samedi 10 novembre 2012

Travail dominical chez Bricorama : Ces journalistes au chevet d'un délinquant multirécidiviste


Les patrons ont compris. Ça paye plutôt bien de chialer à longueur de journée. Après un cadeau fiscal de 20 milliards, la réédition sans condition du gouvernement aux fariboles du "manque de compétitivité" ou l'à-plat-ventrisme express de Bercy face à trois pigeons en ligne, pourquoi s’arrêteraient-ils en si bon chemin ? Dans un climat aussi porteur, la bataille idéologique pour le dynamitage du droit du travail se doit de continuer ! Next stop, le travail le dimanche.

A ce titre, la real-tragédie se jouant à guichet ouvert sur nos écrans autour de l'enseigne Bricorama est un petit bijou de 'com. Mêlant patron en pleurs, une poignée de salariés manipulés ne voyant pas plus loin que le bout de leur nez et des journalistes chausse-pied trop contents d'en faire les martyrs de l'oppression syndicale, les péripéties salario-lacrymales du groupe à 25 millions d'euros de bénéfices l'an passé n'ont rien à envier aux épisodes les plus racoleurs du Jour où tout a basculé.

Résumons les faits.

Jean-Claude Bourrelier, boss de Bricoramaa sciemment violé durant des mois une décision de justice en ouvrant ses magasins le dimanche. Suite à la plainte du syndicat FO, l'enseigne risque désormais de régler une ardoise de 37 millions (30.000 euros par dimanche et magasin ouvert) comme par hasard non provisionnés par l'enseigne. Alors que les grosses boites sont promptes à licencier un employé pour un détournement de 3 euros de matériel, une telle erreur de gestion, en sus de l'infraction répétée et préméditée, aurait dû coûter illico son poste à Bourrelier. Et bien non! Quand le patronat veut, il ne compte pas. Pas satisfait de les avoir instrumentalisé une première fois, le patron de Bricorama menace maintenant de licencier une partie des salariés si la justice ne se montre pas plus clémente. Et voilà notre délinquant récidiviste entamant une croisade médiatique où il endosse, avec l'aide de quelques fayots et le soutien appuyé de notre éditocratie, le costume du samaritain victime de la cabale syndicale.

Car, au-delà du trou de compta de l'enseigne, nous sommes ici dans le symbolique à forte valeur libérale ajoutéeLa bataille médiatique fait rage, unilatérale. Là dans un reportage du JT de France 2 auquel il ne manque que la musique de La liste de Schindler pour me tirer une larme, on suit le Bourrelier, victime, du tribunal aux rayons de son magasin où il supplie les managers de soutenir les "collaborateurs volontaires" (aka les mecs mal payés comme des merdes le reste de la semaine) dans cette douloureuse peine de repos qui les attend dimanche prochain. Et nos plus grandes plumes d'exprimer une soudaine solidarité avec les salariés à 3 chiffres:


Sur BFM, Olivier Mazerolle et Ruth Elkrief, indignés, se livrent en roue libre à une condamnation de cette condamnation de justice empêchant les pauvres gens de travailler plus pour gagner plusAu téléthon des patrons, la jeune garde de l'éditocratie n'est pas en reste. Sur Europe 1, David Abiker, apologiste à la cool et multisupports de la soumission salariale la plus hardcore, s'aligne sur l'argumentaire victimaire de Jean-Claude Bourrelier dans une chronique pastiche à peine plus caricaturale que l'original (faut écouter, c'est beau comme du Carreyrou sous LSD). Nos procureurs médiatiques n'ont à la bouche que le mot "la liberté", nous refaisant le verdict avec un satanique FO au banc des accusés et des salariés dans une galère dont l'état "ubuesque" serait l'unique cause. Et ma brave dame, avec tout ce chômage empêcher ceux qui veulent travailler de travailler: c'est criminel!

Tant de lyrisme de la part de nos Zola du Medef ferait presque oublier que l'immense majorité des salariés ne travaillent pas le dimanche et souhaitent qu'il en reste ainsi.

Alors rappelons au minimonde des marquises en lévitation:

1/ La "période de chômage" a bon dos. Depuis bientôt 40 ans elle sert à tout justifier, des stages non payés aux coupes de salaires, de la flexibilité au cumul des postes. L'urgence n'est pas de travailler plus, mais d'embaucher plus. 

2/ La justice a tranché. Bricorama et son patron sont coupables. Je n'ai pas le souvenir, parmi les  verdicts judiciaires relatifs aux moult faits-divers dont les médias nous abreuvent, d'un tel soutien journalistique envers les condamnés.

