samedi 28 juin 2008

POURQUOI LE SARKOZYSME A DE BEAUX JOURS DEVANT LUI (sauce barbeccue)

Je m’attendais à une purge de la plus grande espèce. Il en fut ainsi mais mieux encore. Cette soirée en milieu Bi-Bo (bien bourgeois) aura été riche d’enseignement politique.

J’y allais pourtant à recule-talons, appréhendant cette soirée les bras fermés. Ma moitié m’avait entraîné dans quelque guet-apens nocturne à ciel ouvert entre gens arrivées comme il le fallait. Chaque année, avant leur grande transhumance sud-estivale vers des résidences plus secondaires, les gens du cercle s’encanaillaient entre eux à rôtir sur braise quelques merguez avant de se dire adieu. La sauterie était pour certains d’entre eux, le pic de leur année sexuelle.

Les retraités, et ceux qui l’étaient presque, avaient beau porter la montre qui brillait comme une vraie et descendre de 4X4 rehaussés en plateforme pétrolière, ils portaient beau le costume Celio et la robe à fleurs. Sur le gazon monotone certifié NF, les jeunes "seniors" déblatéraient perte de pouvoir d’achat, verres de kir et dernier Gps portatif portés en bandoulière. J’eux un moment de flottement devant ce parterre de maladroites mondanités sur fond de Marne au crépuscule. La faute sûrement aux effluves mêlés de parfums pour ménopausées.

Au connaromêtre, je notais que ces dernières écrasaient la concurrence.


- Ah non tu es folle ! Répliqua cette épouse. « Picard », j’ai plus les moyens. Maintenant, j’envois mon aide à domicile au supermarché.

- Au supermarché ! s’effarait l’hôtesse de maison dans son ensemble Gerbirama, originellement conçu pour draper le centre Beaubourg.

- Oui au « Casino »*.

- Ouf ça va !

J’errai désenchanté entre les coupettes de mousseux et les macarons pure imitation « Des racines et des ailes » en me morfondant sur le manque d’audace de mon argumentaire anti-sarkozyste.

Pire ici, en milieu pré-gériatrique de moyenne banlieue dont le score classique de n’importe quel parti pourvu qu’il ne fut pas de gauche atteignait 85% au deuxième tour de chaque élection, toute tentative de contre-discours à la bonne pensée gouvernementale me vouait, au moins en idée, à me substituer à la dernière merguez dans l’esprit des satisfaits.

J’en resta à l’alcool et à quelques sourires.

Et puis je dois l’avouer, j’étais assommé par cette semaine de chaleur et d’offensive législative d’un président tirant tout azimut jusqu'au point hallucinogène de choquer Thierry Mariani.
Le stagiaire-dictateur avait enchaîné en quelques jours des rafales de mesures unilatérales, liberticides, anti-humaines en un mot totalitaires, au point que cela en était aberrant pour une partie de ses proches, ce qui avouons-le est un signe inquiétant.

Je m’étonnais donc, dans ce G8 de quartier, de la persistance crasse du soutien de la politique gouvernementale actuelle. Pourquoi, l'aiment-ils encore? Question traditionnelle à laquelle je réponds souvent par la drogue.

Noyant mes convictions dans la boisson, j’assistais hagard à la polémique du soir relative au parasitisme des chômeurs "si habilement disséqué tu verras dans le dernier dossier du Fig mag". Soudain, pour une banale question de taille de Monte-Cristo, la conversation dériva sur le ridicule montant des retraites respectives**.
Il fut vite acquit que, là aussi, c’était la faute aux chômeurs eux-mêmes manipulés par les enseignants à la solde de France 2 et qu’il fallait mettre tout cela en zone de rétention où ils tiendraient compagnie aux sidaïques et que notre argent serait mieux dépenser.

Au travers du graillon, s’esquissaient des réponses.

Je compris que :

1 / Les retraites de ces multi-propriétaires, bailleurs, spéculateurs, assurancés-vie, porteurs de part et gestionnaires avisés, n’étaient parfois que de légers compléments de revenus, type argent de poche.

2 / Eux, si prompt à dénoncer les injustices libérales dont étaient coupables les petites gens, ne se montraient pas peu fier de contourner la loi, eux, « les moyens plutôt supérieurs» qui « bossaient dur et s’étaient construits eux-même un capital » (que dis-je un capital, un royaume merveilleux). Attention, en presque toute légalité.
Ils avaient même le sentiment que leur poulain, le président, les encouragerait personnellement s’il savait. D’ailleurs, il le sait. Et ces électeurs pas à plaindre, cons tout terrain mais garantis pointus question fric, savent qu’il sait. Accord tacite de mutuelle pérennité renouvelé chaque quinquennat par un vote.

