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21 septembre 2020

Collaborons avec l'ennemi (Panique à Covid Country S02E02)

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Le chef de guerre en carton aura mis neuf mois à capituler : il faut « vivre avec le virus ». 

Après l'appel solennel à la guerre au printemps, l’automne venu l’état-major dépassé reconnait la défaite. La puissance ennemie a envahi le territoire, signons l’armistice : collaborons avec l'ennemi invisible. 

Réduisant la "quatorzaine" à sept jours et allégeant le protocole sanitaire des écoles au moment même où le nombre de cas explose (cassons le thermomètre ça fera baisser la fièvre et au passage sacrifions les enseignants), le conseiller clientèle en chef prouve sans l'avouer qu'il a fait le choix de l’immunité collective. Je ne vais pas m’en plaindre à titre personnel d’autant que je ne vois toujours pas l’ombre d’un vague rhume venir. Reste encore une montagne d’absurdités technocratiques quotidiennes qui ont plus à voir avec la superstition qu'avec la science et dont nous sommes tous et toutes les acteurs : le port du masque obligatoire mais à géométrie variable suivant que tu sois piéton ou buveur de bière en terrasse, la frénésie du test inutile, les injonctions à la consommation de masse et au maintien d’une vie professionnelle et culturelle « normale » alors même que l’on nous culpabilise en permanence sur nos regroupements familiaux ou personnels…  

Magie des chiffres. Le nombre des réanimations Covid est sensiblement le même à trois mois d’intervalle : 750 au 17 mars (hausse), au 17 juin (baisse), au 17 septembre (hausse). Le virus semble aussi saisonnier que l’incompétence des gouvernements Philippe et Castex qui, d'un semestre à l'autre, ont foiré la gestion des masques en pénurie et celle des tests en abondance. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, et avec toujours aussi peu de lits et de personnels dans les hôpitaux alors que les milliards ont été copieusement distribués au secteur privé : nous devrions repartir pour une période dure, pour peu qu’on l’ait quittée un jour. Ça tombe bien les Français désirent, parait-il, de l’autorité. Et s'il y a des morts, on pourra toujours dire que c'est la faute de ceux qui vivent dans le péché. 

Quand la guerre sera terminée (d’ici quatre ans, temps moyen constaté des guerres occidentales), qu'une puissance étrangère (la Chine qui sait, smiley cocasse) nous aura libéré avec son vaccin salvateur et qu’un ouvrage-somme sera publié sur cette débâcle, il aura suffi à son auteur de reprendre la chronologie des faits et les déclarations de chacun pour savourer le grotesque de notre hystérie nationale. Elle n'a d’égale que l’absence stratégique de nos gouvernants et l’impuissance matérielle dans laquelle ce gouvernement (et ceux d’avant) à force de coupes budgétaires ont délibérément plongé le pays. 

On pourrait s’en amuser pourtant mon petit doigt me dit que les temps compliqués ne font que commencer et que la période, aussi démesurée que simple, du confinement généralisé nous paraîtra si douce en comparaison de ce quotidien de tests obligatoires permanents, de fichage à tous les étages et de délation qui nous pend au nez. Sans parler du vaccin magique qui nous promet encore une belle tranche de rigolade républicaine. 

Comme a dit un ami il y a de cela quelques années : « tout ça finira dans des stades, et pas pour faire du sport ».


31 août 2020

Panique à Covid Country - Saison 2, épisode 1 : La peur contre-attaque !

par
C’est la rançon du succès. La saison 1 vous a cloué à votre fauteuil, la saison 2 va vous couper le souffle. Quant un blockbuster marche de la sorte, il faut s’attendre à une suite bien opportuniste. Bienvenue donc à la « deuxième vague » du Covid 19 tant espérée par nos autorités. 

Alors stop. J’entends dire que la « guerre » contre « un ennemi invisible » serait un prétexte idéal pour soumettre les populations mondiales, à commencer par notre belle république du baltringuistan. Je m’inscris en faux. Ce n’est pas un complot. Vu le ratage du printemps dernier et l’improvisation générale au plus haut sommet, je ne vois pas l’ombre d’une préparation ou même d’une ébauche de plan de complot de la part des tocards en charge des choses et de nos destins. Nous avons simplement à faire aujourd’hui à la médiocrité de cyniques qui s’adaptent à la situation.

Le conseiller clientèle en chef est-il décidé à surfer sur la seconde vague jusqu’aux prochaines présidentielles en instaurant plus qu’un climat de terreur, en propageant la croyance ? Deux ans c’est a peu près ce qui nous est annoncé pour une éradication du virus, deux ans c’est à peu près ce qui nous sépare de la prochaine présidentielle. Au passage si cela permet de mater en gardant les mains propres toute opposition, contestation ou vague mouvement social pour des raisons « sanitaires » : ce serait quand même pas mal. 

Le Covid-19 est désormais plus qu’un virus, c’est une religion. Moins on le voit plus on y croit. Ça n'a pas de fin. Toutes les mesures contradictoires de l'été, d'une ville à l'autre, efficaces ou non, ont plus avoir avec l’irrationnel et la superstition qu’avec la science. Et de quoi une religion a besoin pour perdurer ? De fidèles. Ce petit monde orwelien se met en place « naturellement » sans même que l’on puisse le reprocher à quelqu’un tant nous sommes tous acteurs de cette farce.

