dimanche 27 juin 2010

Woerth : Will zen win ?

Si nous étions dans cette vraie société décomplexée de l'argent roi, l'ouverture des jeux en ligne ne se limiterait pas au sport. Nous pourrions jouer sur la date et la nature de l'exil gouvernemental d'Eric Woerth. Demain ? Au prochain remaniement ? Seul ? Fortement incité ? A coups de latte ?

Les gestionnaires de la fortune Bettencourt, disposant d'une source fiable d'information interne, pourraient alors fructifier les dividendes de Madame en misant, comme par hasard, à la perfection.

"Quand on arrête de se les reprocher [les choses], on est assez serein."
RTL
, 27.06.2010

Le départ du Ministre du travail serait pour bientôt ? A en croire des journaux et des radios usant et abusant de la métaphore de l'étau et de la pression au sujet d'un ministre prit la main dans le pot aux collusions : Oui.

Je ne m'attarderai pas sur la cascade des éléments s'accumulant contre lui, elle évolue d'heure en heure.

Mais...

Compte-tenu que payer moins d'impôts est souvent la première activité du riche, via l'expert en défiscalisation, et du très très riche via la création de structures dédiées.

Compte tenu de la profusion des possibilités d'évasions de pognon et de niches fiscales autorisées, concoctées, aménagées, renforcées par ce gouvernement pour chouchouter leurs camarades de classe.

Le combat pour départager le légal de l'inégal s'annonce compliqué.

J'imagine que l'ex Ministre du Budget, aujourd'hui homme clé de la réforme des retraites, table là-dessus ainsi que sur une victoire de La France en coupe du monde et un été ensoleillé pour qu'on lui lâche la grappe.

La faute est originelle : Comment Eric Woerth a t-il pu être Ministre dans ces conditions ou, comment son épouse a pu accepter un tel job avec un conjoint officiant au Budget [1] sans que cela ne choque ni lui ni personne dans la classe politique ?

Sans compter, et ce n'est pas son genre, que notre homme était simultanément trésorier de l'UMP.

A l’image d’un Christian Blanc ne comprenant pas que, pour des français de plus en plus nombreux à compter leurs clopes, c'est le concept même que l’on puisse claquer 12.000 euros en cigare qui est choquant, l’autisme instinctif Woerhtien dans le frais prolongement des révélations de Mediapart compromet son destin politique à court terme.

Qu'il ne se soit pas retiré de lui-même de ses fonctions en attendant une clarification, pour reconnaître au minimum une faute de goût, mais au contraire qu'il ait joué la carte de la morgue, confirme ce sentiment de contrefaçon pouvant émaner de ce pourfendeur autoproclamé de l'évasion fiscale lors de ses interventions télévisées. Il en va de même pour son gouvernement uni battant des records de discrédit [2].

Prenons garde à ce que son cas personnel et sa médiatisation, suite d'une série de stigmatisations individuelles sur fond de dénonciations (le balancier penche aujourd'hui à droite [3]) ne cache pas à la fois la machinerie et la machination :

- La machinerie législative permettant à Woerth et d'autres de proclamer leur respect de la loi, et aux rentiers une élasticité jamais égalée dans les constructions et les évasions fiscales légales.

- La machination, limpide comme l’eau de riche, conçue par lui et ses acolytes pour couler le système collectif des retraites et en faire une préoccupation privée. Si son départ peut contribuer à fragiliser la réforme : qu’il s’en aille sous les hués.

Pour le soldat, je ne me fais aucun souci. J'ai cru comprendre qu'il avait de bonnes connexions dans le privé.

Lui parti, d’autres du même tonneau reprendront le combat, la morale toujours plus haute et toujours pour les autres, avec le même rictus de domination propre à ceux conscients qu'ils n'ont pas les aptitudes requises pour les postes qu'ils occupent par manque d'empathie ou d'éthique ou les deux.



[1] Le lecteur biffera selon sa situation conjugale.

[2] et de chômage.

[3] Qui prône le bling-bling doit en redistribuer sinon il se fait dépouiller gourmette et enjoliveurs.

24 commentaires:

BA a dit…

Concernant Liliane Bettencourt, Patrice de Maistre, Robert Peugeot, et la fraude fiscale, voici un article très intéressant. Nous avions appris que Patrice de Maistre et Robert Peugeot avaient été décorés de la Légion d'Honneur par Eric Woerth. Nous apprenons aujourd'hui qu'ils sont de généreux donateurs de l'UMP :

L’homme de confiance, le ministre et les chasseurs.

Chasseurs et donateurs à l’UMP : Patrice de Maistre, le gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, fait partie de ces amis "remerciés" en 2008 par Eric Woerth.

Photo en tête de l'article : fin 2003, dans le sud de l'Espagne, Patrice de Maistre à l'issue d'une chasse aux cerfs. En compagnie, juste derrière lui, de Robert Peugeot.

Le dîner a eu lieu au printemps 2008 dans un des hôtels particuliers de la République, rue de Lille. L’hôtel de Seignelay, ancien ministère du Commerce, est aujourd’hui utilisé par les trois ministres de Bercy (Economie, Budget, Industrie) qui peuvent en disposer à tour de rôle.