3/ La liberté à la carte du "salarié qui veut" ne doit pas dégrader les droits fondamentaux de tous ceux qui ne veulent pas. 

4/ Si les salariés ont un combat vers lequel ils doivent prioritairement "se porter volontaire" (mais auquel les médias n'apportent bizarrement jamais leur soutien), c'est celui pour être augmenté le reste de la semaine afin d'éviter d'avoir à travailler le dimanche ! 

5/ Je sais c'est injuste, mais que les Abiker, Mazerolle ou Aphatie (payés en une chronique les pieds sous la table le triple de ce que gagne une caissière en suant toute une journée) puissent enfin jouir de la liberté de s'acheter des tasseaux de 12 le dimanche (trop occupés qu'ils sont le reste de la semaine à cachetonner d'un plateau à l'autre pour sommer les smicards d'être plus compétitifs) n'est pas une priorité nationale. 

La bataille d'influence menée par notre Abbé Pierre des temps modernes et ses disciples d'antenne pour renverser le verdict est un nouveau cheval de Troie vers une dérégulation supplémentaire du code du travail. La suite on la connait déjà. Une fois l'exceptionnel banalisé, le travail dominical généralisé, Bourrelier et consorts pleurnicheront encore. Ils nous rejoueront à grands coups de pathos et de chantage au licenciement, la tragédie du patron victime d'un code du travail bridant toujours plus la croissance entrepreneuriale, et crieront au drame, cette fois, d'avoir à payer double le dimanche pour une journée de boulot désormais comme les autres. 

45 commentaires:

Anonyme a dit…

Je ne comprends pas une chose dans cette histoire.

Pourquoi le gouvernement socialiste n'a pas profité de cette manifestation de contre-révolutionnaires apatrides trotskystes à la solde de la CIA, menés par des agents titistes cosmopolites, pour tous les arrêter et les envoyer fissa dans un camp de rééducation?

Vraiment, je comprends pas.

Vichinsky était en RTT? Dans ce cas là, je comprendrais. 35H00 par mois, c'est 35H00 par mois. Pas une de plus! Mais il aurait pu reporter sur le mois prochain ses heures sups, non?

Anonyme a dit…

Ce qu'il manque aux reportages télés et autres c'est surtout quelques faits :

- Les syndicats ont proposé a Bricorama de renoncer au 37 millions d'Euros d'amende en échange d'un 13eme mois pour le salariés. Chose que Bricorama a refusé.

- Les salariés envoyés manifester contre les syndicats n'ont pas été conviés au procès en appel. Surtout ne pas leur faire comprendre que Bricorama ne veut pas payer l'amende mais ne veut pas non plus les payer plus.

- Laisser les gens avec des contrats tellement minces que si il n'acceptent pas de bosser le dimanche ils ne s'en sortent pas et le faire tellement systématiquement que même les salariés trouvent cela normal ce n'est pas demander un travail le dimanche sur base de volontariat.

- Payer un sondage comme l'a fait Bricorama en demandant "aimez vous faire vos courses le dimanche" ne donne pas des résultats aussi positifs qu'un autre du type "accepteriez vous de travailler le dimanche". Dans le second cas, lorsque cela concerne le confort des gens, la réponse est majoritairement négative.

- Il ne s'agit pas de "dommages et intérêts" comme j'ai pu le lire mais bel et bien d'astreintes et donc comme tu le dit, de sommes qu'il fallait provisionner. En gros 30 000€ par magasin ouvert depuis des mois cela veut dire que si la somme est gigantesque avec un chiffre de 37 millions, c'est certainement inférieur à ce que rapporte en bénéfice un magasin par dimanche donc la somme est totalement gommée dans la durée.

- Bricorama enfreint la loi, je ne sais pas comment réagissent ceux qui crient au scandale mais si je vais vendre des tasseaux de 12 illégalement sur le parking d'un Bricorama, ils se servent de la loi et appellent la police pour faire respecter le code pénal. Pourquoi ne le respectent t-ils pas eux même ?

- Indiquer que l'on va procéder a des licenciement si la décision de justice est appliquée est illégal et condamnable. Le PDG de Bricorama se prépare des centaines de dossiers de Prud'homme à l'avance ou il va perdre systématiquement ? Non il sert une soupe pré-digérée a qui veut bien l'écouter.

