Le top 10 des excuses présidentielles pour minimiser les chiffres du chômage

Les chiffres mensuels du chômage tombent. Pour le mois de novembre, il est au plus haut depuis le siècle dernier à 4 510 500 demandeurs d'emploi (cat. A+B+C, chiffrage complet ici).

En cinq ans, la politique de droite aura provoqué 1 million de chômeurs supplémentaires.

Alors qu'il nous annonce une surprise pour son allocution de fin d'année, nous sommes en mesure de vous révéler les dix pistes envisagées par le président pour séparer la question de sa réélection de celle de sa contreproductivité crasse sur le front de l’emploi:


1. Satanée crise. Tout est bon pour me désigner comme bouc-émissaire à la vindicte populaire alors qu'à l'évidence, je suis la première victime de cette histoire.

2. Il s’agit d’un complot des illuminatis de la terre creuse en conjonction avec la NSA et la section PS du Nord Pas-de-Calais.

3. C'est un coup monté d’une presse aux méthodes fascistes qui cherche à me déstabiliser dans ma séquence sacrificielle. Déjà que je ne pars pas en vacances et que j'ai passé dix minutes aux Restos du coeur à côtoyer les bouffeurs de maquereaux en boîte, flûtalafin!

4. Le chômage progresse? So what? La progression est un mouvement. Le mouvement c’est le progrès. Donc le progrès c'est le progrès. Ce qui laisse peu de place à l’immobilisme et à l'échec n’en déplaise aux pisses-vinaigre.

5. Ailleurs c'est pireEn Espagne, ils sont à 21% de chômage et sur Jupiter le taux d'inactivité grimpe à 100%. Alors, camembert !

6. Tout est de la faute d'Arnaud Dassier. Mais, le félon a été reconduit aux frontières du Loiret.

7. En fait, j'ai pensé à un truc révolutionnaire: le "gagner moins mais travailler".  Ça va s’appeler "les 34 heures"... (avec CDD pendant 30 mois et à rémunération variable).

8. Hein quoi, c'est contradictoire avec la défiscalisation des heures supplémentaires? Hey ho, je n'ai pas été élu pour qu'on m'appelle Pythagore.

9. Je prends acte de la gravité de la situation et mets mes meilleurs éléments sur la question: Nadine Morano, Christian Estrosi et Gérard Depardieu.

10. Malheureusement, leurs livres de coloriage et gommes magiques n’ayant pu être livrés à temps suite au mouvement des syndicats terroristes prenant en otage les aéroports, j'ai été contraint à mon tour de les placer en chômage technique. Satanée crise.

* * *

Nous rappelons à notre aimable clientèle ne l'ayant pas déjà fait, qu'il lui reste trois jours pour se rendre à sa Mairie, avec pièce d'identité et justificatif de domicile, pour s'inscrire gratuitement sur les listes électorales afin de participer aux scrutins de 2012. 

Les blogueurs sont-ils des cons ?

Cher Eric Mettout,

C'est avec grand intérêt que j'ai lu votre billet intitulé "Qu'est-ce que la gauche a à voir avec la rémunération des blogueurs ?" sur le site Observatoire des médias. Je tenais à vous faire part de ma sincère admiration pour votre clairvoyance journalistique et budgétaire. Vous n'êtes pas rédacteur en chef de Lexpress.fr pour rien. Disons-le d'entrée, certes un peu maladroitement avec mon vocabulaire rustre de type sans carte de presse, je suis 100% d'accord avec vous: les blogueurs sont des crétins.

Et il n'y a effectivement aucune raison pour qu'une presse en difficulté, soumise "aux rigueurs de l'hiver budgétaire", se mette à gaspiller les subsides de l'Etat en rémunérant un apport rédactionnel externe (ce que les blogueurs avec l'esprit de caricature qu'on leur connait qualifient un peu vite d'"article"). Comme vous le précisez, vous et vos collègues de la presse êtes indispensables pour embellir, amplifier, et "offrir" au monde ce "regard décalé" (qu'ils appellent un peu abusivement "travail") auquel vous faite l'honneur de pouvoir figurer en bonne place au milieu de réclames pour du crédit, des croisières et des placements défiscalisation dont ils ne toucheront rien parce que... parce que c'est comme ça. Ont-ils seulement conscience les ingrats que sans vous ils n'existeraient pas? Je crains que non. 

Je loue votre souci de "bonne gestion". C'est un point trop souvent ignoré par ces blogueurs qui ont tendance à péter plus haut que leur cul au simple fait qu'ils annoncent parfois les catastrophes économiques avec un ou deux ans d'avance sur les économistes, alors que la plupart d'entre eux n'ont même pas de travail sérieux (les blogueurs pas les économistes). J'ai moi aussi géré du salarié, je sais ce que c'est. Que de contrariétés! Effectivement, on s'économise beaucoup de tension nerveuse en ne payant pas les gens d'entrée. Et je ne parle pas du gain de temps en paperasses diverses, cotisations sociales, assurances et autres retraites ou rétributions de droits d'auteurs. 

Ne pas rémunérer les blogueurs n'est effectivement pas une question politique, mais bien une solution pratique que l'on devrait d'ailleurs généraliser à l'ensemble du monde de l'entreprise. Lisant votre billet, je pense que nous serons d'accord: La France est prise en otage par ces travailleurs habitués par un atavisme séculier, freinant la croissance nationale, à être assisté d'une rémunération en fin de mois pour un labeur que l'entreprise leur fait pourtant l'honneur de pouvoir accomplir en son sein.

Et vous avez mille fois raison lorsque vous affirmez courageusement qu'à L'Express.fr vous ne payez pas les blogueurs pas seulement "par souci de bonne gestion, mais aussi par principe."

Comme vous l'écrivez on ne peut mieux: ne pas payer les blogueurs c'est également leur permettre de garder cette "liberté de ton" qui leur permet d'écrire aux fats, aux sots et autres imbus de leur petit pouvoir "va te faire enculer, hey connard". Les blogueurs sont taquins, certes, c'est pour cela qu'on les tolère. Ils sont le zeste de causticité d'un quotidien trop formaté. Il faut donc les aider à subsister tout en continuant de ne pas les payer, les aider à s'émanciper en les prenant sous sa coupe. Il en va de la liberté d'expression de ceux qui veulent faire l'opinion

C'est pourquoi je m'inquiète comme vous que certaines rédactions (par chance encore rares) payent ou envisagent de payer les blogueurs "parce qu'ils n'ont pas envie de les voir filer à la concurrence". La rigueur d'accord, mais l'éthique avant tout: La presse ne doit pas se laisser dicter ses comportements par de vulgaires contingences économiques. Le blogueur doit rester ce saltimbanque de la prose se chauffant au seul radiateur de ses idées, et non un vil libéral osant monnayer un prétendu talent dont il n'a pas le diplôme. Entre nous, ce ne sont pas des amateurs sans écharpe rouge, planqués derrière leur clavier comme Slovar, Melclalex ou Rimbus qui égaleront la pugnacité d'un Christophe Barbier et ses enquêtes de bureau entre deux brillantes chroniques TV. 