Le jardin, juste derrière le musée d’Orsay, est agréable. Un petit coin d’histoire de France : Coco, le dernier chien de Marie-Antoinette, y est enterré. Ce soir-là, c’est Eric Woerth, ministre du Budget, qui régale. Mais c’est avec sa casquette de trésorier de l’UMP qu’il a lancé l’invitation.

http://www.lejdd.fr/Politique/Actualite/L-homme-de-confiance-le-ministre-et-les-chasseurs-203208/

Stéphane Laborde a dit…

Mais comment se calcule l'impôt, et combien de "patrimoine" possède chaque Français exactement ? Les écarts sont-ils si importants que cela ?

On est en droit de se poser la question, et de chercher la vérité derrière les chiffres officiels bizarrement annoncés et justifiés...

http://www.creationmonetaire.info/2010/06/bettencourt-le-patrimoine-le-revenu.html

Pazmany a dit…

Ou il fait semblant ou il n'a pas conscience de ce qu'il fait, il s'enfonce chaque jour un peu plus en allant s'expliquer dans les médias, contre disant ce qu'il affirmait au début de l'affaire, au fur et à mesure que de nouveaux éléments à charge tombent !

L'été est là, les français n'ont plus la coupe du monde pour se distraire, ça tombe mal pour Woerth !

Anonyme a dit…

Y'en a qui n'ont vraiment rien de mieux a foutre que d'écrire des billets sur Eric Woerth...

Tu crois quoi Musset-Mongolito, que tu vas faire la révolution par les urnes? Non?

Alors ca sert a quoi de chialer sur les personnalités de ton gouvernement entierement castées par l'oligarchie réelle? A rien, trouduc.

http://www.mecanopolis.org/?p=18343&type=1
Tiens bouffe ca gros con. Mais continue a parle d'Eric Woerth hein, surtout faudrait pas que les gens ils pensent plus loin que le bout de leur nez.

seb musset a dit…

@anonyme > Quoi de plus enrichissant que des gens qui prennent le temps de vous écrire pour se plaindre que vous lire ne sert à rien ?

Le style peut-être.

LH a dit…

Que devient Grand François ? J'aimerais son avis sur les derniers évènements.

BA a dit…

Affaire Bettencourt : pourquoi Eric Woerth ne dit pas la vérité.

Les démentis d'Eric Woerth n'y font rien. Le ministre du Travail peine à convaincre que Liliane Bettencourt n'a pas bénéficié d'un traitement de faveur du fisc lorsqu'il était ministre du Budget. Mediapart publie de nouveaux extraits sonores des enregistrements pirates réalisés chez la milliardaire. Et reprend en détail la chronologie.

Extrait ci-dessous : le 29/10/2009, Patrice de Maistre, gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, et ses relations avec Eric Woerth :

« Et j'ai fait venir le ministre Eric Woerth. Bon. Voilà. Alors c'est le mari de madame Woerth que vous employez, qui est une de mes collaboratrices, qui n'est pas très grande. Mais lui est très sympathique. Et c'est notre ministre du Budget. Et c'est lui qui a permis à l'Institut de récupérer le bâtiment dans lequel on va faire l'auditorium. Et il est très sympathique. Et en plus, c'est lui qui s'occupe de vos impôts. Donc, je trouve que c'était pas idiot. Voilà. C'est le ministre du Budget. Donc, voilà. C'est un homme très sympathique. C'est un ami. »

Ci-dessous, Patrice de Maistre, le 23 avril 2010, à propos du conflit d'intérêts de Florence Woerth :

« Je me suis trompé quand je l’ai engagée. C'est-à-dire qu'en fait, avoir la femme d'un ministre comme ça, ce n'est pas un plus, c'est un moins. Je me suis trompé. Pourquoi ? Parce que comme vous êtes la femme la plus riche de France, le fait que vous ayiez une femme de ministre chez nous, tous les journaux, tous les trucs disent : "Oui, tout est mélangé, etc." Bon. J’avoue que quand je l’ai fait, son mari était ministre des Finances (du Budget, NDLR), il m’a demandé de le faire. Je l’ai fait pour lui faire plaisir. »

http://www.mediapart.fr/journal/france/280610/bettencourt-pourquoi-eric-woerth-ne-dit-pas-la-verite

BA a dit…

L'affaire : du conflit d'intérêt au trafic de décorations.

Tous les journaux ont ainsi relevé cette incongruité : Eric Woerth trésorier de l’UMP promettait aux gros donateurs, en tant que ministre, de leur obtenir une entrevue à l’Elysée avec le président de la République. Un gros billet = ¼ d’heure, un plus gros billet = ½ heure ? Et avec gâteries intellectuelles ? Car cela revient presque à monnayer des passes.

Autre anguille sous roche : les donateurs au trésorier du parti obtenaient systématiquement que le ministre (en l’occurrence le même homme) leur décerne la Légion d’Honneur. Or, aucun de ceux sur la poitrine desquels on épingla ainsi la rosette n’avaient réalisé le moindre acte ou publié la moindre œuvre qui méritassent qu’on les distinguassent de la sorte.

Cela ne ressemble-t-il pas à un trafic de décorations ?

Jean-François Kahn.

http://www.marianne2.fr/jeanfrancoiskahn/L-affaire-du-conflit-d-interet-au-trafic-de-decorations_a177.html

BA a dit…

Quand Eric Woerth dînait avec Liliane Bettencourt.

Un simple scellé, dans les centaines de documents judiciaires liés à l'affaire Bettencourt. Il s'agit du journal intime de Martin d'Orgeval, un photographe, très proche de François-Marie Banier, et donc de Liliane Bettencourt. Une date y est consignée : "30-01-08 : Liliane reçoit le ministre du Budget à dîner Eric Woerth".

