samedi 22 septembre 2007

HYSTEROVALIE

Ce soir là La France rencontre l’Irlande pour un match éliminatoire de la coupe du monde de Rugby. Inutile de préciser que le chauvinisme d’un peuple dont le moral est aux abois sera au rendez-vous. A l’occasion d’un changement de dvd entre deux films*, je tombe en pleine deuxième mi-temps de match. Je me penche, un instant mais pas plus, sur ce sport dont je garde un souvenir assez inoffensif des sympathiques supporters**. Avec le football, on a souvent à faire a des cons bêtes et méchants, avec le rugby nous avons là de gentils cons, bien disciplinés. Je ne saurais dire quel est le pire ?

Quant au sport en question, sa complexité est sur-annoncée pour flatter l’improbable intelligence du téléspectateur moyen. Rassurons-nous : il s’agit bien de mettre le ballon dans le camp opposé. A la vue de ses brutes sanguinaires, niveau zéro ou bien aboutissement suprême de la civilisation, de ce ballon qu’on ne voit jamais, de ce va-et-vient de spectateurs leurs hot dogs à la main dans les tribunes et de people peinturlurés de bleu blanc rouge, je ne peux m’empêcher de faire la connexion entre cette passion spontanée*** pour un sport collectif hautement chiant et l’hystérie commerciale autour du football américain, encore plus soporifique, qui agite le peuple du nouveau-continent depuis vingt ans. Une fois de plus, nous sommes plus américains que les Américains. Valeur de fraternité et tactique de l’effort collectif, cohésion nationale autour de bourrins écervelés : Le Rugby est le sport sarkoziste parfait. Manque de bol, ce soir, les trépanés édentés propulsés au rang de Dieux ont gagné. Sale soirée qui, inévitablement, en annonce d’autres.

* Caché de Michael Haneke (2005) et Retour à la bien-aimée de Jean-François Adam (1979)

** qui, par un habile mécanisme, m’ont assuré une rente financière de 1993 à 1997.

*** unique résultant d’une fine conjonction entre avidité du marché en conquête de nouveaux territoires, le besoin de communion des masses sur la base du plus petit dénominateur commun et, surtout, de sa propension à croire. La croyance étant ici comme toujours : la supériorité de la nation. C’est sur ce même sentiment de base que les élites planquées plongent régulièrement leurs peuples dans la guerre.

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