Anonyme a dit…

Bourrelier étant le 1er actionnaire, il ne risque pas d'être viré...
Il a ausdi quelques contentieux en cours (AMF, JG CAPITAL.)

ecolomaisjetemmerde a dit…

Purement excellent! Bravo Seb'

Toutatis a dit…

ce qu'on ne comprend pas c'est pourquoi certains ont des procès parce qu'ils ouvrent le dimanche et d'autres non.

Anonyme a dit…

Je crains simplement que les journalistes aient bien pris en main le dossier et le traite avec un minimun d'intelligence étant donné :

- Les salariés de Bricorama sont volontaires et veulent travailler le dimanche (ils sont payés triple lorsqu'ils travaillent le dimanche) - cf les 2 pages dans le Parisien hier

- Les syndicats de Bricorama (incluant FO) sont pour le travail le dimanche, c'est la centrale FO parcequ'elle souhaitait faire un coup de com pendant la campagne présidentielle qui a intenté l'action sans le soutien des représentants FO chez Bricorama.

- Bricorama est vraiment en danger puisque plusieurs des magasins sont menacés en cas de condamnation car le dimanche représente une trop grande part du chiffre d'affaires.

Les journalistes sont encore libres dans notre pays et c'est très bien ainsi.

Toutatis a dit…

On peut s'interroger sur le fait que "le dimanche présente une grande part du chiffre d'affaires".
Si les concurrents sont aussi interdits de travail le dimanche je ne comprends pas pourquoi le chiffre d'affaires baisserait. Les achats seraient simplement reportés sur les autres jours de la semaine.

Politeeks a dit…

Toutatis:

BRICOrama = magasin de bricolage, donc logique que des gens qui font le bricolage le WE achètent des trucs le dimanche, genre oups j'ai oublié d'acheter les vis qui vont bien ou autre/ Il est donc logique qu'une grande partie de leur chiffre soit fait ce jour là. Et logique aussi : les gens ne veulent pas perdre du temps pour leur bricolage. Si t'es en train de déplacer le baignoire par exemple...

SEB : tout le problème du travail le dimanche c'est que ça doit être sur la base du volontariat , cf le job d'appoint des étudiants: il prennent ce job par ce que que c'est le seul moyen de bosser sans saloper ses heures "scolaires". Et pour les autres salariés +200% de salaire, et surtout la récupération et donc le respect du code du travail , avec 2 jours hebdomadaire de repos dans la semaine.
Tout ça comme tout le reste doit être contrôlé et régulé par des inspecteurs du travail et puni en cas d'abus/fraude par des amendes. Et comme par hasard en France on manque d'inspecteurs du travail , on en a moins par habitant que l'Allemagne ou l'Italie.

Le truc bizarre ici étant que l'amende pourrait selon les dires du patron tuer la boite qui perd du fric depuis un an

Un autre point : le dimanche n'est pas sacré , ailleurs que pour les croyants ("jour du seigneur") . Ca devient un jour comme tous les autres.

jor a dit…

N'oubliez pas que la plus grosse arnaque du travail dominical, c'est avant tout les métiers où il n'est pas payé double, voire même pas majoré du tout, comme l'hôtellerie et la restauration (j'imagine qu'il y en a d'autres). Et comme le hasard libéral fait bien les choses, c'est aussi les métiers qui doivent représenter la majorité du travail dominical en France...

Pour que le travail le dimanche soit acceptable, il faudrait:
1) qu'il ne soit véritablement pas obligatoire (mais comment faire pour garantir ça dans la pratique, avec la menace du chômage sans-cesse agitée par les employeurs ?)
2) qu'il soit au MINIMUM payé double, systématiquement, et quelle que soit la branche.

Curieusement, en entend moins les patrons pleurer pour que ces deux conditions soient remplies...

Politeeks a dit…

Bien vu JOR : c'est dans ce secteur de l'hôtellerie/restauration que les pires abus se font. Un ami dont la compagne bosse dans des hotels de luxe, m'a expliqué: des heures sur le lieu du travail non payées, en plus des heures supplémentaires non payées.

donc dans la pratique : + d'inspecteurs du travail, c'est simple à mettre en place, mais il faut 2 ans pour qu'ils soient sur le terrain.

finss a dit…

Parmi les travailleurs du dimanche faut pas oublier les infirmières, policiers, pompiers, surveillants de prison, cheminots, etc..

