lundi 12 mai 2008

PROPAGANDE DOMINICALE : EHTYLOTESTS 1 - ABDELAKIM : 0

Propagande gouvernementale quand tu nous tiens (pour notre bien).

Vendredi, un jeune varois de 22 ans qui a eu le tort de s'appeler Abdelakim Ajimi dans une banque est mort dans ce qui apparait être un lynchage comme on sait discrètement les faire, aux premières heures de l'été dans les casernes de policiers avinés.

Vérifié ou pas, c'est ce genre de faits-divers dont raffolent les médias lorsqu'il se passent... aux États-Unis, pays, c'est sous-entendu dans leurs commentaires, où les flics sont des racistes dégénérés.

La nouvelle de la mort plus que suspecte d'Abdelakim fait la une de tous les médias internet et est reléguée en fin des journaux télévisés, enfin... quand elle est évoquée par ceux-là.

Non, ce week-end le gouvernement et l'ami Borloo avaient décidés du plan médiatique des rédactions et ce n'est pas la mort d'un jeune, maghrébin de surcroît, qui allait remettre en cause l'opération publicitaire.

A la veille de l'
annonce d'un décret au Conseil d'État obligeant l'installation d'ethylotests dans les restaurants et les lieux publics et à défaut de débat à l'assemblée, il fallait bien préparer les esprits. Le paquet a donc été mit sur l'irresponsabilité flagrante des conducteurs en ce week-end de Pentecôte avec force sujets démonstratifs du bien fondé de la révolte du Ministre Jean-Louis Borloo sur toutes les chaines généralistes et d'information.

Et la journaliste d'I-Télé de préciser ironiquement, malgré elle ?, après un sujet de dix minutes sur le violence des accidents de voiture de ce week-end "que le fort nombre de morts sur les routes (13) est strictement le même que celui de tous les jours". Où est donc "l'information" qui méritait ces heures de reportages ? Quand on sait, que la moitié des rédactions faisaient le pont, on peut même avancer une hypothèse :
Les sujets n'étaient-ils pas déjà prêts depuis plusieurs jours ? Ne manquaient alors que quelques illustrations sanglantes des derniers accidents, statisquement prévus, à rajouter au dernier moment ? Si c'est le cas, sur ordre de qui ?

Bien sur l'ethylotest dans les bars, est une étape, après l'interdiction du tabac et avant l'interdiction de l'alcool dans les lieux publics (vous allez voir on y arrivera). L'état pense à vous et à sa tranquillité. Il s'agit pour vous citoyens-travailleurs de rester chez vous à regarder "La Nouvelle Star" et les journaux télévisés d'état et leurs sujets d'information aux quatre impératifs :

- vous culpabiliser.
- vous faire peur.
- vous divertir.
- vous faire oublier.

En attendant, l'installation improbable d'éthylotests dans les casernes de policiers du Var, je vous incite vivement à vous débarrasser de vos écrans qui ce week-end encore ont été pris en flagrant délit de léchage de botte gouvernementale, favorisant la bonne marche de l'état policier et fermant les yeux sur les lâches dérives de celui-ci.

10 commentaires:

Anonyme a dit…

t'es en train de nous dire qu'en gros le mec il rentre dans la banque, tranquilou, et la les méchants flics lui tombent dessus pour le lyncher direct comme ca...

je trouve ca assez peu crédible, meme pour des flics tres cons. j'aimerai donc en savoir un peu plus sur le contexte de cet incident.

seb musset a dit…

En attendant d'en savoir plus, je ne dis que deux choses :

1 / Un type qui s'appelait Abdelakim a croisé des policiers, il est mort. Ses derniers mots furent "j'étouffe". Je passe sur les témoignages accablants, invérifiables mais nombreux.

2 / La seule déclaration à ce jour de l'état via le préfet d'Alpes-Maritime est la suivante :

"Aucun élément ne permet actuellement de mettre en cause l’action des fonctionnaires".

Conclusion que l'on peut provisoirement en tirer :
Pour l'état, Abdelakim = RIEN.

Anonyme a dit…

personellement j'ai plutot eu l'habitude de croiser des abdelakim aussi caricaturaux que les flics dont tu parles: pas polis pour un sous, impatients comme des merdes, et de facon générale de gros emmerdeurs pour le petit personnel qui se trouve autour d'eux, genre s'il existait un racisme institutionnel, ils ne pourraient pas faire mieux pour lui donner raison. alors les abdelakim victimes innocentes dont tu parles, qui débarquent quelque part et PAF les flics leurs tombent sur le coin de la gueule, peut etre qu'ils existent, c'est possible, mais en tout cas je n'en ai pas croisé.

donc a défaut et jusqu'a ce que je vive dans ton univers parallele, je vais continuer a croire qu'il s'agit d'une maneuvre de culpabilisation supplémentaire pour les "petits blancs" que le systeme veut faire passer a tout prix pour de méchants racistes avinés. c'est pratique quand on veut détruire ce qu'il reste (bien peu) de l'identité du Francais enraciné.