"Liliane", c'est donc Mme Bettencourt, première contribuable française, qui doit recevoir, ce 30 janvier 2008, dans son hôtel particulier de Neuilly-sur-Seine, Eric Woerth.

Sept jours plus tôt, le 23 janvier 2008, Eric Woerth a remis, à Bercy, les insignes de la Légion d'honneur à Patrice de Maistre, le gestionnaire de la fortune de Mme Bettencourt. M. de Maistre n'est autre, à l'époque, que l'employeur de Florence Woerth.

http://www.lemonde.fr/politique/article/2010/07/01/quand-eric-woerth-dinait-avec-liliane-bettencourt_1381386_823448.html

Le ministre du Budget Eric Woerth avait demandé à Patrice de Maistre d'embaucher son épouse, Florence Woerth.

Patrice de Maistre avait accepté : le 12 novembre 2007, Florence Woerth intégrait la petite entreprise qui gérait la fortune de Liliane Bettencourt. Elle gagnait 180 000 euros nets par an, soit 15 000 euros nets par mois (Le Canard Enchaîné, mercredi 30 juin 2010, page 3).

BA a dit…

Claire T. est, de fait, détentrice de très lourds secrets, qu’elle a confiés à Mediapart, juste après son audition, lundi soir.

C’est un témoignage accusatoire, qu’elle reconnaît volontiers ne pas pouvoir étayer de preuves matérielles définitives, et qui devra être soumis par les enquêteurs à un méticuleux travail de recoupements et de vérifications.

Claire T. s’explique sur sa décision de parler à la police et à un journal : « J’en ai marre de voir tous ces gens ne pas assumer leurs responsabilités, raconter n’importe quoi. Il est temps de dire ce qu’il s’est passé. Et puis, après tout, moi je n’ai rien à me reprocher ».

Maire de Neuilly-sur-Seine entre 1983 et 2002, M. Sarkozy était souvent l’hôte des Bettencourt. « Il venait déjeuner ou dîner avec Cécilia », se souvient Claire T.

Lui aussi avait-il droit aux « attentions » accordées aux personnalités politiques en visite chez les Bettencourt ? Un brin hésitante d’abord, mesurant sans doute la gravité de ses propos, Claire T. confirme :

« Nicolas Sarkozy recevait aussi son enveloppe, ça se passait dans l’un des petits salons situés au rez-de-chaussée, près de la salle à manger. Ca se passait généralement après le repas, tout le monde le savait dans la maison. Comme M. et Mme Bettencourt souffraient tous les deux de surdité, ils parlaient très forts et de l’autre côté de la porte, on entendait souvent des choses que l’on n’aurait pas dû entendre. Encore une fois, tout le monde savait dans la maison que Sarkozy aussi allait voir les Bettencourt pour récupérer de l’argent. C’était un habitué. Le jour où il venait, lui comme les autres d’ailleurs, on me demandait juste avant le repas d’apporter une enveloppe kraft demi-format, avec laquelle il repartait. Je ne suis pas stupide quand même, inutile de me faire un dessin pour comprendre ce qu’il se passait... ».

http://www.mediapart.fr/journal/france/060710/lex-comptable-des-bettencourt-accuse-des-enveloppes-dargent-woerth-et-sarkozy#comment-571471

BA a dit…

Claire T. est l'ex-comptable des Bettencourt de mai 1995 à novembre 2008. Claire T. raconte sur le site Mediapart le scandale des enveloppes remplies de billets de banque.

Eric Woerth aurait dû porter plainte en diffamation contre l'ex-comptable des Bettencourt.

Pourquoi Eric Woerth ne porte pas plainte en diffamation contre l'ex-comptable des Bettencourt ?

Hein, pourquoi ?

BA a dit…

Lundi 5 juillet :

S’agissant du financement politique, on en vient au point sensible. Très sensible, même. Celui concernant Eric Woerth. Le seul que Claire T. ait évoqué devant les policiers, car le seul sur lequel elle a été interrogé.

« C’était à la fin du mois de mars 2007. Patrice de Maistre, qui était devenu celui qui "s’occupait" des politiques du fait de la maladie de Dédé (André Bettencourt), m’a convoqué pour me demander d’aller retirer à la banque une somme trois fois supérieure à l’habitude, à savoir 150.000 euros. J’ai refusé, en expliquant que mon accréditif ne me le permettait pas. Il s’est énervé, en me disant que la banque ne nous refuserait pas ce service. Je lui ai demandé la raison pour laquelle il lui fallait absolument récupérer un tel montant, et là, il m’a répondu : "Mais enfin, c’est pour financer la campagne présidentielle de Sarkozy ! Je dois donner de l’argent à celui qui s’occupe du financement de la campagne, Eric Woerth. Et 50.000 euros, ce n’est pas suffisant". »

Claire T. reprend son récit : « Malgré l’insistance de Maistre, qui a quasiment piqué une crise de nerfs, j’ai refusé. Je me souviens même avoir appelé Eva, mon interlocutrice à la BNP de la Place Vendôme, l’agence où Liliane Bettencourt a son compte principal, pour lui demander son avis. Je ne lui ai pas parlé du financement de Sarkozy, mais elle a bien compris... Elle m’a dit que je devais refuser, qu’il ne fallait pas que je dépasse mon accréditif, sinon cela risquait d’alerter Tracfin [le service anti-blanchiment de Bercy, NDLR]. Donc je me suis rendue comme d’habitude avenue de la Grande-Armée, j’ai retiré 50.000 euros, que j’ai remis à Liliane Bettencourt, qui a ensuite donné l’enveloppe à Maistre, devant moi. Et j’ai rempli le carnet de caisse, avec, en regard de la somme, la mention « Bettencourt », que j’ai écrite moi-même. Je faisais toujours comme ça lorsqu’il s’agissait de l’argent destiné aux politiques, car il ne fallait pas de trace écrite. Si Liliane Bettencourt leur donne les carnets de caisse, les policiers pourront vérifier mes dires. Je me souviens de la date de ce retrait destiné à la campagne de Sarkozy : c’était le 26 mars 2007 ».