Anonyme a dit…

Bien sûr que je plussoie ce billet fort à propos, mais surtout je voulais faire une ola à moi tout seul à Seb qui ces temps-ci envoie du grave... Un billet quasi tous les jours, et du bon billet.. Franchement respect...
Et donc.... ooooOOOOllllAAAAaaaaaa !!!

Manureva.

seb musset a dit…

@Toutatis @Finss > La on sera d'accord avec Bourrelier, ces histoires de dérogation sont illisibles (PUCES, zones touristiques avec des rues autorisées et des rues pas), mais nous n'aurons pas les mêmes conclusions que lui : faut en fermer la majorité.

Bien sur, comme tu le précises, il est des métiers ou le travail le dimanche n'est pas une option (santé, police, pompiers...)

Un autre point. Pourquoi ce sont toujours les gros groupes, déjà en position de domination, qui veulent tjs ouvrir le dimanche ? S'il y a vraiment une demande, on devrait favoriser justement les petits commerces, les marchés, ce jour-là et interdire aux grands groupes d'ouvrir.

@Politeeks 1000 X oui sur les inspecteurs du travail. Qu'on commence par là d'ailleurs, comme je l'ai dit, pour récupérer le pognon de toutes les fraudes.

@Manureva Merci ;)

Thierry a dit…

Jean-Michel Apathie...
Je ne sais plus où j'ai lu cet aphorisme que je trouve très juste : "Jean-Michel Apathie est au journalisme ce que le papier-cul est à l'imprimerie".

Anonyme a dit…

@Politeeks
Juste sur le côté sacré du dimanche. Je ne pense pas que ce soit un jour comme un autre. C'est un jour qui peut avoir un rôle dans la cohésion sociale et familiale. Un jour de repos commun peut te permettre d'être avec ta famille, tes amis, pour discuter, manger se balader. Vivre ensemble. Mine de rien, faire une croix généralisée sur le repos dominical, ce "jour comme un autre", serait une véritale régression sociale à mon sens. Par contre sur la base du volontariat, avec des contrôles renforcés et avantages (salaire plus élevé ou plus de jours de repos/congés) pourquoi pas. Mais il ne faut pas que ça devienne une règle. Plutôt une exception.

Arthur Hache a dit…

Une bonne démonstration de mentalité d'Etat policier. Faut pas oublier qu'un Etat socialiste est d'abord un État policier.

Mais pourquoi ne pas demander en plus que les clients soient punis quand ils vont faire leurs courses le dimanche?

Ca manque un peu dans ces démonstrations de discours totalitaires.

dalipas a dit…

Je suis entièrement d'accord à propos du jour "en commun" qu'il soit dimanche ou un autre.

D'ailleurs le samedi soir est devenu tout aussi sacré que le dimanche. Pourquoi ? Parce que c'est le seul soir où on a toutes les chances de pouvoir organiser un repas, une sortie, une soirée entre amis en famille avec un maximum de participants.

Cela s'appelle la cohésion sociale et je pense que c'est important de garder ce jour en commun.

Tout n'est pas une question de FRIC ! Il y a l"humain aussi qui compte, non ?

Mais cela n'enlève en rien l'impérieuse nécessité de multiplier par 10 au moins le nombre d'inspecteurs du travail et de contrôleurs des impôts et des comptes sociaux des entreprises !! En voilà une grosse rentrée d'argent possible !! Il n'y a qu'à se baisser en plus... Encore faut-il le vouloir...

Anonyme a dit…

L'État policier !.... Ils me font rire ces crétins de libéraux qui n'aiment la police que quand elle les protège des petits voyous dans leurs beaux quartiers bourgeois mais n'en veut plus dès qu'il s'agit de faire AUSSI respecter les lois sur les impôts, le droit du travail, les finances, etc.

des pas perdus a dit…

Au-delà de Bricorama qui tente de forcer la main au législateur (cf le précédent de la loi Maillié avec Plan campagne), de l'exploitation sociale dans un contexte de précarisation de masse et d'une législation incohérence, le travail dominical est un choix de société. Une étude du ministère du travail révèle que 63 % des salariés ont des horaires atypiques (nuit, week-end, jours fériés).

C'est aussi un choix politique. Je rappelle que l'assemblée nationale pourrait voter la proposition de loi du front de gauche comme l'a déjà fait le Sénat...