Je ne serais pas non plus de ceux qui vous feront le procès du dumping salarial ainsi exercé sur les salaires des jeunes journalistes. Vous prenez d'ailleurs grand soin dans votre billet de séparer les torchons sales du joli linge journalistique d'entrée de gamme en lui insufflant de votre style racé, digne des meilleurs séminaires de la Cogip, cette fierté corporate indispensable pour que, dans l'adversité salariale, il préfère rallier votre cause que de se tâcher aux côtés des scribes de la plèbe. Vous avez raison: "Un journaliste est un journaliste, un blogueur un blogueur, et le second n'a pas vocation à se substituer au premier, mais à le compléter". Toutefois, dans le souci de la transparence de ce budget auquel vous semblez attaché, nous aimerions connaître le coût unitaire des articles de L'Express. Pourriez-vous indiquer à vos lecteurs en bas de page, le prix de revient d'un billet de Barbier, et celui d'un journaliste pigiste ou stagiaire ? Voila qui, j'en suis sûr, clouerait le bec une fois pour toutes à vos détracteurs.

En conclusion, je partage votre opinion: les récents débats sur la fortune et la notoriété constituées par une entrepreneuse américaine grâce aux contributions non rémunérées de blogueurs n'ont pas lieu d'être. Il en va non seulement de la survie de la presse, mais de son rebond économique. Vos collègues de Rue 89, l'ont bien compris: La gratuité est un business model d'avenir pour ceux qui ont les moyens de se l'offrir.  Si les blogueurs ne le comprennent pas, tant pis pour eux et tant pour mieux pour vous. D'ailleurs, je ne peux que me féliciter de vos positions sur leur manque de maturité. 

Comme vous, je ne suis pas loin de penser que si les blogueurs étaient un peu moins cons, ils vous diraient "merde" et se constitueraient eux-mêmes en Scop, en association, voire en site de presse. Ce qui chamboulerait probablement le PIF (Paysage Internet Français) de l'info en ligne.

Heureusement, Eric Mettout, qu'il reste des rédacteurs de votre trempe pour rappeler à ces prétentieux la hiérarchie de l'écrit, les valeurs et l'ordre des gens.

Ayant bien conscience de la médiocrité du support blog utilisé pour cette missive, je vous propose de continuer d'en parler afin d'enrichir le débat et la régie publicitaire sur un site de presse digne de ce nom.

Bien à vous,

Et joyeux Noel.

Seb Musset - 24 décembre 2011

[video] Un noël avec Larry Graham

Billet hors-série et en musique, car comme disait James Brown: Let's make chistmas mean something this year...

Pièce majeure de Sly and the Family Stone entre 1968 et 1974 avant de devenir dieu du slap bass. Il était sur scène à Woodstock en 69, a sorti une pelletée d'albums depuis 75 avec son Graham Central Station. On y retrouve des standards comme HairThe jam, Release yourself...  Depuis une dizaine d'années, toujours en tournée, il rejoint souvent Prince sur ses concerts et aftershows. On l'entend récemment sur l'album de Raphael Saadiq. Larry Graham est une légende du funk 70's plus survoltée que jamais et, accessoirement, une de mes références musicales depuis un paquet d'années. 

D'où émotion lorsque, pour le site schkopi, j'ai filmé Môssieur Graham avant son concert au Trianon le mois dernier. Voici l'interview extraite de l'édition de noël du Schkopishow. Au programme: la sortie de son prochain album, un retour sur son travail avec Prince (à 13.50), des extraits rares (voire plus) de concert et une petite impro backstage (à 25.00) sur un instrument inhabituel pour lui.
(cliquez sur l'icone CC pour les sous-titres en français)


Dans le 5e Schkopishow (à voir ici), une rencontre avec l'écrivain de crise Philippe Carlen, un live lumineux de Jeanne Added, un débat sur le revival du Minneapolis sound et des artistes associés à Prince.
Pendant que je vous tiens sur le Minnesota. Le 18 janvier 2012  à Paris, je vous encourage à nous rejoindre au Réservoir à 20h[1] pour le concert (organisé par la Schkopiteam) de Fdeluxe. Musiciens signés et produits par Prince dans les années 80 sous le nom de The Family, ils sont les auteurs d'un album mythique jamais réédité pour de sombres histoires de droits dans lequel, entre plusieurs jams funk et jazz, figure la toute première version de Nothing compares 2 U reprise plus tard par Sinead O'Connor
=
[1] Prix: 20euros. Gildan m'a déjà averti qu'il ne pourrait être là pour cause de tournée provinciale. Nous lui récupérerons donc quelques images.

Interview et traduction Fabrice / Alienor
Site : larrygraham.com

Apocalypsimmo

Sens-tu l'odeur du napalm immobilier qui s'abat sur les territoires de France à l'aube de 2012? Non? Pourtant les professionnels de l'immobilier, eux, sont passés en mode tous aux abris. Fin du PTZ+ dans l'ancien, léger retournement conjoncturel et hausse des taux d'intérêt: même le parrain d'un des garçons du président implore le gouvernement pour qu'il vienne en aide au secteur après l'atomisation du Scellier en 2013.

"Compte tenu des besoins en logements, je ne pense pas qu'on [comprendre "je"] puisse se passer des aides publiquesdit le fils Bouygues au gouvernement au moment où ce dernier par la voix de Wauquiez vante les bienfaits d'une suppression des aides aux gens qui ne travaillent pas et tente de persuader les classes moyennes que l'assistanat est "le cancer de la société". 

Écoutons ce que nous dit Jean Perrin, président de l'UNPI, l'union nationale des propriétaires immobiliers, dans une succulente interview vidéo sur lachaineimmo.tv. Il constate un marché locatif à deux vitesses. En substance: Les loyers augmentent encore là où les villes sont dynamiques. Ils baissent de 10% dans certaines villes de province et les petites villes. Les propriétaires commencent à avoir peur. Et drame supplémentaire: des locataires en place commencent à renégocier à la baisse leurs loyers en cours de bail.

Les jours juteux des loyers indécents seraient terminés? Le président des proprios nous alerte d'un nouveau fléau: 

"On s'aperçoit que si les propriétaires ne font pas des travaux avant de relouer les loyers baissent d'une manière certaine. [zut la tuile] Donc on arrive à une situation très dangereuse." [pour les proprios] "Deuxième exigence nouvelle [de la vermine locative], c'est la qualité de la salle de bain.[...] "Ca, c'est des frais importants." [Salauds de locataires qui profitent du retournement du marché pour exiger de l’éclairage et des sanitaires. C'est pas juste!] 

"Je ne dis pas que ce n'est pas indispensable" précise-t-il dans une antiphrase involontaire révélant l'étendue de son dépit.

Investir pour le bien-être du bouseux? C'est nouveau pour le proprio habitué à défiscaliser pépère en tablant sur l'exploitation locative éhontée le temps que le prix du truc en parpaings triple en cinq ans.

"...Mais du double vitrage pour un logement, ça peut faire une année de loyer consommée compte tenu du prix de la dépense. Puis après ça, il veut une chaudière aux normes nouvelles, et puis l'isolation". Déplore Perrin.

Car ce corniaud de payeur de loyers, qui décidément ne respecte rien de la croissance de la rente immobilière (le seul ascenseur social français), veut en plus se chauffer l'hiver ! Ah c'est Wauquiez qui a raison: Dans quel monde d'assistés vit-on, je vous le demande ?  

