Apocalypsimmo 3: Quand le logement craque en silence

Je sais que je devrais aborder ces sujets cruciaux en période électorale tels la cuisson de la viande, la vie monacale de Carla-Cosette Bruni-SarkoCaSuffit ou les risques de ghettoïsation en chalet helvétique des gardiens de but. 

Mais non. N'écoutant que mon courage, j'ai décidé de m'aventurer hors des sentiers battus d'une campagne présidentielle télévisée au-delà du médiocre où un journaliste du service public au JT  trouve prioritaire de demander 4X de suite au candidat socialiste lors s'il y'a trop d'étrangers en France.

Je me coltine donc ces sujets mesquins, ces thématiques ingrates pour nos éditocrates de palais, pourtant classées parmi dans les premières préoccupation des Français:

Ta-daa... Le logement !

Règne comme un affolement depuis janvier dans les médias au sujet de la baisse des prix constatée un peu partout sur le territoire. Une baisse à l'achat toute relative après une hausse de 135% en 10 ans. Quant aux loyers, après une poussée de 30% sur la dernière décennie, la moyenne nationale recule ce mois-ci de.... 0,1 %. Houla, grosse claque pour les bailleurs!

Le Nouvel obs, emporté sa légendaire passion pour les problématiques quotidiennes du prolétaire, sort ce mois-ci un dossier "Immobilier en France: comment profiter de la baisse?"  Pour l'occasion, son partenaire, Europe 1 aka Radio proprio, s'est fendue d'un bon sujet d'autopromo en tête de flash à 7h30 jeudi matin. Il en ressort, avec force témoignages que, bon, les pauvres ils ne font rien qu’embêter les riches leur empêchant d'empocher d'aussi belles plus-values qu'avant. Et les locataires, ces derniers des derniers, osent maintenant discuter les prix auprés du bailleur et critiquer l'état de ces travaux. Bah quoi, il est pas bien mon sanibroyeur à manivelle ? Non mais où va-t-on ? Bientôt, pour 700 euros par mois, ils vont exiger un isolement phonique et même des fenêtres !


Depuis des années ce blog combat la ligne du "tous propriétaires" (idéologiquement contestable mais surtout intenable dans un climat continu de dégradation de l'emploi et des revenus) pour privilégier celle du "tous bien logés". Il y a encore quatre ans, proclamer qu'acheter sans pognon était "une connerie", vous vouait illico à l'excommunication de l'apéro par vos jeunes amis primo-accédants (endettés graves, ndlr). En mars 2012, si j'en crois le dernier rapport du CREDOC, Propriétaires, locataires : une nouvelle ligne de fracture sociale, c'est devenu une conviction partagée chez mes compatriotes.

Publiée au début du mois, l'étude révèle que 8 Français sur 10 préfèrent que "tout le monde puisse disposer d’un logement confortable pour un coût raisonnable" plutôt que "tout le monde puisse devenir propriétaire de son logement".  La France aurait donc fait un sacré chemin depuis son sacre de l'individualisme roi et de l'enrichissement par la maison en 2007! Plus marquant, le graphique ci-dessous indique que c'est la catégortie des heureux endettés de l'apéro de 2007 qui affiche aujourd'hui la plus grande réticence quant au concept de "France des Propriétaires". Le vernis craque: l'accession à la propriété à crédit, survendue par les médias et Nicolas Sarkozy comme un mode imparable d'enrichissement, s'avère contraindre au quotidien les accédants endettés les plus modestes, avec la perspective de les "appauvrir" virtuellement en cas de probable (et parfois déjà effectif) de retournement des prix.

(cliquez pour agrandir.)

Le rapport du CREDOC se concentre sur le décrochage entre locataires et propriétaires, fossé qui n'a cessé de se creuser en 20 ans et arrive à ses limites comptables. Si la proportion de hauts revenus devenant propriétaires n'a cessé d'augmenter, à l'inverse, l'acquisition à la propriété par les bas revenus est en chute libre (de 50% en 1990 à 31% en 2011). De plus, on ne peut plus acheter sur la base d'un seul salaire, or les parcours familiaux sont presque aussi accidentés que les parcours professionnels.

"...le parc locatif est devenu, progressivement, de plus en plus marqué sociologiquement en accueillant toujours plus de ménages jeunes, célibataires et aux revenus modestes. Si bien que la hausse des loyers, pourtant moins spectaculaire [30% en 10 ans, 47% dans le privé alors que l'inflation a été de 19% sur la même période] que celle des prix à l’achat [107% dans l'ancien], pèse de plus en plus lourd sur le budget des locataires".