@politeeks : dans un certains corps de métiers (restauration, coiffure et d'autres que je n'ai plus en tête) il faut faire le distingo entre la durée de travail et la présence au travail, en raison officiellement du caractère intermittent dudit travail.

vincent a dit…

Bricorama est une entreprise nationale dont 31 magasins qui sont ouverts en région parisienne et 3 dans le nord de la France ouvrent le dimanche.
Les autres, environ une centaine, n'ouvrent pas le dimanche. Les salaires sont les mêmes partout dans l'enseigne avec une même grille salariale.

Un employé au smic touche un salaire de 1425,67 € bruts pour 151,67 €, soit un salaire horaire de 9,40 €. Avec les majorations et le doublement du SMIC, en partant du principe qu'il travaille 2 dimanches à 7 h, soit 14 heures dans le mois, il perçoit 131,60 € de majorations supplémentaires, pour un total de 1.557,27 €.

Etes vous maintenant étonnés si je vous dit que dans la Convention collective nationale du bricolage, les trois premiers niveaux de salaire conventionnels sont en dessous du SMIC, alors qu'ils sont issus d'un avenant signé pourtant le 1er décembre 2011 ?

Est-ce que vous comprenez pourquoi, pour ne pas avoir à payer de trop "généreuses" majorations aux salariés de la région parisienne, les enseignes préfèrent maintenir des salaires aussi bas ?

Résultat, ce sont les salariés de province qui en font les frais.

"Je voudrais proposer une autre révolution dans la gouvernance mondiale pour que les normes qui sont inscrites dans les accords internationaux soient effectivement appliquées. A quoi servirait pour l’OIT de continuer à adopter des normes si celles-ci n’ont aucun caractère obligatoire? Une norme qui n’est pas obligatoire n’est pas une norme, c’est une recommandation, c’est un conseil, c’est un avis, c’est une feuille qui s’en va dans le vent. Cela ne compte pas, cela ne sert pas." OIT = Organisation Internationale du Travail : la Convention 106 de l'OIT qui garantit le repos hebdomadaire a été ratifiée par la France en 1971. Devinez qui et quand a été tenu ce discours ?

Politeeks a dit…

DesPasPerdus : de quelle loi "FDG" votée par la Sénat , (votée veut dire approuvée) parles tu ?

dalipas a dit…

Le plus insupportable dans ce débat ce sont les mensonges éhonté et les prétextes totalement fallacieux des défenseur du travail le dimanche :

- Mieux servir le client. Le client il s'est toujours démerdé depuis des lustres, il peut continuer. Pourquoi pas ouvrir 24/24 aussi tant qu'on y est pour "mieux le servir" ?

- La satisfaction des employés ! S'ils étaient mieux payés les employés ils n'auraient pas besoin d'aller bosser le dimanche et pourraient le passer tranquillement ensemble en famille.

A l'heure où tous parlent hypocritement du bien-être des enfants à propos du mariage pour tous, on se fiche que ces mêmes enfants n'aient plus droit à une journée à passer ensemble avec les parents ?

Tout le monde sait que le seul et unique but de ce travail du dimanche est d'augmenter les profits encore et toujours ! Absolument rien d'autre ! Tout le reste n'est que foutaise et mensonges !

Anonyme a dit…

La scission anthropologique entre les esclaves abrutis et les insoumis (rares, trop rares...) est entamée... qu'ils aillent au diable, les imbéciles! syndrome de Stockholm aidant; les autres, coûte que coûte doivent se tenir en-dehors de ce cercle vicieux!

La vile populace n'a finalement que ce qu'elle mérite!

Un déclassé de bonne famille, confronté plus qu'à son tour aux abrutis, qu'ils soient administratifs ou autres (non, tous les fonctionnaires ne sont pas des imbéciles... mais les critères de sélection de plus en plus d'organismes territoriaux ou étatiques tendent à prouver le contraire, malheureusement). Cependant que tout se tient, embaucher des abrutis dociles pour exercer des fonctions de plus en plus stupides, quoi de plus normal... pour finalement justifier l'inefficacité qui, de La Poste, qui de la SNCF, pour ensuite, vanter a contrario les mérites ô combien fabuleux de nos fervents entrepreneurs, nos "preneurs de risque"... etc etc

La boucle est bouclée... les imbéciles parlent aux imbéciles...

pauvre monde, je ne m'y accoutumerai jamais, tant je n'ai été confronté à ce constat accablant que bien tardivemetn...

Politeeks a dit…

merci a Vincent de rappeler ce truc : convention collectives avec salaires sous SMIC , alors que certains vendeurs font du conseil aux clients , en principe smic est un niveau de salaire excusez le coté cru pour des postes de type exécutant "bête et discipliné".

