lundi 12 novembre 2007

LA VRAIE FRANCE

Lundi dernier, Le Guilvinec, petit port breton au bord de l’explosion, le présiment Sarkozy fait une descente, entouré de ses bodygards, au sein d’une assemblée de marins pêcheurs pas contents. Un cortège de marins pécheurs au premier étage d’un immeuble surplombe l’attroupement Invectives, noms de poissons pas frais, le montage des journaux télévisés insistent sur le courage du présiment dont le seul acte de résolution des conflits est de se présenter en personne sur le théâtre de la contestation.

NICOLAS SARKOZY
Dites-moi, combien de présidents avant moi venaient vous voir ?* Aucun.

Et le pèlerin continu son chemin. Hier il était au Tchad, ce soir à Washington avec son poteau Bush. Les journalistes sont cantonnés à l’illustration audiovisuelle du tourbillon Sarkozy, c’est plus clair ainsi. Plus aucune analyse, pas de recul, toujours dans le feu de l’illusion, des belles paroles et des promesses.

Lundi dernier, Le Guilvinec, petit port breton au bord de l’explosion, le présiment Sarkozy fait une descente, entouré de ses bodygards entourés de leurs journalistes, au sein d’une assemblée de marins pêcheurs déchaînés. Un cortège de marin-pécheurs au premier étage d’un immeuble surplombe l’attroupement, un journaliste local filme. Cette fois, on entend plus Sarkozy mais tout ce que se hurle autour de lui.

LA FOULE
Ordure ! Escroc ! 140 % !**

Le présiment fend la foule selon les grandes lignes dessinées à coups de latte par ses bodygards.

JUJU DANS LA FOULE
Enculé !***

C’en est trop, et puis la caméra de TF1 l’a peut-être entendu, le présiment s’arrête.

NICOLAS SARKOZY
C’est qui qu’a dit ça !

JUJU
C’est moi.

NICOLAS SARKOZY risible empereur récemment plaqué par sa femme, dressé sur la pointe de ses talonnettes.
Descend un peu me le dire en face !

JUJU
Si je descends j’te fous un coup de boule alors vaut mieux pas…

LA FOULE
Ouais vas-y JUJU !

JUJU
Hein 140% d’augmentation… Tu gagnes combien par mois escroc !

Acclamations****. Le présiment à court d’argument continu son souverain pèlerinage dans la merde sociale des gens qu’il méprise profondément. Montés en intercalaire et dans la continuité des images diffusées en boucle à la télévision, on saisit l’ampleur du malaise qui s’amplifie depuis la rentrée en France et qui est sciemment ignoré par le gouvernement et ses médias. Un visage de La France ignorée se révèle dans sa crudité sur la toile. La contestation monte, le péquenaud est déçu, les prix augmentent, on lui avait dit qu’il gagnerait plus, on lui dit désormais de faire du vélo et de manger des biscottes. Seule la qualité de vie des riches s’est objectivement améliorée en six mois de présimence. La colère gronde, et avec elle sa compagne, la connerie.

VERSION OFFICIELLE (avec CAC 40 inclus) :


VERSION REELLE (on passe de "SARKOZY s'énerve" à "SARKOZY insulté", il devient ce qu'il est en fait : passif):


* seul et unique argument de notre présiment lors de ses safaris provinciaux, dont on se demande combien de temps il va encore tenir. Je veux dire, même TF1 va s’en lasser à un moment ou un autre.

** rapport à l’augmentation de salaire que notre présiment s’est récemment votée. Gentils marins pécheurs, ils ne savaient pas alors que cette hausse de salaire était en fait de 172%.

*** Animé par la rage et la passion, Juju synthétise en un mot, les conclusions d’un an de ma stérile réflexion au sujet de notre présiment.

**** Bizarrement, non captés les ingénieurs du son des télévisions françaises.

1 commentaire:

Un de vos lecteur a dit…

Franchement ! les écrivains réduits à la fonction de journaliste...

Normalement les écrivains écrivent des histoires et les journalistes nous informes de la situation, maintenant c'est l'inverse :
Les écrivains nous informes de la situation et les journaliste nous racontes des histoires...

Il y a un bug dans le système...
Continuez...