Et lorsqu'on lui fait remarquer que les biens locatifs privés peuvent se valoriser avec des travaux, Perrin répond un raisonné "Vous savez tant que c'est pas vendu, y'a pas de valeur de prise" qui fait plaisir à entendre. C'est un argument auquel j'adhère. Argument étrangement inaudible par la majorité des acheteurs hystériques au moment d'acquérir des biens qu'on leur garantissait sur prospectus débiter du loyer exponentiel pour l'éternité tandis qu'ils n'auraient qu'à se tourner les pouces.

Perrin poursuit : "Le propriétaire qui loue, s'il dit "je refais une salle de bain ça va me coûter 10.000 euros". Son immeuble vaut peut-être 5000 ou 6000 euros de plus, mais pas forcément 10.000. Mais s'il ne le vend pas... bah il n'aura rien de plus."

On a longtemps exagéré les situations de mal-logement ainsi que les conséquences sociales et sanitaires de l'explosion de la précarité, l'indécence des loyers privés dans lesquels certains engouffrent parfois les deux tiers de leurs revenus, ou encore les abus des agences et des bailleurs privés. Non. la vraie cruauté qui fait mal au coeur sensible du petit-bourgeois, c'est quand la spéculation immobilière, grâce à laquelle il se la jouait aristocrate terrien, ne marche plus. On devine désarroi et incrédulité dans son regard au moment où, sans qu'il s'explique pourquoi, s'écroulent ses rêves de suprématie foncière articulée à un plan de retraite sous les cocotiers qui serait financé par des armées de jeunes résignés à se faire exploiter.

Jean Perrin insiste d'ailleurs sur les ravages humains de la spéculation: "Les propriétaires, pour ne pas perdre leur avantage fiscal, sont obligés de louer à n'importe quel prix !" Qu'il est tragique toutefois que le propriétaire ne s'alarme de l'indécence des prix seulement lorsque ceux-ci baissent pour lui.

Et Jean Perrin de déplorer la fin de dispositif pour exonérer d’impôt les plus-values immobilières cassant la baraque du multiproprio combinard: "C'est un peu fictif, cette plus value". En décodé:  tend l'oreille spectateur de la chaîne immo à qui l'on avait conseillé d'acheter les yeux fermés l'année passée et perçoit la sourde déflagration de la bulle qui pète.

Et la journaliste face à Perrin de s'inquiéter. "Quelle est la raison de cette baisse des loyers ?"

Perrin tempère: "Le prix du loyer n'est pas fixé par le marché." [Marrant, c'est l’alibi inverse que nous sortaient jusqu'à présent les propriétaires pour expliquer leurs loyers hors de prix: "ce n'est pas moi qui fixe le prix, mais le marché"]. [...] "Le prix du loyer est fixé par la capacité contributive de candidat locataire, or les candidats locataires sont de plus en plus pauvres". [Qu'il est bon d'entendre la voix de la raison mathématique dans la bouche du représentant des bailleurs. Eux qui demandent encore à ce jour plus de 3X le salaire moyen français à un étudiant de première année pour louer un cagibi sur Paris.]

Perrin avoue: le marché des "meilleurs locataires" a été asséché par les aides à l'accession à la propriété. Comme quoi le proprio est un loup pour le proprio. Précisons qu'il était jusqu'à présent parfois bien plus facile de s'endetter pour acheter un pavillon que de voir son dossier locatif accepté pour louer un F4. Il y aura donc une probable inflation des défauts de paiement chez les propriétaires à crédit dans les mois à venir, si chômage et récession persistent. Ce qui ne sera pas le cas, car notre glorieux président va nous sortir de là[1].

Reprenant la ritournelle d'Apparu, Perrin s'attriste de la mauvaise répartition de l'habitat français. Il n'y aurait pas assez de logements à Paris (Faux. Il n'y a pas assez de logements occupés. Rapport que tout est vide. Mais ça, les riches ne veulent pas en entendre parler puisqu'ils veulent rester entre eux) et trop en province (avec les batteries d'aides fiscales immobilières consenties par le gouvernement, la cupidité des promoteurs et l'avidité glaciale des petits proprios, j'ai envie d'écrire : la faute à qui?).

Pour Perrin, les centres-ville ne sont plus destinés aux primos ni même aux secondoaccédants. Les ménages sont exclus des villes et spécialement ceux qui ne se financent que par le travail. Exact, les centres-ville se ghettoïsent, n’acceptant désormais la classe moyenne que sous sa forme touristique, pour faire du shopping ou acheter sa glace deux boules le week-end.  Mais ainsi va le capitalisme lorsqu'il est totalement régulé dans un seul sens: celui du profit pyramidal. Ce qui est le cas dans l'immobilier depuis une quinzaine d'années. 

La ghettoïsation des territoires (riches dans des villes hypersécurisées, pauvres s'organisant autour selon le taux d'endettement dans des strates périphériques progressivement délaissées jusqu'à l'enclavement des plus pauvres) n'est que la matérialisation géographique de la concentration des richesses voulue par les artisans du "bonheur néolibéral".

Rien de tout cela ne serait arrivé sans le concours des classes moyennes qui se sont laissées corrompre par les délices du confort Ikea à deux heures de transport de leur lieu de travail ou/et la promesse d'une "retraite garantie dans un monde incertain" assortie d'une baisse d'impôt que leur procurerait un placement locatif au milieu de nulle part vu que "c'est la pénurie". Les habitants des villes se sont eux-mêmes expulsés de la cité achetant à crédit "la belle vie" d'un pavillon de plus en plus excentré tandis qu'ils investissaient dans des produits immobiliers foireux dans des zones à activité nulle, fiers de couper ainsi à cet impôt qui aurait pu servir, beurk, à construire, préempter ou rénover du logement pour tous, sans discrimination régionale et à prix honnête

La panique dominerait-elle la France des propriétaires? Les députés UMP, conscients qu'il faut redonner des signes d'encouragement (et des loyers) aux spéculateurs pompeusement renommés par les promoteurs et les banquiers "investisseurs locatifs", proposent donc un courageux texte de loi visant à interdire que les précaires du logement, générés par cette politique d'aide aux riches, habitent à l'année dans des caravanes ou des mobile-home. C'est de la concurrence déloyale.

Non mais, un vrai toit c'est important quoi !


[1] mais seulement s'il est réélu.

Pauvre petit propriétaire

Bastien loue depuis 4 ans un studio à Paris qu'il partage avec femme et enfants. 4 dans 24m2. Autant dire une surface conséquente pour cette espèce parisienne en voie disparition: la famille stupidement salariée ayant de surcroît la bêtise économique d'avoir moins de 40 ans. 

Le propriétaire de petite surface parisienne est, en général, de mauvaise humeur lorsque sa pompe à fric, surnommé locataire trentenaire, lui annonce une prochaine anicroche dans le versement de la thune. Mais pas de ça avec Mr Centuri. L'homme de 68 ans n’est pas le genre à se formaliser pour si peu. La moitié des revenus de Bastien constituant le loyer versé à Monsieur Centuri ne représente au fond que de l’argent de poche pour ce dernier. Et puis, le baby-boomer retraité a d’autres studios dans la capitale dont il a récemment hérité de maman sans avoir déboursé un centime (elle a eu la bonne idée de mourir après 2007) et dont la valeur prend 10% l'an depuis dix ans.