Voilà encore une aberration , qu'on trouve ailleurs dans d'autres conventions collectives. Il serait utile de voir l'échelle des salaires dans ces entreprises et le destin des bénéfices.

Et je signale à FO, que Castorama est ouvert le dimanche, ainsi que des Leroy Merlin. Logique selon moi vu leur secteur d'activité. Donc logiquement FO devrait demander illico presto le shutdown de Leroy Merlin et Castorama.
Il devra aussi demander le shudown des serveurs de vente par correspondance sur internet, vu que la logistique fonctionne et que des gens s'occupent des serveurs en question.

SEB : ouvrir les petits commerces ? bah oui ça se fait : boulangeries etc.. mais pour du bricolage j'ai un gros doute, ça n'existe plus vu le nombre des produit vendus dans ce domaine.

Je précise que vu mes métiers passés, j'ai du travailler le samedi, le dimanche, parfois en horaire décalé ( 14- 22H) et que cela ne m'a pas empêché d'avoir une vie sociale , de voir parents et amis. Les parents étant à la retraite : vus en semaine etc..

La cohésion sociale ce n'est pas que projeter "son" modèle de parent avec enfants en bas âge et amis du même à tout le monde. Ne reprochez pas au retraités de voir le monde a leur image et faire leur courses au moment ou ça vous fait chier : cohésion sociale :p

Et est on obligé d'avoir un jour en commun avec un tas de cons ? Excusez la encore du coté cru : mais j'appréciais mes horaires décalés ou du dimanche : pas de têtes de cons dans le métro le matin, par exemple, jour de repos en semaine, donc faire ses courses un autre jour que le samedi avec les hordes de consommateurs hystériques avec gamins qui hurlent.

Je note que tout le monde le comprend : si on embauchait 1000 inspecteurs du travail ça irait déjà mieux, mais faudra aussi 1000 inspecteurs de impôts de plus, des greffiers en plus dans les tribunaux, des magistrats en plus, des flics en plus..

Je voit mal la gauche molle prendre cette décision. Tiens et si les blogueurs politiques faisaient une pétition simple avec des demandes de ce genre là et un message clair hein ? Seb t'en pense quoi ? Je prend le pari : les blogs gauche molle ne suivront pas

estelle92 a dit…

Pour l'augmentation du nombre d'inspecteurs du travail et de contrôleurs des impôts je signe tout de suite !

Anonyme a dit…

L’embauche d'inspecteur du travail et d'inspecteurs des impôts serait une dépense très très vite amortie et même rapportant pas mal à l'état !!

En banalisant le travail du dimanche, c'en sera très vite fini du "pas de têtes de cons dans le métro le matin". Les jours seront tous semblables les uns aux autres sans plus aucun rythme.

Eh oui, on est obligés d'avoir un jour de congé en commun avec un "tas de cons" car qu'il soit le dimanche, le jeudi ou le mardi, il y aura toujours "un tas de cons" en congés le même jour !

Les célibataires n'ont pas davantage à "imposer" leur modèle que quiconque. Il ne s'agit pas d'imposer un modèle. Il s'agit d'être logique. Dans la grande majorité des cas, le fait d'avoir un jour de congé fixe pour la très grande majorité des gens, fait que le père et la mère, les deux conjoints, les parents non retraités et leurs enfants, les amis, se retrouvent de repos ensemble le même jour ce qui facilite grandement les activités en commun. Ça me parait quand même pas trop difficile à comprendre. Et ce n'est pas la fin du monde non plus de faire ses courses n'importe quel autre jour de la semaine, les commerces fermant toujours bien plus tard que les salariés ne terminent généralement leur journée.

Alors il y en a qui s'en tapent, tant mieux, mais bon si une majorité de gens apprécient que le dimanche soit "le" jour de repos hebdomadaire du plus grand nombre, pourquoi ne pas respecter ce choix majoritaire ?

dalipas a dit…

Moi je préconise : mieux vaut bosser 30 heures par semaine (6h x 5j, payées 35 évidement, ce qui en + génèrera des embauches. L'argent ? Il y en a plein les banques, les bourses, les portefeuilles d'actionnaires, les paradis fiscaux, etc.) avec un jour fixe (dimanche par ex) et un jour flottant. Ainsi tout le monde est content, on a largement le temps d'acheter ses vis et ses clés de douze et on peut compter sur un jour où ceux que le souhaitent pourront réunir facilement le plus de monde possible (amis, famille, etc.) pour célébrer un évènement ou juste être ensemble.

