dimanche 31 décembre 2006

BONNE NOUVELLE : JE SUIS MOINS PESSIMISTE QUE LA REALITE !

Le dictateur digne discute avec son bourreau cagoulé tandis que celui-ci lui passe la corde au coup. Petit comité énervé qui tire son coup en catimini matinal et filme sa barbarie justifiée au téléphone portable pour la faire circuler sur les réseaux du monde entier.

Le jour où le trois millième GI mort sur le sol Irakien est fêté, l’Amérique de Bush fait du tyran de toujours le nouveau martyre et, se réveille à sa raison guerrière : Merde les mecs on avait oublié ! Il nous faut un ennemi ! Ou, selon ses mots de messie :

GEORGE BUSH
- C’est une étape importante pour la démocratie !

A l’heure où Saddam Hussein aurait du, au nom de l’histoire et pour que ses victimes ne soient pas mortes en vain, témoigner à vie de ses crimes, son corps froid est déposé à l’arrière d’un pick-up pour un dernier trajet à travers le désert irakien. Au premier matin de l'année, il est balancé dans la fosse commune de l’oubli.

jeudi 28 décembre 2006

IL FAUT QUE LES CHOSES SOIENT DITES...

Ce soir-là autour d'une belle pièce de charolais dans un restaurant bondé du quinzième arrodissement de Paris, à l'abri des sans-abris, un jeune ex-londonien, l'avenir de La France parti se construire à l'étranger depuis dix ans, nous gratifie d'une sentence si judicieuse :

- Quand t'es riche, faut vraiment être con pour devenir pauvre !

Le reste de la nuit n''est qu'une de ces longues beuveries dont on ne prend physiquement consicence de la portée qu'un à deux jours aprés.

samedi 23 décembre 2006

MYTHE, HYSTERIE ET ROUTINE (update)

Y en a toujours de la vieille conne qui fête noël, seule depuis vingt ans, qui vient acheter sa sélection de mini-buchettes. Elle ne sait pas quoi prendre Mamy alors elle hésite, repose, reprend et finalement embarque quinze mini-buchettes chez elle pour goûter. Elle reviendra qu’elle dit avec un sourire angoissé, pour prendre le modèle king-size ad-hoc qui saura la contenter lors de sa célébration en solitaire devant le grand bêtisier de l’année sur TF1. En attendant, elle rédige son chèque d’une main lente. A ma caisse. Devant moi !

Tout cela me fait perdre un temps précieux que je pourrais consacrer à me droger par exemple.

L’hystérie de Noël reste pour moi un de ces mystères s’approfondissant avec les années. Qu’est-ce qui anime les gens, même les plus athées, les plus isolés, pour fêter noël chaque fois à la même date imposée, souvent pas pratique ? Faire son Noël ! Même de misère, mais surtout, surtout, ne pas se retrouver comme un con, hors du jeu, le soir de la fête conventionnée. Célébration chrétienne puis auto-célébration des familles, devenue désormais la piqure de rappel, entre halloween et les soldes, du consumérisme triomphant : il faut avoir pour être. Pourtant, des timides illuminations parisiennes à la non-récurrence du jingle bells dans les boutiques de ma région, cette édition française m'apparait austère.
Le peuple retient son souffle et frissonne en silence, il s'économise pour des lendemains qui pleurent.

mardi 19 décembre 2006

MAIRIE CRISSE MEUSSE > PARIS EN DECEMBRE, LE BILAN

Sur les maréchaux sud-est reliant la porte de Montreuil à celle de Charenton, j’assiste au désolant spectacle d’une capitale vieille et sale : Trottoirs boueux où s’entrechoquent dans les frissons vagabonds, petits cadres méprisants qui rentrent du boulot et laissés pour compte. Plus loin, un plus chanceux, un adolescent, tabasse une copine à l'arrêt de bus. Certains s’insultent, de tous âges. D’autres, avec moins de courage, se jettent des regards haineux. L’endroit, jadis glorieux, n’est qu’un cloaque méritant sa désinfection.

Tout ce que m’offre à voir Paris, cette réunion d’humains se pensant plus vivants parce que sérrés - alors que plus sérrés, nous ne sommes que plus puants - me fait pleurer.

Et quelle météo !

lundi 18 décembre 2006

LA TREPANATION TRANQUILLE

Nicolas Sarkozy prône la rupture tranquille, je ne vois dans son programme qu’une continuation violente.

dimanche 17 décembre 2006

MASSE HUE !

Descente et remontée des Champs-Élysées sous le gris pluvieux permanent de la ville aux fades lumières de fin d’année.

Sur la promenade populaire, nous croisons quelques nobles : Frédéric B., écrivain puis éditeur puis chroniqueur télé, tout est dit. Il est accompagnée de sa fiancée riche parce que fiancée. Entre le Fouquet's et Pomme de Pain, je tombe sur un des frères B., scientifique pointu à la carrière relancée par la publicité pour un fournisseur d’accès internet. Là-bas c'est François B., écrivain édité parce qu’il est comédien puis Samy N., comédien mentalement dérangé mais intouchable puisque poulain du duc de Besson. Oh ! Jean-Pol H., adoubé président de conseil général, effluve d’eau de Cologne et barbichette trop finement taillée pour ne pas être pédé et beaucoup, beaucoup, trop d’humains, anonymes, bons clients, cons à consommer tous les autres.

Visites de quelques amis. Rien à en tirer. La lobotomie est achevée. Ils n’ont pas trente ans et, avec leurs écrans plasmas à crédit, leurs envies compulsives de bébé-marchandise, de cocooning d’appartement et d’Ikea le samedi après-midi, en paraissent déjà quatre-vingt.

samedi 16 décembre 2006

LA GRONDE DISTRIBUTION

Pluie drue sur Paris.

Nous nous engouffrons dans ce bijou de technologie rétrograde. Il avait disparu depuis soixante dix ans, des affiches quatre sur trois placardées dans la capitale annoncent son retour : Il est là ! Tout en klaxon, le tramway des maréchaux glisse sur le Boulevard Brune. Un petit vieux m’annonce les yeux brillants que c’est de l’histoire ! Le maire l’a pris ce matin, pour la première et dernière fois de sa vie. Pour l’occasion les abords du quartier sont nettoyés de leurs sans-papiers et autres sans domiciles - spéculatifs - fixes. Même si celui-ci longe la fosse sceptique, pas de mauvaise odeur dans la train du progrès.

Cinq ans de travaux, toujours en cours, de discours intolérant d’écologistes jusqu’au-boutistes, des trottoirs larges comme des avenues et des avenues fines comme des sentiers. Les précaires sont contents, ils vont désormais avoir toute la place des villes pour planter leurs tantes d’exclus.

Les badauds émerveillés s’entassent dans le wagon à bestiaux. Ils ne verront rien des œuvres d’art contemporain disséminées à grand frais sur le trajet : trop de buée sur les carreaux par leur seul présence de cons.

14h00 : Conforama de la porte de Châtillon. Comme la masse bêlante à cours d’argent, nous traînons notre amertume dans les rayons de l’abondance. Oh ! Le beau canapé imaginaire et son meuble en simili bois qui ferait bien sous l’écran plasma de nos rêves ! Direction la sortie les mains dans les poches, je prends tout de même un de ces articles peu chers, disposés non loin des caisses, à l’attention des âmes faciles qui, trois canapés sous le bras, ne sont plus à cette petite dépense prés.
Le porte manteaux à dix euros est cette cerise sur le gâteau du week-end à crédit. Plusieurs modèles sont disposés de neuf à cent euros. Les prix ne sont pas directement étiquetés sur les boites, les modèles d’exposition se referant à un numéro lui-même renvoyant aux boites. Pourquoi donc ne pas étiqueter le prix à même le produit ? Je ne comprends la finalité de l’alambiqué stratagème qu’à mon arrivée en caisse où, à l’issue d’une file d’attente de quinze minutes, la préposée lymphatique me somme de m’acquitter de dix sept euros quatre vingt dix. Soit une brute augmentation de 70 % de l’article susmentionné.
Vous devez faire erreur me défends-je en lui montrant la référence, l’article et le prix auquel il se réfère, la rangée de ses semblables étant visible depuis le théâtre des opérations. La caissière ne veut rien entendre, elle réitère son prix de sa voix d’androïde et n’émet aucune espèce de réaction quand je lui laisse le porte manteaux là, sur sa caisse.
Que l’enseigne tente cette manœuvre - une erreur d’étiquetage en défaveur du client sur des articles inoffensifs supposés figurer la touche finale d’une série d’achats coûteux - est somme toute bien légitime ! Il s’agit ici d’une arnaque de base du commerce qui, si elle est renouvelée ce week-end sur tous les Conforama de France, doit quand même chiffrer dans les centaines de milliers d’euros. Ce qui n’a pas finit de m’étonner, c’est la constance dans la lâcheté des petites fourmis de cette chaîne de soumission, des magasiniers agissant sous on ne sait quel ordre en passant par les caissières, complices par apathie, jusqu’aux consommateurs qui, même s’ils se rendent compte de la tentative de vol, s’acquitteront sans broncher de cette TVA imprévue, une taxe des voleurs ajoutée. Ces marchands sont plus philosophes qu’on ne le croit. Ils ont bien compris que ces consommateurs combattent le vide par la dépense, croyant reculer le néant en le meublant.