http://www.mediapart.fr/journal/france/060710/lex-comptable-des-bettencourt-accuse-des-enveloppes-dargent-woerth-et-sarkozy#comment-571471

Mercredi 7 juillet :

Les réquisitions faites par les policiers de la Brigade de répression de la délinquance sur la personne (BRDP) ont permis de retrouver la trace d'un débit de 50 000 euros, à l’agence de la BNP de la Grande-Armée, le 26 mars 2007, conformément à ce que l’ex-comptable de Liliane Bettencourt, Claire Thibout, avait déclaré, lundi 5 juillet, au site Mediapart.

http://www.lemonde.fr/politique/article/2010/07/07/la-police-confirme-le-retrait-de-50-000-euros-fin-mars-2007_1384483_823448.html#ens_id=1373579

BA a dit…

Le ministre du Travail Eric Woerth a annoncé mercredi qu'il avait décidé de déposer plainte contre X pour "dénonciation calomnieuse" auprès du tribunal de grande instance de Nanterre (Hauts-de-Seine).

Dans un communiqué, l'ancien ministre du Budget mis en cause dans l'affaire Bettencourt "dénonce les accusations mensongères dont il a fait l'objet, en particulier concernant la réception de fonds en espèces au fin de financement illégal d'activité politique".

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/societe/20100707.FAP5061/affaire-bettencourt-woerth-porte-plainte-pour-denonciation-calomnieuse.html

L'ex-comptable des Bettencourt s'appelle Claire Thibout. Son nom est dans tous les journaux : c'est elle qui a raconté le scandale des enveloppes remplies de billets de banque.

Alors pourquoi Eric Woerth porte plainte contre X ?

Et pourquoi Eric Woerth ne porte pas plainte contre Claire Thibout ?

Pourquoi ?

http://www.lemonde.fr/politique/article/2010/07/07/la-police-confirme-le-retrait-de-50-000-euros-fin-mars-2007_1384483_823448.html#ens_id=1373579

BA a dit…

Florence Woerth, l'épouse du ministre du Travail éclaboussé par l'affaire Bettencourt, a demandé au parquet de Nanterre à être entendue dans les meilleurs délais, a annoncé jeudi son avocat.
Elle a écrit au procureur de Nanterre, Philippe Courroye, "afin de lui décrire les conditions de son embauche et les fonctions qu'elle a exercées", a dit Maître Antoine Beauquier dans un communiqué.

http://fr.reuters.com/article/topNews/idFRPAE6670OB20100708

Pourquoi Florence Woerth a-t-elle écrit au procureur de Nanterre Philippe Courroye ?

Parce que Philippe Courroye est un ami : lui-aussi fait partie du clan Sarkozy.

Lisez ces enregistrements dévastateurs : ce sont deux dialogues entre Liliane Bettencourt (L.B.), Patrice de Maistre son gestionnaire de fortune (P. de M.), et Fabrice Goguel son avocat (F.G.) :

BA a dit…

Deuxième dialogue hallucinant concernant le procureur de Nanterre Philippe Courroye :

21 juillet 2009.

– L.B. : Vous êtes content ? – P. de M. : Je suis très content. Pour vous. – L.B. : Pourquoi ? – P. de M. : Euh, il faut vraiment que ça ne parte pas vers François-Marie [Banier] ce que je vais vous dire. J’ai eu l’Elysée et l’Elysée m’a dit que…– L.B. : Qui ? – P. de M. : Le palais de l’Elysée. Le conseiller de Nicolas Sarkozy. Il m’a appelé, il y a… – L.B. : Sarkozy ? – P. de M. : Non, son conseiller juridique, à l’Elysée, que je vois régulièrement pour vous. Et il m’a dit que le procureur Courroye allait annoncer le 3 septembre, normalement, que la demande de votre fille était irrecevable. Donc classer l’affaire. Donc, voilà. Mais il ne faut le dire à personne, cette fois-ci. Il faut laisser les avocats travailler. Voilà.

http://www.lepoint.fr/societe/document-affaire-bettencourt-les-enregistrements-secrets-05-07-2010-1211175_23.php

BA a dit…

12 juin 2009.