Bastien lui passe un coup de fil pour l’avertir du départ prochain de sa petite famille rapport que, après cinq ans de lutte dans la jungle concurrentielle des pauvres petits propriétaires parisiens poussés par la rapacité spéculative à être particulièrement inventifs dans l'optimisation ubuesque des produits à superficie ridicule et loyer d'enculé, il a enfin trouvé plus grand. Bastien échappe ainsi de justesse au retour chez papa maman, la colocation ou la vie en voiture. Mais il lui faut partir maintenant, parce qu'un appartement à louer sur Paris, ça peut s’espérer longtemps, mais une fois que ça se décroche: ça n'attend pas.

Le golden-proprio affiche la même décontraction que celle d'il y'a deux ans, lorsqu'il annonçait à sa  vache à loyers son empressement de le voir partir avec femme et enfants pour enfin faire les travaux de rénovation du studio délabré afin de le passer en location saisonnière pour touristes et ainsi quadrupler ses revenus dans la plus totale opacité fiscale. Au fond, Mr Centuri est plutôt satisfait de voir déguerpir dès le début de l’hiver ces gens l'empêchant de gagner plus. Il informe néanmoins Bastien ne pas être vraiment au courant de la législation sur le préavis de départ (vu qu'il n'est pas du genre à se salir les mains avec ces contingences de pauvre) et qu'il va s'enquérir de la marche à suivre auprès de l’agence immobilière.

10 minutes après. Suite à son coup de fil au morbaque de chez extorque-immo, l'agence ayant prélevé 1000 euros à Bastien pour 3 minutes de travail en 2007, le baby-boomer aux fraises l'avertit que non, le départ ne sera pas pour l'hiver, mais pour le printemps. "Bien évidemment", le locataire n'ayant pas eu la chance d'être licencié pour bénéficier d'un préavis réduit est redevable de trois mois de loyer à compter de là maintenant: soit 2400 euros.

Magnanime, feuilletant au coin du feu son Figaro Magazine spécial les 10 plus belles destinations pour un réveillon de noël au soleil, le retraité, qui n'a jamais eu autant d'argent depuis qu'il ne fait rien mais reste néanmoins accroché à la "valeur travail" (CDD s'abstenir) au moment de sélectionner les dossiers de ses locataires, fait "une fleur" à la Bastien family emménageant ailleurs début janvier. Il leur offre de continuer de payer pour un studio inoccupé "seulement jusqu'à fin février". Soit un rabais de 12 jours sur le trimestre, permettant un compte rond et ainsi de ne "pas faire perdre de temps à l'agence à calculer un prorata". 

Mr Centuri étaye sa bonté d’un "je ne vous ai pas augmenté le loyer en 3 ans(étant entendu qu'il est proprement inconcevable dans le cerveau du proprio français que les prix de l'immobilier baissent un jour) auquel Bastien lui aurait bien répondu un "Bah il ne manquerait plus que ça ! Vous me louez cette merde à chiottes cassées, sans VMC, avec son électricité aux normes du Second Empire, quatre fois son prix théorique si le droit à un logement décent à un prix aligné sur les réalités salariales voulait encore dire quelque chose dans ce pays où le gouvernement, non content de fermer les yeux sur l'injustice immobilière, l'encourage !". 

Mais bon. Bastien balbutie un "Ah bah c'est gentil ça" sachant bien qu'ici bas le législateur lui lance un gros "casse-toi pauvre con et paye" et qu'en France, tous les économistes vous le diront, s'il veut récupérer quelques miettes du festin, le jeune se doit d'être respectueux du vioque: ce maître à penser ayant fait l'OPA sur l'épargne, le patrimoine, la consommation, la ligne politique et les aspirations du pays. 

Fatigué par ses émotions téléphoniques, 
Mr Centuri reprend des forces avant d'aller regarder C dans l'Air.

Bastien va donc devoir débourser 1600 euros pour avoir le droit de quitter un logement qui serait pourtant loué 30% plus cher dans la seconde de sa remise sur "le marchévu le niveau de désespérance ambiant à décrocher un toit sur Paris et sa région. Il faut rajouter à l'ardoise, le loyer du nouvel appartement et sa caution. 

La caution de 1600 euros du studio jackpot de Mr Centuri ne sera remboursée que deux mois plus tard, comme la loi le prévoit. Avec sa bonne expérience de la location, Bastien sait d'ores et déjà que la restitution aura lieu au dernier jour limite, ou bien plus tard, et probablement amputée de "frais d’usure" pour une moquette posée en 1915, de la facturation au tarif d'un mélangeur en diamants 48 carats d’un pommeau de douche en plastique mou, et d'un défaut de parallélisme à 650 euros sur un canapé pliant payé 32 à la Foirfouille dix ans plus tôt. Les meublés, ce n'est pas seulement sympa pour défiscaliser, ça permet également d'inventer des frais. 

En plus de ce paquet de pognon à débourser les deux prochains mois, il va sans dire qu’un des deux appartements va rester vide et ce, en pleine pénurie, alors qu’il reste des centaines de milliers de demandes de logement en souffrance dans la région.

Mais le malheur des uns fait toujours le bonheur de celui qui a le pognon. Le rentier, qui aura également un rabais de 10% sur ses impôts (car il a plus de 60 ans étant donné que c'est vraiment trop injuste de ne pas être jeune et précaire) va encaisser son quasi-SMIC à ne rien faire, en échange d’un petit découvert bancaire pour Bastien qui lui sera facturé la peau du cul par ce violeur multirécidiviste d'épargne personnelle et d'économie mondiale appelé banquier. Ce dernier, comme l'autre crevure parasitaire d'agent immobilier se goinfrant sur les flux de locataires, raffole de ce genre de situations propices à l'agio

Bastien pensait avoir tout vu de la bassesse du couple proprio / AI à Paris au moment des castings à la location où, en acceptant d'être complice d'un proprio défonçant une fois sur deux la loi dans l'impunité la plus totale, il est de bon ton pour l'aspirant au logement de ranger sa fierté à la case "on verra pus tard" et de faire le beau sur les deux pattes arrières pour espérer décrocher un taudis à vil prix. Mais ce n’est finalement rien en comparaison de celle exprimée sur un mode débonnaire au moment de quitter les lieux. Ce coup-ci le bailleur au coin du feu est totalement dans son droit. 

Qu'on ne vienne pas pas prétendre à Bastien que l'immobilier locatif est contraignant pour les pauvres petits propriétaires: avec ses 4000 euros à lâcher en deux mois, soit 120% de ses revenus pour engraisser rentiers et parasites ne produisant rien, il pourrait être légèrement en colère.

Le top 10 des excuses présidentielles pour la perte du triple A

C'est le risque des argumentaires simplistes. Après nous avoir alarmé sur la catastrophe que représenterait une dégradation de la note de la dette française si François Hollande arrivait aux commandes en 2012, le président du pouvoir d'AAA commence à nous faire passer le messagevia son gouvernement, que bon, hein, ce ne serait pas si grave que ça, rapport que ça va nous tomber dessus dans les prochaines heures et que les élections sont dans 5 mois.