21h00 : nous nous décidons enfin à marcher jusqu’au boulevard Montparnasse afin de nous calfeutrer dans le confort relatif d’une salle de cinéma. Arrivée aux abords du multiplexe, brusque montée d’angoisse. Le contenu de cinq tramways et toute la clientèle du Conforama se sont donnés rendez-vous au même moment au même endroit, dans mon cinéma. J’avance, tente de me frayer un chemin au sein des paquetages d’humain assemblés au gré des affinités culturelles dictées par la logorrhée parisienne des talk-shows de prime time. Le dégoût me submerge lorsque je constate que les caissières de ce multiplexe ultra bénéficiaire composé d’une vingtaine de salles, ont été remplacées par des machines ! Ce pays du tout loisir est formidable. Il faudra bien, un jour sombre, que quelques-uns payent. Ce n’est pas de réformes dont ce pays a besoin mais d’une révolution.

Nous rentrons à pied chez nos hôtes.

vendredi 15 décembre 2006

GLANDE IN PARIS

Je traîne dans la capitale. J’apprends que Marie Drucker est maquée à François Baroin, ministre de l’outremer futur ministre de l’intérieur - quand le nain démissionnera pour se consacrer pleinement à sa calamiteuse fin de campagne -. Au-delà de la quotidienne résurgence de cette collusion d’intérêts entre journalistes et membres du gouvernement, je suis déçue du choix de Marie qui lui fait perdre tout son charme. Une de plus, une de moins.

mercredi 13 décembre 2006

SOLEIL VERT*

Arrivée sur Paris. Sur le boulevard périphérique, une sirène hurle vers nous. A l’approche du Parc des Princes, un cortège de camions bennes aux couleurs de la police nationale, filent encerclées de motos officielles sur la voie opposée, prêts à soulever leur masse d’humains pour les placer dans la cage en ferraille située à l’arrière des tracto-pelles sur vitaminés.

*à l'attention des cinéphiles dont la culture ne commence pas à l'année 1991 et Terminator 2.

lundi 11 décembre 2006

GLISSEMENT PROGRESSIF DU DROLE

L’humour des clowns populaires est le thermomètre d’une nation. Après une décennie subversive puis une de ricanements, l’humour des comiques est indolore. Les drôles du moment - entreprises commerciales en perpétuelle promotion télévisée - s’aventurent peu sur le terrain politique. Ils n’en ont pas besoin, l’absence de politique dans leur humour est la preuve de leur politisation : une soumission complète à l’ordre établi.

En vingt-cinq ans, les enfants de la subversion sont devenus des conservateurs.

dimanche 10 décembre 2006

LA VIEILLE GARDE

Heureux de constater que le thème du (non)partage générationnel s’insinue sournoisement dans la campagne présidentielle. Les médias traditionnels aux mains de la génération des baby boomers, vieille garde qui remise jalousement vers elle depuis quatre décades les richesses et la jeunesse d’une société qui sombre à petit feu, taisent cette onde sismique remontant du fond des provinces, des ghettos urbains et des sales d’attente de guichet d’allocations chômage.

Les politiques, fils d’ambassadeurs parmi les énarques sur trois générations, eux, n’ont même pas ce cynisme. Ils ne perçoivent rien.

Deux poids, deux mesures, deux générations, deux façons d’appréhender la suite des évènements. Prédominance dans une génération de la campagne présidentielle underground sur internet, tirant tout azimut, sans filtre, directement du producteur à l’électeur. Les blogs politiques pullulant virulents sur la toile sont autant d’agoras sans-gêne et de laboratoires d’hypothèses interconnectées.

De l’autre côté du pouvoir, dans les médias unilatéraux de la vieille garde, c’est la pérennité pépère du traitement conservateur, bipartite. Les messes de vingt heures et les chaînes télévisées d’information étant les relais fidèles du vide des contenus de programme des deux challengers souhaités lisses. Parfois, par peur diffuse ou souhait de dépoussiérer son image en faisant étalage de son avant-garde, quelques magazines portent un regard condescendant et générique sur ce mouvement souterrain qu’ils considèrent comme structuré. Comme ceux qu’ils représentent, les médias baby boomers aiment plus que jamais en début de XXIe siècle, annonciateur évident d’un chaos biblique, compartimenter, classer, répertorier et donner des notes. Les listes sont dressées, plus vagues et hors sujets que toujours, autant de preuves de la déconnexion géographique et générationnelle des roboches parisiens répétant le reste du temps à longueurs d’éditoriaux ampoulés avec la même suffisance débonnaire d’il y a cinq ans que l’extrême-droite ne sera pas présente au second tour. Cette caste médiatique n’est que l’écho d’une classe politique de palais elle-même représentative d’une partie bourgeoise de cette génération des baby boomers, vaste frange il est vrai tant il était facile d’être bourgeois dans la France de Pompidou. Génération que l’on reconnaît aujourd’hui à sa propension à regarder la réalité de biais tout en assénant des diagnostics lapidaires incriminant d’autres qu’elle : généralement les Français - qui sont le plus souvent des cons - ou ces maudits étrangers - pour rester politiquement correct -. Génération du plateau doré économique, matrice de l’individualisme et somme d’égoïsmes se gavant d’agapes au self-service du progressisme sur fond de dette sociale, génération triomphante envisageant l’existence comme un concept au présent, génération au mieux hypocrite, le plus souvent atrophiée de tout sens critique par manque de combats existentiels et sociaux, génération déclinante qui s’agrippe, et c’est bien légitime, à ses acquis, ses habitudes et son train de vie. Génération en tout point inverse à celle qui l’a suit et qu’elle méprise pour sa fainéantise supposée, son absence de valeurs notamment celle du travail, sa volatilité et l’image dégradée qu’elle lui renvoie d’elle-même, de son laxisme éducationnel, de son renoncement idéologique, de sa soumission complète à l’ultra libéralisme avec le consumérisme comme seule ligne d’horizon. Génération qui a engendré le malheur et ne récoltera même pas la tempête.

Qu’importe le résultat du scrutin, ces élections et les évènements qui suivront marqueront-ils enfin la fin du règne de la vieille garde ?

P.S : Je renvoie à la lecture de L’express de cette semaine, l’hebdomadaire dépassé s’amusant à classer les blogs politiques - enfin selon ce que l’hebdomadaire considère comme blog et comme politique - ainsi qu’à la lecture du récent et guilleret supplément au roman national de Jean-Eric Boulin aux éditions Stock, variation prophétique à la violence poétique sur le futur proche de notre nation d’égoïstes que notre vieille garde a marqué de son sceau.



P.S 2 : Il est bien évident que, né trente ans plus tôt et à leur place, j'aurais agi exactement de même.

jeudi 30 novembre 2006

DER DRITTE GENERATION

Je visionne Der dritte generation (1979) tourné par Rainer Fassbinder à la suite de Maria Braun. Film ouvertement politique, précisément encré dans une époque l’hiver 79, à la fois documentaire, farce et caricature froide d’une génération de terroristes de pacotilles post-Bader, fils et filles de bourgeois, coquilles vides narcissiques, conjointement manipulés par la police et le capital. Je ne connais rien de Fassbinder mais les compositions de ses plans parfois poussées à l’extrême des possibilités du moment et son propos mêlant opacité déconcertante et théorèmes socio-historiques énoncés avec l’évidence de la simplicité sont, j’imagine, de ces images et pensées qui restent encrés dans l’esprit du spectateur bien longtemps après la vision initiale de ses films, expérience proprement sidérante à chaque séance.
Sur l’affiche de Der dritte generation, cet autographe signé Fassbinder qui pourrait être la page d’entrée de mon site si seulement j’étais plus productif :

Je ne pose pas de bombes, je fais des films

lundi 20 novembre 2006

VICTIMES DE LA MODE (update)

La messe serait donc dite. En effet, comment résister au bulldozer du consensus ? Ségolène Royal c’est comme Arte, ça fait bien de dire que c’est la meilleure chaîne mais de là à détailler le programme…

Ceux qui voteront pour elle auront sûrement l'impression de se sentir plus intelligent. C'est que de ce côté là le petit Nicolas a créé un vide alors que lui-même répondait déjà à un vide de la classe politique. Attention à la gueule de bois à la première minute où elle aura investit l’Elysée. On ne parle pas de mode là, mais de cinq bonnes années où l’on pourrait en venir à regretter Le Chi et sa Bernadette.

La politique du pire serait donc abandonnée au profit de l’idéalisme du lisse qui navigue au gré des sondés. L’unique particularité de La Royale, sa seule différence, ce qui la démarque des éléphants du PS dont elle fait pourtant parti : son sexe, un noble gouffre mystérieux qui absorbe tout débat, tout argument, toute contestation. La politique est réduite au premier multiple commun.