Conséquence: les locataires grignotent sur leur consommation. "44% des foyers ayant de lourdes charges de logement déclarent devoir se restreindre en matière d’alimentation" [...] "De même, 17 % des ménages avec d’importantes charges de logement sont en situation de précarité énergétique, contre 7 % lorsque les sommes consacrées à se loger sont raisonnables". Forte est la probabilité de retrouver des ménages à fortes dépenses de logement dans les 29% des français qui ont renoncé à se soigner en 2010

Double impact pour le locataires à faibles ou moyens revenus: Dégagés de l'accession à la propriété parce pas assez solvables et / ou célibataires, ils se retrouvent étranglés à la location.

Je serais plus nuancé que le rapport dans son opposition locataire / propriétaire: l'acquisition à la propriété assortie d'un endettement massif, et donc étalé dans le temps, couplé à la hausse des charges et des prix de l'énergie, pousse les ménages moyens de jeunes propriétaires exactement dans la même situation (voire pire) que les locataires à revenus équivalents. 
(Nostalgie des années 2000 quand tu nous tiens)

Là-dessus, l'héritage renforce les inégalités. Les revenus petits ou moyens qui jusqu’à présent "primo-accédaient" à la propriété le pouvaient la plupart du temps en partie grâce à quelques aides familiales ou transmission partielle d'héritage avancé (Je ne connais aucun trentenaire, et notamment de l'apéro susmentionné, ayant accédé à la propriété sans, à un moment ou à un autre, bénéficier d'une aide familiale). Non seulement, des centaines de milliards sont déjà immobilisés dans l'immobilier alors qu'ils pourraient être injectés ailleurs, mais une bonne partie du pognon va, vient et fructifie en cercle fermé.

D'un côté, depuis 15 ans, les propriétés s'accumulent ou s’agrandissent pour les uns. De l'autre, ceux qui ne sont pas rentrés dans le cycle de la propriété via l'endettement bon marché et / ou n'ont pas eu d'aide familiale, sont condamnés à s'entasser dans des surfaces de plus en plus petites, même s'ils sont salariés[1].

Résumons les épisodes passés: Les taux baissent, les prix montent. Ceux qui ont déjà le pognon, et n'ont pas besoin de s'endetter lourdement en profitent (pour reprendre le terme du nouvel obs). Du coup, les prix montent encore plus (pour tous) et les transactions s'accélèrent entre riches[2], les intermédiaires se gavent. Les revenus plus faibles sont poussés durant 10 ans vers l'endettement (souvent au prix d'un exil des villes et centres d'activité OPAisés par les riches), les autres sont repoussés vers la location (entre temps devenu un large secteur de spéculation et d'abus). La droite accélère le mouvement en allégeant l’impôt sur les successions et en subventionnant massivement de fumeux placements immobiliers défiscalisés (les deux bénéficiant en priorité - comme l'exploitation locative - à ceux qui ont déjà de l'argent). Peu à peu, ceux qui ont le pognon s’accaparent tous les biens (pour spéculer ou non), se les rachètent entre eux pendant un temps. En bout de course, la demande se contracte 1 / par manque de nouveaux arrivants 2 / par manque de solvabilité des locataires 3 / Parce que ceux-là sont résignés: ils ne seront jamais propriétaires. Les propriétaires paniquent, ils ne "s'enrichissent plus comme avant": la presse s'inquiète et sort un numéro spécial (mais ne l'inclue pas dans une perspective présidentielle[3]).

(Dans la foulée du Nouvel obs, la même semaine, L'Express ose l'alternative)

Les pauvres, eux, ont baissé leur consommation, leur frais de santé et s'entassent les uns sur les autres depuis des années (dépensant pour certains 700 euros pour un taudis alors qu'ils en gagnent 900, ou se faisant tabasser par un proprio un peu pressé de renégocier les tarifs: deux exemples vus ce mois-ci à Paris) dans l'indifférence des éditoralistes.

Nous en sommes là. A 3 jours de la reprise des expulsions locatives concernant 100.000 personnes. 100.000 SDF potentiels de plus (à carte d'identité française, si ça peut faire avancer le débat).

