jeudi 18 juin 2015

Uber et AirBnB ou l'économie du partage en trompe-l'oeil


Dans le flux de bullshits libérales déversées sur les ondes par les chausse-pieds du capital et autres valets de chambre de la dérégulation sauvage, il y en a une qui a vraiment du mal à passer chez votre rédacteur, c'est le schmilblick ecolo-marketo-geeko-frendly d'économie de partage cité à tort et à travers à propos de tout et n'importe quoi du moment que c'est étiqueté start-up sur la boîte, que la patron a moins de trente ans, un @ dans son nom, qu'il est végétarien et fait du blé en bourse.

Le pompon est décroché ces jours-ci au sujet de ces deux nuisibles arnaques urbaines que sont Über (taxis particuliers) et AirBnb (location touristique entre particuliers) présentées comme fer de lance de la sharing economy.

Je resterai objectif (si si). Je ne paye pas pour voyager chez l'habitant et me déplace aussi rarement en taxi qu'en VTC. Cette polémique de bourgeois fébriles à l'idée de payer sept euros de moins la course, et d'avoir une bouteille d'eau gratuite en prime, ou d'occuper un appartement si authentique, vintage mais confort en plein centre de capitales en pénurie de logement pour les locaux, me touche peu dans mon quotidien. Enfin presque. Je subis juste la pollution des voitures en ville et l'inflation soutenue des loyers depuis cinq ans dans mon quartier parisien (une des conséquences concrètes de l'explosion des deals dématérialisés d'Über et AirBnb). Je ne pleure pas non plus sur les hôteliers ni sur les taxis qui voient leur business déstabilisé par ces deux boites de Pandore.

Ces deux entreprises (peut-on d'ailleurs parler d'entreprises vu qu'elles n'emploient personne et ne détiennent rien ?) préfigurent le carnage social qui va s'abattre sur pas mal de secteurs.

ÜberLiberal et AirBordel sont des entreprises de prédation. La concurrence est faussée, elles se torchent des réglementations nationales (droit du travail, fiscalité) sous les applaudissements de l'upper-middle-class et des cornichons de l'expertise éco au prétexte que, tu comprends espèce de vieux réac et/ou crétin de pauvre, c'est de la nouvelle économie. AirBnB et Uber ne sont en aucun cas du partage et l'inédit y est minime. Un possédant loue un bien, un individu sa force de travail, à un autre individu qui le rémunère pour cela (What a flash ! Je suis bluffé par l'aspect profondément révolutionnaire du paradigme). La seule innovation est l'intermédiation de plateformes numériques COMMERCIALES et délocalisées (qui elles ne partagent pas trop leurs bénéfices économiques avec les services fiscaux du coin parce que "- Hey mec, c'est pas du travail ni de la possession, c'est internet").

Reconnaissons tout de même à AirBnB et Über un concept cynique à souhait (pas étonnant que ces sociétés soient célébrées par l'époque) :  prendre de l'argent sur des biens qui ne sont pas les leurs, faire travailler des gens sans les salarier (donc sans les protéger, sans cotiser, ni leur fournir d'assurance, de congés payés, rien). Mieux encore, dans le cas d'Über, le faux salarié fournit son outil de travail. Le client, lui, à l'impression d'être un peu plus riche. Une belle poursuite de l'ultralibéralisme dont nous sommes cette fois directement les artisans en proposant nos biens, en les consommant, et en travaillant pour ces parasites.

Cette nouvelle économie est de l'ancienne en pire. Il s'agit toujours d'arranger le pouvoir d'achat de ceux qui ont du pognon au détriment des conditions sociales de ceux qui n'en ont pas (en utilisant de jolis mots pervertis comme "partage", "modernité" et autre "collaborative"...).

Que trouvera-t-on au bout d'Über et AirBnb ? Augmentation des loyers pour les locaux non BnBaiseurs (autrement nommé les pauvres), désagrégation de la protection sociale pour les chauffeurs (et de leurs revenus une fois que tout le monde sera chauffeur Über, et qu'un nouveau service Über te proposera d'être véhiculé au tiers du prix en chaise à porteurs. Bah quoi, c'est bien puisque c'est bio. Tu pourras enrichir l'expérience sociale de coups de fouet sur tes prestataires collaboratifs de trajet, ce qui, nous en sommes convaincus, même en option payable d'avance, aura encore plus de succès que la bouteille d'eau en libre accès.