– P. de M. : Bonjour, Madame. – F.G. : Bonjour, comment allez-vous ? – L.B. : Bien. Ça fait longtemps que je ne vous ai pas vu ! – F.G. : Une semaine. Je suis ravi que vous trouviez le temps long quand vous ne me voyez pas, mais…– L.B. : Alors, où en sommes-nous ? – F.G. : Je sors du bureau du procureur de la République. Je suis allé discuter avec M. Courroye, le procureur, du dossier. J’ai voulu lui expliquer pourquoi vous refusiez qu’il y ait une nouvelle expertise [médicale]. – L.B. : Est-ce qu’il a compris, d’abord ? – F.G. : Je pense qu’il a compris, mais ça l’ennuie. En réalité, il voudrait faire juger l’affaire par l’expert. Pour lui, en fait, l’expertise est une façon de ne pas avoir de décision à prendre lui-même. Donc, il est déçu que vous n’acceptiez pas l’expertise. Mais je lui ai expliqué que vous aviez le sentiment que c’était votre fille qui poussait toute cette procédure. – L.B. : Il faut lui dire que je suis expertisée tout le temps ! (De Maistre rit.) – F.G. : C’est un peu ce que je lui ai dit. (Elle rit.) Je lui ai dit qu’il y avait une question de dignité de votre part, et que refuser de se contenter des expertises que vous avez déjà faites, ce serait sous-entendre qu’elles auraient pu être manipulées, qu’elles ne correspondraient pas à la vérité, et que vous trouvez que ce serait contraire à votre dignité. – L.B. : (S’adressant à de Maistre.) Vous êtes d’accord ? – P. de M. : Cent pour cent. – F.G. : La conclusion de cet entretien, c’est qu’il va réfléchir maintenant au dossier. Et il ne m’a absolument pas dit s’il allait arrêter l’affaire ou s’il allait saisir le tribunal. […] Il n’y aura en tout cas pas de juge d’instruction. – P. de M. : Moi, j’ai été appelé par l’Elysée pendant que Maître Goguel était chez le procureur, et donc j’y vais cet après-midi. Je ne sais pas ce qu’il va me dire. Mais, enfin, tout le monde suit ce cas. – L.B. : Qui va me voir ? – P. de M. : Non, moi, je vais à l’Elysée cet après-midi puisque le conseiller de Sarkozy m’a appelé ce matin – je ne lui avais rien demandé – pour me dire : « Je sais que Maître Goguel est chez le procureur et je veux vous voir. » […] Donc peut-être que cet après-midi, j’aurai quelque chose de nouveau. – L.B. : C’est quand même plutôt bon signe, non ? – P. de M. : Oui, il suit l’affaire…– L.B. : Et s’il s’en lavait les mains ? – P. de M. : Il suit l’affaire. Mais ils font ce qu’ils peuvent. C’est Courroye qui est le nœud du truc. C’est pas Sarkozy, c’est Courroye. – L.B. : Il est gêné aux entournures. – F.G. : Courroye aussi est très gêné. Il a très peur de devoir prendre une décision. Il pense qu’il y a des risques. C’est pour ça qu’il aurait préféré l’expertise, qui lui aurait évité le risque. – P. de M. : En tout cas, Maître Goguel et moi, on est tout à fait derrière vous pour dire que les expertises, ça suffit. Vous en avez eu assez. Et il ne peut pas vous l’imposer. – F.G. : D’autant plus que – il me l’a dit ce matin – l’expertise qu’il voulait aurait été quelque chose de très long et de très approfondi, donc de très désagréable pour vous. Il voulait faire beaucoup de recherches…

BA a dit…

L'ancienne secrétaire d'André Bettencourt confirme les dires de l'ex-comptable.

Chantal Trovel parle elle-aussi d'argent versé à des politiques.

Chantal Trovel, ancienne secrétaire particulière d’André Bettencourt, "a confirmé", selon son avocat, les affirmations de Claire Thibout sur l’argent versé à des politiques. Chantal Trovel, qui a travaillé pour André Bettencourt de la fin des années 90 jusqu’à son décès en novembre 2007, a été à son tour entendue, hier, par la Brigade Financière. Elle disposait d’un bureau au domicile du couple Bettencourt.

Si, comme la comptable, elle n’a jamais assisté à la remise d’une enveloppe, explique son conseil Antoine Gillot, elle a assuré aux policiers qu’elle savait que "Monsieur" donnait de l’agent à un certain nombre de personnalités. Selon elle, tout le personnel était "au courant".

C’est aussi ce qu’affirme le maître d’hôtel, Pascal Bonnefoy, auteur des enregistrements pirates.

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/politique/20100709.OBS6885/info-obs-l-ancienne-secretaire-d-andre-bettencourt-confirme-les-dires-de-l-ex-comptable.html

BA a dit…

Daniel Schneidermann explique comment Eric Woerth va se faire blanchir : le procureur de Nanterre Philippe Courroye et le chef de l’Inspection Générale des Finances Jean Bassères sont nommés par le pouvoir politique.

Leur carrière et leur promotion dépendent du pouvoir politique.

En clair : Eric Woerth va se faire blanchir par deux personnages qui dépendent du pouvoir politique.

Lisez cet article :

Courroye et Bassères, enquêteurs indépendants.