Peur des hauts revenus à l'idée de l'arrivée de la gauche au pouvoir, finances au taquet d'une large partie de la population et attentisme des CSP+ quant à la suite des évènements fiscaux post-6mai, le marché immobilier est aujourd'hui figé. Le marché du logement, lui, n'a pas changé. Quasi absent du débat politique dans les médias alors qu'il est le signe le plus flagrant, avec la précarisation du travail, du décrochage social de tout un pan de la société. Rarement depuis 60 ans, il y aura eu une telle urgence à redéfinir notre paradigme immobilier, et enfin bâtir une société du logement pour tous.   Rarement, on en aura aussi peu parlé dans une campagne présidentielle[4]. Le logement pour tous est plus qu'une finalité, c'est la condition minimale pour parler avec un peu de sérieux, et d'optimisme, de tous les autres problèmes de notre pays.

* * *

[1] Si l'un de vous peut me retrouver le chiffre de la répartition du foncier français selon les revenus, il en sera grandement remercié.

[2] Et le Crédoc de noter "Tout le monde n’est pas perdant dans cette hausse des prix des logements. Le patrimoine des propriétaires a en effet considérablement augmenté. Un ménage qui a acheté un appartement ou une maison il y a 15 ans au prix de 200 000 euros dispose aujourd’hui d’un patrimoine de 500 000 euros. La valeur de ce patrimoine s’est accrue de 1 670 euros par mois."

[3] Facette du "modèle allemand" bizarrement sous évoquée ici. Avec un contrôle de l'immobilier et des loyers, l’Allemagne a connu une hausse "seulement" de 20% des prix dans l'ancien en 10 ans, contre 135% ici dans la même période.

[4] Le Front de Gauche, Le NPA, Europe Ecologie et le PS font, chacun à leur manière, une grande place à cette thématique dans leur programme, mais sont peu questionnés sur le sujet à la télé ou à la radio.

Illus : Rocknrolla G.Ritchie (2008)

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17 commentaires:

sivergues a dit…

On en parle depuis si longtemps et je ne vais pas égrener ici la liste des ministres PS du logement. Qui mettra fin à la dictature infecte des financiers sûrement pas F Hollande depuis Turgot et Neker ils font la Loi, ces dictatures sont abjectes non parce qu'elles martyrisent les petites gens mais parce qu'elles s'assemblent dans certains lieux prisés pour mondialiser leur prochain tour de vis. Si vous croisez le Secrétaire général de l'Elysée -PEU DE CHANCE POUR MOI- Monsieur MUSCA(t) parlez lui loyerSSSS il vous racontera les appartements de fonctions, le quai BRANLY e tutti quanti.Mais prenez un traducteur CORSE ça ira mieux ils sont tous pareillement vêtus et portent des enflures inattendues au thorax ou aux hanches.Sentiments dévoués pour les autres c'est le code (Pax e Salute)

Thaliane a dit…

Ne pas hésiter à marteler que la situation s'est épouvantablement dégradée pour les ménages à revenus modestes : en 1985, le poids du coût du logement dans les revenus des ménages était quasiment le même pour les ménages modestes et pour les ménages aisés (12% pour le 1er décile, 13% pour le dernier décile). En 2005 (et, en fait, à partir de 1995), la situation était bouleversée : les pauvres (1er décile) consacraient 23% de leurs revenus à se loger quand les riches (dernier décile) y consacraient 13%.
Or ce n'est pas une évolution inéluctable de nos sociétés occidentales : en 2005, au UK (pourtant pas un pays extrêmement socialiste), le dernier décile consacrait 23% de leurs revenus à se loger et le premier décile "seulement" 17%. Situation donc inversée par rapport à la France. Grace à un gros parc social et à un système d'aides beaucoup plus ciblées (et contrôlant les loyers des populations aidées).


source : Thèse "contrainte budgétaire du logement, stratification sociale et mode de consommation" Bugeja - 2010

Anonyme a dit…

Seb je pense que tu fais une erreur sur un point: l enrichissement du a la hausse de l immobilier est completement virtuel. Autrement dit, j ai une maison a 200 000 qui vaut maintenant 500 000 (ton ex). J ai en fait rien gagne si je ne l ai pas vendue (ou si j ai reinvesti l argent de la vente dans de l immobilier). En effet supposons que la bulle creve comme aux USA et ont fait -50 % (miami par exemple fait beaucoup plus, il est possible qu on fasse moins en france mais ca fait un calcul simple).
Les 500 000 se transforment en 250 000. Autrement dit ont a un gain de 50 000 €. Si tu deduit l inflation, il n y a plus rien et tu es en perte si tu comptes les taxes foncieres et les interets d emprunts (qu aucun proprietraire ne deduit quand il parle de sa plue value...). Est ce que l economie de loyer compensera la moins value, rien n est moins sur