factsory a dit…

Concernant la blague des 20 milliards pour la « compétitivité ». J'ai montré en quoi ça consiste (au mieux) en une baisse des coûts de 0,7% pour les entreprises… http://www.factsory.fr/2012/cout-salarial-competitivite/

Politeeks a dit…

coucou anonyme : je n'ai pas dit que je voulais banaliser le travail du dimanche. Il n'est déjà pour une partie des travailleurs

Sur ce sujet le 63% de despasperdu = INTOX, c'est en fait 12% de gens qui travaillent habituellement le dimanche.

cf mon blog.

fredo a dit…

Excellente analyse, et joli style !
Bravo pour cet article clair !

Anonyme a dit…

Sans compter que, quand le travail dominical sera devenu "un jour comme les autres", les négriers modernes pourront cesser de payer ce jour travaillé comme majoré et enlèveront les maigres avantages consentis... au nom de la sacro-sainte "compétitivité", bien sûr !

Alors on nous expliquera combien ce serait "cool" si on pouvait faire ses courses 24H/24 (comme aux "States")... et puis sans compter que les salariés seraient gagnants... plus besoin de rentrer chez eux, juste besoin de pioncer dans un coin de la réserve pour reprendre son service après deux/trois heures de repos grassement consenties par le boss...

Et les enfants dans tout ça ? Pas grave, ils s’élèveront seuls ; au pire, on ouvrira les écoles le dimanche (et la nuit aussi ?) et les profs feront l'éducation des enfants à la place de leurs parents réduits à cette forme d'esclavage moderne.

Ouah... quel progrès !!!!

Anonyme a dit…

ayant travaillé dans cette entreprise, je suis scandalisé par la manière qu'ont les médias de traiter l'info.
rien n'est expliqué, et surtout rien vérifié.
ça fait de longues années que la direction de Bricorama sait que c'est hors la loi d'ouvrir le dimanche, les syndicats ont souvent été explicite à ce sujet.

malheureusement les employées se sont habituées à faire leurs compléments de salaire dominicale en se disant que vue les grilles salariale, ben c'est mieux que rien.
pour infos:
d'abord ils sont payées DOUBLE et pas TRIPLE comme certains médias l'affirment.
ensuite il est impossible de perdre 7000€ sur une année comme il est dit de la bouche d'un salarié. en effet, pour un vendeur ayant taux horaire de 10€ et 2 dimanches par mois de 8hrs travaillées sur 11 mois de travail, c'est plutôt 2500€.
200€ de moins sur son salaire c'est énorme, alors les employés sont contraint de revendiquer l'ouverture du Dimanche. mais se rendent t'ils compte qu'il sont les otages de leur employeur. Corvéable à merci comme on dit.
il faut savoir aussi bien que volontaire, les employés n'ont aucun droit vis à vis de leur direction pour travailler le Dimanche. certains n'y ont pas droit, d'autres en font 3 voir 4. c'est toujours soumis à la bonne volonté d'équité du directeur, et surtout au sacro-saint Chiffre d'Affaire à réaliser, qui détermine le nombre de personnels du jour.
quand on vous demande de ne pas venir tel ou tel dimanche pour des raisons d'effectifs, on ferme sa gu**le, de peur de ne plus y avoir droit.
(à coté de cela, les clients rouspètent parce qu'il n'y à pas assez de conseiller ou de caissières)
quand aux contrats étudiant du samedi & dimanche , certains se sont déjà vu signer un contrat de travail ou le Dimanche est omis du planning.
pour l'instant Bourrelier campe sur ces positions et menace de fermer des magasins:
on comprends pourquoi, c'est surtout qu'il n'ont jamais été rentable, voir même déficitaire.
je suis très triste pour les employés de cette entreprise, je comprends leur détresse, si seulement leur PDG n'était pas aussi pingre....

Anonyme a dit…

Dur pour le salarié célibataire avec enfant(s) vu le prix des solutions de garde le dimanche...à faire passer au titre des frais professionnels?

Personnellement je ne fais aucune course le dimanche (ça m’embêterait de devoir travailler pour satisfaire le besoin de consommer d'autrui alors j'évite de donner du travail le même jour à autrui).
Si ce comportement se généraliserait, le problème se solutionnerait de lui même

vincent a dit…

L'illustration du sujet est excellente !

J'avais oublié de le signaler dans mon précédent post...