Ecoutez bien, dans les jours et les heures qui viennent, les présentateurs qui vous parleront "du rapport de l’Inspection des Finances", censé apprendre lundi au pays soulagé qu’Eric Woerth, non, quelle surprise, n’a pas donné d’instructions écrites, en trois exemplaires, avec copie carbone et exemplaire aux Archives Nationales, demandant de ne pas contrôler le patrimoine de Liliane Bettencourt.
Par ailleurs, non, il n’a pas donné non plus d’instruction personnelle de lui rembourser 30 millions, au titre du bouclier fiscal.
Peut-être, par la même occasion, découvrira-t-on qu’il n’a pas donné de reçu tamponné pour les enveloppes kraft demi-format, ni envoyé de bristol de remerciement après les dîners.
L’affaire aura donc sérieusement du plomb dans l’aile. Comme dit l’excellent Frédéric Lefevbre : "Tout le monde devra se taire, et certains devront s’excuser publiquement".
Ecoutez-les bien : à chaque fois qu’ils évoqueront "le rapport de l’Inspection générale des Finances", ils vous tromperont. Ce n’est pas un rapport de l’IGF, qui va être rendu lundi, mais un rapport personnel de son chef, Jean Bassères, très estimable haut fonctionnaire certainement, mais nommé par son ministre, et dont le sort ultérieur (promotion ou placard) dépend de lui, ainsi que l’explique Le Monde dans un excellent article d’une de ses spécialistes économiques.
Se faire blanchir par l’administration placée sous ses ordres : si Poutine (au hasard) avait recours à cette grosse ruse, on entend d’ici les ricanements de la presse française.
En France, on trouve encore des journalistes pour détailler la perfection du système. Meilleure preuve, selon eux : ce haut fonctionnaire a fait une partie de sa carrière sous des ministres de gauche. Imaginez jusqu’où Jean Bassères pousse le trotzkisme : il a dirigé "pendant quelques jours" le cabinet de Laurent Fabius à Bercy. Le seul fait qu’il ait accepté cette mission, dans ces conditions mirobolantes, démontre d’ailleurs assez sa parfaite indépendance : au moins, il ne craint pas les critiques.
Ainsi blanchi par son efficiente administration, le gouvernement peut aussi compter sur le parquet placé sous ses ordres. Les mêmes, qui parlent de l’enquête de l’IGF, évoquent en général "l’enquête judiciaire" qui se mène à ciel ouvert depuis quelques jours. Il n’y a pas d’enquête judiciaire pour l’instant. Il y a une enquête souverainement dirigée par le procureur Courroye. Avec zèle et efficience, il est vrai.
Toujours hier, on apprenait que la nouvelle audition, plus favorable à Sarkozy, de Claire Thibout, s’était déroulée selon son avocat "jusqu’après minuit", par des policiers dépêchés toutes affaires cessantes dans sa maison du Gard. Au moins, dans la tourmente, l’Etat fonctionne.

Daniel Schneidermann.

http://www.arretsurimages.net/vite-dit.php#8617

BA a dit…

Trois ex-employés des Bettencourt confirment la corruption de personnalités politiques. Ces trois ex-employés des Bettencourt sont :

- Claire Thibout, l'ex-comptable des Bettencourt de mai 1995 à novembre 2008 ;

- Chantal Trovel, l'ex-secrétaire de la fin des années 90 à novembre 2007 ; elle disposait d'un bureau au domicile du couple Bettencourt ;

- Pascal Bonnefoy, le maître d'hôtel, auteur des fameux enregistrements pirates qui ont déclenché une cascade de révélations.

Et en face ?

Qui trouvons-nous dans le camp d’en face ?

- Patrice de Maistre nie tout en bloc.

Patrice de Maistre est le gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt. Il a accepté la demande d'Eric Woerth d'embaucher son épouse Florence Woerth : Patrice de Maistre a embauché Florence Woerth le 12 novembre 2007 au sein de la petite entreprise qui gérait la fortune de Liliane Bettencourt. Il a été décoré de la Légion d'Honneur par Eric Woerth le 23 janvier 2008.

- De même, l’ex-banquière de Liliane Bettencourt nie tout en bloc : Eva A. dément avoir reçu une demande de retrait de 150 000 euros en liquide.

Mais l’information la plus importante est la suivante : l’ex-banquière Eva A. est l’amie de la sœur de Patrice de Maistre !

Lisez cet article :

L'ex-banquière connaissait le gestionnaire.

Lors de son audition vendredi soir, l’ancienne banquière de Liliane Bettencourt à la BNP Paribas a reconnu être une amie de la soeur de Patrice de Maistre, en faveur duquel elle a témoigné... Mais a démenti toute influence de cette relation sur ses déclarations, précise le parquet de Nanterre.

Contexte : Patrice de Maistre est mis en cause par l’ancienne comptable de la milliardaire, affirmant qu’il lui avait demandé en 2007 d’effectuer un retrait d’argent en vue de remettre 150.000 euros à Eric Woerth, alors trésorier de la campagne de Nicolas Sarkozy.

Patrice de Maistre rejette en bloc ces accusations, soutenu par l'ancienne banquière entendue une première fois jeudi 8 juillet.
Entendue une seconde fois vendredi soir pour « clarifier » ses relations avec l’entourage de Patrice de Maistre, elle a affirmé que cette proximité n’avait « strictement aucun rapport » avec la teneur de ses déclarations aux enquêteurs, a expliqué le parquet de Nanterre.

http://www.liberation.fr/politiques/0101646317-sarkozy-me-soutient-de-maniere-incroyable-se-felicite-woerth

BA a dit…

Affaire Bettencourt : le rapport qui blanchit Woerth.

