samedi 18 octobre 2008

Ils avaient tous une excuse (mais pas la même !)

Après "l’euphorie du sauvetage" et avant "la revanche de la récession" suivi de "la facture sonne toujours deux fois", nous avons eu le droit à un petit épisode de "l’honneur de la nation est en péril" bien monté en mayonnaise mais avec ses grumeaux de com' si gros qu'ils écœurent jusqu’aux plus patriotes d’entre nous.

Pauvres ministres, pauvres conseillers de ministres, pauvres publicistes de conseillers : Ils avaient tous une excuse mais pas la même !

La cacophonie des réactions gouvernementales (pourtant préméditées) après la prise d’otage émotionnelle autour d’un symbole chanté dont au lieu de s’interroger sur ce qu’il symbolise on ferait de mieux de se demander par qui il est aujourd'hui symbolisé, prouve encore une fois que ce gouvernement, en plus de dire n’importe quoi, fait n’importe quoi.

Si notre super président (persuadé que le football appartient à La France) "sauve la finance" de la même manière qu’il règle les soubresauts des supporters en stade, je prédis une apocalyptique année 2009 aux petits épargnants.

Je vous présente mes excuses, je suis moi-même tombé dans ce piège polémique : Une situation insoluble (à moins de supprimer le foot) qui ne peut que diviser et renforcer les réactions épidermiques, un contre-feu destiné à faire oublier les cataclysmes économiques qui vont s’abattre sur La France. Triste coup de communication prémédité mais rapidement démonté par une gestion calamiteuse et qui, vu le contexte social et économique, éclate en vol comme le faux-problème ultime. Même Platini n'est pas dupe !

Comment n'ai-je pas pu voir que cette chantilly fut montée dans le seul but de rassurer l'électorat sarkoziste (middle-class de droite et petits retraités angoissés par toute cette agitation financière à laquelle ils ne comprennent rien si ce n'est qu'ils se font plumer) quant aux aptitudes de leur poulain à défendre la nation face à l'adversité ?

Piège de débutant tendu par un pouvoir sans idée qui s'enlise dans de vieilles recettes d'"union nationale" pour focaliser les mécontentements sur le "méchant envahisseur", bouc-émissaire expiatoire, qu'il soit "capitaliste déraisonnable" ou "siffleur de trouble d'origine pas française".

Pour répondre à certains courriels m’accusant de glisser dans "le boboïsme du laisser-faire" et pour en finir avec cette polémique à deux balles : Je crois aux réalités quotidiennes d’un pays et non à son folklore (spécialement quand il est dans les mains des kadors du genre de ceux qui nous dirigent.). Ghettos, Sdf, travailleurs-pauvres, jeunes exploités et éternels précaires : Tant qu'il y aura des français mis en toute décontraction au ban de la nation, et dont ceux bien au chaud exigent qu'ils respectent l'hymne national, la chansonnette aura a mes yeux autant de valeur que La danse des canards.

A cette république de (re)faire qu'un jour tous ses ressortissants soient fiers de la chanter.

Je laisse Grand François conclure cette mise au point. C’était 5 jours avant le match France-Tunisie. Je l’interrogeai sur la faculté de notre état pourtant si attaché au souvenir de « sa révolution » fondatrice d’emprisonner, encore une fois, Jean-Marc Rouillan pour avoir prononcé cette phrase dans une interview (pour un magazine de droite) :

« En tant que communiste, je reste convaincu que la lutte armée à un moment du processus révolutionnaire est nécessaire. »

Grand François en est venu un faire un parallèle prémonitoire avec La Marseillaise qui, si elle a encore un sens, n'a pas à être chantée par des sportifs payés un siècle de smic par mois par un fabriquant (en chine) de chaussures à crampons.

Comme le dit Noam Chomsky (dans cet ouvrage si mes souvenirs sont bons), « résistant » ou « terroriste » sont 2 termes qui en disent plus sur ceux qui les prononcent que sur ceux qu’ils désignent.

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