C est a mon avis pourquoi les "investisseurs" en Scellier et autre vont boire le bouillon. Ils ont achete tres cher et vont revendre a bas prix quand ils pourront (je crois qu ils doivent louer 10 ans)


Sinon la raison pour laquelle la thematique du logement n ets pas present dans la campagne est assez simple:
1) aucun candidat est assez fou pour faire une promesse qui se retournera contre lui dans 5 ans
2)l age moyen de l electeur est superieur a 50 ans -> parler de baisse de l immobilier c est pour la plupart de gens de cet age une mauvaise nouvelle.

pupuce a dit…

bonjour, je suis une pauvre.
laule
j'ai beaucoup de chance, néanmoins.
suite à une séparation houleuse, et grâce à la présence de jeunes enfants rendant mon expulsion quelque peu difficile pour mon ex con-joint (je tiens particulièrement à ce tiret, sisi), j'ai obtenu le droit de squatter indûment feu le logement familial à moindre coût.
Une de mes amies, subissant un divorce elle aussi mais n'ayant que de trop grands enfants pour lesquels la commisération ordinaire se manifeste très peu (allons allons ils sont majeurs, bordel, ils n'ont qu'à se démerder), se retrouve, elle, condamnée à l'errance.
Pour le moment, au milieu des salopards indignes qui l'insultent (bin oui attends on va pas la plaindre merde alors), il y a une bonne âme qui a consenti à lui prêter une caravane pour qu'elle puisse vivre sur les lieux de ce qui sera son prochain cdd.
Monsieur est trop bon.
Quant à moi, je récupère les enfants étudiants trop âgés pour être pris en compte et à qui même leur mère, coincée dans son désarroi et l'abandon de la patrie, ordonne de se débrouiller (mais comment? sans caution parentale, sans argent, comment?).
On va se serrer. Dans les murs et la ceinture.
Encore un peu plus.
je n'aurai aucune aide, bien entendu, puisque je cite "ce n'est pas à l'Etat d'assumer les engagements que vous prenez de votre plein gré pour des étrangers à votre famille, madame".
Surtout qu'on ne change rien.
Mes voisins les bisounours qui vivent au pays des poneys sont les premiers à le dire, tout va très bien dans ce pays.
"ça va très bien et si vous trouvez que ça ne va pas posez vous des questions parce que fallait pas divorcer, aussi, hein!"
voilà voilà.
mesdames, ne divorcez pas.
non non.
tututut.
on s'en fout, que votre mari soit alcoolo violent ou simplement barré, ne divorcez pas on vous dit.
c'est pourtant simple, ispèce de connasses!
j'espère que la situation est bien claire pour tout le monde et que tout continue d'aller bien dans ce pays parce que personnellement je me retrouve seule avec mille euros pour vivre et 4 enfants à faire bouffer dont deux qui sont même pas à moi et tout ça parce qu'une femme seule ne peut pas décemment espérer se loger en France, ce beau pays de l'assistanat...
ce serait vraiment exagérer et faire du Zola que de dire que quelque chose ne va pas, hein.

Anonyme a dit…

Les statistiques du ministère du logement sur les prix de l'immobilier (www.cgedd.developpement-durable.gouv.fr) montrent que l'on est au sommet de la vague mais en aucun cas que l'immobilier baisse.

Si les médias parlent d'une supposée baisse, c'est justement pour éviter que le marché ne s'effondre comme il devrait naturellement le faire.

Toutatis a dit…

Ce thème n'intervient pas dans la campagne parce que le sujet scinde tous les partis (enfin, l'UMP pas trop...). On trouve des gens qui pensent que la bulle immobilière c'est très bien, tout ça est très sain, et qui en même temps soutiennent Hollande et sont de farouches ennemis de Sarkozy. Ils ont toutes les apparences de gens de "gauche", avec les mêmes réflexes conditionnés sur d'autres sujets comme l'immigration ou les problèmes "sociétaux". Mais il se trouve qu'à un moment de leur vie, il y a longtemps, ils sont devenus propriétaires et que maintenant leur logement vaut de l'or tant que la fète continue. Alors ils sont prèts éventuellement à payer (un peu) pour soulager les mal logés dans le besoin (ils sont de gauche après tout) mais ne veulent surtout pas que leur trésor perde de la valeur.
En fait le bobo moyen arrive toujours à défendre de belles idées généreuses tout en trouvant des justifications à sa situation privilégiée
.

dd a dit…

Ca fait à peu près 5 ans que je dis que ça va baisser. En soirée, tout le monde me regarde avec des gros yeux en me parlant de l'argent que je "passe par les fenêtres" en louant.