Le cocktail est parfait : la peur de la mort, le code de bonne conduite (même s'il est absurde et sans cesse contredit), la culpabilité (tout est de notre faute, on ne cesse de nous le rappeler) et la confession (les déclarations de cas-contact : de la délation pure et simple). Nous avons nos évangélistes (H24 sur les chaines d’info pour qui d’ailleurs les règles de port de masque obligatoire ne s’appliquent pas) et des hérétiques (bouh les méchants anti-masques). 

On croyait être au-dessus de ça, on s’est recréé une nouvelle religion en six mois, sponsorisée par les chaines d’infos continus et validée par l’état. On en a même oublié la Chine qui nous a envoyé cette merde. On fonctionne désormais en panique autogénérée. Evidemment « anti masques » ou « pro Raoult »  sont moqués et assimilés à des complotistes avec l’aide de toutes les rédactions et des portes flingues de la pensée autorisée sur les réseaux sociaux quant bien même ils ont (parfois) raison.  On en est à un point de délire collectif que l’on nous demanderait de se foutre une plume dans le cul pour nous protéger du virus qu’on trouverait encore des moralistes rentrant leur deux mois de vacances à l’autre bout de l’Europe pour nous dire qu’on a mal lu le tuto sur gouv.fr, qu’on s’est trompé de sens, et que vraiment « le français » est bien moins responsable que le grec ou l’italien qui lui se soumet bien gentiment aux consignes sanitaires et sert des Spritz à prix cassés.  

Tandis que les files d'attente s'allongent devant les centres de test (by the way : le meilleur endroit pour être contaminé), une logique se dessine tout de même dans ce délire : ce gouvernement nous aime bien malades, apeurés, isolés, cons et dépendants de lui. Pour l’instant force est de constater : ça marche.  Nous aimons croire, nous aimons avoir peur et, pour beaucoup, nous aimons même être malades. Après nous avoir convaincu en quatre jours de nous emprisonner de nous mêmes deux mois à domicile, Jacques à dit pour la rentrée : pour faire oublier le fiasco des masques de l’hiver dernier, je t'oblige à porter un masque en extérieur à l'automne (inutile tant qu’il n’y a pas de situation de promiscuité). Pour ta santé et celle des autres, ton masque tu porteras dans la rue ou au travail sauf si tu fumes, tu bois au bar et en terrasse ou si tu es à l’antenne de BFM. Tout ceci est parfaitement logique.

En comparant les statistiques INSEE des dernières années avec les chiffres des décès identifiés COVID on s'aperçoit en fait que la moyenne de l’espérance de vie AVEC Covid est proche, voire supérieure, à celle SANS Covid (paye ton apocalypse), des pans de l’économie à commencer par ceux de la culture s’effondrent les uns après les autres et notre plus gros recruteur sera bientôt Pole Emploi…  Mais peu importe. Ce n’est pas le résultat qui compte, mais l’effort collectif et notre peine individuelle en attendant le vaccin (obligatoire et payant) de la rédemption. 

Le paradis ça se mérite. 

Sinon c’était comment les vacances ?


20 juillet 2020

Port du masque obligatoire, c’est la chenille qui redémarre

par
Deux mois sont passés dans le monde d'après...

En juin, on souffle un peu. Le citoyen veut des vacances, l'Etat veut du PIB. Un petit air de "plus rien à foutre du virus" plane sur le pays depuis le début du déconfinement. Les incompétents du gouvernement ont été remplacés par d'autres incompétents provisoirement moins impopulaires. On peut donc recommencer à culpabiliser le quidam, lui dire qu'on va lui baisser son salaire, qu'il coûte trop cher, qu'il se relâche trop, fait trop la fête et porte mal son masque. 

En juillet, ça reconfine un peu partout en Europe. Plusieurs signaux sanitaires sur une hausse de la propagation du covid titillent ces rédactions d'info-feuilleton qui raffolent de l'affolement. Le gouvernement Baltringuistan-du-Castex décrète en plein milieu des grandes vacances (comme il le ferait pour une hausse de taxe honteuse) que le port du masque est obligatoire dans les lieux publics clos (tous sauf l’entreprise bien sûr, ce qui permet aux experts de chaines d'info-feuilleton de faire la morale sans masque en lieu clos sur l'importance pour les autres de porter le masque en lieu clos).

J’avoue que je ne comprends pas le pataquès actuel autour du port du masque, comme s’il fallait être systématiquement pro ou anti sur chaque chose. Je croyais naïvement que le port du masque dans les lieux publics clos était, si ce n'est obligatoire, au moins très fortement recommandé vu que c’est précisément l'absence de masques l'hiver dernier qui nous a collectivement fait traverser deux mois merdiques au printemps suivant. 

Il fallait juste le temps que l'opinion oublie un peu le fiasco d'état de la pénurie de masques à l'origine du confinement pour que le nouveau gouvernement légifère plus fermement au sujet du petit bout de tissu qui, s'il avait été livré à temps et porté par tout le monde nous aurait probablement évité deux mois de prison et dix ans de crise économique.  

