vendredi 29 mai 2009

Banalités des bourreaux débonnaires

Illustration : Panorama de France.
Jeudi, 11h00 :

HAINE ès TV

- "Je refuse la dictature des bons sentiments."

Quand monarque pas content à 9 jours des élections, monarque brandir ainsi faits-divers et sortir canons pour fouiller cartables.

Est-ce pour s'épargner des bastons d’enfants ? Est-ce pour éviter des attentats ? Est-ce pour réduire la délinquance ? Bien sur que non. Vieil électeur, l’UMP a bien trop besoin de ta peur pour perpétuer son pouvoir. C'est pour cela qu'il te caresse dans le sens de la terreur : Plus ça va mal autour de toi, plus tu roules pour lui. Pourquoi s'en priverait-il ? Avec toi cette politique fait, dans tous les sens du terme, un vrai malheur.


Un cycle d'actualités commence, un autre s'achève. Au moment où le Kaiser Kinder lance tambour battant devant un parterre au garde-à-vous son programme européen (code name : Karcher 2) pour bouter les Ben-Laden-babies hors des cages d’escalier et transformer les collèges en décor de film Europa Corp, on apprend que Julien Coupat va être remis en liberté au terme de 7 mois de détention.

Des journalistes (hors Figaro) aux politiques (hors secte), on s’accordait à dire dès le second jour que cet emprisonnement était injustifié. Il fut prolongé par volonté politique de faire de "l'insurgé" un exemple.

Jeune, en démocratie antiterroriste, tu as le choix : Fais des études et tais-toi, bosses en contrat-pro ou alors ne sois pas d’accord mais tu finiras comme Coupat !

Contenter les uns avec de la rhétorique sécuritaire, soumettre les autres par la terreur. Suivant tes revenus : Flatter les fantasmes et générer de la soumission. Atomiser l'opposition grâce à un enfumage frénétique de polémiques, le tout sur fond de privatisation de la nation. Au fond, c'est simple un programme UMP.

14h39 : J’imaginai que la nouvelle de la libération déplacerait un peu plus les foules. Je fais un crochet par le charbonneux mausolée des peines. Une poignée de journalistes se grillent des roulées devant la porte en fer, sous la grisaille. C'est du discret. On est loin de la communication à gros sabots, avec équipe TV embedded, de l'arrestation de l'ennemi public numéro 1 qui ressemble tant à l'exploitation faite aujourd'hui de faits-divers servant de terreau à la campagne européenne d'un parti en peine de résultats et dont, dans les 2 cas (faits-divers et résultats), les dindons sont les jeunes.

14h40 : J’apprends au pied de la prison que personne ne sait vraiment quand Julien sera relâché. J’apprends que sa liberté sera au rabais, sous conditions, que le provincial ne pourra pas quitter l’île-de-France, qu'il ne devra pas rencontrer les autres mis en examen parmi lesquels je crois sa compagne et la mère de son enfant. Même en liberté, cassons l'innocent.


14h50 : Je repars sur le boulevard Arago. Une voiture de police ralentit à mon niveau. Quelques regards, elle part. Intimidation standard.

Là, il faudrait être plus exigeant que le monarque et refuser - seulement - la dictature, que ne constate-je autour en épiant les conversations des étudiants aux terrasses des cafés à 400 mètres de la prison de Julien ? Une totale résignation à la logique des oppresseurs. Ça sait à peine articuler une pensée plus longue qu'un texto que ça ne parle déjà que meilleur taux, bonnes affaires à faire et stage d'été pas payé mais tellement bénéfique pour "ma carrière dans le monde de la banque parce que y a que là qu'on peut faire grave du blé". A la terrasse du café des cons, en prison ou pas, Julien n'est pas une peur, pas même un sujet de conversation. Ici, à 21 ans, on est déjà comme ses parents : Inquiet pour ses points de retraite.

18h20 : La nouvelle de la libération est effective mais déjà promise à l'enfouissement sous la percée des français à Roland-Garros.

23h10 : Extrait du Grand Journal de Denisot et intervention de Michèle Alliot-Marie, ministre du décor de l’intérieur. En substance, au sujet de Julien elle ne regrette rien. Pis, c’est même pas sa faute. Denisot ne relance pas.

