vendredi 14 septembre 2007

IT'S A MADDIE WORLD

Quelle surprise ! Après quatre mois d’enquête au Portugal, du chagrin on-line déversé par kilotonnes sirupeux via avatars et bannières dans la blogosphère larmoyante et moutonneuse des jeunes mères de famille qui s’emmerdent à domicile immobilisées avec des enfants-rois qu’au fond elles apprécient peu dès lors qu'ils se mettent à interargir en tant qu'humain, après le kaleidoscope à l'unisson des unes mondiales du tabloïd le plus crasseux à l'honorable quotidien communiants tous dans la douleur indescriptible d’une famille faisant face à l’adversité, ce couple modèle de beaux blonds médecins contrant courageusement l’horrible pédophilie galopante qui gangrène le monde des gentils des adultes. Après David Beckham et l’équipe nationale de football chantant à l’unisson pour la réapparition miraculeuse de l’enfant martyr, après une bénédiction du pape en mondovision*, après l’indiscutable innocence face à l’impardonnable lâcheté appelant la loi du talion voici venir le temps du doute. Il aura donc fallu quatre mois et la découverte de quelques indices troublants pour que les enquêteurs portugais susurrent ce dont je suis certain depuis plus de trois mois : il n’y a dans cette histoire pas plus d’enlèvement d’enfant que pédophile hideux. Avant le grand lynchage, et histoire de ne pas retourner sa veste trop vite, les médias travaillent l’opinion populaire pour lui faire comprendre que, peut-être mais c’est à prendre avec des pincettes, ce serait ses parents qui auraient accidentellement tué la petite Maddie**. Ils lui auraient injecté une trop forte dose de somnifère pour qu’elle reste, bien sage, dans leur chambre d’hôtel pendant qu’ils se torchaient la tête à coup de gros blanc*** entre colons prétentieux de l’upper-middle-class anglaise dans cette cantine portugaise sans âme pour touristes se la jouant jet-set.

Pour le moment, avant les aveux, le consensus mou nie toujours l’évidence. Discrètement, les bannières de soutien aux parents de Maddie disparaissent des blogs.**** Le monde dans ses grandes largeurs médiatique et idéologique s’est fait ridiculiser. Le nez dans sa merde, il nie toujours mais à voix basse : Les parents sont innocents et les pédophiles sont méchants. Quelle étrange curée envers les abominables abuseurs d'innocence lorsque les chiffres montrent clairement qu’au hit-parade des viols et violence sur enfant on retrouve en tête de classement… les parents ! Que l’homme devient encore plus con des lors que l’enfant entre dans l’équation de sa réflexion limitée ! Quand bien même on dénombre quelque chose comme un attouchement pédophile pour mille tabassages d’enfants par leurs parents biturés, la voix populaire des parents angoissés le réclame : que l’on coupe les couilles aux condamnés! Et si l'on a doute sur la culpabilité, tant pis, on coupe aussi ! Pendant ce temps, l’alcool se répand à flots détendus sur la planète des crétins qui laissent crever leurs bambins. Selon le même principe de précaution, c’est donc l’homme dans son intégralité merdeuse qu’il faudrait songer à stériliser.

Une pensée pour Maddie puisque dans cette histoire, que ce soit pour les plaindre ou désormais les lyncher, l'opinion a toujours vu cette histoire du point de vue des parents.


* étonnant que Sarko ne s'en soit pas mêlé.

** depuis début mai, la disparition de la petite Maddie dans une chambre d’hôtel d’un village de vacances portugais tient le monde médiatique en haleine et à susciter une sympathie planétaire pour ses parents, beaux et convenablement friqués, les prototypes de l’humble réussite occidentale.


*** 14 bouteilles pour 8 selon un témoignage.

**** avant bien sur le prochain déferlement anti-Kate Mc Cann.

1 commentaire:

Un de vos lecteur a dit…

Bonsoir

ça pourrais faire un exellent scénario de livre non ?
Et d'ailleur tu pourrais l'écrire, puisque dans le monde sarkosien y a plus que les fait divers qui font recettes et pour une fois qu'on peu faire du pognon tout en crachant sur le monde politico médiatique ...

Faudrais soumettre l'idée à Nabe ...
Bonne continuation