Madame Claude 64 ans, profession épouse de patron de PME, me donna malgré elle, en toute décontraction avec une pointe de vantardise, la réponse définitive.

Elle qui avait travaillé en tout et pour tout six ans dans sa vie, à bientôt soixante-cinq et, par un jeu de ruses mesquines dont est friande mon entourage d’un soir, elle allait cumuler une retraite aimable et une rémunération pour emploi fictif grâce aux nouvelles dispositions gouvernementales pour "l’emploi des seniors" qui tombaient à pic.

- A trois mois prés, ça marchait pas ! Pouffa t-elle

- Joli cadeau d’anniversaire. Répondit l’autre.

- Oui et en plus je vais être grand-mère.

Malgré l’avalanche des mesures impopulaires des dix derniers jours, j’avais devant moi une belle brochette d’aficionados requinqués par la politique présidentielle de la semaine. Pas un n’avait moins de soixante ans.

Et pour les autres, qu’ils soient sans papiers, chômeurs, sdf, précaires, stagiaires, jeunes, de gauche, d’extrême gauche, ceux à enfermer sans justification, pequenauds de province, analphabètes ouvriers ou crétins de smicard ? Quels autres ? Des coupables, c’était certain.

Moi aussi, j’étais certain. Finalement grâce à eux, j’avais retrouvé la pèche et des idées bien claires. Quoique que titubant sévère, craignant pour ma crédibilité, je préférais ne pas les exprimer.

Cette génération n’en finira jamais de me foutre la gerbe. Inconsciente de tout sauf de son pré carré, de ses fortifications pavillonnaires et de ses petites habitudes rentières, elle ferme les yeux sur l’infamie pour les autres, en se cramponnant à son confort et ses certitudes. Enfin, j’en aurai bien profité, me pétant le ventre de champagne et de gigot.

Sachez que le combat sera dur et qu’ils sont tenaces. Sachez qu’ils représentent les deux tiers du vote Sarko, qu’ils sont majoritaires dans le corps électoral et encore plus nombreux en 2012.


* Notons quand même que les temps sont durs pour tous. Le « Casino » aux yeux d'un petit- bourgeois c’est comme un petit-bourgeois aux yeux d'un riche : une infamie.

** dont le niveau moyen individuel équivaut à la louche à sept salaires de stagiaires.

9 commentaires:

ranik a dit…

ça me rappelle une soirée organisée
par sup de co Paris,il y a très longtemps,dans un chateau de banlieue!Déja leur arrogance,leurs plans bourges et autres me faisaient gerber,et comme toi,alcoolisé j'errais parmi ces personnages convenus et ennuyeux pour me retrouver plus tard au bistrot du village à fuir ce monde avec d'autres ames perdues...

Aka 75 a dit…

Tu dis bien l'aimer ta copine....

Seb Musset, agent en infiltration.

Aka 75 a dit…

euh,erreur de frappe

Tu dois bien l'aimer ta copine pour subir ça pour elle.

SIAMS a dit…

Tu dis cette génération..je pense que tu n'oublies pas non plus celle qui les précède, celle qui précède celle qui les précède et celle qui vient d'arriver..et celle qui va pas tarder ! Ne me dis pas que tu es resté poli et propre sur toi ? Non Seb ne rejoins pas Olive et sa bande...tu lui as répondu quoi à la vieille précaire qui n'a bossé que 6 ans ?
Sinon si tu n'y vois pas d'objection j'aimerais mettre ton texte dans ma rubrique "Notes blogs anthologie" en attente de ta réponse....

FAN a dit…

Je n'ai encore mis aucun commentaire mais ce jour, oui!!!
Ou se trouve la dame qui a bossé 6ans et contente d'avoir arnaqué les citoyens???? Allez, elle n'est pas seule dans son cas mais sur, chui ECOEUREE!!! Amicalement FAN

seb musset a dit…

a Siams > Ce blog est à vous. je n'ai rien répondu dans ce genre de soirée, t'as vite fait de finir au poste parce que tu parles un peu fort ou que t'as la peau colorée.

a Fan > Pas de dénonce personnelle. Mais, un constat s'impose : les magouilles à la retraite, ne sont pas une spécialité de la grande banlieue parisienne.

seb musset a dit…

Il ne s'agit pas de magouilles à proprement parler. Tout cela est légal, rendu possible par notre gouvernement.

Tout cela ne sera décrété scandaleux que dans plusieurs années, quand les chômeurs et autres temps partiel seront à la retraite.

Anonyme a dit…

Pour aka75:
Moi en refusant ce genre de soirée, j'ai perdu une superbe plante alors ...
Seb tu as raison... mais je te plains qu'en même.

Anonyme a dit…

bonjour

sur qu'il l'aime son olive mais en
même si il n'infiltrait pas de temps en temps ce milieu, il risquerait de
périmer ses arguments.