Disciplinée et au fait des dernières tendances vestimentaires, la centaine de jeunes sur le plateau applaudit le bourreau avant la pub, comme convenu avec le chauffeur de salle. La télé, c'est comme les mises en détention abusives, ça vient d'en haut et ça se respecte sans moufeter. Naïf que je suis, j'ai cru qu'ils siffleraient la ministre.

Comment dénoncer le sans-gêne du pouvoir dans un pays sans jeune ?

Il est tard. Sur le poste, tourne cette vidéo de Will.I.am :




'sont forts quand même ces 'ricains.

14 commentaires:

Vincent a dit…

Et putain... J'ai tapé du pied.. Quel con !

Anonyme a dit…

Ces égotistes accros du Net qui déversent leur logorrhée sur le monde sont la crème des apathiques et vaniteux. Ils prolifèrent dans l'âge des ténébres et disparaitont avec.

Thomas a dit…

Bla bla bla les jeunes.
Qui aujourd'hui sont presque plus conformistes que leurs parents. Arretes de rever Seb, tu fais partie des dernieres générations qui ont eu le luxe d'avoir acces a un minimum d'épaisseur culturelle. Et toi qui a cette chance tu choisis de rester désengagé probablement parce que tu as encore quelque chose a y perdre. Des amis, des privileges matériels ou relationnels quelconques. Tout simplement ton comfort personnel, peut etre.

Tes digressions sans fin sur les vieux, les jeunes, sarkozy a la plage, hadopi fait du vélo, sont completement inconséquentes sans mettre derriere autre chose qu'un individualisme masturbatoire, meme éclairé.

A moins que toi aussi tu n'aies peur du terrible lobby Iranien, on me fait dire qu'il est tres puissant en France.

Anonyme a dit…

encore de la bonne branlette! merci Seb, tu commençais à me manquer... mais avec une telle cadence tu vas finir par nous sécher!

delkend a dit…

@Thomas
Il me semble que Seb est un écrivain (plutôt bon d'ailleurs); c'est dejà faire quelque chose pour les autres que d'écrire.
Ensuite le provoquer à chaque post pour le faire soutenir plus activement la liste de Dieudo ne me paraît pas très louable, plutôt disuasif même.

Si tu veux faire qqe chose pour soutenir la liste va dans les facultés informer ces jeunes (incultes, fausse-gauchisés, écolo-crétins et complètements niais)* et poser des affiches si tu penses qu'il y a encore un espoir =) .


* [ petite exagération ]

Thomas a dit…

"c'est dejà faire quelque chose pour les autres que d'écrire."

Mais des intellectuels incapables de se bouger quand il est l'heure de FAIRE plutot que d'observer, on en a déja des tonnes, que dis-je des kilotonnes. Une infinité, presque.

Et je veux pas dramatiser non plus, mais quand meme, je crois qu'on peut affirmer que le besoin de politiquement incorrect est URGENT. Les quelques cerveaux éveillés qui restent étouffent.

Alors refuser de se mouiller quand il y a une opportunité comme celle la, ca lui permettra plus tard d'écrire d'autres bouquins sur "oulala c'est encore plus la misere qu'avant". C'est la prophétie auto réalisatrice, le fond de commerce de l'aigri qui se dit que pour éviter de perdre (comme si c'était une honte terrible de pouvoir se tromper) il vaut mieux ne pas jouer.

Et quand les dissidents pourvu de couilles vous font la grace d'aller prendre les coups en premier et qu'on est toujours pas foutu de bouger son cul, il faut vraiment avoir honte de rien pour continuer a gémir sur le sort du monde qui nous entoure.

Les jérémiades sur le monde pourri, a partir de maintenant, je dis A D'AUTRES. Parce que la "banalité de l'intellectuel planqué", ca pourrait faire un bon article aussi.

Thomas a dit…

Le fameux Zemmour avait répondu brillemment d'ailleurs a un abruti tenant de l'hypothese selon laquelle les écrivains ne devaient pas faire de politique.

seb musset a dit…

De l'importance de croire, et pour asseoir ses certitudes, à défaut les mots, de faire table rase de tout ce qui ne pense pas comme tel.

Ça donne envie de vous voir un jour de vous voir aux manettes.