Le masque c'est surtout le marqueur le plus visible d'un sombre futur collectif. On veut revenir comme avant, avant le confinement, même si "comme avant" c’était loin d’être la joie. C'est ça le monde d'après, chapitre 1 : « le monde d’avant n’a pas compris qu’il était mort ». Tout est en transition. Relations humaines, réunions, façon de travailler, tourisme, lieu de vie, espace habitable… plus rien n’est déjà plus comme avant et ça va continuer.  Il y a ceux qui le comprennent et s'adaptent et ceux qui foncent sans masque et gestes barrière, avec les mêmes schémas mentaux et certitudes, dans le monde d’hier. Si ce n’est pas ce virus, ce sera son petit frère encore plus musclé. La question n’est pas si mais quand. Les années à venir, dans les domaines sanitaire, écologique et économique, ressembleront plus à Mad Max qu’à L’auberge espagnole

C'est ce que nous dit le masque et c'est ce que l'on voudrait oublier.  


29 juin 2020

Vers 2022 après la chute de LREM aux municipales

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Avec tous ces évènements contrariants, ces mensonges, les discours creux et l'impuissance du pouvoir, j'en avais oublié qu'il y avait des élections locales. Donc, j'ai fait mon devoir du citoyen qui peut encore se regarder dans la glace sans honte : je suis allé bronzer au parc. Faut dire j'habite Paris et l'offre était réellement à chier.

Même si les municipales sont à chaque scrutin un cas particulier avec des problématiques locales et des personnalités distinctes, les résultats de ce second tour après deux mois de confinement sont une bonne prise de température démocratique.

Alors quelques réflexions en vrac :

1 / Tout le monde s’en fout. Un taux d’abstention record qui confirme la défiance globale contre un système. j’ai entendu parler de « dégagisme démocratique » mais c’est à peu près ça. Quand on écoute la rhétorique satisfaite des élu-e-s sur les plateaux télés dimanche soir, ça se comprend un peu. Le pouvoir n'est pas au peuple. 

2 / LREM retourne dans la fosse à purin d'où elle vient. C’est plus qu’une claque, c’est la démonstration que LREM est avant tout une secte marketing de neuneus hors-sol formée par et pour le conseiller clientèle en chef : Macron.

3 / Les verts font l'OPA et prennent en solo des grosses villes (Lyon, Bordeaux, Poitiers…). Ils ratent de très peu Lille. Ce sera intéressant de voir qui a voté vert (Est-ce un vote jeune ? Quels sont les revenus moyens des électeurs ?). Beaucoup de ces métropoles néo-vertes sont depuis ces dernières années des terres d’exil pour familles moyennes parisiennes confrontés à un immobilier prohibitif (en cours de vidange démographique).

4 / Gazon de synthèse à Paris. Compte tenu du point 3 c’est la ville de Paris sort un peu ringardisée par la victoire d’Hidalgo. Paris aurait pu être verte, Paris sera un bout de pelouse en plastique entre un chantier abandonné, un Velib cassé et un 4X4 en double file. En se peinturlurant écolo depuis un an, et en absorbant le candidat EELV qui n’a pas brillé par sa pugnacité, Anne Hidalgo réussit toutefois l’exploit d’être réélue alors que personne ne peut l’encadrer ici. Elle peut dire un grand merci à la division de la droite, la bite à Griveaux et la nullité de Buzyn, mais il faut lui reconnaitre une très grande habileté politique qui en fait une sérieuse prétendante à la présidentielle (misère).

5 / Le RN prend Perpignan mais baisse nationalement. 

6 / Le PS a trop vite fait de se gargariser des résultats. Il est siphonné idéologiquement par l’écologie. La prochaine question est l'écologie a-t-elle vraiment besoin du PS ? 

Ça se confirme donc peu à peu., la prochaine ligne de combat pour la présidentielle ne sera pas la gauche contre la droite. Ça ne ne sera même par libéralisme contre état providence (après le fiasco sanitaire et la nationalisation de l’économie confinée, il ne reste bien qu’une poignée de macronistes fanatisés pour réclamer moins d’état). 

Ecologie et souverainisme devraient être les deux axes forts de la prochaine présidentielle. La petite subtilité c’est que ces deux axes, pas forcément contradictoires, peuvent être aussi bien repris par la droite traditionnelle que par la gauche historique. Si ces thématiques ne sont pas récupérées par les indéboulonnables tartuffes habituels, et si Macron est dézingué dès le premier tour, ça nous promet donc de beaux débats et de beaux projets, car il y a dans les deux domaines de vrais virages urgents à prendre.

15 juin 2020

La fête à la terreur est finie

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Veuillez circuler, consommer et reprendre une activité normale. Terminé le télé-travail, terminées les précautions, terminés les masques qui ne servent à rien mais qui servent quand même mais qui ne servent à rien à partir du 22 juin, terminés les enfants qui sont dangereux, les consignes de sécurité et les lois mathématiques. Le COVID est terminé. Bon,  on en est en fait « officiellement » au niveau de février, logique que notre conseiller clientèle en chef nous sorte le même discours : tout va bien.

Il se sera écoulé moins de temps entre le moment où nous avons eu le droit de nous déplacer au-delà de 1km du domicile et le moment où nous pouvons aller jusqu’au bout de l’Europe en avion (35 jours) que de temps passé où nous avons été limités dans nos déplacements dans ce rayon de 1 kilomètre (59 jours). La seule continuité cohérente dans l'action politique de notre glorieux leader en trois mois aura été de repousser le confinement pour assurer le premier tour des municipales et d’accélérer le déconfinement pour assurer le second.