Articles connexes :
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Paris, ville ouverte (à AirBnB)

25 commentaires:

Politeeks a dit…

saine colère, mais tu as oublié de préciser qu'un tribunal californien a dit qu'une ancienne contractante de über était en fait salariée.

KEO a dit…

https://www.aruco.com/2015/05/google-car-taxis-new-york/
T'as une analyse de retard ;)

mais sinon cest tres juste..

Google Car > Uber > Taxi.

Le transhumanisme poursuit sa route :) #NBIC

Nicolas Jégou a dit…

Je ne crois pas que l'on puisse comparer les deux sujets. Un chauffeur G7 est-il plus heureux qu'un chauffeur Uber ? C'est le système de taxi en France qui crée de la spéculation et tue les droits sociaux des salariés : tu payes pour bosser. (Pour le reste, on est d'accord : les dégâts de l'automobile).

Air machin, c'est l'inverse : ils provoquent la spéculation. Je défends l'un et combat l'autre. Je combats surtout les taxis.

Anonyme a dit…

De toute façon uber est déjà en sursis. D'abord pour le coté légal, mais ensuite surtout parce que déjà le covoiturage urbain est en train de se développer. Et les taxis uber ne pourront pas rivaliser avec des trajets à 2€50 tout à fait légaux

Anonyme a dit…

Sinon les google car taxi c'était un poisson d'avril :-p
Voici l'article original :
http://inhabitat.com/nyc/google-signs-agreement-with-nyc-mayor-to-replace-nyc-taxis-with-driverless-google-cabs/

Nonolapince a dit…

Quand les Taxis arrêteront de se pointer avec 12 balles au compteur, arrêteront de choisir le client à la meilleure course avec une vitre à moitié baissée à 3 du mat place de la Bastille, prendront la carte bleue tout le temps, alors on reprendra le Taxi. Ils ont la réputation qu'ils méritent. Je suis un ancien de la G7, je bossais à la radio et croyez moi c'est un monde de clébards ("rien à foutre de la vieille, trouve moi des courses aéroport et on s'arrange pour un ptit billet fin de mois": véridique.

Pour Airbnb, je loue moi-même mon apprt que je quitte puisque que mon bailleur Paris Habitat m'annonce 3 mois de préavis incompressibles. Alors qu'il pourrait louer dès le lendemain tant la demande est forte dans le 18 ème. Mais ça, c'est parce que j'ai été honnête, j'aurai fait une fausse demande de mutation, je m'en tirais avec un mois.
Merci de me publier et continue à poser le débat, ton blog est sympa.

Skandal a dit…

"prendre de l'argent sur des biens qui ne sont pas les leurs"

Ça ressemble vachement au concept des taxes et des impôts français ça....

Sinon sur AirB&B, vous vous trompez totalement de raisonnement. Si AirB&B se développe autant en ville, spécialement à Paris c'est pour la bonne et simple raison que les gens préfèrent louer leur bien en courte durée que de risquer d'avoir un locataire qui squatte sans payer.

Et AirB&B n'a absolument rien à voir avec la hausse des loyers dans la capital. Cette hausse a deux sources et elle a commencé bien avant AirB&B :
1) Le principe de offre/demande (peu d'offre, beaucoup de demande)
2) La rémunération du risque que prend un propriétaire en louant son bien car la loi protège infiniment plus le locataire que le propriétaire et en plus, les taxes et impôt ont diminué le taux de rendement de l'investissement immobilier donc lesl oyer augmentent pour compenser.

Anonyme a dit…

Je mettrais pas AirBnB dans le même panier.

Sur ce site, on trouve quand même beaucoup d'aparts/maison de gens qui veulent gagner un peu d'argent en louant leur appart quelques semaines par an pendant leurs vacances.