Ne pas s'y tromper : un ou une candidate qui prend en exemple Tony Blair n'est assurément pas de gauche. J'ai vécu en Angleterre, j'ai vu ce qu'était concrètement l’aboutissement de l’Europe, l'apothéose de ce néolibéralisme totalitaire que les socialistes appellent un socialisme renouvelé ne servant que les intérêts des possédants : les Etats-Unis d’Europe. Ca me fait mal de le dire mais, au moins, avec Le petit Nicolas au pouvoir, il y aurait quelque chose à combattre. Avec La Royale, son sent-bon et son tube de vaseline, on se fera prendre le cul en chantonnant la vie en rose et ce sera le camp militaire et les chansons scouts pourles dissidents (ex libres penseurs) et autres troublions (ex racaille).

Pour le Petit Nicolas, de plus en plus pataud, le seul espoir de remonter sur sa planche dans le sens de la vague, ce serait de surfer sur les remous d’un attentat islamique - ou vendu comme tel - en plein Paris. C’est à peu prés tout mais c’est déjà beaucoup.

* cf Avril-Septembre 2006

mardi 14 novembre 2006

TANT QU'IL Y AURA DES POMMES

Nicolas Hulot menace de se présente aux élections présidentielles si aucun des autres candidats ne prend sérieusement en compte ses revendications écologiques. Cette remontée du totalitarisme écologique dans tous les domaines est des plus inquiétantes.

Déjà, et c'est la raison principale car la pollution est insoluble, vouloir contrer la pollution humaine, ce n'est pas imposer le tri sélectif des ordures ménagères et mettre en place des péages automobiles à l'entrée des agglomérations, ce n'est pas non plus de belles phrases, implications terroristes au lyrisme glorifiant ses prophètes à paillettes, c'est, à plus ou moins long terme, aboutir aux contrôles des naissances.

Deuxièmement, la thématique escamote d'une façon radicale en ridiculisant sur le tableau mondial le cas particulier de minorités sociales gesticulant dans le mépris au sein d'une petite nation en déliquescence.

Pour finir, comme si le citoyen téléspectateur n'avait déjà pas assez à trembler face aux banlieues musulmanisées, à la globalisation libérale et à son pouvoir d'achat qui part en fumée, il doit désormais faire attention quand il respire, quand il sort ses poubelles, quand il prend un bain, se lave les dents et fait caca. S'il ne le fait pas pour lui, car pour lui finalement ça va, qu'il le fasse pour ses enfants lui hurlent les ayatollahs verts. Si ce soucis écologique - qui semble répondre à une demande de la population, somatisation de son manque de confiance généralisé - vient s'installer à la table du pouvoir, cela sera l'occasion de mater encore un peu plus les peuples. Après tout, le discours de Sarkozy sur les banlieues, celui de Le Pen sur l'immigration et celui de Lambert Wilson parlant écologie sur le plateau applaudit d'une table ronde people, se ressemblent de prés :

LAMBERT WILSON
Il faut avoir peur.

Je suis bien décidé à contribuer au nettoyage de ce caillou vert, à virer ce chiendent populacier autoproclamé race suprême, race humaine, ce nom me fait horreur. Et si pour cela je dois prendre quatre bains par jour et jeter mes poubelles non triées par la fenêtre, je ferais mon devoir d'individu à conscience propre et non de citoyen à comportement fortement incité.

lundi 13 novembre 2006

EN CAMPAGNE

Je ne relate plus ici la pathétique campagne présidentielle qui se déroule molle et attendue, avec son cortège de petites phrases préméditées et autres retournements de veste sur le dos des enquêtes d'opinion sous les yeux désabusés d'un auditoire silencieux qui a plus d'un tour dans son vote. Dire que je suis revenu en France pour m'infliger ce spectacle. J'ai soif de révolution, il n'y aura, au mieux, qu'une plate redite du 21 avril 2002, un grand soir maté au petit matin par le peuple lui-même. Gagnons du temps en relisant nos classiques :

« Le suffrage universel représente une moyenne d'opinion dans laquelle mon opinion personnelle est comme noyée et annihilée. Ma liberté politique se réduit à voter tous les quatre ans* pour un candidat que je n'ai pas choisi, qui m'est imposé par un comité que je connais pas ; sur des questions qui ne m'intéressent peut-être pas, alors que d'autres questions qui m'intéresseraient ne sont pas posées devant le suffrage universel. » in les antinomies entre la société et les individus, George Palante, 1912

« La médiocrité de pensée et d'aspirations des dirigés réagit sur la médiocrité de pensée et d'aspiration des dirigeants et inversement. C'est surtout en démocratie que se vérifie le mot connu : « Je suis leur chef, il faut bien que je les suive » ». R de Gourmont, Epilogue Tome I

lundi 30 octobre 2006

UN SILENCE DE MORT

La famille est un cloaque sordide. Aux repas familiaux, je m’empêche de hurler aux propos ineptes de mon père, imbibé de suffisance et d’inculture générale, sur les années de prison qui attendent ces jeunes cons qui brûlent des bus, lui n’en a pas pris un depuis 1954. Bus cramés épisodiquement et parce que les jeunes damnés de la terre n’ont que ça sous la main mais cela les médias anxiogènes à la solde des prochains élus, tous autant qu’ils sont avides d’un chaos qui les renforcent, ne le précisent pas. A quelle audibilité peut prétendre ma voix au milieu des clameurs haineuses pointant enfin à la surface familiale parce que, selon les sondages, elles sont partagées par la plupart, la partie qui compte, celle qui votera à 50,1 % pour le vainqueur : le nouveau président dictateur général ? Je me tais, je repense à ce chapitre de George Palante* dans ce petit recueil épuisé que me prête Grand François, hier dans la soirée :

« L’attitude individualiste telle que nous l’avons définie est surtout une attitude défensive. La grande arme de défense de l’individualiste contre les empiètements et les contacts sociaux est l’indifférence et le mépris. Le mépris individualiste est un mur que l’individualiste, fort du sentiment de son unicité élève conte son moi et celui des autres. Lorsqu’on vit dans certains compartiments sociaux, il est indispensable de s’envelopper d’une cuirasse de dédaigneuse impassibilité. Le mépris individualiste est une volonté d’isolement, un moyen de garder les distances, de préserver son être intime, sinon des êtres physiques, du contact de certaines et de certaines gens (…)

Dédaigneux de l’opinion en général, l’individualiste honore d’un mépris spécial l’opinion de certains groupes qui le touchent de plus prés, qu’il connaît bien et dont il a pénétré à fond les petitesses, les hypocrisies et les mots d’ordre.

Le mépris de l’individualiste pour les groupes s’oppose au mépris des groupes pour le non-conformiste, pour l’indépendant, l’irrégulier, pour celui qui vit en marge de son monde. Le mépris des groupes est un mépris grégaire dispensé selon les préjugés, selon ce qu’on croit exigé par l’intérêt ou le bon renom du corps ou ce qu’on fait semblant de croire tel. Le mépris de groupe est un mépris rancunier vindicatif, qui ne lâche jamais son homme, car, comme on l’a dit avec justesse, « les individus pardonnent quelquefois, les groupes jamais ». Le mépris de groupe est dicté par l’égoïsme de groupe. On méprise celui qui fait bande à part, se soustrait à l’esprit de corps et ne s’en soucie pas. Le mépris individualiste est désintéressé et dicté seulement par une antipathie intime pour la bassesse et l’hypocrisie ; il oublie volontiers l’objet de son mépris et est accompagné de la sensation d’un immense éloignement entre soi et ce qu’on méprise et du désir de s’en tenir le plus éloigné possible. »

LA MERE
Qu’est-ce qu’il vous a fait comme dessert Grand François ?

* La sensibilité individualiste, George Palante 1909

vendredi 27 octobre 2006

CHARLOTTE FOR EVER (...AND EVER)

Enième avatar de la dynastie des chevaliers des arts et lettres, la trentaine bien entamée, une fois ses doubles enfantements en orbite nourricière et l’ombre influente de son père estompée, c’est l’heure du retour marketing sous les feux de la rampe de propulsion jet-set de Charlotte Gainsbourg, fille de poète génial.

Entre deux blockbusters sans prétention* dont elle partage la double affiche avec l’ex-présentateur, néo-auteur-acteur-producteur-realisateur de films grand public et documentaires intimistes, Alain Chabat, lui-même descendant divin du saint-esprit canalplusien, la fille de, bien décidée à faire oublier son patronyme, débute en fanfare - mais en toute humilité - une carrière de chanteuse sur les traces sans voix de sa mère Jane Birkin. Pour sa première performance en public, elle est l’invitée principale d’une émission de télévision à audience millionnaire garantie.

En coulisses, Charlotte est anxieuse. La débutante devrait pourtant se sentir en confiance. Depuis deux mois, the song that we sing, son efficace single prétexte à un album bobo pleureur produit par Air, est matraqué sur toutes les ondes radiophoniques, des radios rock aux périphériques. Il est temps pour les cyniques de fructifier l’investissement et de passer à la vitesse supérieure. A l’image de la promotion au marteau des blockbusters cinématographiques, la débutante est donc l’invitée obligée des plateaux prime-time des plus grandes chaînes de télévision.