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, tout pourrait donc recommencer à l'identique. Aucune leçon retenue. Stratégie du doigt mouillé. Hystérie à tous les étages. On ferme tout, on ne pense pas aux conséquences. On ouvre tout, on ne pense pas aux conséquences. C’est guignol au théâtre des croyances. Le déconfinement aura été encore plus bordélique que le confinement. On a juste eu moins d’attestation à sortir, c’est toujours un progrès. Ne blâmons pas tant ce gouvernement. Qu’on ait des tocards en charge de tout c’est une certitude, mais il n’y a pas que ça. On a juste eu la démonstration par l’exemple de la nocivité de notre époque de surinformation permanente, de la domination de la com sur toute décision, on ajoute à ça les petits calculs politiques à courte vue et une gestion technocratique déconnectée de tout (le monde des patrons comme celui des salariés) et vous aurez trois mois de suicide collectif pour sauver (chiffre au choix selon vos convictions) personnes d’un COVID dont on ne sait à cette heure-ci qu'une seule chose avec certitude : on ne dit pas LE covid mais LA covid. 

La donnée stable c'est qu’on ne sait toujours pas vraiment qui est malade et qui ne l’est pas. Démerde toi avec ça, t'as l'habitude.

Maintenant que la fête à la terreur est finie, on va pouvoir rentrer dans le dur. Des faillites, du chômage king size, des plans de licenciements à gogo et une génération sacrifiée (indice chez vous, c’est toujours la même depuis 30 ans : elle est aussi blanche que noire et elle a moins de 30 ans).

Nous sommes dans une situation d’après-guerre sauf qu’il n’y a rien à reconstruire. Bref, le monde d’après c’est comme le monde d’avant mais avec du salaire en moins.

En vous souhaitant un bon deuxième semestre. 


19 mai 2020

Et Macron refait l'histoire

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Je ne sais pas à quoi il carbure mais c'est violent.

Dans un publi-reportage de BFM, notre conseiller clientèle en chef déclare que La France n’a "jamais été en rupture de masques" alors que c'est précisément une des raisons pour lesquelles notre chef de guerre sans munitions a consigné le pays à domicile durant deux mois, l'embarquant au passage dans une crise économique cataclysmique.

Cet homme fait vraiment de la politique pour l’image et les écrans que son électorat regarde : les chaines d’information.

Rappel. Les chaines d’information, ce n’est pas de l’information : c’est le spectacle de l’information. Ce spectacle s’accommode bien volontiers du « dire » politique. Le spectacle de l’information a besoin d’épisodes quotidiens. Peu importe qu’ils soient faux et outranciers, au contraire. Tout ce qui compte c’est la prise de position, le dire, la catch phrase qui fera réagir, qui offusquera même. Plus c’est gros mieux c’est.

Rappel. La post-vérité, ce sont les "circonstances dans lesquelles les faits objectifs ont moins d’influence pour modeler l’opinion publique que les appels à l’émotion et aux opinions personnelles".

Rappel. L’homme politique sans pouvoir ne fait pas, il dit qu’il fait, qu'il va faire ou qu'il a fait.

L’homme politique de la post-vérité ne s'embrasse pas des faits, il répète son mensonge juste à temps qu’il devienne vrai. Il est peut-être même convaincu de ce qu'il dit.  Il y a toujours eu une dimension sectaire chez Macron, ce qui a d’ailleurs permis son ascension fulgurante. Un homme politique n’avouera jamais qu’il s’est trompé (ou alors c’est un mauvais politique, et par conséquent juste un homme).

Un chef de secte est à l'aise avec la post-vérité. Il n’est pas dans le vrai ou le faux. Il est l'incarnation même de la seule réalité possible. Mon projet est le meilleur parce que c'est mon projet.

A bientôt pour "nous avons toujours disposé de millions de tests" et "le confinement n'a jamais eu lieu".

14 mai 2020

Un mars et cent balles pour les héros

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Alors les héros, vous avez travaillés sans compter ces trois derniers mois ? Vous vouliez des hausses des salaires, plus de moyens, des masques et des appareils de réanimations pour les hôpitaux et, soyons fous, des créations d’emploi ? Après un semestre d’épidémie et de surtension hospitalière (cause principale du confinement des Français), le conseiller clientèle en chef et la Power Point Action Team vous ont entendu : vous aurez des médailles. Chocolat pour les garçons, Fraise pour les filles. Ça vous changera des lacrymos que la police gouvernementale vous envoyait dans la gueule quand vous aviez encore le droit de manifester.

Rassurez-vous.

Si ça ne suffit pas, Muriel Pénicaud, ministre du travail des autres, demande aux Français de vous transférer leurs congés. De toutes les façons, ils ne vont pas pouvoir s’en servir.

Dès qu’il faut instrumentaliser les soignants et l’hôpital, on peut compter sur la république populaire du Baltringuisan (rappelons l’invasion de la Pitié-Salpétrière par de zombies extra-terrestres montée de toutes pièces par le Ministre de la Castagne le 1er mai 2019). J’en ai vu des merdes humaines en politique mais du niveau de Macron et de ses ploucs on est dans le fond de cuve de tout ce qui est humainement le plus puant sur cette planète.

Les soignants sont comme les Français, ils disent merde à cette clique déconnectée qui ne représente et défend que les intérêts d'une poignée qui accapare toutes les richesses, les services publics et maintenant la santé, en sacrifiant tout le reste. Les soignants le disent sur tous les tons depuis un moment d'ailleurs. Ils n'étaient jusque-là pas écouté du pouvoir. C'est chose faite, le gouvernement vient de leur cracher à la gueule.



