mercredi 21 janvier 2009

Dictons et disparition

Parce que je suis tombé hier soir sur l'exégèse des lieux communs de Léon Bloy et pour cause d'extrême lassitude en rapport avec mes activités littéraires du moment, je rimerai ce billet d'humeur sur fond d'actualités avec quelques maximes creuses appropriées à notre époque de redondantes barbaries, tues ou travesties.

Tsahal s'est retiré de Gaza juste à temps pour l’investiture de Barack Obama à la présidence des États-Unis. Résultat : 1300 morts pour rien. Les bons comptes font toujours les bons amis et les mêmes causes non résolues n'ont pas fini de produire les mêmes effets. Au passage, nous aurons eu encore une fois la vérification que toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire.

Ce 20 janvier, accompagnant les 2 millions de désemparés rassemblés devant Le Capitole, le monde communie autour du messie noir qui, pour l'après-midi au moins, sauve l’Amérique lui insufflant cet espoir à même d'émerveiller ou rendre jaloux des Français qui, eux, en sont dépourvus depuis 1983.

Derrière l'avancée symbolique, preuve que l'occasion fait le larron et que tout vient à point aux discriminés qui savent attendre et, face à cette énième démonstration démesurée sur gazon taillé, de l’absolue nécessité pour l’homme de croire, songeons à ce que les meilleures choses n'ont qu'un temps mais
gardons-nous de juger un livre sur la couverture, ce que le monde média fait depuis trois mois.

Ne pas bouder son plaisir :
Ce jour est à marquer d’une pierre blanche. Les journalistes français s'agenouillèrent avec soumission et respect vers la dernière branche de la sainte trinité occidentale (Hollywood/Wall street et Maison-Blanche) pour scander le nom de son père dans un live continu de 8 heures.

Pour la première fois depuis deux ans, les français purent se délecter de 24 heures d'information télévisée expurgée de toute trace de leur président, rétrogradé chef de secteur régional. C'est connu, à la télé et même s'ils sont fans d'Amérique, les absents ont toujours tort. V
exé d'être ignoré des titres, des articles et des analyses de Christine Nay, parions que le vox-populator (à sur élévation d'ego compensée pour la journée), nous prépare dans l’intimité d’une réunion de publicistes, une réforme fétide dont il a le secret et qui le replacera au centre de sa République sur mesure à défaut d'être le numéro un dans le cœur des français. A l'impossible nul n'est tenu. L'électeur américain ayant choisi un homme grand, pondéré et de couleur parce qu'il lui semble différent, l'électeur français, lui, opta en son temps pour un chef grossièrement taillé, malpoli et médiocre parce qu'il lui était le plus ressemblant.

Ci-joint une autre vision (acoustique) d'un chanteur afro-américain sur Abraham Lincoln dont l'héritage, sous prétexte d'History-in-the-making, est copieusement revisité ces jours-ci.


4 commentaires:

jameswest a dit…

Entièrement d'accord avec la dernière partie de ton billet, effectivement les français ont voté pour le nain parce que depuis quelques années ils sont aussi vulgaires que lui, tout du moins ceux qui ont voté pour lui, c'est m'a-tu-vu et et esbroufe à tous les étages, bref ils ont voté pour le vendeur de chez Darty, et ces cons ils ont même pris la garantie supplémentaire que ces commerciaux essaient de refourguer quand on achète n'importe quel appareil ménager.

ZapPow a dit…

L'électeur américain a choisi un homme grand, pondéré et de couleur parce qu'il lui semble différent. L'électeur français, lui, a opté pour un chef court, quelconque, malpoli et médiocre, parce qu'il lui était le plus ressemblant.

Superbe formule. À mettre sous license WTFPL.

aude a dit…

Moui... Je suis plutôt d'accord avec la première partie mais bon...
En tout cas, merci pour ton blog, c'est un vrai plaisir à lire.

Rouge Le Renard a dit…

Putain elle est classe ta lassitude SMUSSET !

j'adore...

une délectation ces billets.

le dernier sur le lien entre la médiocrité du président correspondant en tous points à la misère du peuple de France est carrément lumineuse.

Salut à toi.