Donc à l'UMP ça phosphore pour fournir dix arguments au président afin qu'il sorte la tête haute de ce stupéfiant incident, vraiment totalement imprévisible:

1. Il reste encore 25 lettres dans l'alphabet.

2. En fait non, finalement en y réfléchissant, le modèle grec est mieux que le modèle allemand.

3. Je prends acte de cette décision et demande que la presse économique se montre responsable en  multipliant les dossiers "comment bien réussir son réveillon de noël avec des produits fabriqués en France ?".

4. Toussa, c'est la faute des immigrés aux 35 heures qui fraudent la sécurité sociale avec des Kalachnikovs en Burqa.

5. La crédibilité, j'irai la chercher avec les dents.

6. En même temps, mon poste est si génial, ma femme si parfaite. Je comprends que cela fasse des aigris dans les agences de notation.

7. D'ailleurs, il est temps de moraliser les agences de notation.

8. Vos petits-enfants en riront bien dans 50 ans.

9. Quand on sait que des gamins meurent de faim dans le monde, que des femmes sont violées et des combattants torturés, Le Parti socialiste se montre particulièrement irresponsable.

10. D'ailleurs, imaginez ce que cela aurait été avec les socialistes. Pour vous rappeler comment que j'ai empêché La France de sombrer, voici la carte collector de mon bilan quinquennal:

Chère Anne Sinclair


Paris, le 14 décembre 2011

Chère Anne Sinclair,

J'ai appris votre arrivée à la direction éditoriale de la version française du site internet Huffington Post, inauguré le mois prochain. J'en suis très heureux. Je garde en effet un très bon souvenir de vos années sur TF1. Chaîne qui vous a odieusement licencié. Mais vous avez su faire face, passant ainsi  un message d'espoir aux damnés du salaire et des cadences infernales: le combat contre le grand patronat pour que les droits du travailleur soient respectés, ça paye. 1,8 million d'euros exactement.

J'espère que, dans la lignée d'Arianna Huffington, grâce à ce produit d'importation fabriqué en France (ce qui ravira notre président), vous montrerez "qui c'est Raoul" à la demi-douzaine de pure-players se créant désormais chaque semaine dans le PIF (paysage internet français) avec leurs levées de fonds à 3,5 millions d'euros pour 3 lignes de Php (ce qui laisse, vous en conviendrez, un sacré budget pour la machine à café). Idem pour cette récente inflation d'annexes internet chez de grands médias pensant qu'investir 2,40 euros pour refaire quatre ans après du sous-Post, en saupoudrant le machin de quelques parrains disant "tweet" toutes les trois phrases, suffit à révolutionner l'information.

Suite à votre courriel, je vous propose donc spontanément mes services de blogueur. Mon plus produit par rapport à la concurrence ? Un dévouement total et la garantie que je n'aborderai pas certains sujets de fond ou alors avec des vidéos de lol cats. Je ne suis pas de ces précaires empêcheurs de créer des bulles internet qui, en pleine période de crise, osent affirmer que travail et matière grise méritent un pin's, voire un salaire. C'est avec joie et conviction que je m'aligne sur la grille tarifaire ayant fait la fortune d'Arianna Huffington en vous cédant gracieusement mes contributions. 

Mais, ayant conscience de l'engouement que provoque l'arrivée du géant américain chez les blogueurs de gaule, pour vous prouver ma motivation, je suis également prêt à me faire facturer ma participation à l'aventure Huff Post.  

Je vous propose donc de vous régler 80 euros pour chaque publication d'un article de ma composition.  Bien sûr, j'accepte les commandes de sujet, ne suis à priori pas contre le principe de la censure. J'assume aussi la pleine responsabilité en cas d’éventuelle poursuite judiciaire si un de mes articles, malgré ces filtres, venait à en déranger certains. J'ai bien conscience de la visibilité qu'un tel site, avec une personne de votre notoriété à sa tête, peut apporter à un humble blogueur comme moi. Et, par-delà, à tous les gens qui tentent de vivre de leurs écrits.

Si toutefois, le montant de ma participation vous semble trop modeste, dans les limites autorisées par mon organisme de crédit, je reste ouvert à la négociation.

Veuillez agréer, Madame, l'expression de ma soumission la plus distinguée.

Seb Musset.



Illustration : Matt Dillon in Factotum (1999)

Twitter et les politiques : Nadine Morano

C'est du plus grand chic dans le gouvernement. Pour tromper l'ennui, la vacuité de leur action, faire préventivement campagne pour son président tout autant que assurer son name branding dans les rubriques geeks des JT dans une perspective de reconversion post-électorale, nos ministres se mettent à Twitter. 

Eric Besson fait le kéké, François Fillon joue à cache-cache, Christian Estrosi se familiarise avec l'alphabet...  Chacun tente l'originalité. 

Moult fois parodiée sur twitter, Nadine Morano, nouvelle venue sur le réseau, peine à faire son trou. Aux heures tardives, on peut encore la surprendre à s'auto-troller, tout en naïveté, éructant dans un onanisme monomaniaque à 140 caractères contre le PS ou en flagrant délice de suce-boulisme standard à la gloire de Mickey président. 

Hier vers 23h, quelques heures après l'annonce de la candidature de Dominique de Villepin à la présidence de la République, dont on comprend évidemment l'embarras causé à droite si cette démarche venait à aboutir[1], Nadine nous livrait un vibrant et intime plaidoyer (oui, je vais citer du Morano sur ce blog, c'est une première):


Que c'est beau la communication directe avec le twitto. Pas de doute ces nouveaux outils changent la communication politique. L'internaute se sent privilégié, témoin en avant-première de la construction du programme politique et des idées de ses élus. Quelle ne fut pas ma surprise donc ce matin au flash-info du 8 heures sur France InterNadine nous y livrait le fond de sa pensée sur le même sujet. Ecoute bien (oui, j'ai conscience de lui donner une seconde tribune):


Et oui, tu ne te trompes pas, ce sont les mêmes phrases. Nadine a donc trouvé un nouveau support pour débiter des éléments de langage : twitter. On notera d'ailleurs le décalage de 3 heures entre la déclaration de Dominique et les twits de la ministre, le temps nécessaire au brief par téléphone entre les figures médiatiques de l'UMP pour s'accorder sur les 3 phrases à marteler au réveil (et en exclu-lulu sur twitter). Répéter en boucle les mêmes mots et les mêmes idées à l'unisson sur les télés et les radios ne suffisait pas, il faut désormais flooder le réseau.

Au début du mois, Le Nouvel observateur rapportait le contenu de deux mementos du SIG (service d'information du gouvernement) sur la communication que les ministres doivent adopter en période  pré-électorale.  "Objectif : éviter tout contentieux pouvant entrainer une réintégration des sommes litigieuses dans les comptes de campagne, voire l'annulation du scrutin et / ou des peines d’inéligibilité".[2]. Le SIG conseillait de privilégier "actions de communication récurrentes" et de veiller à ne pas diffuser de "contenus polémiques" sur les réseaux sociaux.

En bon soldat, Nadine Morano a bien compris la leçon. 

Jusqu'à quand ? Avec de nouveaux followers, déjà ce matin les premiers signes de fébrilité se font sentir.

[update 11.50 : Orel m'informe que N.Morano débitait déjà de l'EDL à 21h sur I-télé. Désolé, à la différence des sbires UMP, je ne peux pas être partout.]

[1] On ne peut d'ailleurs que conseiller aux élus PS de donner leurs signatures à Dominique De Villepin, Hervé Morin et François Bayrou.