12 mai 2020

Le jour d'à peu près

par
Le journal du confinement c'est comme le confinement, on y prend goût et on a un petit peur du changement faut bien dire.

Pas de panique, nous allons nous désintoxiquer progressivement. 

Pour ma part pas d'excès. Je consommais peu avant le confinement je consommerai encore moins après et, grâce à Hidalgo (qui l'eut cru) je me suis habitué à courir à l'aube devant les grilles fermées des parcs publics. Y a pas à dire : on croise moins de monde. 

Inconscients, perplexes ou sceptiques devant le pari de la reprise du 11 mai, chacun déconfinera à sa vitesse.  Il ne fallait pas attendre lundi matin 9 heures pour comprendre que le déconfinement du 11 est un pari d'état aves ses morceaux d'improvisation et sa culpabilisation en thème de fond (je rappelle que pour la septième compagnie en charge de la gestion du troupeau : le peuple est un enfant sale).  Ça s’entasse copieusement dans un métro qui tourne au ralenti, le ministre de la santé et de l'horoscope des régions fait l'étonné à la radio : "c'est dommage" déplore-t-il le plus sérieusement du monde. A l'école rien n'est prêt. La colère des élus, des chefs d'établissements, des enseignants trahissent les discours du ministre de la Nation Apprenante qui, toute honte bue, au sortir de huit semaines de confinement déclare qu'il est moins risqué d'aller à l'école que de rester chez soi. 

Il y a une passion française évidente pour la file d'attente. Dans la rue, les files se sont transférées des supermarchés aux échoppes des coiffeurs ou aux pharmacies où l’on prend le risque désormais de se contaminer pour bénéficier, peut-être, du masque-torchon promis par la ville (au bout de cinq mois c’est toujours ça). C’est également le grand retour de l'autre fléau urbain qui ne manquait point, le type qui déambule le nez dans son smartphone sans regarder devant lui, généralement sans masque pour un plus grand confort de va te faire bien enculer

Majorité de gens masqués par chez moi. Cet anonymat généralisé est un plaisir qui doit s'apprécier à chaque seconde au pays de la vidéo surveillance et des décrets anti burqa. Des masques certes, mais des pas surs. J'en vois fumer au masque, d'autres l'enlever pour éternuer sans se protéger (au milieu des gens) pour remettre le masque et l'enlever de nouveau trente seconde après. Indifférence générale avec ou sans protection, le masque n’est qu’un code social. On le porte pour les mêmes raisons qu'on ne le portait pas avant : pour ne pas se faire remarquer. 

Question densité urbaine, je ne vois pas de grandes différences à Paris entre ce premier lundi de liberté (relative) et le dernier dimanche de confinement. Le vrai changement, ce sont les automobilistes qui sont revenus conquérants et en masse. Et ça grille du passage piéton, et ça occupe 80% de la largeur de la rue pour une personne, et ça force toutes les autres à s’entasser sur des trottoirs faméliques. Le problème de Paris a toujours été cette superposition sur un espace réduit des différents modes de circulation, un non-choix qui ne satisfait personne et mécontente tout le monde. Dans la nouvelle donne sanitaire ce non-choix devient criminel. Une voiture qui fonce dans la rue, c’est dix piétons qui finissent par se coller les uns aux autres. Et encore, on "profite" de l'absence provisoire  des terrasses de café qui s'étalent parfois jusqu'au caniveau.  Des rues doivent être réservées aux piétons, d’autres aux vélos et d’autres au voiture. Il est crétin de mélanger tout le monde au petit bonheur parisien, d’autant que l’expérience que c’est le plus motorisé qui fait sa loi, et que le piéton parisien à intériorisé qu’il devait prendre sur lui ou se faire écraser. 

Malgré l’éclaircie de 20h, moins de monde au balcon pour applaudir les héros. J’ai quand même bien envie que l'habitude perdure. Dans ce contexte autoritaire qui s'orwelise à vue d'oeil, il est bon de rappeler à qui de droit, par la persistance de cette simple coordination du bruit, que en bas nous sommes vaguement unis. Le pouvoir est comme nous, il ne bouge que quand il a peur. Ça tombe bien nous sommes tellement plus nombreux que lui. 




10 mai 2020

#confinement jour 55 à 59 : derniers jours tranquilles à Paris

par
Mercredi. Un climat lourd s’abat sur les derniers jours du confinement officiel. Officieusement nous sommes déjà dans l’après. Dehors la vie passe de plus en plus vite. Les voitures tracent comme avant, plus vite encore. Je suis à peine sorti en trois jours et j'ai été le témoin de deux accrochages voiture / scooter. Ça promet pour la rentrée. Je ne cours plus et prends de moins en moins l’air. Ça recommence à puer. A mesure que Paris redevient Paris, je me « reconfine » mentalement dans ma détestation standard de cette ville.  Je n’ai pas envie de retrouver Paris ni le monde d’avant. Travail, circulation, nourriture, démonstration a été faite que nos modes de fonctionnement urbains classiques sont absurdes.