Backstage, tandis que ses musiciens confirmés répètent le morceau, Charlotte se ronge les ongles. Son mari, Yvan Attal, acteur-réalisateur bankable, ami d’Alain Chabat et de Johnny Depp, la supporte en régie et dans la vie en général. Tout se passe dans la simplicité de ces artistes à haut débit. Que se passe t-il dans la tête de Charlotte au moment où elle entre en scène en habit du peuple, jeans et chemise délavée ? Elle entame d’une voix fluette le couplet de 5.55, morceau moribond qui donne le ton de l’album. Derrière les moniteurs, la petite cour ne dit rien. Ils ont beau tous être millionnaires ou rentiers, ils n’en restent pas moins des gens avec un sens auditif standard voir une sensibilité. Tout ce foutoir discordant sur lequel dégouline une voix chuchotée doit les accabler. C’est médiocre. Et dire qu’au même moment dans le château de la Star Academy, une multinationale fait faire des pompes à des apprentis chanteurs en leur inculquant qu’il faut y voir la condition obligatoire pour accéder à ces mêmes plateaux télés. Ces aspirants vedettes ont surement bien plus talent que Charlotte mais eux n’ont pas - encore - la la carte du parti aristocratique. C’est pour cela qu’ils ont droit au bizutage sous caméra de surveillance sur le canal payant de l’émission de real tv.

Dans ce monde, pour que l’individu accède à la reconnaissance sociale, seuls comptent sa lignée et / ou son aptitude à se soumettre. Pour Charlotte, fille de noble, pas de pompes à sept heures du matin, pas de plans lubriques en caméra infra-rouges au pied de son lit alors qu’elle vient d’être réveillée par la sirène tonitruante de Big Brother : ce serait trop dégradant. Pour l’aristocratie jet-set - les people - ces émissions de real-tv où le peuple, s’il survit aux éliminations et aux humiliations, peut accéder à une notoriété égale ou supérieure à la sienne, sont le summum de l’abjection du monde contemporain. La nouvelle aristocratie ne s’arrête même pas à ces considérations. Comme l’implique sa définition, elle voit tout cela de haut. Il faudrait de temps à autre qu’un journaliste - si ce mot à encore une signification - lui rappelle que, heureusement pour cette aristocratie, il y a régulièrement des wagons de star-academiciens sur le dos desquels un cartel de multinationales des télécommunications vends ses émissions de flux et de plateaux, ses numéros surtaxés et ses palettes de cd en supermarché, pour que gens du marais puissent s’offrir le privilège de pousser la chansonnette en boucle sur la quasi-totalité des ondes nationales.

Une fois de plus, que faire ? Du spectateur qui se soumet de bonne grâce au lobby qui impose de bonnes crasses : tous y trouvent leur compte.

Jeudi prochain, à quelques mois du chaos, à l’heure crépusculaire où la haine des sept millions de travailleurs pauvres, des minorités bafouées en ghettos et des jeunes sacrifiés sur l’autel du profit de leurs aînés moralisateurs, est palpable jusque dans les rues les plus bourgeoises, envoyé spécial, émission phare d’investigation proposée par la première chaîne du service public, offre à son audience, supposée conquise et docile, une grande enquête polémique : de la difficulté d’être un fils de.

Je dois être fou de ne pas vouloir me joindre à la grande partouze du bonheur consommable.

* La science des rêves de Michel Gondry (2006) et Prête moi ta main d’Eric Lartigau (2006)

mardi 24 octobre 2006

DECEPTIONS DE CAMPAGNE

Quelle déception ! Cette campagne à l’élection présidentielle fond dans la mièvrerie d’un caricatural championnat de démagogie. La Royale propose l’instauration de jurys populaires qui statueraient sur les actes des élus. Pourquoi pas ? Et pourquoi ne pas tirer au sort, directement au sein du peuple de 18 à 81 ans, le prochain président de la république ? Pourquoi pas ?

A l’issue du visionnage du documentaire polémique de Patrick Rotman consacré à Chirac et qui se veut un enterrement en première classe d’une éventuelle troisième candidature présidentielle du président impotent, je sors avec une sympathie renforcée pour ce géant grotesque, socialiste contrarié et petit intellectuel honteux à moins que ce ne soit le contraire, Forrest Gump de la cinquième qui cache comme il peut un mental de killer maladroit ne vivant que pour atteindre le pouvoir. Ne l’enterrez pas encore, tant qu’elle est en vie, la bête peut mordre.

lundi 16 octobre 2006

LES VIEUX CHENES

Je profite d’une éclaircie pour retourner courir dans la forêt de mon adolescence. Ce matin de semaine classique, j’y croise un couple de retraités anxieux, qu’on dirait forcé d’être là, carte IGN à la main le mari me demande son chemin.

LE JEUNE RETRAITE
Les étangs de Hollande c’est par où ?

AVATAR
Attendez que je me souvienne cela fait des années que je ne suis pas venu courir dans cette forêt. C’est par là au bout du chemin à cinq cents mètres ?

LA FEMME DU JEUNE RETRAITE soupirant
Ah bon…. Faut marcher ?

Pas un merci, pas un au revoir et cette génération gâtée qui a pollué les idéaux, ces enfants, cette terre et les religions, pas plus capable de décrypter une carte que d’avoir un but autre que de consommer toujours plus, veut que je sue au travail jusqu’à mes soixante dix ans pour payer des loisirs qu’elle n’a même pas la sagesse d’apprécier ?
Plus loin, sur le retour, je me range sur le bas côté pour laisser passer un troupeau d’une trentaine de cyclistes aux engins soignés et choyés. Ils sont tous appareillés des derniers accessoires à la mode et pas un a moins de cinquante cinq ans. Ils ont encore en moyenne quelques décennies à pédaler. Au fil de ma journée en Ile de France, je réalise que, à part Lou qui vient de refuser un emploi moins payé que ses allocations de chômage, je ne croise personne de mon âge.
Pour la première fois dans l’histoire de la société française, deux générations, celle des mes parents et de mes grands-parents, vont se côtoyer à la retraite dans de bons états physique et financier qui leur permettront de subsister ensembles une bonne vingtaine d’années tandis que leurs enfants paupérisés trimeront, dans le meilleur des cas, sans espoirs personnels autres que de conserver une activité professionnelle jusqu’à la fin de leurs jours.

lundi 9 octobre 2006

MIRACLE DE LA NATALITE (NOT !)

Procréer au début du vingt et unième siècle, c’est aussi rageant que d’avoir fait son service militaire en 1995 en sachant alors que le système de conscription obligatoire s’arrêterait définitivement deux ans plus tard. A une encablure de l’utérus artificiel et de la sélection génétique sur catalogue, Lou et moi, enfantant, serions bien les derniers imbéciles heureux à perdre notre temps à pondre naturellement un chiard sur lequel nous n’aurons aucune garantie de résultat.

dimanche 8 octobre 2006

LA MERE ET LA COREE

Altercation classique avec ma mère lors du repas du soir en forteresse. Rien de bien intéressant ni de bien nouveau, je lui ai pourtant dit et répété de la fermer. La prise de parole est une prise de risque. Palabrer sans fin pour ne débiter qu’un flot de conneries ininterrompu expose le hâbleur aux foudres de l’auditoire.

* * *

Premier tir nucléaire en Corée du Nord, hébétude de la communauté internationale - enfin le club des donneurs de leçons occidentaux - totalement impuissante. Un petit rien qui fait du bien. Répétons-le, il n’y a qu’une et une seule issue pour l’homme : sa fin. Autant en finir le plus vite possible. Il en va de l’humanité comme de ma mère, je hais le bruit pour rien. Et de constater que l’homme apeuré par le vide de sa destinée et désormais de son présent, ne fait que s’agiter bruyamment. Un bon boom en pleine Europe, si cela peut faire taire les Ayatollahs de l’écologie qui me les pètent sévère avec leurs sacs recyclables et leurs leçons de morales lorsque je prends un bain au lieu d’une douche, ce sera toujours ça de gagné. Et puis rien à craindre de l’atome, n’oublions pas que les plus gros massacres de cette planète et les derniers génocides en date - à deux heures d’avion - furent effectués par des pauvres désorganisés, armés de bâtons et de cailloux.

samedi 7 octobre 2006

MIRACLE DE LA NATALITE

Avoir un enfant, c’est comme aller voir un film de Jean-Claude Vandamme au cinéma. Même s’il y aura deux ou trois bonnes surprises, en gros tu sais à quoi t’attendre. Tu vas voir la copie minable d’une histoire banale filmée sans budget.

vendredi 6 octobre 2006

QUOTIDIEN : DANS PARIS

J’erre convalescent dans les allées bondées du marché aux antiquités de la Porte de Vanves, dix ans après y avoir acheté pour cent francs - une broutille avant l’air du piratage numérique - le ok computer de Radiohead dont la reprise reggae par Easy star All-Stars tourne en boucle ces jours-ci sur les ondes de Radio Nova. Le marché surplombe un boulevard périphérique surchargé de petites boites fumantes et progressivement démodées que l’on appelle automobiles. Le quartier tramwayisé par un Delanoé en perte de crédibilité locale est devenu aseptisé, l’étendue verte d’un centre ville de Province. Nous tournons en boucle le long de chantiers de voirie abandonnés, évitant les flaques de fange afin de pénétrer dans le marché aux livres par la seule entrée non cadenassée sur les vingt présentes autour du square George Brassens. A l’intérieur, les livres sont chers les rares fois où les prix y sont indiqués, les marchands sont familiers mais juste entre eux puisque le client ils l’ignorent tout simplement. Tout ici pu le bobo parisien. Malgré quelques tentations et une belle affiche de Fleetwood Mac, je n’achète rien.

