vendredi 6 octobre 2006

QUOTIDIEN : DANS PARIS

J’erre convalescent dans les allées bondées du marché aux antiquités de la Porte de Vanves, dix ans après y avoir acheté pour cent francs - une broutille avant l’air du piratage numérique - le ok computer de Radiohead dont la reprise reggae par Easy star All-Stars tourne en boucle ces jours-ci sur les ondes de Radio Nova. Le marché surplombe un boulevard périphérique surchargé de petites boites fumantes et progressivement démodées que l’on appelle automobiles. Le quartier tramwayisé par un Delanoé en perte de crédibilité locale est devenu aseptisé, l’étendue verte d’un centre ville de Province. Nous tournons en boucle le long de chantiers de voirie abandonnés, évitant les flaques de fange afin de pénétrer dans le marché aux livres par la seule entrée non cadenassée sur les vingt présentes autour du square George Brassens. A l’intérieur, les livres sont chers les rares fois où les prix y sont indiqués, les marchands sont familiers mais juste entre eux puisque le client ils l’ignorent tout simplement. Tout ici pu le bobo parisien. Malgré quelques tentations et une belle affiche de Fleetwood Mac, je n’achète rien.

Sur le chemin du retour, nous croisons sur le Boulevard Brune, un homme en costume de policier, mitraillette au poing. Seul, sur de lui, analphabète avec le pouvoir de tuer. Se rappeler, que de tout temps, de toute société, les flics sont du mauvais côté.

Bougies odorantes chez Carole. Les pinpins, la maison des parents de Lou. Qu’on t-il tous avec leurs bougies roses et leurs reposes bougies qui puent ?

Le soir, repas au restaurant libanais en compagnie de nos amis du moment. Autour du mezzé, polémiques envenimées sur Johnny Halliday, le crétin belge demi-dieu des français, le futur à vélo de nos sociétés à quatre-quatre, l’uniformisation orwelienne standard de ce monde qui nous pousse à procréer histoire de faire tourner le blouclard. L'auditoire est écoeurée par mes raisonnements structurés, si rarement pris en défaut. Enfin, ils écoutent si peu.

Dans le métro crissant aux remugles d’urine tiède, je suis boueux, sale et fatigué par une semaine sans sommeil. J’écoute éteint le dernier album de Charlotte Gainsbourg, auditivement inacceptable dans tout autre cadre ou état d’abattement. Je comprends que cela plaise aux bobos parisiens.

Toute race, toute époque, tout continent, toute culture, tout âge, tout sexe, aucune exception, je n’ai aucune considération pour les miens. Quelques génies sauvent l’honneur, si peu, de moins en moins. Combien de temps encore à ce rythme ?

Aucun commentaire: