à leurs bouteilles d’eau, sans rien toucher aux abyssales dépenses structurelles, et plongera tôt ou tard ce pays dans une banqueroute biblique, insulter les oppositions qui ont le pouvoir de vie ou de mort sur les textes de loi… Non vraiment on se demande comment notre stratège national, le "Mozart de la finance" a encore pu se planter ainsi... à croire qu'au fond il ne sait pas lire son solfège.)

8 juillet 2024

#Legislatives2024 Tout ça pour ça

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Bon j'avoue je me suis planté, j'avais sous estimé un paramètre :

Macron est plus malin que les Français. 

Parti de rien (Hollande) pour faire de la merde et finalement en sortir gagnant et redonner Matignon à pas grand-chose (une coalition PS / LR / Ensemble avec une poignée de verts pour l'assaisonnement), j’aurais pas misé un centime dessus. 

Le résultat du second tour des législatives anticipées est donc une surprise, surtout si on le compare aux résultats des deux derniers scrutins du mois dernier (je n’arrive même pas à croire à la phrase que je viens d’écrire). 

Résultats en nombre de sièges (officiels)
NFP 182 sièges
Ensemble 163 sièges
RN (LR/RN) 143 sièges
LR 68 sièges
DVG 11 sièges

Nombre de voix (officiels)
RN 10,1 M  32%
NFP 7,4 M  25%
Ensemble 6,5M. 23%

3 blocs. Sur fond de spasme anti nazi collectif, avec la mise en branle de la machinerie des coalitions politiques possibles entre ennemis, malgré une France à droite, le nouveau front foutraque arrive en tête et les castors de tous poils auront permis la reconductions des principaux barons de la macronie d'Elisabeth - 49.3 - Borne à Gérald - Ca va bien se passer - Darmanin, avec au passage l’élection ou la reconduction de quelques belles crevures sur les bancs de l’assemblée. Dans le détail, c'est du puzzle. Ce fameux bloc en tête étant lui-même scindé en trois (voir graphique en bas). La dernière fois que j'ai zappé sur BFM, quelques minutes après les résultats, les LFI étaient déjà entrain de s'engueuler sur la couleur à donner sur la suite des évènements. Spoiler : ce sera sans eux.  

Le RN n’était pas prêt pour cette bataille anticipée-là et s’en sort "juste" en augmentant de 50% son nombre de sièges à l’assemblée, en mode confort : dans l’opposition, puisque personne ne veut s’allier avec eux. Un résultat loin des pronostics, mais le parti est le premier à réunir sur son seul nom autant d’élus. (Ils étaient 9 en 2012).

Grâce à l'édition 2024 de la castoramaparade, Macron le perdant sort donc gagnant de cette élection, sauvant un nombre de sièges conséquents, et pourra, sauf nouvelle surprise, poursuivre la même politique autour d’un coalition qui ira du PS à LR (qui fait un bon score aussi), avec quelques mesures sociétales pour faire passer la pilule aux cocus qui auront reconduit le statu quo pour un tour de manège supplémentaire. 

Et ce serait là le scénario le moins pire. 

Parce que... 

Si le chaos à l’assemblée se poursuit à l’image de ce qui s’est passé les derniers mois mais puissance dix (tout est objectivement réuni pour depuis dimanche 20h), alors là nous entrerons dans une période de fragilité de régime et donc d'incertitudes économiques d’ampleur biblique (et la menace du "péril fasssise" ce sera du pipi de chat en comparaison des conséquences au quotidien pour les Français).  

En résumé. Des perdants qui devaient gagner, des gagnants qui ont déjà perdu et celui que tout le monde déteste, à deux doigts de la démission il y a une semaine, qui revient au centre du game. A défaut de connaître les Français, il a une bonne connaissance de nos réflexes conditionnés. 

Profitez bien de vos vacances, ça va secouer à la rentrée.




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