Sur le chemin du retour, nous croisons sur le Boulevard Brune, un homme en costume de policier, mitraillette au poing. Seul, sur de lui, analphabète avec le pouvoir de tuer. Se rappeler, que de tout temps, de toute société, les flics sont du mauvais côté.

Bougies odorantes chez Carole. Les pinpins, la maison des parents de Lou. Qu’on t-il tous avec leurs bougies roses et leurs reposes bougies qui puent ?

Le soir, repas au restaurant libanais en compagnie de nos amis du moment. Autour du mezzé, polémiques envenimées sur Johnny Halliday, le crétin belge demi-dieu des français, le futur à vélo de nos sociétés à quatre-quatre, l’uniformisation orwelienne standard de ce monde qui nous pousse à procréer histoire de faire tourner le blouclard. L'auditoire est écoeurée par mes raisonnements structurés, si rarement pris en défaut. Enfin, ils écoutent si peu.

Dans le métro crissant aux remugles d’urine tiède, je suis boueux, sale et fatigué par une semaine sans sommeil. J’écoute éteint le dernier album de Charlotte Gainsbourg, auditivement inacceptable dans tout autre cadre ou état d’abattement. Je comprends que cela plaise aux bobos parisiens.

Toute race, toute époque, tout continent, toute culture, tout âge, tout sexe, aucune exception, je n’ai aucune considération pour les miens. Quelques génies sauvent l’honneur, si peu, de moins en moins. Combien de temps encore à ce rythme ?

mercredi 4 octobre 2006

QUOTIDIEN : VERDUN

Journée sans eau à crapahuter d’un blockhaus à l’autre, les pieds dans la boue. Je me moque de Verdun et de la grandeur de ses combats. Je marche sur les os en craignant les reste d’obus. Verdun, encore un grand pas dans l’humanité, et du pied gauche ça porte-bonheur. Je m’enfonce sous terre, évitant les chauves souris et les épis de de fer. De bien belles images parfois. Alors qu’ils découvrent un graffiti à la gloire de La France, gravé sur pierre quelques heures avant la mort de son auteur trucidé sous les baïonnettes allemandes, les deux jeunes pères de famille, sont au bord des larmes.

L’homme, une tension alternative entre barbarie et niaiserie qui me pousse à affirmer que toute connerie, même la plus fortuite, est criminelle.

Je m’enfonce péniblement dans le gros intestin souterrain du Fort de Vaux à l’abandon. Boyaux effondrés sur la gauche, puits sans fond sur ma droite, chauves souris à hauteur du nez, tiques aux pieds, complète obscurité et une humidité à couper au couteau vaporisée de gaz moutarde dillué, je n’en finis pas de descendre avec mon bardas numérique de raides escaliers aux marches de bois vermoulu. Il ne manque que la guerre pour que ce soit définitivement dangereux. Je suis un des premiers à voir ces lieux secrets en cent ans, un des derniers aussi tant l’endroit ignoré ne demande qu’à s’ébouler pour de bon.

Au fond de l’oubli, à trente mètres sous terre, une inscription :

Francis Peroche 21 / 3 / 1916.

Bientôt cent ans, la végétation reprend le dessus, la mort s’oublie. Nous nous enfonçons dans la forêt des environs jusqu’au village nègre, nom de code du Camp Marguerre, retraite allemande durant les combats. Les bâtiments sont dévorés par les branchages, rongés par l’humidité permanente de la petite Amazonie. Nous restons plus d’une heure à filmer, le temps que le soleil disparaisse. L’âme a quitté les lieux depuis longtemps, seul tient, vivace, l’imaginaire de nos nostalgiques de La grande guerre. Le souvenir ne tient à rien d’autre. Dans cent ans, fera t-on un film sur nous ? Lira t-on ces lignes ?

Le soir, je rentre à l’hôtel et bois deux bières d’affilé avant de m’enfiler un rôti de biche dans un bistrôt du centre de Verdun by night en Octobre.

mardi 3 octobre 2006

GENERATION PRECAIRE vs GENERATION CHOLESTEROL

Le cadre cholestérolé et terrorisé sans l’avouer par une pré-retraire qui s’impose, reproche à sa fille de ne pas s’insérer dans l’organigramme d’une quelconque société d’assureurs.

Quand comprendront-ils que leur absence totale de sens critique, d’intelligence, d’initiative, en gros leur carence de vie, ne nous intéresse pas et nous intéressera jamais ?

Marié en sortant du service militaire, père à vingt deux ans, salarié dans la même société depuis prés de trente cinq, que pourrait-il écrire de la vie à part une étude sur trois décennies des comportements de soumission de ses subalternes en secteur tertiaire ?

samedi 16 septembre 2006

DERNIER SOIR A LONDRES

Air chaud sur Kensal Rise. Je reste assis sur le banc public au bras de mon aimée, ma rose à la main à fumer sa clope roulée. Les bus rouges filent devant nous, mon regard se perd sur la Kensal Post Office et sur le pub de droite.

Plus tôt dans la journée, la vieille voisine jamaïcaine s’inquiète de mon absence de plusieurs semaines. Elle me demande mon nom et m’invite à la rejoindre à la messe de dimanche matin. En fin de soirée, je vais chercher une dernière bouteille de Coke Light au Londis de quartier, le pakistanais me reconnaît, je reprends ma monnaie. Je ne reverrais jamais Hi Bro pas plus que les gens de mon ancien quartier. Notre chambre est vide, nous y attendent une facture de gaz et d’électricité, une autre fictive pour un compte énergétique que nous n’avons jamais ouvert, une relance de paiement pour mon permis de stationner et deux avertissements d’huissiers pour des factures qui ne nous concernent pas. Je suis assez satisfait de quitter Londres.

dimanche 10 septembre 2006

VIA BAR LE DUC

Dans l’indolent train, un jeune militaire regarde de travers la couverture du Marianne que je feuillette, deux jeunes montent à Bar-Le-Duc et parlent à tout va de torpille comme je parlais de fracasse dix ans plus tôt. En face d’eux, assise une mignonnette à la vingtaine. Sa jupe courte à poids dissimule si mal les seins rebondis de la petite machine à hormones. A cet âge là, des seins comme les siens ont une vie propre et dictent leur loi au reste du corps. Ses dents portent encore la trace de bagues de rééducation, il y a si peu c’était encore une enfant, c’est cet après-midi moite une maladroite bombe sexuelle restant à désamorcer.
A Nancy, un rebelle de Lorraine descend sur le quai, il porte un tee-shirt : I FUCK BUSH. J’admire ce courage vestimentaire bien français consistant à tirer sur les ambulances à dix mille kilomètres de distance. Un FUCK SARKOZY serait plus senti. Bizarre, personne n’a encore pensé ici à tricoter cette brave étoffe. Deux jeunes américaines en pantalons multicolores montent à la même station, l’une d’elles gesticule et écarte ses jambes contre la banquette de devant, pile dans mon axe de vue. Ce voyage français est long, morne, vite sombre.

lundi 4 septembre 2006

EN CAMPAGNE

J’assiste médusé au lancement des hostilités. Cette campagne présidentielle s’annonce désastreuse et joviale. Nous assisterons à un festival de chausse-trappe, de petites médiocrités, un florilège de bassesse à varier, de coup bas et messes basses vites oubliées. Malgré les efforts déployés par les médias complaisants pour mettre sur orbite les deux candidats auto-désignés comme sérieux, je persiste et signe : ni Ségolène Royal la bourgeoise de gauche, ni Nicolas Sarkozy l’apprenti facho aux idées courtes, ne seront président. Une telle affirmation au 4 septembre est la garantie d’une mise au ban des médias pour l’année en cours. C’est à croire que, pour ces défenseurs de la liberté d’information, le 21 avril 2002, pas plus que le résultat négatif du référendum sur la constitution européenne de l’année dernière n’ont existé. Les roboches n’ont tiré aucune leçon de leur suffisance. Non, ils vont être battus à plate couture par encore plus médiocres qu’eux : l’ami Lionel-adieu-je-reste-Jospin et la ribambelle des seconds couteaux, pas loin d’une trentaine cette année, qui, à eux tous, constituent la majorité des voix. Belle démocratie française qui s’apprête encore à élire sont président à 12% des suffrages exprimés. Glorieuse chute de l’empire romain sur fond de tout-va-bien.

dimanche 3 septembre 2006

RETOUR EN FRANCE

Je m’habitue avec une étrange difficulté à la langue française. Etranger partout, je sais désormais ce que ressentent les immigrés sans papiers dans ce pays et, je saisis dans toute sa splendeur la bêtise des hommes politiques sur ce sujet.