Et puis maintenant que les signes semblent être dans mon sens, j'y crois plus... Mon pessimisme me dit que si, ca peut encore augmenter.

BA a dit…

Lundi 12 mars 2012 :

Présidentielle 2007 : Kadhafi aurait financé Sarkozy.


Selon une information se basant sur un document consulté par Mediapart, le marchand d'armes Ziad Takieddine, organisateur en 2005 et 2006 des visites de Nicolas Sarkozy et de ses proches en Libye, aurait mis en place les « modalités de financement » de sa campagne présidentielle de 2007 par le régime de Kadhafi, en lien avec Brice Hortefeux, alors ministre des collectivités locales, et Saïf al-Islam.

Selon Mediapart, un montant de 50 millions d'euros, une banque suisse et un compte à Panama sont évoqués dans ce document.

A noter que lors de la chute du régime Kadhafi, Saïf al-Islam avait déjà fait état de ce financement et l'avait brandi comme menace face à l'intervention française.


http://www.romandie.com/news/n/Prdentielle_2007_Kadhafi_aurait_financarkozy_RP_120320121421-20-143571.asp

seb musset a dit…

N.B : Pas vu l'émission d'hier, mais il parait que François Hollande en a longuement parlé dans "Capital" (article écrit avant la diffusion). De même ce matin Jean-Luc Mélenchon a pu revenir sur le sujet ce matin sur Europe1.

Egalement vu récemment, une très bonne émission sur Public Sénat sur la question.

Mais bon, ça mérite minimum une grosse place dans "Des paroles et des actes" ou "parole de candidat".

Anonyme a dit…

Alors Seb, on a des problème pour se servir de gloglo : "le chiffre de la répartition du foncier français selon les revenus"
http://www.minefi.gouv.fr/notes_bleues/nbb/nbb283/revenus_fonciers.pdf

p3: 5% seulement des contribuables qui disposent d’un revenu inférieur à 10 000 € déclarent des revenus fonciers, ce pourcentage augmente jusqu’à atteindre 61 % pour les contribuables dont le revenu est supérieur à 70 000 € (cf. tableau 3).

Mais franchement, les tunés que j'ai rencontré sont rarement propriétaires fonciers, ils ont des SCI pour payer encore moin d'impots !!!

DrT

Un partageux a dit…

Spécial dédicace pour les ceusses qui ne croient pas que l'immobilier va baisser.

Dans ma campagne natale le marché immobilier est MORT. Beaucoup de vieux, faible activité économique, très peu d'acheteurs pour beaucoup de bens à vendre. L'acheteur donne le prix qu'il veut et trouve toujours un vendeur qui est d'accord de se débarrasser d'une maison qui lui coûte en impôts et entretien. Alors on trouve maintenant plein de ventes pour 5 000 euros. Oui. Cinq mille euros. Je lisais récemment chez le Yéti qu'aux USA on trouve des villes où des logements changent de propriétaire pour 6 000 dollars.

On en est pas encore là dans ma (grande) ville mais il devient courant d'obtenir une remise de 40% sur le prix affiché. Et les pros (notaires et agents immobiliers) disent en aparté qu'il ne se vend rien sans une remise d'au moins 20%. Un pote, salarié d'agence immo dans une grosse commune de la périphérie de mon ville, me dit que les prix ont baissé chez lui de 30% au cours de l'année 2011 et qu'il s'attend à une baisse beaucoup plus forte cette année. Il hésite du reste entre baisse et effondrement : le stock de biens à vendre est monstrueux quand le nombre d'acheteurs ne cesse de diminuer. On ne perd pas 3 500 emplois en un an dans l'agglomération sans que cela n'ait d'incidence...

Toutatis a dit…

A propos de l'immobilier et des élections.

Il parait que Hollande voudrait rétablir le PTZ, et donc les subventions publiques pour soutenir les prix.

Alors, toujours aussi enthousiaste pour Hollande ?

ALX a dit…

@seb

Ton titre à lui seul résume tout "Apocalypsimmo"

Voilà pourquoi les politiques et médias n'aborde pas le sujet. L'immobilier c'est de la dynamite. Les mesures de droite comme de gauche ne suffiront plus !


Je me souviens de ton excellente video sur l'immobilier, elle aurait du être diffusé sur les chaines publiques.