Chacun se cale sur la rentrée du 11 mai. Les coiffeurs sont bookés de 7h à 21h sur les deux prochaines semaines et les commerces sont dans les starting-blocks avec leurs procédures sanitaires. On va consommer autrement mais on va consommer bordel de merde !  Le déconfinement, et sa part de pari, nous font basculer dans l’inconnu collectif, le salut de chacun y dépend de l'attitude de tous et inversement. De ce côté, je suis confiant. Je nous trouve bien plus responsables, constructifs et soucieux de l'autre que les criminels et/ou connards qui nous ont menti, puni et sermonné durant deux mois : Le conseiller clientèle en chef cocaïné, le premier inutile, La Castagne, frère Salomon et son Top 50 de la mort, l'incontournable Sibeth porte-parole idéale de ce congrès d'idiots du village... A défaut de masques, en deux mois ces idiots inutiles nous ont construit les fondations d'une bonne société répressive. Le flicage s’installe tranquille sur le dos de l'épidémie. L’application Stop Covid n’est qu’un gadget, un chiffon rouge agité qui cache la philosophie punitive et carcérale de la gestion médicale du déconfinement : le traçage de la population via la « brigade des anges gardiens ». Ce dézingage du secret médical où la délation du cas positif, et des cas "contact" du cas positif, sera récompensée, pue très sérieusement du cul. 

Jeudi. Point presse de la Power Point Action Team. Rien de nouveau, absurdité à tous les étages en république de Baltringuistan. Sur l’école, c’est la schizophrénie en overdrive, la communication des tocards réussit l'exploit d'effrayer élus, profs, parents et élèves. Sur les transports en commun, on est dans le domaine du délirium pensé et conçu par des gens qui considèrent sincèrement que "les gueux" prennent le métro par plaisir. Alors que l’offre de transports devrait être doublée ou triplée à Paris, elle est réduite par deux, les stations de métro sont fermées et la place disponible dans les rames divisée par quatre. Et si ça merde, on ressortira la technologie révolutionnaire de la lutte sanitaire à la française : le PV pour défaut d’attestation d’employeur.

L’angle mort du déconfinement, c’est Paris, la région parisienne et son hyper concentration de tout. Ça ne peut pas être avoué mais la règle des cent kilomètres qui s’applique à tous les Français, y compris dans des zones avec trois cas de Covid, n’a été pensée QUE pour les franciliens.

Vendredi. Ballade avec L. Douceur de nos vacances d’intérieur hors du temps. Brève escapade vers le cimetière, là où mon confinement a commencé il y a huit semaines. La rue de la Gaité est une ville fantôme de western, avec ses bars, ses restos et ses sex shops abandonnés. Le restaurant Comme chez soi va probablement devoir changer de nom, comme la publicité de cette enseigne en décoration qui nous assure que vous allez aimer rentrer chez vous.

Samedi. Le temps se brouille. Orages à venir. La parenthèse se referme.

Que retenir de ces deux mois de confinement au temps élastique ? 

D’un point de vue personnel, je n’ai pas appris grand-chose sur moi que je ne savais déjà. Oui, le chant des oiseux m'est plus profitable que le bruit des hommes. A. et R. m’ont impressionné par leur prise en main des évènements et de la pression : travail, organisation et imagination. Il aura fallu être aux portes de la mort pour enfin parler à P. Depuis, il va mieux comme on peut aller mieux avec une playlist shuffle de pathologies toutes pires les unes que les autres. Il a demandé du chocolat, l'espoir renait. Les poumons ont bien été touchés par le covid, le système nerveux aussi, mais il est passé au travers. Jamais vu un tel organisme. Il est du genre sûr de lui, même dans sa façon de d'envoyer se faire foutre la maladie. 

J'ai eu la confirmation que je n’ai pas la main verte, mon "coquelicot salade" a doublé de volume mais il reste une énigme. Ma cuisine n'est pas un pays pour le vieil escargot. Il est mort. 

Je n’en ai pas appris plus sur ce virus en deux mois et ce malgré la quantité d’information disponible et les tartines lues chez les "experts" comme chez les profanes. Les uns n'ont rien à envier aux autres. On commence tout juste à s’interroger sur la date même de l'arrivée sur le territoire français, hypothèse qui, si elle s’avérait juste, balayerait toutes nos constructions confinées. Et si la première vague n'était pas en fait déjà la deuxième ?  Mais rien ne sert de fantasmer. On ne sait rien et c 'est ça qui est bien. C'est une cure générale d'humilité. Tout n'est que science fiction, limite superstition, le meilleur comme le pire. 

En deux mois, j'en ai appris un peu plus sur la machine d’état. Je ne me faisais aucune illusion sur la fragilité du bazar mais la baraque est bien plus en ruines que je ne le pensais. La république ne tient plus qu’avec une punaise rouillée, trois bouts de scotch et le ciment fragile de notre soumission.

J'ai également la confirmation qu'un pouvoir à bout n'hésitera pas à user et abuser de la répression, et qu'il profite de la confusion des esprits pour se construire une petite société de la surveillance et de la punition, aux petits oignons. Le pouvoir ne sert plus qu'à ça : non pas à nous protéger, mais à se protéger  lui de nous. 

J’en ai appris un peu plus sur notre monde du travail. La majorité de nos boulots « modernes » ne servent strictement à rien, ils peuvent être accomplis n’importe où par n’importe à n’importe quelle vitesse. L’hallucination collective perdure pourtant. Je le savais, il fallait juste l’expérimenter IRL. C’est fait.