ZapPow a dit…

Je vis peut-être moi aussi dans un univers parallèle, mais je ne peux m'empecher de me poser une question : fallait-il interpeller ? Abdelakim était déjà sorti de la banque, sans avoir tué ni blessé personne, et, apparemment, sans même avoir menacé quiconque (les employés de la banque ne se seraient pas privés d'en parler). Si on lui avait foutu la paix, il se serait calmé en marchant, et serait encore vivant.

Je suppose, en ces temps d'efficience à défaut d'efficacité, de productivité, de rendement, qu'il fallait optimiser l'intervention de la police. Merde, elle s'était déjà déplacée, manquerait plus que ce soit pour rien.

C'est qu'elle a des statistiques à tenir, la police.

seb musset a dit…

Que des "abdelakim" soient respectueux ou pas n'est pas mon affaire dans le cas présent.

Je m'en tiens au seul fait avéré : un citoyen français est mort entre les mains de trois policiers censés protéger les citoyens.

Les médias traditionnels en parlent peu, surement parce que le français en question s'appele Abdel. (et que cela fait parti du top ten des prénoms les moins populaires sur le site jeunemaman.fr)

Face à ce mutisme, si y a eu "manœuvre de culpabilisation supplémentaire pour les "petits blancs" ce week-end, c'est la campagne propagandiste "anti-alcool" au volant déployée par des médias au pas qui avaient prémédités tout cela avec la complicité du gouvernement. Et ce alors que les statistiques du nombre de morts, ce week-end sont rigoureusement les mêmes que d'habitude. (c'est l'objet de mon billet à la base)

Chirac, en 97, avait redoré temporairement son blason avec une campagne anti-alcool similaire, sur les conseilles des mêmes communicants.

Évidemment avec une telle force de frappe médiatique, le gouvernement faire passer le message qu'il veut.
Hier: vous êtes des irresponsables au volant. Demain : La police a le droit de lynchage.

Anonyme a dit…

ne vous méprenez pas: je ne suis pas contre abdelakim innocent, je suis contre les comptes rendus trop rapides qui posent le gentil narabe d'origine immigrée victime de la méchante police blanche et avinée sans avoir pris le temps de connaitre les tenants et les aboutissants de l'affaire.

s'il s'avere qu'effectivement, c'est de la grosse bavure dégueulasse, je veux bien qu'on la dénonce. j'éspere simplement qu'on arrete de donner trop vite dans la caricature...

surtout sur le blog d'un jeune homme qui présente la culpabilisation comme un outil du systeme bien pratique.

Constantin a dit…

J'ai découvert votre blog avec grande joie, il y a peu de temps.
La perspicacité de vos analyses me sidère : serait-ce parce que je fais les mêmes ?
Ici, un petit article sur le même sujet :
http://constantin.debutgland.org/Archives/Best%20Of/bonne_ann%E9e.html

Constantin (bis) a dit…

Désolé, ce con de blogspot coupe les URL. Celle de l'article est donc dans le lien...

Anonyme a dit…

Yep, le fait que certaines personnes soient irrespectueuses (que l'on trouve partout d'ailleurs) ne justifie pas la violence policière.

Alors c'est clair, on entend parler de la mort tous les jours dans les médias (un séisme par ci, une guerre par là) ; parallèlement les jeux vidéos et les films montrent une violence virtuelle. La mort est tellement présente qu'elle en a perdu son sens.

Il faudrait quand même revenir les pieds sur Terre: quelqu'un a perdu la vie, bordel !! Et ça, cela n'a rien de virtuel ou lointain pour sa famille, ses amis ou ses collègues.
Sans vouloir lancer une polémique, je pense que certaines personnes devraient "faire comme si" la personne décédée était un membre de leur famille (un frère par exemple) puis de s'imaginer s'entendre dire "euh oui, attention, quand même parce que, cette personne est morte d'accord, mais des fois y'a des gens mal polis, alors n'allez pas trop critiquer la police, font que leur boulot les pauvres...". Je voudrais bien voir leur tête à ce moment là.

Et bien sûr, comme pour les deux jeunes morts dans un accident de circulation à Villiers-le-bel en 2007, on n'entendra plus parler de la suite de l'enquête et les "braves" (à 3 sur un mec couché par terre, faut être super brave) fonctionnaires n'auront rien à craindre (à moins d'un simple avertissement comme disait Coluche).

Pittoyable.

Anonyme a dit…

on a la police qu'on mérite.
meme chose avec l'éducation nationale.