Après, c'ets sur que certains appartements du centre de paris sont "AirBnBaisés" comme des chambres d'hôtel

chris De Nice a dit…

Je suis d'accord sur le fond du problème. Ceci-dit, l'ultra libéralisme suscite la division (un chauffeur taxi qui a fait un crédit de 200 000 € pour acheter sa licence va faire la gueuele et on comprend, alors qu'un utilisateur cherchera à faire des économies avec Uber et on comprend aussi) , idem pour d'autres systèmes de même acabit. L'égoïsme et la défense des privilèges de chacun de chacun est la clé de voûte de ce système qui sait bien que l'homme est un loup pour son frère. Le "Aimez vous lesuns les autres" n'existe pas en économie.

Nicolas Jégou a dit…

Anonyme de 14h16,

Ce n'est pas parce que certains peuvent gagner un peu d'argent qu'il faut le laisser le faire. Sinon, tu supprimes la durée légale du travail, on trouvera toujours des gens qui ont besoin d'argent pour travailler 60 heures...

Anonyme a dit…

Très bien écrit!!..Le problème ce n'est pas la plaque mais bien les charges que ne paye pas les "uberpopeurs" et pire uber qui s'affranchit clairement de ces taxes qui pourraient faire beaucoup de bien à notre économie. Je suis taxi et j'ai essayé le monde du vtc..sans succès ce système mène à la precarisation du monde du transport et va bientôt toucher d'autres secteurs ...

Anonyme a dit…

Oula je bosse avec g7 et ne refuse aucune course je me pointe jamais avec 12€ au compteur et accepte la cb sans minimum...tu prend ton cas pour une généralité! D'ailleurs les tarifs d'approches vont être plafonnés et des forfaits aéroports vont être mis en place !!

Toutatis a dit…

Pourquoi les taxis à peu près partout dans le monde sont au moins 2 fois moins chers qu'à Paris (dernière expérience à Singapour par exemple) ?

Klaus Toujours a dit…

Et si on demandait aux rats parisiens de faire un peu de place aux touristes pour dormir dans les égouts ?

Anonyme a dit…

Tout est 2 fois plus chers à paris .....
sauf le taxi qui est dans les moins chers en Europe ... vous comparez l'incomparable

fisc fucking a dit…

A Singapour les rémunérations sont nettes, puisqu’il n’existe pas de charges sociales.
En France 48% de RSI pour un taxi

vincent a dit…

J'ai lu que AirBnB avait justement décollé parce que lancé à un moment où les ménages avaient besoin d'un peu de monnaie supplémentaire (vive la crise!) et étaient donc + enclins à laisser leur appart le temps d'un week-end (après, y'a bien des 'professionnels' qui y exercent aussi, mais je ne suis pas sûr que ce soit le mouvement de fond.)

En fait, je suis partagé sur ces sujets. A la fois, il y a clairement une opportunité économique à partager + (voitures, logements....), à tirer parti des nouvelles possibilités de centraliser les flux d'information, et ces business arrivent à fluidifier cela (ok : là, je verse complètement sur le côté libéral), et en même temps, ces modèles vont forcément détruire de l'emploi...
http://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/uber-airbnb-blablacar-l-invasion-des-barbares_1683952.html

Le Moins de travail ne me gênerait pas, s'il ne s'accompagnait pas aussi de 'moins de salaires'.
Et le nerf de la guerre me semble aussi là.
Qui a parlé de revenu universel ? ;-)

Jules Praxis a dit…

Sur airBNB, je pense que tu fais fausse route. Ce n'est pas du salariat déguisé (ou plutôt des entrepreneurs qui devraient être salariés), mais une offre originale qui te permet effectivement de voyager différemment, faire des rencontres (j'ai hébergé des ricains que j'ai retrouvé ensuite quand je suis parti voyager chez eux, par exemple), et mettre un peu d'argent de côté. Le "travail" fourni est minime : faire le ménage chez soi, accueillir les gens dans de bonnes conditions. Je pense que le délire des prix parisiens n'est pas lié à airBNB et a démarré bien avant, grâce au monde merveilleux des marchés libérés, dérégulés, et c'est à ce système qu'il faudrait s'attaquer, comme l'a tenté Duflot avec ALUR.