Je n’en ai pas appris plus sur le confinement en deux mois. Le confinement n’est qu'une punition collective décrétées par des puissants apeurés (pour eux) pour des erreurs qu'ils ont commises. Le plus effarant est qu'en deux mois nous en faisons maintenant « une normalité sanitaire » et nous sommes prêts à y retourner. Le confinement est le résultat débile et injuste d’une anomalie criminelle de gestion. Stupide processus autoritaire et infantilisant qui réussit l’exploit de nous angoisser encore plus à la perspective de le quitter. Un jour prochain on s’interrogera peut-être sur l’âge moyen des décès constatés et le fait que ce sont les pays où il y a le plus de personnes âgées et très âgées qui présentent le plus de victimes. En clair, l’acharnement à vouloir vivre très vieux, après une vie où l’on n’a globalement fait attention à rien en termes d’alimentation et de santé, est une des raisons de la paralysie des sociétés occidentales au printemps 2020. Cette gestion sanitaire est à l’image de notre vision de la médecine : soigner au dernier moment au lieu de prévenir. La médecine étant un bien de consommation comme un autre, on exige du résultat quel que soit l’état de santé du patient. Les industries pharmaceutiques poussent évidemment dans ce sens. Le médicament rapporte plus que la façon de ne pas en avoir besoin. De ce côté là, nous ressortons de la crise comme nous y sommes entrés : sans avoir évolué d’un pouce. Ah si, on téléconsulte désormais... A bien des égards, la terreur du virus ayant éloigné les français des cabinets médicaux et des centres de dépistage d’autre pathologies, causera beaucoup de dégâts. Ils seront lissés dans le temps et n'auront pas le privilège d'une édition spéciale de deux mois sur BFM.

Pour le reste, comme pour expier son insouciance hivernale, en intraveineuse d'alerte info, l'être humain, qui a peur de son ombre, s'est construit une nouvelle terreur : la peur irrationnelle de mourir de ce virus (alors que tu as à ce jour toujours plus de chances de mourrir écrasé par une ambulance). Les croyances, la peur, les pratiques à respecter : combien de temps resterons-nous accrochés à cette religion ?

Soulagé de tourner la page de ce "journal de confinement" qui n'a pas évolué comme je l'imaginais, plus politique et moins intime. Ça ce sera peut-être pour après, on ne peut pas tout dire en temps réel. Cette période m'aura permis de renouer avec le blog, avec vous et les copains blogueurs aussi et ça c'est bien. Il faut avouer aussi que cette nullité d'état, quelque part entre Black Mirror et le Gendarme à Saint-Tropez, méritait d'être consignée au chapitre prélude au fascisme dans la grande encyclopédie de la connerie.

Je m'apprête donc comme vous à revenir sans joie aucune dans le monde d'avant, en pire ou pas. Il sera ce que nous en ferons. En équilibriste. S'accrocher à la volonté de changer le monde, mordre aux mollets les méchants et parallèlement chercher son prochain lieu d'assignation pour l'été.

Pour l'instant, la priorité c'est de revoir en vrai ceux et celles que l'on aime et de leur dire qu'on les aime...

...et de quitter la ville.

A tout à l'heure.







Les jours d'avant :

6 mai 2020

#confinement jour 54 : la saison des masques

par
Ça y est ils arrivent. Saveur profiteur de guerre ou foutage de gueule, les masques sont là. Il y en aura pour tous et tout le temps de la pharmacie à l'hypermarché. 

Après un rapide survol des premiers arrivages en grande surface (oui ils étaient dans le besoin), c'est, au mieux, 50 balles pour 50 masques. On peut trouver moins cher (on me parle de 30 balles chez Netto) on peut évidemment trouver bien plus couteux. Avec 50 masques tu tiens une semaine. Vous êtes 4 dans la famille ? Pas de souci : c'est 200 balles la semaine sur lequel l'Etat empochera 5,5% de TVA.

Et le tiroir caisse va fonctionner. Même si le masque n'est qu'un des dispositifs de protection qui n'exonère pas de garder ses distances et de se laver les mains régulièrement, et même si les Français sont largement défiants envers la gestion du gouvernement (60% selon le dernier sondage Elabe), ils sont 67% à être inquiets du déconfinement (On se demande bien pourquoi vu le niveau d'incohérence du plan national et son incompréhensible explication de texte ?) et 80% à encore craindre l''épidémie

Chacun achète des masques, chacun en réserve, chacun en veut. Il y a deux mois tu passais pour un terroriste quand tu te baladais en te couvrant le visage, tu passeras bientôt pour un ennemi de l'état sanitaire en marchant tête nue, dans une rue jonchée de masques souillés. 

Devant le logiciel si novateur de la start-up nation constitué de sauf-conduits, de réglementations en douze tomes et de distribution de PV, "la débrouille" (tout ce que tu as mis en place en termes de fabrications de masque durant deux mois) devrait normalement être prohibé dans l'espace public dans de brefs délais. 

Peu importe que la défaillance de l'Etat soit à l'origine d'un confinement massue de 60 jours, d'une paralysie du pays, de dizaine de milliers de morts et d'un crash économique king-size : tu es là pour payer pour le prix de leur incompétence. Ils ne te la font plus payer en te privant de liberté, mais en conditionnant ton retour à cette liberté à l'acquittement d'un forfait santé hebdomadaire (le masque) pour une durée indéterminée. 

Avantage non négligeable de cette nouvelle religion : les autorités incompétentes pourront toujours expliquer un retour au confinement par notre non-respect du port du masque ou port de masques non-homologués.  