INFO LE FIGARO - Selon le rapport de l'IGF que s'est procuré Le Figaro, l'ancien ministre du budget «n'est pas intervenu pour demander, empêcher ou orienter une décision ou un contrôle portant sur Mme Bettencourt, MM. Banier ou de Maistre».
L'étau se désserre autour d'Eric Woerth. Le Figaro a pu consulter le rapport de l'Inspection générale des Finances (IGF), attendu lundi et destiné à contrer ceux doutant de l'absence d'intervention de l'actuel ministre du Travail dans le dossier fiscal de Liliane Bettencourt. En conclusion, l'IGF est très clair : «M. Eric Woerth, durant la période où il était ministre du budget, n'est pas intervenu auprès des services placés sous son autorité pour demander, empêcher ou orienter une décision ou un contrôle portant sur Mme Bettencourt, MM. Banier ou de Maistre, ainsi que sur les sociétés Téthys et Clymène».
Par ailleurs, «les informations obtenues dans le cadre du contrôle fiscal de M. Banier, notamment de source judiciaire, n'étaient pas de nature à conduire l'administration à déclencher un examen de la situation fiscale personnelle de Mme Bettencourt.»

http://www.lefigaro.fr/politique/2010/07/11/01002-20100711ARTFIG00129-affaire-bettencourt-le-rapport-qui-blanchit-woerth.php

Pipeau !
C'est un rapport pipeau !
Pour comprendre pourquoi ce rapport est complètement pipeau, lisez cet article :

Woerth : le rapport déjà contesté.

François Baroin veut "obtenir de l’inspection générale des finances (IGF) la preuve de l’absence d’intervention de son prédécesseur, Eric Woerth, dans le dossier fiscal de la milliardaire Liliane Bettencourt" constate Le Monde, mais la procédure choisie n’est pas habituelle.
"Le rapport n’a pas été commandé à l’IGF, comme il est d’usage, mais à son chef, Jean Bassères. L’IGF n’a pas travaillé selon ses méthodes habituelles, collectives, contradictoires et inquisitoriales. Ce ne sera pas un rapport de l’IGF, mais de son patron. Il a été confié directement par le ministre au haut fonctionnaire qu’il a nommé ", souligne un ancien chef de l’IGF.
"Le délai très court imparti à M. Bassères pose aussi question."
"Ce ne sont pas de bonnes méthodes, relève un autre expert de l’IGF. Comment huit jours peuvent-ils suffire pour voir ce qu’a fait l’administration générale, aller au fond du dossier transmis par le procureur de Nanterre en janvier 2009, sur de possibles fraudes fiscales liées à l’enquête pour "abus de faiblesse" visant le photographe François-Marie Banier ?"
"Jamais par le passé, rappelle cette source, un rapport de l’IGF n’a mis en cause un ministre ou un gouvernement. On ne peut demander l’impossible à ses membres, ils ne bénéficient pas des garanties de neutralité ou d’inamovibilité des magistrats de la Cour des comptes ou du Conseil d’Etat."

Gilles Klein.

http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=8619

BA a dit…

Vendredi 9 juillet, Daniel Schneidermann expliquait comment Eric Woerth allait se faire blanchir : le procureur de Nanterre Philippe Courroye et le chef de l’Inspection Générale des Finances Jean Bassères sont à la manœuvre.

Ils sont nommés par le gouvernement.

Leur carrière et leur promotion dépendent du gouvernement.
En clair : Eric Woerth va se faire blanchir par deux fonctionnaires qui sont sous les ordres du gouvernement.

1- Philippe Courroye n’a aucune indépendance pour mener l’enquête, d’autant plus que les enregistrements pirates montrent qu’il fait partie des amis de Sarkozy.

2- Jean Bassères n’a lui non plus aucune indépendance pour écrire en quelques jours le rapport complètement pipeau qui « blanchit » Eric Woerth.

3- Ces deux hauts-fonctionnaires zélés font ce que le gouvernement veut qu’ils fassent : blanchir Eric Woerth, coûte que coûte.

Lisez cet article :

Courroye et Bassères, enquêteurs indépendants.

http://www.arretsurimages.net/vite-dit.php#8617

BA a dit…

René Teulade a ainsi obtenu des indemnités de sujétion, de représentation et de mission conseil pour plus de 45.000 euros et engagé des dépenses de plus de 33.000 euros réglées avec une carte bancaire de la mutuelle, a relevé la JUGE D'INSTRUCTION parisienne Sylvia Legendre dans son ordonnance.

http://www.lefigaro.fr/politique/2010/07/12/01002-20100712ARTFIG00622-l-ancien-ministre-teulade-renvoye-devant-le-tribunal.php

Quand un ministre socialiste est mis en cause, l'enquête est confiée à un JUGE D'INSTRUCTION indépendant du pouvoir politique.

Mais en revanche, quand le ministre UMP Eric Woerth est mis en cause, l'enquête est confiée à deux personnages qui sont aux ordres du pouvoir politique :
- le procureur de Nanterre Philippe Courroye,
- et le chef de l'Inspection Générale des Finances Jean Bassères (Jean Bassères qui vient de rendre un rapport qui "blanchit" Eric Woerth, comme par hasard).

Toute la différence est là !

Le pouvoir politique nomme, donne une note, placardise, ou donne une promotion à deux hommes : le procureur de Nanterre Philippe Courroye, et le chef de l'Inspection Générale des Finances Jean Bassères.

L'enquête sur le scandale Bettencourt-Woerth est confiée à deux hommes qui dépendent du pouvoir politique !

Cette enquête n'est pas confiée à un JUGE D'INSTRUCTION indépendant du pouvoir politique !

BA a dit…

Maistre - Woerth : le document qui dérange.

Le document que nous publions ci-dessous éclaire d’un jour nouveau les dons faits par l’héritière de l’Oréal et son époux au parti présidentiel. Ce "mémo strictement personnel et confidentiel" a été adressé à André Bettencourt par Patrice de Maistre - le gestionnaire de fortune de la milliardaire - le 29 septembre 2006. Son "objet" ? "Financement UMP, NS".

Les dernières initiales désignant, de toute évidence, Nicolas Sarkozy.