[2] A noter, que le président a trouvé la solution. Il se déclarera au dernier moment, s’autorisant ainsi à faire campagne sans le dire en disposant des moyens financiers de l'Elysée sans que cela coûte un rond à l'UMP.

Bayrou protocole fantôme


Genre: Héroic-fantasy pyrénéenne.

Le pitch: C'est pas parce qu'on n'a rien à dire qu'il faut fermer sa gueule.

Si vous avez raté les cinq premières minutes: Pas content et plus indécis que jamais, fort d'un inexplicable écho médiatique, l'homme du centre sort de son shadow cabinet et repart à la conquête des moulins présidentiels de 2012. Objectif 3%. Seulement voilà, au centre il y a embouteillage: la place est prise par Docteur Strange (joué par Hervé Morin) et le Frelon vert (une interprétation aérienne de François Hollande) fait planer la menace d'un tsunami de centre gauche.

Notre avis: Remake poussif et inutile d'autant que la fin est connue dès le départ, une alliance finale avec le super vilain Leprechaun. On comprend mal la motivation du héros principal. Les dialogues sont soporifiques au possible. Seul Alain Lambert dans le rôle du wiz-geek sort son épingle du jeu. 

Avis de l'office catholique: c'est de la balle bay-bè!

Le lancinant argumentaire du rentier

La crise est passée par là. Ce système économique est en pagaille, le grand mouvement ultralibéral d'émancipation des peuples se trouve sottement bloqué. La faute aux fonctionnaires, aux 35 heures et aux socialos. Ça te cloue le moral dans les chaussettes et c'est bien légitime.

Heureusement, les grands penseurs du siècle sont là pour te montrer la voie pour te sortir de l'ornière et renouer avec la compétitivité des bons temps de l'esclavagisme, et en finir une bonne fois pour toutes avec ce "fléau", matrice de tous tes vices, de la fainéantise à l'assistanat en passant par le travail payé: le chômage.

Dans sa gracieuse bonté, Olivier Dassault, fils à papa milliardaire de fils à papa milliardaire, te prodigue sur une pleine page du dernier numéro de Valeurs Actuelles (le magazine de la droite qui s'assume dont fiston est vice-président) ses conseils pour en finir du "lancinant problème du chômage" (le titre de l'article).

Enfin... problème, problème... On ne soulignera jamais assez l'utilité du chômage pour maintenir les salaires à la baisse et couper court par la peur à toute revendication sociale.  Ce qui arrange depuis trois décennies les bidons de ces "entrepreneurs" dont l'auteur se revendique (un poil abusivement comme nous l'indique un survol de sa page Wikipedia à la rubrique parcours professionnel, rapport qu'en bon rentier il doit à peu près tout à sa famille. Une forme d'assistanat étrangement tolérée à droite et même fiscalement encouragée).

Olivier Dassault étant député UMP, il va sans dire que le texte est sous-tendu par une critique accablante du PS qui, comme chacun le sait, est au pouvoir depuis 10 ans. Olivier prévient d'entrée: pas la peine comme les gauchistes de chercher dans la mondialisation, les banques, les patrons et les actionnaires la source des malheurs du salarié et à fortiori du licencié. Il n'ira pas en réhabilitation. Non, non, non.

"Mais, jamais une entreprise ne licenciera par plaisir ou pour se ménager les faveurs de fonds de pension à la recherche de plus-values boursières. Lorsqu'un patron licencie, c'est en général la mort dans l'âme, à seule fin de préserver l'avenir de son entreprise."

A sortir aux salariés en cas de plan social ou de rachat-liquidation en LBO. Effet garanti.

Et les banques ? Pour O.Dassault, si elles ne prêtent plus aux PME, c'est que l'Etat a été trop gourmand.

De solution au chômage, attaquant le quatrième paragraphe, je n'en ai toujours pas. Toutefois, je tombe de ma chaise en lisant la diatribe, certes en mode camomille, à laquelle se livre le descendant Dassault:

"Et puis nous avons surement péché par naïveté face à la mondialisation, ouvrant nos marchés sans exiger suffisamment de contreparties de la part de pays peu scrupuleux sur le respect des normes sociales, la protection intellectuelle ou de la parité des charges."

Sors de ce corps Arnaud Montebourg.

"Cela doit-il nous conduire à sombrer dans les fausses solutions prônées par la gauche ?"

Ouf, rassuré, retour aux fondamentaux. Cela faisait bien six lignes qu'Olivier n'avait pas taclé les socialos.

Dassault junior est évidemment contre un moratoire sur les licenciements et les pénalités pour les entreprises profitables, qui distribuent des dividendes à leurs actionnaires. "Ce serait empêcher toute adaptation à un monde en constante évolution". Sans actionnaires, les entreprises seraient déficitaires. On a envie de demander à Olivier ce que les mêmes entreprises deviendraient sans travailleurs, mais bon à priori la survie du salarié c'est pas trop son champ d'action.

Nationaliser les banques ? Olivier nous lance le point godwin de l'anti-interventionniste "On a vu avec le crédit Lyonnais où cela pouvait nous conduire"  D'ailleurs ce n'est pas le moment de leur causer du tracas à nos gentilles banques puisqu'elles doivent renforcer leurs fonds propres (comprendre que la BCE leur prête de l'argent pour rien, qu'elles nous reprêtent pour beaucoup plus).

La démondialisation ? Billevesées. Dassault fils, à l'inverse de ce qu'il annonce plus tôt, affirme que "fermer les frontières" (bonjour la réduction obscurantiste du débat) n'aurait aucun sens pour un pays exportateur. Exporter quoi, on se le demande, puisque pas grand-chose ou à peine plus est encore fabriqué en France. Il parle peut-être des Rafales à papa. Certes, fabriqués en France mais qui ne s'exportent pas du tout.

Bon, là j'en suis à 75%, et je constate qu'il y'a tromperie sur la marchandise, puisque je ne trouve pas l'ombre de l'esquisse d'une idée pour en finir avec "le lancinant problème du chômage"

Et notre député UMP de citer le discours Toulon 2 de Sarkozy. Olivier y va sans détour : "la solution n'est surement pas dans la création artificielle d'"emplois d'avenir" aux objectifs nébuleux [bah si, avoir un emploi c'est l'objectif] mais bien dans le renforcement de la compétitivité des entreprises et de leurs capacités bénéficiaires pour leur permettre d'investir et de recruter". Oui, oui, tu as bien lu. Pour créer des emplois, il ne faut pas créer d'emplois. Au contraire, il faut payer moins les salariés et favoriser les bénéfices des actionnaires des fonds de pension ricains qui réinvestiront massivement pour l'embauche de nouveaux travailleurs. Dans la lignée de papa Serge, le saigneur des annuités, le déconomètre du fiston n'attend pas le nombre des années pour être au taquet.

Mais ce n'est pas tout.

"Reste à baisser le coût du travail en transférant, par exemple, par exemple sur la TVA, une partie du financement de la protection sociale ou en revenant sur les 35 heures, ruineuses pour les entreprises comme pour l'état."

Olivier Dassault reprend ici les deux pistes programmatiques de son canasson dans la course à la présidence, le candidat Sarkozy dont on peut se demander pourquoi, si ce sont là des martingales, il ne les a pas appliquées plus tôt vu que président il l'est déjà depuis cinq ans.