Anonyme a dit…

Comme toujours, quand on est pas d'accord avec les négriers et leurs collaborateurs libertarés, on est un ennemi de la liberté ! Laissez nous vendre nos gosses comme on vends nos putes et laissez ceux qui veulent, vendre leurs organes les socialos, c'est NOTRE liberté de libertarien que d'exploiter les personnes parfaitement consentantes et parfaitement libre de leur choix sans pressions aucune !

Anonyme a dit…

La priorité doit être la fermeture de tous les commerces des deux côtés de l'avenue "la plus belle du monde", l'avenue des Champs-Elysées.

Il faut absolument que le gouvernement socialiste montre au monde que le Grand Capital n'est plus chez lui en France.

Transformons l'avenue des Champs-Elysées en avenue la plus Socialiste du monde!

Anonyme a dit…

un exemple hollandais de la suite que tu décris :
http://www.dutchnews.nl/news/archives/2012/11/supermarket_association_wants.php

"Supermarket association wants to scrap Sunday pay rates

Friday 09 November 2012

The extra pay for supermarket staff who work on Sundays should be scrapped, supermarket owners' association Vakcentrum Detailhandel said on Friday.

'We live in a 24-hour economy. Sunday is no longer an exception... so it is only reasonable that workers no longer get extra pay,' a spokeswoman told BNR radio.

Extra pay for Sunday working is not guaranteed in law but is enshrined in retail sector pay and conditions agreements.

Parliament has agreed that local councils can decide whether or not shops should be able to open on Sundays, clearing the way for an increase in Sunday shopping in rural areas.


"

Damoiseau L'Xé a dit…

Excellent billet.

Sinon, je ne sais si cela a été déjà signalé, concernant la forme, je pense qu'il est écrit "réédition" en lieu et place de "reddition", dans le premier paragraphe.

romain blachier a dit…

J'avais pas lu mais chouette le billet.Cela fait du bien parfois.Le salarié qu'on virera parce qu'il vient pas bosser sera stigmatisé mais le patron qui lui trichera avec les horaires est un héros...va comprendre

Anonyme a dit…

"si on pouvait faire ses courses 24H/24 (comme aux "States")... et puis sans compter que les salariés seraient gagnants... plus besoin de rentrer chez eux, juste besoin de pioncer dans un coin de la réserve pour reprendre son service après deux/trois heures de repos grassement consenties par le boss..."

@ anonyme 11 novembre 2012 20:28:00

Vous avez mal lu l'article dans l'Encyclopédie de l'anti-américanisme pavlovien.

En effet, le salarié n'a pas droit à deux/trois heures de repos. Il doit travailler vingt-quatre heures sur vingt-quatre jusqu'à ce qu'il meure.

Ensuite son cadavre est transformé en barres énergétiques appelées "Soleil Vert" (Soylent Green) qui sont d'ailleurs immédiatement vendues dans la magasin où travaillait le salarié.

C'est étonnant que vous ne soyez pas au courant...

M'est avis qu'un petit séjour dans un camp de rééducation socialiste ne vous ferait pas de mal...

Anonyme a dit…

Bouhouhouhou le méchant vilain socialisme anti-américain primaire qui dirige le monde, pauvres libertarés, trop dur de vivre sur une planète goulag. Vivement qu'un investisseur découvre la planète liberchtarbé, qu'on puisse exploiter les plus faibles en toute tranquillité(on est plus à ca près).

Anonyme a dit…

Tes feintes avec le jeu de mot "libertare" commencent sérieusement a te discréditer mon camarade.
Aurais tu abuse des greves de la faim pour avoir un peu d'argent gratuit ?

Anonyme a dit…

Bouhouhou le pauvre libertaré se sent visé dans son petit coeur tout plein de rage, ses grèves répétées quand il s'agit d'affronter la réalité semble l'abonner aux couches anti-fuite, courage ma grande, un jour tu seras un homme. ^^

Anonyme a dit…

Cela ne veut rien dire mon pauvre ami, des libéraux qui font greves pour ne pas affronter la réalité ? tu vis sur une autre planète ? tu melanges tout et au dela...

De plus les "bouhouhou" a repetition nous donnent vraiment l'impression que toi, a l'inverse tu es un bonhomme!

Bonne journée a toi.

PS : n 'attends pas de moi une autre réponse aujourd'hui, tu es un troll dur a consommer avec moderations

Anonyme a dit…

Pauvres libertarés qui n'ont que ca a foutre de glander sur un blog socialiste toute la journée. Ca sent le cas-soce à plein nez.