Nous qui "combattons" le capitalisme, on peut trouver au moins un avantage avec ces systèmes de peer-to-peer : la suppression des intermédiaires, l'offre et la demande se rencontrent directement et le seul intermédiaire (qui prend un pourcentage infime sur la transaction) est le site qui offre le service de mise en relation. Sans compter l'ouverture à l'autre, le relationnel et tout ce que chacun connait de l'économie du peer-to-peer. Je n'échangerai plus jamais mon baril de covoiturage contre deux barils de SNCF, par exemple.

Personnellement, depuis que j'ai découvert airBNB, je ne veux plus voyager différemment. Après, le problème de la réglementation est à prendre en considération. Je vais l'avouer directement, j'ai fait beaucoup d'argent avec ce site et je n'ai pas reversé un centime à la collectivité (sinon à travers de mon pouvoir d'achat, évidemment). Est-ce dû à une mauvaise volonté de ma part ? Eh bien figure-toi que non, j'aurais été heureux de contribuer au budget de l'Etat : j'ai envoyé un mail à mon administration fiscale pour savoir ce que je devais déclarer. Réponse : rien jusqu'à 132€ du m2 par an. Un exemple, si j'ai 100m2 de logement, je peux faire 13.200€ nets d'impôts par an. C'est du délire, non ? Et j'y suis pour quoi ? Pour rien, je voudrais payer des impôts sur mes revenus airBNB, par exemple en les déclarant à l'IRPP, mais la législation française me l'interdit.

Enfin, dernier élément, airBNB ne s'adresse pas qu'aux possédants mais aussi aux simples locataires, qui peuvent ainsi arrondir leurs fins de mois par ce biais. Sans prendre aucun risque, contrairement à Uber(Pop).

Il y a donc plusieurs éléments à séparer : la situation parisienne du reste de la France (comme d'habitude), le problème de la régulation dont devrait s'emparer l'Etat français, et l'évolution des modes de consommation qui, quoi que tu en dises, sont transformées (et pas toujours pour le pire) par l'économie du peer-to-peer.

Jessica a dit…

Merci pour cet article. Je découvre votre blog avec plaisir et je vous remercie encore pour cette prise de parole à contre courant.

Certains commentaires prouvent que le système a encore de beaux jours devant lui. Tant que l'on pensera que le profit personnel prévaut sur le bien-être de tous et que l'on trouvera toujours des justifications pour dormir sur ses deux oreilles ( "je n'abuse pas : je ne le fais que pendant mes vacances donc c'est bon").

Partage ? Quand l'argument principal est de se faire des sous parce qu'on est en pleine "crise" et que l'on ne peut pas s'acheter la dernière chemise à la mode ou les vacances de nos rêves ?
Partage ? parce que les taxis sont trop chers ou parce que les touristes ont le droit de venir dans notre belle capitale : quel humanisme !
Partage est un mot bien galvaudé pour justifier un besoin de consommer toujours plus en marchant sur son voisin. Partager ce n'est pas faire abstraction des autres pour améliorer son petit bien-être personnel. Je ne suis ni taxi ni hôtelier, j'ai des amis restaurateurs et je trouve qu'ils abusent régulièrement, mais est-ce une raison pour les imiter ?
Et si le partage et la solidarité existe dans ces domaines cela s'appelle le covoiturage ou bien l'échange d'appartement sans contre partie financière.

Anonyme a dit…

C'est intéressant d'avoir un autre point de vue, pas si fréquent... Je bosse dans le web depuis plus de 15 ans, je suis la première à être fascinée par ces nouveaux modèles. Et ça fait longtemps qu'on voit les choses bouger... mais je perçois une nette accélération du changement depuis 2 ans. Disons que c'est devenu frénétique. Ceci dit je ne crois pas que Über soit différent d'un taxi pour ce qui est d'exploiter la personne qui finit par produire le service... Et Blabla Car ? Quelle différence ? Et pourtant qui s'en plaint à part la SNCF (et là ça fait consensus : tout le monde est content quand la SNCF se plaint).