Pire que celui qui veut le pouvoir : Celui qui lui donne.

seb musset a dit…

...et puis pour les aigris se plaignant des aigris, je les invite à faire leur blog, ou ils pourront en toute liberté (pour le moment) exprimer leur vision du monde, des grands penseurs et de Plus Belle la vie.

Promis, je ne viendrais pas les déranger. Même anonymement.

Thomas a dit…

Mais Seb ne pas "croire" c'est déja acquis. Ton slogan, il est périmé, c'est celui du pouvoir.

Arretez de croitre: malthusianisme pseudo écolo qui finit par justifier et avortement et euthanasie (entre autres programmes eugénistes a grande échelle d'organisations mondiales), et dont apres on se servira pour dire qu'on a besoin d'immigration pour assurer le renouvellement... tu es déja du coté des dominants. Le petit blanc qui assure son auto-élimination.

Arretez de croire: c'est déja le cas! Qui croit encore en quelque chose de transcendent, qui a l'audace d'etre croyant en France en 2009? Faudrait quand meme pas se foutre de la gueule du monde. Il reste qui, les musulmans (et encore), et je suppose que tu n'as pas manqué de voir comment ils sont traités par les médias. Comme si la croyance était partout... La méfiance généralisée, le refus de croire, il est institutionalisé Seb. Et la tu peux t'amuser a voir les divagations d'un Stiegler sur le réenchantement du monde et l'absence de sacré.

Bref, ton slogan est doublement périmé, tu penses que refuser de croire est subversif alors que c'est un ordre du pouvoir, tu penses qu'arreter de croitre est un projet progressiste alors que le "controle de la population" est dans toutes les bouches des mondialistes eugénistes les plus dégueulasses. Voir Attali qui parle de la grippe porcine, c'est spécial!

Allez j'arrete la mais tu es suffisemment intelligent il me semble pour te rendre compte que tu as deux trains de retard, alors si tu veux nous dire que méchant Dieudo attention cépabien, il faudrait le faire avec des arguments un peu plus frais (par exemple: OH NON LE LOBBY IRANIEN - voir CGB)

Anonyme a dit…

"...et puis pour les aigris se plaignant des aigris, je les invite à faire leur blog, ou ils pourront en toute liberté (pour le moment) exprimer leur vision du monde, des grands penseurs et de Plus Belle la vie."

Faut être un petit con prétentieux pour faire cela, c'est le dialogue qui peut éventuellement être intéressant, pas ce genre de conneries égocentriques.
Ta plume, tu peux te la foutre où je pense car elle n'est ni poétique, ni révolutionnaire, tu la trempes chaque jour dans une encre bien noire et bien sale, ne t'étonnes pas, un jour, de laisser des traces derrière toi.

delkend a dit…

Je croyais que le slogan était "ne pas croire les images"; en référence aux médias(-mensonges).

Quant à Dieudo je n'ai pas vu de post sur ce blog disant du mal de ce qu'il fait, au contraire.
Sans passer par la télévision je vois mal comment Seb pourrait faire quoi que ce soit pour aider Dieudo; quand bien même il le ferait ce serait la fin de sa carrière, avec peut être en prime, certaines milices communautaires sur le dos.
Tout ça avec des chances faibles de convaincre les jeunes de la petite bourgeoisie blanche, si prompts à aller manifester quand et où on leur dit sans même savoir pourquoi.

De plus je pense que la liste de Dieudo a déjà atteint ses objectifs en attirant l'attention en France et dans le reste du monde. Et les Français "d'en bas" vont avoir le temps d'étudier la question puisqu'ils vont bientôt tous être au chômage.

Je comprend ta frustration Thomas, mais à mon avis, c'est en posant des affiches partout que tu pourra vraiment aider la liste.

Point de vue sur ... a dit…

Je ne sais pas trop où écrire cela et où lancer le débat mais je serai curieux d'entendre votre réaction, Mr Musset sur les primes de 50000€ promises aux 1120 salariés licenciés de chez Continental.

J'ai déjà une petite idée là-dessus mais j'attends avec impatience votre avis, ou celui de GM

http://pointdevuesur.over-blog.com/article-32168464.html

cédric a dit…

+1 seb