Chasser le haut du panier - seuls les plus forts et les plus malins d’entre eux sont arrivés jusqu’à nous – de peuples affamés et ambitieux, qui n’ont rien coûté à la société française - ni éducation, ni frais de santé -, pour satisfaire la xénophobie latente de la classe moyenne française* dans une optique purement électorale est à la fois barbare – mais ça cela devient du détail – et stupide économiquement. La France est loin d’être au niveau d’étranglement de L’Angleterre et pourrait profiter d’un apport de sang neuf dans le débat d’idée. Et puis, quelle hypocrisie ! Ces sans papiers, reconduits à la frontière ou pas, a coups de tapages médiatiques ou non, ces immigrés là sont déjà pris en compte dans le calcul des salaires nationaux. Ils ont, comme en Angleterre, un rôle stratégique : contribuer à la pression vers le bas des rémunérations déjà basses.

* répétons-le jusqu’à ce que mort s’en suive : ce que l’humanité a produit de pire.

samedi 19 août 2006

DE L'INFLUENCE DE WELLES SUR MON ALIMENTATION

Grand François prépare son départ de Montfort L’Amaury pour cause d’huissiers insistants.

GRAND FRANCOIS
Putain, j’aurais pas rencontré Orson Welles, je serais milliardaire.

Lui même, par ses conseils, sa sagesse prématurée et son œil aiguisé,a largement contribué à ma ruine personnelle. Seuls les chansons du temps nous séparent. Il s’est ruiné en dilapidant sa fortune, je ne l’ai pas constitué, préférant penser à deux fois avant de m’acheter un paquet de Granola plutôt que de perdre mon indépendance.

mercredi 16 août 2006

SARKOZY A LONDRES

Le responsable du home office anglais, John Reid, reçoit ce jour la crème des ministres de l’intérieur européens. Accolades appuyées à notre Astérix, le Goebbels à talonnettes, Nicolas Sarkozy. Après une matinée de congratulations quant à leurs derniers résultats en date suite à leurs efforts conjoints pour balancer progressivement les simples d’esprits occidentaux à la soumission la plus complète via une terreur artificielle maintenue sous couveuse avec la plus grande des attentions, John Reid organise à ses petits camarades une après-midi de travaux pratique. Et, c’est un 747 d’United en direction de Washington et en provenance d’Heathrow - ou les consignes de sécurité et la fouille des passagers peuvent désormais prendre quatre à six heures - est détourné sur l’aéroport de Boston au prétexte qu’une femme y détient des objets interdits : un tournevis, un briquet, un tube de vaseline et une note d’Al-Qaida. Cette mondiale des petits chefs a beau nous préparer une société à la minority report, s’ils comptent sur la main d’œuvre sous payée des personnels d’aéroport pour assurer la sécurité des bagages et des contrôles, le pire est à espérer. Enfin, ça ne tuera que quelques contribuables et cela servira toujours la cause de la terreur.

samedi 12 août 2006

L'ANGLETERRE CLASSE A PART

Djamila nous annonce son départ prochain en Palestine. Djamila en a assez d’assister sans rien faire au génocide consensuel. Dans le même temps, elle est éjectée pour la dixième fois d’un entretien pour un poste de secrétaire dans une banque à Canary Wharf, foyer des neo-yuppies et flamboyant symbole immobilier de la réussite anglaise - en total décalage donc avec le reste du pays fait de briques et d’esclaves -. Cette fois, la société lui a fait passer un test de personnalité pour la faire patienter.

Je saisis enfin pleinement le véritable racisme anglais, plus fin, bien plus hypocrite, profondément encré dans cette société blanche, un racisme de caste vissé sur une puante supériorité coloniale. De par sa nature, ses racines, son autisme, son bouillon de communautés et son fonctionnement laborieux, ce pays est la cible idéale pour les terroristes de tout poil.

vendredi 11 août 2006

L'ANGLETERRE - TERROR PLOT

Battage médiatique international autour du terror plot déjoué. Les jeunes suspects musulmans interpellés à Londres et Birmingham – et dont les noms ont été publiés en moins de vingt quatre heures, intriguant pour une enquête reposant sur des services secrets - sont décrétés coupables par l’opinion publique dont on a la preuve, une fois de plus, de la malléabilité. Les images des files d’attente dans les aéroports ont remplacé celles des carnages au Liban et les interviews des touristes se soumettant de bonne grâce aux contrôles de sécurité jusqu’au-boutistes - de la bouteille d’Evian à l’Ipod, tout est désormais interdit au passager en cabine* ** - se substituent aux témoignages poignants des civils dont les familles viennent d’être massacrés par l’armée israélienne.

Au-Delà de ces nouvelles images qui viennent remettre du sang frais dans des news qui tournaient en rond depuis un mois, j’ai l’amer pressentiment que tout ce remue-ménage a pour but de tester encore plus loin la soumission à l’autorité de la frange bourgeoise des démocraties dès lors qu’elles sont effrayées.

* Etrange après trois heures de contrôles et palpations au sol.

** On fait chier tout le monde, sauf une fois de plus, bébé. Le monarque a, lui, le droit à ses couches et son lait de biberon.

jeudi 10 août 2006

L'ANGLETERRE - VOUS EN REPRENDREZ BIEN UNE PETITE

Réveil sur les infos en boucle de la BBC, un complot terroriste de grande envergure est déjoué à Londres. Il s’agissait de faire exploser dix avions de lignes en direction de New York et Los Angeles.

Voilà, le coup de pouce du destin qui finit de me convaincre. Avec tout le tohu-bohu médiatique continu et les interviews des touristes anglais qui se plaignent que leurs vacances soient annulées, j’en viens à regretter que les bombes n’aient pas explosées. Après tout, ce n’est qu’une réaction normale que quelques bombinettes qui pétaradent dans le ciel d’Europe, chien fidèle des américains, alors qu’elle assiste les bras croisés au génocide libanais en laissant ses politiques se batailler sur la forme et pour la gloire sur la nature des mots à employer dans des traités de paix stériles et bafoués à leur première minute d’application par le peuple élu, l’état barbare d’Israël.

Charles nous rejoint dans la cellule avec un nouveau polo aux couleurs anglaises. Nous allons chercher un shawarma chez le libanais du coin qui me reconnaît et me salue en français. Vingt cinq clients font la ligne dans sa petite boutique, sur qu’ici il n y a aucuns griefs contre les musulmans. Nous retrouvons Djamila dans la soirée et je l’avertis des tentatives d’attentat. Elle retourne ses steaks qui baignent dans l’huile.

DJAMILA
De toutes les façons, c’est mille morts pour mille morts.

Ron me laisse un message vocal pour le courrier de Lou. Après trois rendez-vous manqués, j’estime que tout cela n’a plus beaucoup d’intérêt. En six mois, j’ai appris à l’oublier. Quelle fumisterie que l’amitié.

jeudi 27 juillet 2006

FIEVRE TROPICALE A LONDRES

L’orage éclate alors que je suis à mi-chemin sur mon canal au détritus. J’accélère le pas de peur d’attirer les foudres avec mon grille-pain en aluminium sur le dos acheter quinze minutes avant au Wolford d’Edgware Road. J’ai liquéfié celui de Djamila pour cause de trop forte proximité avec la plaque électrique. La topographie exiguë de notre cuisine ne nous autorise pas l’usage simultané de deux appareils électroménagers. Je cours, vite essoufflé, plus que jamais éreinté par la cité l’été, nouvellement gâté par mes nouvelles addictions au goudron. Je m’évapore le temps d’un shawarma poulet. La nuit est courte. Il fait bien trop chaud dans la cellule de plomb. Vers trois heures du matin, j’entends la toux significative du voisin pakistanais. Il ne lui reste que quelques mois, c’est assuré. En Angleterre, on vit dans la crasse et l’on meurt dans la misère. Je m’endors en caleçon contre le chat sur les poufs du salon. Un moustique me guette aux frontières de l’abandon. Je n’ai plus le courage de rien, je me laisse voler un peu de sang. Si je reste plus longtemps, c’est mon âme qui s’enfuira, déjà que le vocabulaire s’en va.

samedi 22 juillet 2006

CLICHES DE LONDRES

Bloqué à l’un de ces feux éternellement rouges, j’épie deux gamins bien anglais, joufflus à la coupe rose, les bourrelets moulant leurs maillots de foot England. Ils sont prisonniers derrière la vitrine du cost cutter et font coucou en riant aux silhouettes qui passent. C’est vain. Personne ne les voit. Les gens filent têtes baissées. En deux minutes et malgré les efforts des enfants, pas un de ces adultes si importants ne les voit. Tant pis, les gamins s’amusent bien.
Londres, la riche, se vide en juillet. On a tout prévu pour mater les pauvres qui restent enfermés dans leur misère. Les affiches de la ville le placardent haut et fort : la chaîne de cinéma Film Four est maintenant gratuite. Les veaux pourront désormais regarder passer les trains des riches depuis leur salon, et ce, gratuitement. Meuh, c’est merveilleux.
Ici ou là-bas, les gens sont définitivement les mêmes. Stupides, prétentieux, gonflés d’orgueil, méchants et peureux, intéressés, facile à convaincre du moment que la décision leur évite d’avoir à penser, au final : résolument égoïste. Je n’ai rien de plus ou de moins. Je ne suis rien d’autre qu’eux. L’important n’est pas d’être ou d’être un peu moins stupide mais de le savoir et de s’en tenir là.

samedi 8 juillet 2006

LES DIEUX SONT TOMBES SUR LA PELOUSE

Zidane (Zinédine) : Benêt maghrébin qui sait se servir de ses jambes. Roulé dans la boue en juin 1998, porté aux nues en juillet de la même année, sanctifié en mai 2002, houspillé le mois d’après, vilipendé en juin 2002, glorifié la semaine suivante, Le Zidane est un héros naïf, aux ambitions simples, sans mémoire ni méchanceté. Il a tout pour être l’intouchable icône française. On a les dieux que l’on mérite.

mercredi 5 juillet 2006

LE XXIe SICLE

Démocratie = Égalité pour tous.
Capitalisme = Les richesses pour quelques-uns.