Le transfert du financement de la sécurité sociale sur la consommation est bien évidemment une escroquerie de pure souche libérale. Le salarié ne sera pas plus payé et verra en revanche une hausse des coûts sur sa consommation quotidienne. Tiens, un récent sondage Ifop sur la désindustrialisation nous informe que la "TVA sociale"TM ne serait aujourd'hui acceptée que par 36% de la population. Seuls les 65 ans et plus et les sympathisants de l'UMP (qui sont un peu les mêmes en fait) y sont favorables à une courte majorité.

La note de Jérôme Fourquet au sujet du sondage précise d'ailleurs que près d'un Français sur deux, a déjà le sentiment que "les efforts de compétitivité ont déjà été accomplis ces dernières années, d’où, logiquement, une faible propension à accepter de nouveaux sacrifices".

(Ça suffit, le salarié n'a pas l'apanage du sacrifice! O.Dassault est aussi un travailleur des champs. Mediapart nous le présentait récemment en pleine récolte saisonnière. En Colombie, avec l'intermédiaire en vente d'armes Ziad Takieddine et l'ami du président Thierry Gaubert mis en examen pour subornation de témoin dans l'affaire Karachi).

Quant aux 35 heures, on ne pouvait attendre autre chose du libéral que reprendre l'idée sans cesse martelée qu'elles ont grevé les résultats des entreprises et la compétitivité française. C'est loin d’être le cas comme le rappelle Denis Clerc sur le site Alternative économiques. Les 35 heures n'ont pas alourdi les coûts salariaux des entreprises ni pénalisé la productivité des salariés, au contraire. Elles n'ont pas accéléré le chômage (la "lancinante" fonte des emplois est la même depuis le début des années 90). Elles ont même créé des emplois industriels durant quelques années. Le coût des 35 heures (14 milliards) a pesé sur les finances publiques, mais "proportionnellement pas davantage que la suppression de la taxe professionnelle (coût : 12 milliards), la détaxation des heures supplémentaires (coût : 4,5 milliards), la baisse de la TVA sur la restauration (coût : 3 milliards) ou la réforme de l'ISF (coût : 1,6 milliard)" précise D.Clerc.

Pour l'UMP et Olivier Dassault, la dette, comme le trou dans la couche d'ozone et l'abandon des colonies, c'est encore et toujours la faute des 35 heures et surement pas des cadeaux fiscaux aux plus riches.

Devant une telle sagacité, j'ai envie de m'écrier comme Point de vue, images du monde:


Bon, c'est pas tout ça mais nous arrivons à la fin de l'exégèse du texte d'Olivier Dassault qui aurait mieux fait de s'intituler "le lancinant problème de la gauche" tant les socialistes monopolisent les réflexions angoissées du patron über-riche, représentant d'un parti pourtant aux commandes depuis 10 ans, qui n'aligne pour le moment que trois pistes magiques (dont deux redondantes) pour réduire le chômage: Faire des cadeaux supplémentaires au patronat puis augmenter les prix à la consommation et en finir avec les 35 heures.

Comme ça fait tout de même un peu léger, même pour Valeurs Actuelles, Olivier rajoute une dernière proposition, un désir à l'érotisme torride qui reste encore assouvir:

"Sans doute pourrait-on aussi aller plus loin dans l'assouplissement de la législation du travail, qui joue comme un frein à l'embauche."

Casser le Code du travail: la grande cause nationale d'un éventuel prochain quinquennat de droite. A ce stade terminal de la raison, le lecteur peut légitiment se demander si le travailleur n'est pas au fond la pire entrave française faite au travail et la seule cause du chômage.

Et le fils Dassault, quand même pas top certain de son théorème pour en finir avec le "fléau" (vu que quand même cela fait 30 ans que malgré la hausse de la productivité des salariés alors que les rémunérations stagnent et qu'actionnaires, banques et rentiers se gavent comme jamais sans que cela ruisselle vraiment sur l'emploi et la croissance), de conclure comme il avait commencé en stigmatisant la gauche:

 "Ce n'est pas en tout cas en suivant les fausses recettes de la coalition socialistes-verts qui nous mènent tout droit à la décroissance, que l'on créera des emplois et que le chômage baissera." Nananère.

Notons que c'est déjà un progrès par rapport à son papa (dont, rappelons-le, l'entreprise tient grâce aux subsides de l'Etat) qui se serait contenté d'accuser ces feignants de Français comme étant la raison principale du "déclin national". Ce désastre sans fin (lancinant dit Olivier) dont les représentants de son hyper-classe, dans le souci d'améliorer rentes, privilèges, exonérations fiscales tout en conservant la tête sur les épaules, fantasment les causes auprès des classes intermédiaires pour les pousser à voter contre les intérêts de la majorité des travailleurs.  

Et dieu créa le crédit CDD


On te le dit, on te le répète aux infos, depuis le temps tu devrais le savoir : la dette c'est mal. Enfin, pour les Etats. Parce qu'à titre personnel, c'est fortement conseillé. C'est même essentiel à la bonne santé de ceux qui prêtent aux Etats. Tu me suis ?

Mais, problème, tu es frappé par cette infortune française: tu es jeune. Tu as donc une chance sur deux d'être sans une thune, salarié au rabais, stagiaire exploité ou les trois à la fois. Et c'est bientôt noyel, la grande fête de la consommation avec ses boules à facettes, ses moult tentations d'abondance dans ces vitrines enguirlandées qui donnent un soupçon de fête aux sans-maison crevant sur les grands boulevards de ton indifférence. Même si tu es jeune, tu n'en es pas moins un homme avec les mêmes droits fondamentaux que tes aînés. Toi aussi tu dois avoir accès au dernier Heil-Pad ou à cette déco "qui le fait" dans ta studette de 3m2

Il fallait donc mettre fin à cette injustice des injustices, t’empêchant, au futile prétexte de futur sombre et de revenus merdiques, de t'endetter pour surconsommer et ainsi prétendre au surclassement de ta condition le temps d'un coït à la carte bleue.

C'est que les temps sont durs, "la crise est passée par là" comme te le répète 127 fois par jour ton gouvernement pensant ainsi s’exonérer de ses 500 milliards de trou de caisse en 4 ans au moment où il se contorsionne en génuflexions devant un système bancaire qu'il se garde bien de réguler.

Soir rassuré. Jeune, tu es un puits de pétrole comme un autre. La banque pense à toi. "Pour t'aider à te lancer dans la vie active" (et à l'approche d'un noyel que tous les indices annoncent comme une excellente cuvée pour la paradoxale raison que tout va mal), une grande banque nationale, la BNP, lance via sa filiale de crédit, l'humaniste Cetelem, un nouveau produit spécialement pensé pour toi et ton (absence d') épargne.