"la bonne affaire c'est à l'achat que tu la fait pas à la revente"

bibi a dit…

@ pupuce

vraiment tes voisins ne sont pas sympas : ils te mentent car le problème n'est pas ton divorce mais c'est de ne pas avoir su choisir ton compagnon...

pilulerouge a dit…

La hausse de l’immobilier est en trompe l’œil, mais elle a des conséquences bien réelles. Si on s’attarde un instant sur le prix de l’immobilier rapporté au revenu des ménages, on peut observer une bulle qui a démarré fin des années 90.(1)
L’explosion du prix, s’expliquant principalement par un accès de plus en plus facile au crédit. Une américanisation de notre modèle en somme. L'immobilier est totalement dépendant de l'état de santé des banques.

Pourquoi fin des années 90 ?

- Tout simplement parce qu’à la fin des années 80, a été voté la fin de la séparation des banques d’investissement et des banques de dépôts (loi bancaire 84-46 du 24 janvier 1984 ). Permettant un mélange des genres, une augmation virtuel de leur fond propre, et par voix de conséquance une libération du crédit.
- Toujours à cette période, la monté exponentiel des produits dérivés (ex : CDS), permettant aux banques d’octoyer des prêts risqués et de revendre le risque d’impayé à des fonds de pension, des entreprises, d’autres banques (2)…
- Des taux banquaires de plus en plus bas (3)
- Augmentation de la spéculation immobilière par les grands groupes
- Des incitations fiscales…


Pourquoi l’immobilier ne s’est pas effondré en 2008 comme au USA, en UK, l’Espagne ?…

- La principale raison, est que l’accès au crédit est reparti, car les banques étaient moins touchées

- La France est en pénurie de logement
- La plupart des crédits immobiliers en France sont à taux fixe, donc plus solide
- Ce qui reste de matelas social à en partie ammortie le choc
Maintenant et demain?
- Les taux sont et vont rester bas > La politique de la Goldman S…, je voulais dire la BCE, est maintenant la même que la FED : taux bas + planche à billet. Le bilan des banques s’aggravent de jour en jour : 1000 milliars d’euro de planches à billet en 1 mois pour les sauver (4)…Chaud devant ! C’est plus que le FED en 2008.
- Du coup comme en 2008, l’accès au crédit se referme de nouveau, mais de manière moins brusque (5) (6). Même les plafonds de retraits liquides aux distributeurs baissent (très mauvais signe)

Conclusion :
La météo de l’économie mondiale me donne des sueurs froides. Globalement aux USA, UK, UE et au japon, on renfloue un véritable trou noir de dettes, de produits toxiques, et des banques à l’agonie, et des indices boursiers avec de la planche à billet, ou en spoliant les pauvres et les classes moyennes. Le château de carte est de plus en plus branlant au fur et à mesure que l’on rajoute des dettes pour payer des dettes. Sans pouvoir developper, je m’attends à une correction sévère sur le prix de l’immobilier d’ici peu. Le pièges du "tous propriétaires" va se refermer brutalement en laissant beaucoup de monde sur le carreau.

(1) http://www.immobilier-danger.com/IMG/friggit-decembre-2011-paris-province.png
(2) http://www.ffsa.fr/webffsa/risques.nsf/b724c3eb326a8defc12572290050915b/72a24b955bf846fbc125748e00478e96/$FILE/Risques_73-74_0015.htm
(3) http://www.cbanque.com/credit/historique-usure.php
(4) http://www.challenges.fr/economie/20120228.CHA3653/quand-la-bce-met-l-europe-et-ses-banques-sous-assistance-respiratoire.html
(5) http://www.partenaire-europeen.fr/Actualites-Conseils/actualite-de-l-immobilier/La-fiscalite-immobiliere/Acces-credit-immobilier-20111215
(6) http://snb-bplc.monsite-orange.fr/comptesrenduscomitedentreprise/index.html

Rafo a dit…

@pilulerouge : vous, vous suivez Jovanovic et Delamarche...
là où d'autres suivent Touati et Minc.
devinette : lesquels ont le plus accès aux oreilles du peuple, et plus particulièrement des (multi-) propriétaires dont il est question ici ?

Bruno Martin a dit…

Billet qui arrive à point. Les points soulevés sont effectivement importants. J'ai remarqué que le contenu est très fluide, ce qui le rend facile à optimiser. Ta technique est très efficace et je l'implémente souvent aussi. Merci beaucoup.

Maison à Montréal