"Nous avons convenu, avec Monsieur Woerth, écrit Patrice de Maistre dans ce courrier, que vous pourriez faire déposer ces quatre chèques à son attention, à l’UMP 55 rue de la Boétie Paris 8eme".

Quatre chèques ? "Pour la campagne présidentielle, explique Maistre, chaque personne peut donner jusqu’à 4.500 euros [en réalité 4.600 euros, plafond prévu par la loi pour un candidat]. Nicolas Sarkozy n’étant pas encore candidat déclaré, cette contribution n’est pas à l’ordre du jour. Votre épouse et vous-même pouvez donc faire chacun un chèque de 7.500 euros [plafond prévu pour un parti], à (…) l’Association Nationale de financement de l’UMP (ANFUMP), et à l’association de soutien à l’action de Nicolas Sarkozy".

Selon le conseiller, Liliane et André ont donc la possibilité de signer en toute légalité deux chèques chacun, pour Nicolas Sarkozy et pour le parti qui doit l’amener jusqu’à l’Elysée. Au total, c’est donc 30.000 euros que le couple aurait versé dès 2006 (plus 7.500 euros "utilisé par Monsieur Renaud Donnedieu de Vabres" précise le memo). Ce document soulève trois questions.

1/ Quel est le montant exact des dons faits par les Bettencourt au parti de Nicolas Sarkozy, ces dernières années ? "Je n’ai pas à le dire" s’est offusqué Eric Woerth le 27 juin dernier sur RTL. "Madame Bettencourt a beau être milliardaire, elle ne peut donner plus de 7.500 euros par an à un parti politique. Voilà de quoi on parle !" avait-il assuré au JDD une semaine plus tôt.

2/ La loi a-t-elle été respectée? Sans parler des accusations de financements illégaux portées par l’ex comptable Claire Thibout, les chèques suggérés par Maistre pourraient illustrer un constat déjà fait par la Commission nationale des comptes de campagne et de financement politique dans son rapport de 2006. La "création de partis satellites" dit la Cnccfp "a pour conséquence de faciliter le détournement de la loi". Le Nouvel Observateur avait déjà révélé que Liliane Bettencourt avait signé trois chèques pour les régionales de 2010 : un pour Valérie Pécresse (qui se présentait à l’élection), un pour l’Association de financement de UMP, et un dernier pour le micro parti de l’ex ministre du budget, l’"Association de soutien à Eric Woerth", qui lui n’était pas candidat.

3/ Quelles relations entretiennent Eric Woerth et Patrice de Maistre ? Le gestionnaire de fortune de Mme Bettencourt disait ne pas avoir eu de relation "en tête à tête" avec le trésorier de l’UMP avant 2007. Il a également expliqué aux policiers qu’il ne s’était "jamais occupé d’hommes politiques" et de financement de parti avant les régionales de 2010. Le mémo semble prouver le contraire.

La fréquence des rencontres entre l’actuel ministre du travail et le conseiller financier est aussi attestée par les agendas de ce dernier (consultés par les enquêteurs). Ainsi que par le rapport de l’IGF qui mentionne, qu’à trois reprises - 9 septembre 2007, 9 novembre 2007 et 22 juin 2009 - Patrice de Maistre a été reçu par la cellule fiscale de Bercy "à la demande du ministre".

Marie-France Etchegoin.

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/politique/20100713.OBS7079/info-obs-maistre-woerth-le-document-qui-derange.html

BA a dit…

Liliane Bettencourt vient de déclarer :

« Il est absurde de penser que des hommes politiques aient pu recevoir des enveloppes à notre table », se serait exclamé l'héritière de L'Oréal lors d'un récent entretien avec son conseil, avant d'ajouter : « Si cela avait été le cas, jamais la secrétaire comptable Claire Thibout n'en aurait été informée. »

Selon Maître Kiejman, Liliane Bettencourt aurait même ironisé : « Remettre des enveloppes à table serait vraiment une entorse à la bonne éducation…»

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2010/07/14/01016-20100714ARTFIG00426-liliane-bettencourt-ordonne-un-audit-de-ses-societes.php

Mais Claire Thibout n'a jamais dit que les enveloppes étaient données à des hommes politiques à la table des Bettencourt, pendant le repas.

Claire Thibout , l'ex-comptable des Bettencourt de mai 1995 à novembre 2008, raconte que des hommes politiques recevaient de l'argent liquide après le repas, dans l'un des petits salons situés au rez-de-chaussée.

Par exemple, Claire Thibout raconte :

« Nicolas Sarkozy recevait aussi son enveloppe, ça se passait dans l’un des petits salons situés au rez-de-chaussée, près de la salle à manger. Ca se passait généralement après le repas, tout le monde le savait dans la maison. Comme M. et Mme Bettencourt souffraient tous les deux de surdité, ils parlaient très forts et de l’autre côté de la porte, on entendait souvent des choses que l’on n’aurait pas dû entendre. Encore une fois, tout le monde savait dans la maison que Sarkozy aussi allait voir les Bettencourt pour récupérer de l’argent. C’était un habitué. Le jour où il venait, lui comme les autres d’ailleurs, on me demandait juste avant le repas d’apporter une enveloppe kraft demi-format, avec laquelle il repartait. Je ne suis pas stupide quand même, inutile de me faire un dessin pour comprendre ce qu’il se passait... ».

http://www.mediapart.fr/journal/france/060710/lex-comptable-des-bettencourt-accuse-des-enveloppes-dargent-woerth-et-sarkozy#comment-571471