Son nom ? Le crédit CDD. Puisqu'il est désormais acquis qu'en tant que jeune le CDI t'est interdit. La cible : les 18-30. Son taux : un sympathique 8.9 %  Oui, CDD est aussi la note du crédit. Comprends bien qu'avec ta situation (+75% de tes rangs sont en CDD, juteux marché!) et un chômage à 18% dans ta classe d'âge, cette note est dégradée d'entrée. Tu es un subprime incarné. Mais comme on dit dans les salles de marché, seuls comptent les taux


Sur le site des créanciers du coeur, le produit est vendu comme complément d'un projet sérieux. Le petit bonhomme vert te parle voiture, même "installation". Heureusement, figure dans le formulaire de simulation la catégorie "autres projets" pour te financer en catastrophe et à 100% à peu près tout et n'importe quoi. Même à manger ou tes factures de chauffage. Car, soyons lucides, en tant que jeune même en CDD, il est probable que tu engloutisses déjà la moitié ou plus de tes revenus dans le logement.

Tu ne pourras pas tout payer ? Pas grave. Nous sommes en démocratie, tu es rentré dans les fichiers. Le petit bonhomme vert ou un de ses escrocs d'amis t'arrangeront ça avec une solution revolving à deux chiffres de TEG tombant fort opportunément dans ta boite aux lettres entre deux missives d'huissier. 

Dans le crédit, l'important c'est de commencer. Vois le bon côté des choses, si jeune signifie bien souvent être pauvre, avec un bon boulet à 8,9% pour prendre ton envol, tu as de bonnes chances d'être jeune pour la vie.

P.S : Quelques jours plus tôt, la Banque de France nous informait que le surendettement des ménages français a augmenté de 8.1% cette année

La peur est revenue (by standard and poor's)


"Mauvaise note de la France", "mauvais élève de l'Europe", "claque": le lexique employé pour tenter de nous faire rentrer dans le rang de la rigueur allemande (la martingale libérale de 2012 du candidat Sarkozy après celle anglaise de 2007) comme de dociles écoliers, respectueux de l'autorité savante, devrait commencer à sérieusement questionner les Français. 

Déjà, ces précepteurs ne savent pas grand-chose (ou alors n'en disent pas la moitié). Pour s'en convaincre, il n'y a qu'à écouter les boucles aberrantes d'une Valérie Pécresse persistant à promettre de la croissance alors que le chômage enfonce les 10%. Il suffit de s'imposer le supplice télévisuel d'un François Baroin réagissant à la mise au placement sous "perspective négative" du Triple A français par Standard and Poor's quelques heures après la réunion franco-allemande de la "dernière chance" pour sauver l'euro. Il suffit de le contempler, triste sire es économie, se cramponnant à son ultime argumentaire sur post-itc'est la faute au décalage horaire, les agences n'ont pas pu prendre en compte le mirifique accord sur lequel le président roulait des mécaniques. Flûte alors.

Pauvre François Baroin, il est la preuve par l'incarnation que le président use les Français. En un an de service pour Sarkozy, celui qu'on appelait Harry Potter a pris vingt ans dans la tronche pour ressembler à Peter Cushing dans les films de la Hammer.  

Adeptes de l'école buissonnière, considérant que la criseTM étant loin d'avoir commencée depuis une semaine pour un paquet de Français, nous n'accordons ici aucune espèce de valeur, que les notes soient dégradées ou non, à des agences de notation financées par les créanciers jouissants d'un système d'endettement artificiel. Agences de notation: l'arme du crime dans le Cluedo aux dés pipés des dettes d'Etat. On accepte mieux les injustices lorsqu'elles ont une raison supérieure. L'agence de notation permet de donner une raison au déraisonnable en renvoyant aux expériences enfantines (même le dernier des cancres a peur d'un mauvais bulletin trimestriel). 

En revanche, d'un ridicule point de vue de politique intérieure, la funeste annonce de S&P peut réjouir tant elle casse la baraque de ceux qui, histoire de minimiser leurs mauvais résultats économiques, misent tout sur le maintien de cette note stupide pour leur réélection. Sarkozy et ses hommes sont prisonniers de leur logique "sans alternative". Si la dégradation de la note était repoussée à après mai 2012, elle deviendrait un argument lourd (qui serait alors adopté sans gants) pour de nouvelles et violentes coupes budgétaires et sociales. Si la dégradation survient avant la présidentielle, la machinerie, et sa composante médiatique que Sarkozy et ses sbires alimentent largement depuis des mois, se retournent contre eux.

Mais rien ne se perd, tout se récupère avec ces gens-là, et la logique de l'augmentation des taux d'intérêt sous-tendant l'annonce de S&P, prévue de tous mais que le gouvernement s'acharne à nier depuis des mois, nous conduit tout droit selon la même logique d'austérité court-termiste à un nouveau plan de rigueur. 

Oui, tu vas me dire, les sbires UMP nous répètent depuis des semaines que, je cite encore Baroin hier soir, "il n'y aura pas de troisième plan de rigueur". Mais lorsqu'on commence une campagne électorale avec une phrase comme "la peur est revenue", on compte bien que celle-ci écrase toute autre considération. 

L'indicateur qui serait intéressant à connaitre est celui du taux de résistance des Français face à cette  logique de "la bonne note" visant à les infantiliser. 

L'alibi germanophobe

Zut, ça cafouille au PS!  Dans un monde d'images où l'élection d'une Alsacienne en maillot deux pièces hypnotise 8 millions de personnes le samedi soir, où Confessions Intimes a remplacé Apostrophes, où l'opinion politique se forge à deux tiers de Direct matin et un tiers de Canteloup le soir, faire une référence historique vieille d'un siècle pour pointer du doigt la vassalité présidentielle à cet ordre teuton qui veut casser nos salaires et écorcher vive toute forme de solidarité, c'est viser à côté de la plaque.

Ces références à Bismarck et à Daladier : à part la rédaction d'Historia, qui va comprendre ? 

Relativisons les accusations de racisme antiallemand lancées par l'UMP à l'encontre des socialistes et rassurons nos xénophobes d'Etat qui jouent les outrés. Tradition et identité nationale sont encore respectées: de Dunkerque au Lavandou, il vaut toujours mieux s’appeler Helmut que Mamadou. 

Se soumettre à la rigueur allemande (en taxant toute critique de xénophobie) et culpabiliser au même moment les mecs au RSA, les salariés malades et les étudiants étrangers: il fallait oser. Fort avec les faibles, faible avec les forts: c’est ainsi qu'Emmanuel Todd résume justement l’entrée en campagne d’un président plus que jamais en contradiction. 

Même si le président en campagne reprend confiance, pour l'auteur des récents "l'Europe ce n'est pas moins de souveraineté, c'est davantage de souveraineté" et autre "gouvernance intergouvernementale", la suite jusqu'en mai prochain sera délicate sur l'argument franco / allemand. Comment le président va-t-il vendre à un pays qui a rejeté le TCE (avant de se le faire imposer de force, et pour quel résultat), et à qu'il a survendu l'idée de nation durant un quinquennat sans avoir d'échantillon sur lui, le fait de soumettre notre budget à un commissaire européen? Dire tout et son contraire en accusant les autres d'être des sectaires peut-il suffire ? 

Une chose est acquise. Quand cette politique économique suicidaire révélera la douloureuse étendue de son échec (pour l'instant c'est l’apéritif), la réponse de ton président est déjà toute prête: ce sera la faute à l'Europe (...et aussi aux socialistes).

Alors, peut-être qu'à ce moment-là, comme ci-dessous en 2007, il demandera à Henri Guaino de lui pondre un nouveau discours avec un brin de germanophobie.

Vidéo compilée par Melclalex.

Illustration : Delicatessen / JP Jeunet