Je ne peux parler de la qualité des masques en question, je n'en ai pas eu encore entre les mains. J'attends avec confiance que la république du Baltringuistan me fournisse gratuitement, et en abondance, ce masque qu'il veut m'obliger à porter après m'avoir fait subir 60 jours de confinement à cause de son incapacité à me le fournir en temps voulu tout en me martelant par la suite qu'il était inutile, voire contre-productif, pour ma santé et celle des autres.

Je reste donc chez moi et j'attends. 

Les masques vont arriver d'une minute à l'autre.

J'ai confiance car je vis dans un état fort et protecteur. 



Les jours d'avant :

5 mai 2020

#confinement jour 52 et 53 : dangereux mais pas dangereux

par
Depuis que se profile plus concrètement la reprise (ne parlons même plus de déconfinement celui-ci ayant officieusement débuté il y a trois semaines), le climat dans mon quartier se durcit. Nervosité bien plus palpable, invectives dans la rue et resserrement des procédures d’accès aux magasins d’alimentation alors que c’était souvent un joyeux bordel autogéré plutôt intelligemment jusqu’ici. C’est comme si nous nous étions habitués à la prison et que la perspective d’une réouverture officielle de la vie d’avant dans un cadre sanitaire incohérent, voire schizophrénique, confrontait chacun, du citoyen au chef d’entreprise, à ses responsabilités. Le déconfinement va être plus contraignant que le confinement. Côté direction d’entreprise, on fait tellement sur soi à l’idée d’être « hors normes » et de se choper une action justice ou un droit de retrait à la première minute du retour dans les locaux, que les consignes sont de plus en plus strictes. 

A plus grande échelle, c’est ce qui se passe à l’école avec cette reprise du 11 mai qui craque de tous les côtés, par peur chez les parents et peur d'actions en justice chez les élus. Le protocole sanitaire « simplifié » de 54 pages tout bonnement infaisable n’a pas calmé les esprits. Devant la vague d’opposition des parents aux maires face à cette réouverture précipitée, faisant preuve d’une méconnaissance totale de ce qu’est la réalité d’une classe, le conseiller clientèle en chef était en visite avec son ministre de l’éducation apprenante, Jean-Michel Apeuprès, dans une école élémentaire de Poissy. Lors de cette initiative de communication désespérée à destination prioritaire du public âgé des chaines d’info, Emmanuel Macron a enfin officialisé qu’il parlait aux Français comme à des gamins. Passons sur le fait qu’il portait un masque déconseillé par les normes AFNOR, masque qu’il a d’ailleurs touché et enlevé à plusieurs reprises (autant de gestes interdits dans le protocole dont il est venu vanter le sérieux), cette séquence gênante est la démonstration par l’image du piège dans lequel s’est enfermé le pouvoir en nous enfermant chez nous.

Plus étonnant, après deux mois de paralysie d’un pays, la logique de « c’est dangereux mais c’est pas dangereux » qui prévalait en janvier-février, avec les conséquences que l’on connait, est la même en cours pour le déconfinement : « c’est pas dangereux mais c’est dangereux ». On aura donc rien appris.

Si le confinement avait sa part d’absurdité, le déconfinement nous confronte brutalement avec nos principes d’avant. Impossibilité structurelle du déconfinement dans les transports publics parisiens, rappelons-le historiquement conçus (et gérés ainsi depuis) pour nous entasser comme des bestiaux à destination de l'abattoir. En temps normal, on peut passer vingt minutes à l’arrêt compressé dans l'aisselle de son voisin pour cause d’ « incident voyageur ». A partir du 11 mai, c’est l’intégralité du métro parisien qui devient un « incident voyageur ». Dans les commerces parisiens, le même problème se profile. Loyers excessifs et souci de rentabilité obligent, tout y a été dessiné en se basant sur l'endurance élevée du parisien à la promiscuité. C’est incompatible avec la logique de distanciation physique. D’ailleurs, hormis quelques quartiers désertés, le 7e arrondissement et le marais depuis le 17 mars, Paris est l’antithèse totale du concept de distanciation physique.

Le grotesque de la gestion politique des dernières semaines bascule dans une autre dimension, le retour aux impératifs d’un vie normale « comme avant » après deux mois d’injonctions continues à faire attention à tout, à tout le monde et tout le temps. Bien malin celui qui pourra dessiner les mois à venir. On peut tout aussi bien retourner dans nos cellules dans deux semaines que se la couler douce sur la plage dans trois mois.

C’était finalement bien plus simple à gérer pour tout le monde quand nous étions apeurés chacun chez nous. Que va faire l'homo-occidentalus ? 

Continuer de lui-même dans cette voie ? 
Faire sécession et retourner aux valeurs essentielles loin de cette vie à la con que ce "pas de côté" lui aura permis d'identifier ? 
Rejoindre la brigade des "anges gardiens" pour pister les malades ? 
Oublier ?  
Acheter le nouvel Iphone avec l'émoji capable de reconnaitre les émotions et la température anale ?  
Voler pour se nourrir car désormais avec ce bazar il basculé dans l'extrême pauvreté  ? 
Trainer les responsables politiques du fiasco en justice ?
Dealer des tests ? 
Développer son appétence à l'autogestion sans plus s'emmerder du cadre étatique ?  
Partir en vacances dans un rayon de 100 kilomètres ? 
Ne plus voter ? 
Voter Edouard Philippe ? 

Je n'ai jamais connu une période avec un tel niveau d'incertitude dans tous les domaines. 



Les jours d'avant :

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