Plus ça va et plus je me dis que la question n'est pas d'être pour ou contre un changement dans l'économie, puisque le fait est qu'on ne peut pas vraiment l'empêcher. Et ce n'est que le début... Les imprimantes 3D vont bientôt faire des ravages à leur tour. Je crois plutôt que la question est : qui veut bien organiser une nouvelle société ? Il faut le faire vite avant de subir. Et je n'ai pas l'impression que les gens supposés administrer nos pays s'en rendent bien compte.

Julien Dottor a dit…

Dommage que le sujet soit traité avec si peu de documentation et de façon si caricaturale... Un tel débat mérite mieux que ça!

Ludé a dit…

Effectivement les nouveaux entrants ne jouent pas avec les mêmes règles et ce n'est pas normal, mais c'est aussi parce que le marché est faussé qu'ils ont pu connaître un tel succès.

Je cherche encore la raison pour laquelle les taxis bénéficient d'un numerus clausus et pas les serruriers, les loueurs de vélos ou les déménageurs ?

Anonyme a dit…

"...et qu'un nouveau service Über te proposera d'être véhiculé au tiers du prix en chaise à porteurs..."
On n'en est pas si loin. Avez vous vu les vélos-taxis de Paris, forme moderne des pousse-pousse de Saïgon au temps béni de la colonisation ?
Je n'aurais jamais pensé que l'on pourrait voir un jour à Paris les familles Bidochon vautrées dans ce genre d'engins qu'un pauvre bougre famélique doit trimballer à la force de ses maigres mollets... Delanöe a supporté ça, Hidalgo idem... Une honte, un crachat sur la Ville Lumière...

Gab a dit…

Jules Praxis, si vous voulez vraiment combattre le capitalisme, dites vous bien que la part infime ponctionnée par l'intermédiaire multipliée par un grand nombre de gogos donne une puissance non négligeable au capital.
AirBNB est là pour que tout le monde fasse du fric avec du tourisme. Alors si vous voulez vraiment saquer le capital:
- Utilisez des intermédiaires codés en open source par une communauté dont vous pouvez faire parti. (Le code c'est la loi.)
- Ne faites pas payer les gens que vous invitez à rester chez vous. Pensez en terme de don et contre don.

Jules_Praxis a dit…

Gab, vous n'avez pas tort. J'ai fait du couchsurfing pendant des années, sur le principe du don et du contre-don mais il y a quelque chose qui ne marche pas dans cette formule. On ne sait jamais si l'autre est là pour la rencontre ou pour profiter de la gratuité. Il s'ensuit des relations parfois géniales, parfois carrément malaisées, voire désagréables. Depuis que je suis passé à airBNB, les choses sont claires : puisqu'on me paye, je dois proposer un minimum de service, les chambres sont propres, je m'arrange pour que les clés soient facilement accessibles, je donne des conseils sur la ville, ses bonnes adresses, etc. Et, si la personne souhaite simplement utiliser la chambre, aucun problème : elle a payé et si elle ne souhaite pas discuter, boire une bière avec moi c'est son droit.
De plus, s'il n'y avait pas de formule payante, soyons clairs : je ne proposerai pas ma chambre, voire mon appartement, qui est un vrai petit bijou qui ravit tous mes locataires. Ce serait dommage mais c'est comme ça : sans un minimum de gratification, je ne pourrai mobiliser du temps et de l'énergie en plus simplement pour la bonne cause. Je vous l'ai dit, je l'ai fait pendant des années : c'était un mauvais service et ça n'a pas fonctionné, les gens s'inscrivent plein de bonne volonté et, au bout de quelques mois, ça les emmerde plus qu'autre chose, du coup il ne se passe plus rien et le principe du don-contre-don n'est plus qu'un joli leurre, une boîte vide.
Enfin je faisais de la provoc' sur l'argent, mais personne n'a relevé. AirBNB c'est 2-300€ par mois, pas de quoi devenir le prochain Bernard Arnaud, mais suffisamment pour trouver le système absolument génial, qui permet de faire des rencontres, de valoriser son logement, son mode de vie, et de mettre un peu de beurre dans les épinards.