La définition de l’un étant le strict opposé de l’autre, comment espérer que ces deux-là fonctionnent pacifiquement ensembles ? Le XXIe siècle verra l’un d’eux s’écrouler.

vendredi 30 juin 2006

TOUT VA BIEN EN FRANCE !

A en croire les médias français, le chômage n’a jamais été aussi bas, La France est une terre d’humanisme, un pays jeune qui gagne sur tous les tableaux, un pays sans nantis où les richesses sont équitablement redistribuées, une république sans passe-droits où les cercles d’affranchis parlent d’égaux à égaux avec les abrutis de contribuables de la populace, une contrée où l’homme de la rue, à force de persévérance et d’entreprise, peut rencontrer le succès et la reconnaissance de ses semblables, un pays sans cartels corporatistes où le népotisme n’est pas le seul diplôme reconnu, un pays incapable de faire trente-six fois la même erreur avec le même étonnement goguenard de crétin heureux.

Rappelle-toi français : Tu as la classe politique que tu mérites et les médias que tu plébiscites.

dimanche 25 juin 2006

TELEFOOT : UN CONSTAT SOCIOLOGIQUE

Passage en France...
Il suffit de regarder Téléfoot pour comprendre que La France a un problème ! Le matin, je regarde d’un œil l’émission fétiche des beaufs en maillots sur la première compagnie. Evidente glorification, au travers de reportages consacrés à sa vie personnelle, d’un des seuls joueurs bien blancs de l’équipe de France, Frank Ribery, alors que celui-ci s’est jusqu’à présent montré assez mauvais.

samedi 24 juin 2006

CLICHE : PARIS, PORTE D'AUTEUIL

Passage parisien au service spectacles du Carrefour de la porte d’Auteuil. Dans la cuvette souterraine surpeuplée, j’assiste énervé à un petit assortiment de ces français standards qui m’ont conduit, malgré eux, là où j’en suis. Nommons par ordre d’apparition en scène dans l’étouffante chaleur d’une fin de journée orageuse en centre commercial : La vieille bourgeoise qui insiste pour se faire rembourser son billet de concert [sous une pancarte 4X6 où est inscrit en gras ICI ON NE REMBOURSE PAS] et qui finit au bout d’une heure de tractation par en payer un autre [par chèque !], la caissière endormie qui n ‘a jamais pensé à se révolter contre ces vieux cons de bourgeois [mais c’est ça ou pas de CDI], l’immanquable femme fière, c’est à dire enceinte, c’est à dire sponsorisée par la collectivité à ne rien produire. Plus loin, un type tombe par terre sous les effets conjugués de la promiscuité et de la chaleur. Ses semblables vont et viennent au volant de leurs chariots à roulettes remplis de merveilles à crédit. Un type dit sans vraiment y croire : faudrait peut-être appeler quelqu’un ? A l’entrée du supermarché, des pompiers vendent leurs calendriers.

lundi 12 juin 2006

BAZAR D'IDEES EN TERRAIN VISQUEUX

Chaude fin de journée sur Londres et l’Europe. Discussion en terrasse avec Djamila sur ma pleine prise de conscience, depuis que je me terre en Angleterre, du racisme profond dans lequel macère le peuple français. Un racisme pur en ce fait qu’il exclut tout ce qui n’est pas Français et, plus largement, tout ce qui ne pas tient pas dans les fins critères de la réussite à la française telle que nos parents la définissait dans les années 70, c’est à dire un salarié à emploi fixe, cadre si possible, grassement rémunéré jusqu’à une confortable retraite où il pourra pleinement jouir de sa résidence secondaire et des fruits du progrès technologique. Par intoxication institutionnelle et médiatique, ce syndrome de la parfaite intégration à un modèle social, qui n’est plus que cendres, a également contaminé ma génération au point de la rendre impuissante, contre-productive et globalement angoissée. La peur n’engendre jamais du bon.

mardi 6 juin 2006

666 - GOOD DEVIL DAY

J’écoute amusé depuis Londres, les échos français de polémiques anticipées d’entre deux tours d’élection présidentielle quant aux nuances entre les des deux candidats prévus par les happy-fews qui croient faire l’opinion : Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal. Je ne vois personnellement pas la différence entre ces deux incapables, respectivement, un frontiste social à grande gueule qui n’a rien accompli de probant et une prétendue socialiste bourgeoise chassant à cours sur les terres de droite. La vraie question reste le comportement de l’électeur français. Saura-t-il, comme pour le référendum de l’année dernière, résister à l’intoxication idéologique de la classe people-politico-médiatique où s’engouffrera-t-il, apeuré, dans les encadrements de portes inexistantes à force d’être défoncées, comme le 5 mai 2002 ?

Je ne souhaite plus qu’une chose pour ces élections présidentielles de 2007 : Un premier tour dont le résultat apocalyptique marque l’aboutissement logique de la cécité des élites, le ridicule de sa people-politque ainsi que l’atomisation nette de la cinquième république, une chose horrible mettant en compétition finale - comme dans un de ces épisodes de série B japonaise aux couleurs criardes - les deux honteuses créatures françaises, résidus de trente ans de pollution idéologique et d’occultation de débat public : l’extrême gauche et l’extrême droite, starring Jean-Marie Le Pen dans le rôle de Godzilla et José Bové dans celui du Monstro-plante.

mardi 30 mai 2006

ABUS DE POUVOIR PARENTAL

Je repense aux parents, à l’abus de propriété dont l’enfant est toujours la victime dans la société du confort.

Je repense aux revendications lancées par ces trentenaires irresponsables au fruit innocent de leur soumission hormonale : Tu fais ce que je dis, tu me dois le respect !

A l’inverse du devoir de propriété dans le cadre duquel ils imaginent d’instinct que leur enfant leur soit éternellement redevable d’être en vie, je revendique, sur la base du même rapport, que les enfants aient le droit d’attaquer leurs parents en justice a fin d’obtenir des dommages et intérêts pour le préjudice subi.

lundi 29 mai 2006

UN AN APRES, RIEN

Un an jour après jour après le résultat du référendum français sur l’Europe. Tant d’octets consumés ici pourquoi ? Pour rien. Rien, c’est le bilan de douze années de présidence française résumée en un mot de quatre lettres.

dimanche 28 mai 2006

GRAND FRERE

Je suis captivé par les retransmissions télévisées de la cinquième saison de Big brother, version anglaise qui me permettent d’établir les bases d’une prononciation locale :
Les o se prononcent euh - Certains a se prononcent è, d’autres au, d’autres aïe, la prononciation de la voyelle dépendant souvent de la consonne la précédant. Dans le doute quant à la prononciation d’une voyelle, la prononcer euh. Les r sont gutturaux, le plus souvent non roulés. A bien des égards, cette prononciation appuyée de la langue anglaise - comparable à ce que sonne le québécois pour un parisien pure souche - ressemble aux accents ‘chti du nord de la France.

mardi 23 mai 2006

DA VINCI BOUZE

Pour l’industrie du cinéma global, terrorisée par la prise de risque, n’ayant désormais en vue qu’un cœur de cible adolescent, il est important, au lancement d’un blockbuster à budget indécent, de faire le plus grand nombre d’entrée dans un laps de temps réduit. En cas de film mauvais, et c’est souvent le cas, il ne faut pas laisser le temps au mauvais bouche à oreilles de se propager, cela ruinerait les entrées en salle mais aussi la diffusion en dvd quelques mois après, les déçus ne revoyant pas le film, ceux ne l’ayant pas vu n’étant pas plus incités à débourser quelques dollars de plus.
On le sait maintenant, les films ne sont pas fait pour l’histoire, ils le sont pour leur premier week-end d’exploitation. Il faut donc assommer les audiences et ne pas leur laisser le temps de réfléchir ce qui tombe plutôt bien, la société du spectacle dans son ensemble servant les mêmes intérêts. La promotion mondiale et simultanée du Da Vinci Code à coups de poing média massif donne à chaque pays l’impression d’avoir été plus choyé que les autres et les reportages propagandistes, plateaux consensuels, interviews de connivence et autres making-of ou bandes-annonces directement extraits du press-kit officiel se succèdent au point d’influencer mes amis et mes rêves. Je ne rencontre aujourd’hui que deux personnes, les deux anti-américains primaires qui se détestent, Djamila et Ronan. Ils me déclarent à quelques minutes d’intervalle, comme s’ils avaient eu là une intuition tombée du ciel qui les rendraient soudainement marginaux, qu’ils iraient bien voir le Da Vinci Code parce que c’est peut-être bien. Triste époque.

jeudi 18 mai 2006

VU A LA TELLY

En France ou en Angleterre, la forme télévisuelle est assez différente mais le fond du discours reste identique. Prenons par exemple, l’utilisation de ce que l’on appelle le peuple dans les différentes émissions de télé réalité ayant pour toile de fond l’immobilier et dont l’on raffole d’un côté comme de l’autre de La Manche.

En France, situation économique oblige, dès lors qu’il est question d’un problème de voisinage, de construction de maison, de projet immobilier en tout genre, l’on met toujours en scène des gens à faibles revenus, endettés jusqu’au coup, d’une bêtise et d’une inculture patente, qui forment une glaise malléable que la production prend un malin plaisir à monter en épingle. Ces perdants du rêve capitaliste, sacrifiés sur l’autel de l’audimat, inconscients de leur propre damnation, apparaissent sur les écrans de la nation encore plus affreux, sales et méchants qu’ils ne le sont au travers d’une image générique qui fait dire à chacun des téléspectateurs : Ouh la la, ceux-là, ils sont pires que moi !

En Angleterre, le traitement, aux ficelles moins appuyées et plus nuancées, agit sur le même principe mais en terrain plus sophistiqué, d’apparence. Ici, dès lors que l’on parle de maison à rénover, de placements financiers immobiliers ou de décoration d’intérieur, c’est à dire en permanence d’une chaîne à l’autre puisque à la pauvreté de l’immobilier local à répondu une stimulation des tentations - et des aides - foncières, il est question d’une partie de ce prolétariat qui s’est enrichi durant les années Blair. Il n’est ici pas question de problème de financement ou de surendettement, non : Les taudis à 300.000 pounds sont achetés aux enchères par paquets de trois par des anglais moyens qui ne prennent même pas le temps de visiter les horreurs en question. Petite veste côtelée, turbans discounts ou manteau de faux cuir, les multipropriétaires ne payent pas plus de mine que leurs homologues générationnels, chômeurs français standards. Ces acheteurs, entrepreneurs et spéculateurs amateurs sont les gagnants de la réalité anglaise. Ils forment cette nouvelle classe bourgeoise arrivée qui fait horreur à l’aristocratie tout en contribuant à l’enrichir par un jeu de dominos fiscaux. La télévision, faisant de tout temps parti de l’aristocratie en place, leur fait payer cette outrecuidance. Le trait est appuyé sur leur manque de goût et de sens pratique - il est vrai évident, il n’y a qu’à se balader dans les rues -, leurs erreurs de budget, leur manque d’inventivité, leur faculté à pondre enfants sur enfants sans vraiment trop reconsidérer la question. Ils ne sont pas vulgaires parce qu’ils sont affreux comme en France, c’est à dire supposé pire que lui par le spectateur moyen. Non, en Angleterre, pays de caste par excellence, ils sont affreux parce qu’ils sont vulgaires, communs, parce qu’ils viennent du peuple. Il n’y a rien à faire, l’on échappe pas à cette malédiction de naissance, à moins, éventuellement, d’être anobli par la reine.

dimanche 14 mai 2006

BABY-LOOSERS

La génération individualiste du toujours plus a engendré celle du encore plus, schizophrène et secrètement honteuse d’avoir recours au crédit et de rester bloquée sous la coupe de ses aïeux pour tenter de faire perdurer, contre les éléments, le train de vie bourgeois qu’elle lui a lascivement inculqué. Génération hypnotisée qui ne peut se rendre à l’évidence : elle n’aura que du toujours moins. Ma vie consiste à passer entre ces deux générations ratées sans y laisser trop de plumes mentales.

Ceux de ma génération s’estiment globalement satisfait de pouvoir travailler juste parce qu’ils pourraient ne pas travailler. Vérification statistique que le travail salarié n’est pas une peine mais une peine de substitution à une vie de tourment. Mon choix est-il le bon ?

vendredi 12 mai 2006

TGIF

Fin d’après-midi orageuse. Double pints de Leffe au Marylebone Tup accompagné de Lou et de ses nouveaux amis, mignons immigrés grecs. Cigarettes, lourd son et championnat de football, je peine à discerner nos mots. Je désencrasse mon anglais oral dans la limite de mes compétences sociales au fil de discussion bénignes sur la météo, les routes de campagne, le prix du café et la dégénérescence française. Anna me décrit d’un charmant accent le même type de climat malsain en Grèce. Ils en conviennent : l’Europe est un fiasco.

SEB
No. Europe is working. It’s just working here in London !

lundi 1 mai 2006

PARENTHOOD

Je visionne un film, scandaleux de propagande nataliste, habillement filmé jusqu’à temps que je comprenne que toute cette comédie familiale n’est nullement cynique mais bien à prendre au premier degré.
Parenthood de Ron Howard (1989), figure à mon à mon top ten des films les plus insupportables. Les messages y sont clairs : les femmes décident, les hommes doivent en conséquence rater leurs vies pour satisfaire l’insatiable désir d’enfant de leurs épouses - quelles aient quinze ou quarante ans - et ce, même si l’éducation de ceux déjà nés s’avère désastreuse. Quant aux rares mâles célibataires dépourvus de fibre paternelle - condensé ici en un seul personnage, Tom Hulce - ce sont des marginaux à la limite du cas psychiatrique qui finissent par être banni du clan ! A vomir. Je m’endors furieux d’avoir perdu deux heures et de m’être fait piège par l’efficace première partie de ce film sous la forme d’une chronique attachante.

samedi 22 avril 2006

INSOLATION

Grand soleil sur la terrasse. Lecture d’un Paris-match pro-Sarkoziste d’il y a deux semaines, envoyé de Francce. Le paquet est garni d’œufs de pâques, de deux dictionnaires des synonymes et d’une grammaire anglaise un peu datée. Djamila nous annonce en chantonnant que le council l’a averti que nous allons bénéficier d’une exonération totale d’impôt. Ce pays n’en finit pas de m’étonner. Un jour le council menace de nous envoyer les huissiers sous quarante huit heures exigeant que nous réglions sur-le-champ une erreur qu’ils ont commise, le lendemain le même council s’insurge que nous payions trop d’impôt car nous sommes plus d’un ménage à partager nos soixante mètres carrés. Ce n’est pas volé.

dimanche 16 avril 2006

RELIGION DOMINANTE

A l’occasion de son discours pascal, un proéminent archibishop local se montre outré par l’influence révisionniste du Da vinci code - dont l’adaptation cinématographique au burin sort mondialement le 19 mai prochain - sur son cœur de cible habituel de fidèles chrétiens qu’il jugeait acquis jusqu’au jugement dernier. L’homme en toge violette et couronne de diamants, brandit son sceptre en or et rouspète : il insiste pour que l’on s’en tienne à la réalité des faits (sic).

dimanche 2 avril 2006

RANDONNEE A LONDRES

Je profite de ma peur de l’extérieur pour rattraper en une matinée plusieurs journées d’écriture. Dans les soucis combinés de profiter de cette première journée de printemps, de réduire drastiquement mes dépenses, de volonté de modeler mon corps jusqu’au dernier souffle, je marche à travers la ville pour rejoindre Lou dans une courte pause amoureuse dans un square non loin de Baker Street, quartier qui, malgré le roucoulement compressé du marteau piqueur d’un chantier préolympique, ne donne pas la sensation d’être au cœur d’une mégalopole. On est, à la rigueur, dans une rue commerçante de Bordeaux un jour de faible affluence.

Lou et moi sommes ici sans être là. Les pauses sont courtes, le travail jamais bien loin. Déjà trente minutes. Je reprends ma randonnée urbaine en guise de sport quotidien. Je remonte la north circular road, éventé par les traînées de gaz d’échappement des bolides anglais. Malgré l’apparente étroitesse de la ville, les espaces de circulation sont amples et aériens. Les espaces verts succèdent aux squares et aux rives de canaux aménagées à l’écart du brouhaha. Passé l’échangeur à l’ouest d’Edgware, le long de Harrow Road, je quitte le centre touristique et glisse le long du quartier islamique qui me sépare de Kensal Green. On est à mille lieux de la discrétion gênée des quartiers équivalents en France. A Londres, les vitrines halal sont bien visibles et les enseignes calligraphiées en arabe, fières. Quelques imams se détendent bien en vue, narguilés à la barbe. Les regards des piétons sont bienveillants. Il y a bien quelques crack-heads et autres imitations à capuches de gang members californiens pour apeurer le bon blanc que je ne manque pas d’incarner au cœur de cette zone à nette dominante musulmane. Je poursuis mon chemin me sentant, sans pouvoir l’expliquer, plus en sécurité, sûrement moins épié, que dans mon ancien quartier français.

lundi 16 janvier 2006

D'UN JOURNAL A L'AUTRE

65 ANS JOUR POUR JOUR...

Lecture d'un passage du journal littéraire de Paul Léautaud...

Léautaud a alors 70 ans. On ne la lui fait plus.
Il commennte désabusé la vie des parisiens sous l'occupation allemande...

A l'échelle de la vie et la mort des civilisations, l'histoire n'est que deux choses : Répétition et Ironie.